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ISBN : 2869593155
Éditeur : Arléa (05/12/1996)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 18 notes)
Résumé :
L'histoire sérieuse n'a pas encore mis en lumière la place qu'a tenue, dans la Révolution française, et dès le début, la crainte, chez les possédants, d'une menace sur leurs biens. Ce qu'il faut savoir, et capitalement, c'est que, dès la réunion des états généraux, une grande peur s'est déclarée chez les honnêtes gens (les gens de bien, les gens qui ont du bien, des biens), face à ceux que l'on va exclure du droit de vote et de la garde nationale : les non-possédant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sarindar
  28 juillet 2016
Henri Guillemin ou le poil à gratter de l'Histoire.
Le style d'un conteur plus que d'un écrivain, même si l'écrivain a bien une marque à lui, un peu insistante sur les détails qui aident à suivre et comprendre une pensée qui ne ne veut rien laisser de côté quand il s'agit de donner des preuves à l'appui de son argumentation.
Il a été un grand conteur : ses interventions filmées sur la Révolution, sur Jeanne d'Arc, ses conférences enregistrées, un disque sur Napoléon.
Et puis ses livres : celui-ci, un autre sur 1789 et un autre encore sur Robespierre, sans compter un brûlot sur le thème - Napoléon et l'argent - et une compilation de ses réflexions sur Rousseau.
Les bourgeois, les voltairiens et les libéraux ne l'aiment guère : et pour cause.
Il démontre comment la Révolution a été détournée au bénéfice des profiteurs, grands propriétaires et grands entrepreneurs et comment la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen si elle reconnaît la liberté de pensée est aussi le moyen pour celui qui a du bien de s'élever au-dessus du lot commun et de remplacer Dieu par le Droit de Propriété révéré comme un dieu (ah! cher Veau d'Or) puisqu'on ne craint pas d'y affirmer que le droit de propriété (et d'entreprendre) est un droit inviolable et sacré !
Il y démontre aussi comment ceux que nous pourrions appeler les "filous", ceux qui veulent confisquer tous les biens et les moyens de production et d'échanges à leur profit se font appeler l'élite de la nation. Ce sont ceux qui ont profité de la chute de Robespierre, quand ils ne l'ont pas envoyé eux-mêmes à l'échafaud après l'avoir accusé de tous les maux (dont ils avaient pourtant plus que leur part, les coquins !) Or Robespierre voulait faire adopter une loi sur les "maximums" (ou si vous préférez sur les plafonds du prix des denrées) pour permettre au petit peuple laborieux de se nourrir correctement à un coût pas trop onéreux. Quelle horreur pour nos profiteurs ! il fallait abattre Robespierre, cet ennemi des grosses fortunes et de l'affairisme, cet Incorruptible, l'accuser de tous les crimes de la Terreur (curieux : Collot d'Herbois et Fouché, entre autres, qui étaient plus criminels que lui mais à qui il demandait des comptes pour le sang inutilement versé sont parmi les plus influents de ceux qui l'ont fait tomber), le ridiculiser pour le culte institué par lui de l'Être Suprême (on pense à Vadier, du Comité de Sûreté Générale, qui ne cessait de le brocarder) et traîner sa mémoire dans la boue (et là ils sont légion ceux qui le descendent, à commencer par ceux qui aiment lui opposer le très corrompu et grand jouisseur qu'était Danton, certes grand tribun mais aussi roi des hypocrites).
Pas étonnant que les Communistes aient longtemps vu en Robespierre l'un de leurs ancêtres. En réalité, il ne l'était pas. C'était sans doute le seul homme à bien tenir les commandes de l'État et à se montrer intransigeant sur les acquis de la Révolution dans cette époque de tourmente. On a tort, comme l'a fait Laurent Dingli de présenter Robespierre sous le seul angle de sa paranoïa. Ne nions pas qu'il ait été sanguinaire et froid, et en effet sans doute paranoïaque, mais reconnaissons-lui de s'être intéressé au peuple, même s'il se tenait à distance, et même si sa mise et ses habits l'apparentaient plutôt à un aristocrate.
Le mérite de ce livre est de démontrer que le grand perdant de la Révolution est le peuple (comme toujours !) et que, par voie de conséquence, la grande gagnante est la Bourgeoisie d'affaires qui s'est justement servi des petits pour l'aider à abattre la monarchie et l'aristocratie, mais pour dérober très vite au peuple les fruits de sa Révolution.
Henri Guillemin méritait bien, de notre part, un coup de chapeau.
François Sarindar
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
meslinoulautremeslinoulautre   25 août 2016
En ce même mois d'avril 93, Robespierre horrifié les honnêtes gens en déclamant, dans la nouvelle Déclaration des droits de l'Homme, l'insertion d'un article qui limiterait le droit de propriété. L'argumentation de Maximilien est toute simple : vous n'avez pas aboli l'esclavage dans nos colonies, la traite des noirs subsiste, demandes à un négrier ce qu'est ce bateau dans lequel sont entassés des homes, des femmes et des enfants à la peau noire et dont beaucoup meurent en route, il vous répondra calmement :" Ceci est la propriété." Eh non ! Num homme ne saurait être propriétaire d'un autre homme. De même que la liberté a pour limite la liberté d'autrui. De même il faut que la loi interdise tout usage du droit de propriété qui porterait atteinte à la vie ou à la dignité d'êtres humains."
+ Lire la suite
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rkhettaouirkhettaoui   04 mars 2013
Voltaire tient qu'il importe à l'État d'avoir à sa disposition une masse docile de «gueux ignorants», autrement dit de prolétaires analphabètes « n'ayant que leurs bras pour vivre et constituant cette vile multitude » dont M. Thiers, voltairien, parlera en 1850 à son tour, prévue par la nature pour assurer l'aisance de l'élite.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mars 2013
Avis aux citoyens subalternes que repousse l'égalité et qui n'ont d'autre liberté que de se soumettre, passifs, aux décisions des actifs : Voyez les choses comme elles sont ; les fusils, c'est nous qui les possédons ; et nous avons même des canons pour renforcer notre toute-puissance.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mars 2013
Nul homme ne saurait être propriétaire d'un autre homme. De même que la liberté a pour limite la liberté d'autrui, de même il faut que la loi interdise tout usage du droit de propriété qui porterait atteinte à la vie ou à la dignité d'êtres humains.
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rkhettaouirkhettaoui   04 mars 2013
Quant au prix du pain, depuis des mois il est maintenu à trois sous la livre au moyen d'un impôt spécial sur les riches. De quoi, tout cela, indigner la très grande majorité des conventionnels, mais qui ne peuvent que baisser la tête et ronger leur frein tant que Robespierre aura derrière lui, pour légiférer, la vaste tourbe de cette canaille armée de fusils qui remplace l'ancienne, et si précieuse, garde nationale formée d'honnêtes gens.
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