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Critique de Takalirsa


Victor Guilbert confirme son talent avec cette deuxième enquête d'Hugo Boloren. Tout est délicieusement atypique dans ce roman : les personnages, les lieux et les situations.
Boloren est un inspecteur fonctionnant au flair : il se fie « aux égarements du subconscient pour mener l'enquête ». « La bille », comme il l'appelle, « ce sont mes pensées qui s'ordonnent pour m'en livrer une autre plus grande, plus essentielle ». Grâce à la complicité de son commissaire (« Je suis un livre ouvert et Grosset un lecteur habitué »), il vient apporter son aide à l'équipe lilloise en prise avec « un meurtre d'enfant dans un camp de laissés-pour-compte ».

Le récit se concentre sur quelques jours et j'ai apprécié que l'on adopte (dans un premier temps du moins) le point de vue de l'inspecteur Raphaël Desreumaux (un grand échalas dans un costume trop grand), accompagné de son collègue Côme Lasselin (tout en jean tel un cow-boy moderne), en alternance avec le héros. Ces trois-là se complètent bien et sont tous aussi attachants.
Original, le lieu de l'action l'est aussi. Il s'agit d'une « terre indésirable composée d'une gigantesque décharge sauvage, accolée à un bidonville » à la frontière franco-belge. Une sorte de « no man's land avec des gens », comme le dit si justement Hugo. Les descriptions sont saisissantes, de même que les gens qui y vivent (« Toute cette détresse »). La vieille Sara, Mani la nantie, Gao Cheng le jeune attardé, Narong Vacarme le vigile vietnamien et même Magnétophone, le chien à la collerette contribuent à dresser un tableau haut en couleur dans cette affaire « à l'arrière-goût politique et social nauséabond ».

Mais le plus bluffant, c'est que derrière l'attitude en apparence désinvolte d'Hugo Boloren, se dissimule une intrigue qui ne laisse strictement rien au hasard. Chaque détail (Lulu la stagiaire et son « trimoin »), chaque référence (l'émission Toque toc), la moindre anecdote (le pétale encadré dans le bureau du commissaire) finit par trouver sa place dans ce(s) gigantesque(s) puzzle(s) qu'est l'énigme de ce livre. La reconstitution finale d'Hugo sur les lieux du crime en présence de toutes les personnes qui y sont liées a d'ailleurs des allures de révélation surprise à la Hercule Poirot.
Oui, c'est certain, Victor Guilbert est un auteur à suivre !
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