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Jean-Louis Curtis (Préfacier, etc.)
EAN : 9782253009993
286 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1977)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 52 notes)
Résumé :
La Vie d'un simple est un livre qui vient du fond du peuple, chose bien rare, et du fond du peuple paysan, chose unique...
D'un grand-père conteur d'histoires, Guillaumin tint le goût de conter, et il eut le courage d'ajouter au labeur paysan un labeur d'écrivain. Le plus bel exemple d'homme de lettres pratiquant le deuxième métier, c'est Émile Guillaumin qui le donne...Le Bourbonnais est loin, et la rumeur parisienne nous distrait d'y connaître et d'y entend... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  31 janvier 2019
Un livre qui m'a beaucoup marqué tant il transpire la réalité de la vie rurale , rien que le vie , dure ,âpre,mais respectée et surtout respectable . C'est un ouvrage qui nous rappelle que la modestie est indispensable . Si nous avons une vie meilleure - est- ce bien certain ?- ,c'est que d'autres ont oeuvré et il est indispensable de le savoir.Qu'on le veuille ou non , nous ne sommes que le résultat du travail , de l'abnégation , du sens de la responsabilité ,de l'amour de nos ancêtres ,ceux qui , tout comme nous aujourd'hui ,ont voulu une vie meilleure pour leurs enfants ."La vie d'un simple "quel titre , quel programme . Un livre à lire bien que ...dépassé ..... en apparence , un livre qui semble plus une fiction larmoyante, émouvante qu'une description d'une réalité rurale, méprisée aujourd'hui , mais bien réelle encore dans bien des têtes et ...des coeurs.C'était avant . Ce n'était pas mieux , non , c'était différent , tout simplement , mais c'est notre socle social et sociétal et il est bon , à défaut d'adhérer, de savoir ,et de respecter .Qui sommes- nous? Je pense que pour beaucoup d'entre -nous , la réponse est là , à portée de main.Ce n'est pas "amusant " c'est pire , et c'est beau , ça donne envie de ...continuer à vivre et à se battre. Un livre initiatique d'un rare humanisme , un hymne à la vie , un livre qui donne envie de dire " merci",un livre qui permet de savoir qui l'on est , d'où l'on vient , qui permet , à moins d'être vraiment très prétentieux, de rester humble ,tout simplement humble.Facile? Hum....pas pour tout le monde.Mais ça , c'est une autre histoire.
Je vous conseille cette lecture , vraiment . C'est un des plus beaux livres qu'il m'ait été donné de lire . Mais je vous préviens....c'était ... bien ... avant ,un autre temps que les moins de...oulala....ne peuvent pas connaître.
Pour moi , c'est entendu , je le relis...
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LydiaB
  04 mai 2013
J'aime beaucoup les romans de terroir car ils nous ancrent dans nos racines profondes et permettent de ne pas oublier d'où nous venons. Ce livre raconte la vie d'un paysan dans la deuxième partie du XIXe siècle. Il a un double intérêt : connaître le quotidien de cette partie de la population et s'intéresser à L Histoire avec un grand H qui constitue le décor. Emile Guillaumin, l'auteur, n'est pas un romancier comme un autre puisqu'il est (ou plutôt "était" puisqu'il est décédé en 1951) un paysan lui-même (et j'utilise ici le terme non pas avec la connotation péjorative qu'il peut malheureusement avoir mais bien avec tout le sens noble qu'on peut lui conférer).

Il ne s'agit pas ici d'une autobiographie. L'auteur écrit la vie du narrateur, Etienne Bertin dit Tiennon, et de sa famille. D'après la préface, ils auraient réellement existé. C'est à travers eux qu'il va dénoncer cette dure vie de labeur, les problèmes entre métayers et propriétaires, le regard des gens du bourg sur cette classe sociale méprisée...
L'écriture est à la fois simple, claire et intéressante, il n'y a aucun temps mort. Ne comptez pas sortir le nez du bouquin avant de l'avoir fini !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Loutre_des_Rivieres
  30 septembre 2012
Emile Guillaumin , agriculteur, au début du vingtième siècle, raconte dans la vie d'un simple, la vie de "Tiennon", de son enfance à sa mort. Cette vie, il ne l'a pas inventé, c'est la vie de son vieux voisin, bavard, qui lui a raconté, petit à petit, à l'aide de multiples anecdotes, son destin de jeune fils de paysan né en 1823.
En filigrane, se dessine,la vie paysanne de l'époque, le labeur, les fêtes, la politique ( le nouveau droit de vote, les républicains contre les conservateurs),l'église, la maladie,les relations au sein de la famille ainsi qu'avec les régisseurs et les grands propriétaires.
Formidable document historique, très agréable à lire.
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lilicrapota
  24 septembre 2016
C'est à reculons que j'ai commencé ce livre... car n'ayant plus rien à lire, j'ai pioché dans le tas de vieux bouquins refilés par ma grand-mère, et voyant celui-ci, j'ai voulu faire un acte régional (ou plutôt, départemental!!!!)
Emile Guillaumin est ici gravé sur le fronton des collèges ou sur des plaques de rue ; je découvre que c'est un auteur, un vrai!!!! et que le plaisir qui a découlé de ma lecture tient à plusieurs choses :
- d'abord c'est bien écrit : le livre conte la vie simple (!!!) d'un paysan du coin, de son plus jeune âge jusqu'à l'aube de sa mort, dans cette fin de 19ème. Etienne Bertin, dit Tiennon, est paysan ; on parcourt avec lui la rude vie d'un campagnard exploité, n'ayant que le travail en ligne de mire, et s'en contentant, même, y trouvant de la satisfaction.
- ensuite c'est un réel plaisir de se "rapprocher" ainsi de nos racines : le travail de la terre, l'entraide générationnelle, le passage des saisons, le sens de l'honneur, l'amour pour ses enfants... Une vie simple mais loin d'être creuse ; riche de générosités et de préceptes évidents, salutaires et surtout, humains. Une belle leçon de vie!
- et puis quel plaisir de lire ces lieux dans lesquels je vis : Ygrande, St Aubin, Bourbon, St Sornin, Souvigny, mon territoire actuel, des forêts dans lesquelles je marche, des rues que je parcours... un autre temps, une autre époque, les lieux se télescopent, on me donne à voir l'envers du décor... c'est beau!
Alors aujourd'hui je comprends (enfin!) tous ces gens adeptes de littérature régionale comme on dit ;-) Et je suis ravie d'avoir fait la connaissance de cet Emile Guillaumin dont je ne savais que le nom, et dont je ne devinais pas l'âme...
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pchion
  20 janvier 2019
Belle surprise que ce livre. Je craignais une énième version de roman du terroir, mais les qualités tant ethnologiques que littéraires du roman-témoignage d'Emile Guillaumin m'ont profondément touché, et j'ai été peu à peu "capturé" par son récit. Un demi-siècle s'écoule entre le début et la fin de l'histoire (mi XIXème siècle - début XXème). Une période de changements lents mais réguliers dans le mode de vie. On se rend compte des aléas multiples auxquels tenait la survie de ces laboureurs, mais on prend aussi conscience de la cupidité de la majorité des propriétaires. Dans l'esprit de certains de ces bourgeois aisés, la place sociale de celui à qui ils louaient leurs terres n'était pas très éloignée de celle du serf au Moyen-Âge. Emile Guillaumin dénonce toutes les injustices dont il est témoin avec une certaine modération. Son héros est souvent au bord de la révolte, mais le bon sens paysan domine et limite les propos outranciers. Sans être vraiment ni "partageux" ni socialiste, on sent, tout au long des pages, l'espérance de l'auteur en une évolution de la condition paysanne vers plus d'égalité et de justice. Une belle lecture.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   04 mai 2013
La Catherine s'en allait dans la chambre à four attenante à la maison et qui servait de réduit aux débarras ; elle prenait dans une vieille boutasse poussiéreuse une ou deux de ces petites pommes recroquevillées et les offrait au pauvre Médor qui s'en allait les déchiqueter dans la cour, sur les plantes de jonc où il avait l'habitude de dormir. A ce régime, il était efflanqué et de poil rude, on peut le croire ; il eût été facile de lui compter toutes les côtes.

Notre nourriture, à nous, n'était guère plus fameuse, à la vérité. Nous mangions du pain de seigle moulu brut, du pain couleur de suie et graveleux comme s'il eût contenu une bonne dose de gros sable de rivière. C'était plus nourrissant, disait-on, de laisser l'écorce mêlée à la farine.

La farine des quelques mesures de froment qu'on faisait moudre aussi était réservée pour les beignets et les pâtisseries - tourtons et galettes - qu'on cuisait avec le pain.
Cependant, l'habitude était de pétrir avec cette farine-là une petite miche ou ribate d'odeur agréable — mie blanche et croûte dorée — réservée pour la soupe de ma petite soeur Marinette, la dernière venue, et pour ma grand-mère, les jours où sa maladie d'estomac la faisait trop souffrir. Maman, à de certains jours, m'en taillait un petit morceau que je dévorais avec autant de plaisir que j'eusse pu faire du meilleur des gâteaux. Régal d'ailleurs bien rare, car la pauvre femme en était avare de sa bonne miche de froment !

La soupe était notre pitance principale ; soupe à l’oignon le matin et le soir, et, dans le jour, soupe aux pommes de terre, aux haricots ou à la citrouille, avec gros comme rien de beurre. Le lard était réservé pour l’été et les jours de fête. Avec cela des beignets indigestes et pâteux d’où les dents s’arrachaient difficilement, des pommes de terre sous la cendre et des haricots cuits à l’eau, à peine blanchis d’un peu de lait. On se régalait les jours de cuisson à cause du tourton et de la galette, mais ces hors-d’oeuvre étaient vite épuisés. Ah ! les bonnes choses n'abondaient guère !
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RaegharRaeghar   25 mai 2012
La politique est impuissante et nulle. Jamais les députés ne feront vraiment des lois pour le peuple. Les gros bourgeois qu'on dédaigne un peu dans les élections n'en conservent pas moins toute leur influence, croyez-le bien. Quant à Renaud, à Laronde et à leurs pareils, ce sont des ambitieux qui voudraient prendre la place des autres pour faire les bourgeois à leur tour. "Ote-toi de là que je m'y mette" : c'est toujours la même histoire.

Les opposants, aussi longtemps qu'ils n'ont pas la responsabilité du pouvoir, se disent capables de faire monts et merveilles, - après quoi ils s'empressent d'imiter les autres. Que les socialistes arrivent en majorité, vous verrez le peu qu'ils réaliseront de leur programme.
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Nostradamus27Nostradamus27   29 novembre 2017
Mais la Breure elle-même était suffisamment vaste et magnifique par beau temps à l'heure matinale où j'y arrivais. La rosée, sous la caresse du soleil, diamantait les grands genêts dont la floraison vigoureuse nimbait d'or la verdure sombre ; elle se suspendait aux fougères dentelées, aux touffes de pâquerettes blanches dédaignées des brebis, aux bruyères grises, et masquait d'une buée uniforme l'herbe fine des clairières.

Cependant que des bouchures, des buissons et de la forêt s'élevaient sans fin des trilles, vocalises, pépiements et roucoulements, tout le concert enchanteur des aurores d'été.
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Nostradamus27Nostradamus27   29 novembre 2017
J'emportais dans ma poche un morceau de pain dur avec un peu de fromage et je cassais la croûte sur une de ces pierres grises qui montraient leur nez entre les plantes fleuries.
A ce moment, un petit agneau à tête noire, très familier, ne manquait jamais de s'approcher pour attraper quelques bouchées de mon pain. Mais un second prit l'habitude de venir aussi, puis un troisième, puis d'autres encore - ils auraient mangé sans peine toutes mes provisions, si j'avais voulu les croire.
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genougenou   05 mai 2013
La rosée, sous la caresse du soleil, diamantait les grands genêts dont la floraison vigoureuse nimbait d'or la verdure sombre ; elle se suspendait aux fougères dentelées, aux touffes de pâquerettes blanches dédaignées des brebis, aux bruyères grises, et masquait d'une buée uniforme l'herbe fine des clairières. Cependant que des bouchures, des buissons et de la forêt s'élevaient sans fin des trilles, vocalises, pépiements et roucoulements, tout le concert enchanteur des aurores d'été.
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