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EAN : 9782757880517
240 pages
Éditeur : Points (13/08/2020)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Une femme veut un enfant. Une adolescente regarde ses seins pousser. Une comédienne se fait avorter. Trois femmes qui interrogent leur lien viscéral à la vie et à leur condition, trois journaux intimes en prise avec la guerre. Chacune a partie liée avec un homme, Jacques Jaujard, directeur du musée du Louvre au moment où, en ce mois de septembre 1939, la France entre en guerre contre l'Allemagne. Marcelle, Carmen, Jeanne : chacune, à sa manière, joue son rôle dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Calliope2017
  19 octobre 2020
J'étais enthousiaste à l'idée de lire Louvre, roman gagné dans le cadre de la masse critique de septembre et consacré au déménagement des oeuvres du musée pendant la Seconde Guerre Mondiale pour les protéger des Nazis, mais j'ai été très déçue ! Je n'ai pas aimé ce livre, pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, Louvre s'annonce comme un roman historique, et l'auteur dit avoir fait beaucoup de recherches (il a notamment eu accès aux archives du musée) pour écrire son ouvrage. Dans ce cas pourquoi le récit se transforme-t-il en une série de délires personnels de M. Guillois ? Soit on assume d'écrire une oeuvre de pure fiction, soit on écrit un roman basé sur des faits historiques, mais on ne met pas en scène une histoire vraie et des personnages réels (dont les descendants sont sans doute encore vivants) pour écrire un livre dont la moitié des informations sont FAUSSES ! C'est vraiment prendre le lecteur pour un idiot ! le déménagement du Louvre a eu lieu, Jacques Jaujard a vraiment existé, les spoliations nazies également, mais le récit est parsemé d'inventions comme le voyage d'oeuvres en péniche sur la Loire, le Radeau de la Méduse qui prend feu pendant son déménagement ou encore La Belle Jardinière offerte à une réfugiée par la fille des conservateurs ! Je suis entièrement d'accord que les romanciers ont toujours pris quelques libertés avec la réalité historique, sinon cela s'appelle un livre d'histoire et non de la littérature, mais de là à inventer n'importe quoi…
M. Guillois pense apparemment faire sensation avec son roman en prenant pour héros un « inconnu », sauf que Jacques Jaujaurd est loin d'être un inconnu pour tous ceux qui s'intéressent un peu aux musées et à l'histoire de l'art, et même pour le « grand public ». Il n'y a qu'à voir le reportage que lui a consacré France 3 en 2014, bien avant la publication de ce livre…
Ensuite, je me considère comme féministe et je suis la première à m'indigner que des sujets comme les règles restent tabous aujourd'hui encore, mais j'ai trouvé insupportable cette façon qu'a l'auteur de « libérer la parole des femmes » en les réduisant à des êtres obsédées par la procréation (la première héroïne, Marcelle Jaujard), les poils (Carmen Leloup, la fameuse fille des conservateurs) ou le sexe en général (Jeanne Boitel, résistante et amante de Jaujard). C'est simple, M. Guillois ne sait visiblement pas écrire deux pages sans parler de règles, ovulation, sperme, vagin, érection, et j'en passe.
Je n'ai pas aimé le style de l'auteur dans l'absolu, et le concept de journal était rarement crédible (les personnages écrivent apparemment les choses en même temps qu'elles les vivent !). Certains procédés sont particulièrement agaçants, comme une page entière pour une seule phrase sans un signe de ponctuation, ou le fait que Marcelle Jaujard appelle tous les peintres « Monsieur + prénom + nom » (les toiles de Monsieur Léonard de Vinci, de Monsieur François Boucher etc.). La plupart des personnages ne sont pas crédibles, l'auteur les utilise pour faire passer des messages à rallonge et sans grand intérêt… Napoléon a volé des oeuvres lors des campagnes d'Italie ? Mais quel scoop !
Enfin, M. Guillois se prend pour un historien de l'art et nous impose en permanence, ce qui est assez insupportable, des listes d'oeuvres, des pseudo-historiques ou analyses d'oeuvres en croyant faire des révélations, et bien sûr d'innombrables délires sexuels à partir des peintures ! Les seins de la Joconde (qui venait d'accoucher quand elle a été peinte), l'utérus de la Vierge, les poils des nus de Courbet… Tout cela ponctué d'erreurs, comme les « couleurs vénitiennes » de Mantegna !
Bref, excusez-moi pour cette critique un peu longue, mais je n'aime pas condamner un livre sans justification !
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Bazart
  30 août 2019
Pour son premier roman, le jeune Josselin Guillois tente un pari audacieux en nous plongeant dans une période charnière de l'histoire, plus exactement à l'automne 1939 où Jacques Jaugard, le directeur du Louvre tente de protéger les oeuvres d'art de la guerre, anticipant les pillages allemands qui auront lieu sous l'occupation .
Avec ce joli point de départ, Josselin Guillois refuse le roman historique et un peu scolaire et prend le parti de se mettre dans la tête non pas du directeur mais de plusieurs femmes.
Trois femmes qui ont réellement existé vont servir de fil conducteur à cette histoire, portent ces trois voix féminines dont la destinée va être directement impactées par ce transfert historique d' oeuvres d'arts à travers toute la France libre.
Jocelin Guillois va inventer et faire entrecroiser le récit intime de ces trois femmes ayant réellement exité, la femme de Jaugard, Marcelle, la nièce de celle ci, Carmen Leloup, et enfin une comédienne et premier amour de Jaugard, Jeanne Boitel .
Sur fond de visite guidée de l'art mondial, le jeune romancier nous livre un roman polyphonique aussi maîtrisé que captivant et surtout singulier; intime et féministe en diable .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Lune
  10 septembre 2019
Trois parties, trois femmes : Marcelle, Carmen, Jeanne.
Trois hantises : le désir d'enfant, la puberté, l'avortement et l'amour.
1939 : évacuation d'oeuvres du Louvre avant l'invasion de la France par l'armée allemande.
1941/42 : occupation du Louvre.
Un homme aimé : Jacques Jaujard, conservateur du Louvre, organisateur du transfert des oeuvres.
Successivement époux de Marcelle, parrain de Carmen, amant puis époux de Jeanne.
Les peintures : tour à tour aimées, idéalisées, parlantes, confidentes.
Une mise en abyme.
L'une y contemple maternité, seins et ovulations imaginées.
L'autre y rêve son corps nubile et sa transformation en un corps de femme plein et sensuel.
La dernière plongée dans l'horreur de la guerre et l'engagement y guette leur avenir et son…amour
Plusieurs toiles racontent leur histoire et celle de l'artiste qui la fit naître.
L'auteur trouve les mots pour que montent les palpitations lorsque le transfert a lieu vers Chambord puis selon la menace.
Elles sont les principales héroïnes du livre, celles qui émeuvent lorsqu'elles n'existent plus sous le regard d'un public.
Chaque femme crie dans son journal le plus intime d'elle-même, crûment, sans tabou.
Leur chair se raconte, embellie, rêvée, enlaidie, saccagée… presque comme certaines oeuvres.
Le lecteur pénètre dans cette intimité la plus cachée de femmes qui osent dire.
Les propos heurtent, c'est le parti pris par l'auteur, ne rien cacher de ce qui palpite, vénéneux et pathologique parfois, émouvant ailleurs, pulsion de mort et de vie dans les toutes dernières pages : destin assumé, vie qui s'élève au-dessus de tout.
Un homme passe, aimé, aimant, droit dans son action, sauvant les oeuvres immortelles.
Les femmes, simples mortelles entrent dans une postérité grâce à la fiction concoctée par Josselin Guillois.
Car fiction et délire il y a.
Car réalité et histoire (et non la moindre) il y a.
Un peu de curiosité et le lecteur tentera de faire la part des choses.
Premier roman percutant qui remue et séduit dans sa particularité.
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kikenbook
  28 août 2020
Il était trois femmes. Trois journaux intimes qui, de 1939 à 1943, racontent l'intimité de leurs autrices confrontées à l'un des événements parfois méconnus de la Seconde Guerre Mondiale : le déménagement du plus grand musée du monde.
Marcelle est la femme de Jacques Jaujard, directeur des musées nationaux à l'initiative du transfert des oeuvres du Louvre dans différents châteaux de France pour les soustraire aux regards nazis. L'obsession de Marcelle ? Qu'enfin les flagelles de Jacques viennent lui chatouiller les trompes et qu'un glorieux vainqueur lui donne la possibilité d'être mère.
Carmen va avoir 14 ans, elle est la fille du conservateur en charge de la surveillance des oeuvres entreposées au Château de Chambord. Son obsession ? Qu'enfin ses draps se maculent du sang qui fera d'elle une vraie femme, seins saillants, poils poussants et tout le toutim.
Jeanne Boitel est actrice et résistante. Elle parvient à se faire embaucher par les dirigeants allemands pour inventorier, au Louvre, les oeuvres spoliées par les nazis. Son obsession ? Qu'enfin Jacques Jaujard, dont elle est tombée éperdument amoureuse, daigne lui caresser la luette et accessoirement, lui titiller la toile de son vigoureux pinceau.
La prédominance de la chose sexuelle dans le journal de Marcelle m'a, au départ, décontenancé. Non pas que mes yeux chastes et purs s'en offusquaient mais je m'attendais davantage à l'évocation du sourire de la Joconde qu'à la tocade fornicatoire de la Jaujard. le déménagement du Louvre me paraissait passer au second plan. Impression encouragée par l'entrée dans le journal de Carmen occupée à se mater le téton et l'aisselle ou à prier pour l'apparition de saintes menstrues. L'agacement commençait à succéder au décontenancement…
Et puis, le petit miracle a eu lieu. Je ne saurai expliquer exactement pourquoi mais mon intérêt s'est réveillé, mon plaisir s'est accru, et j'ai relu le début d'un autre oeil. Marcelle se confrontant à la chance des nombreuses "Vierges à l'enfant", Carmen se comparant aux plantureuses odalisques, tout cela au milieu du branle-bas de combat orchestré par Jaujard, de la restauration des oeuvres par un ado passionné et passionnant ou des considérations puantes des nazis sur les oeuvres d'artistes juifs. C'est sans doute le journal de Jeanne Boitel qui aura achevé de me convaincre sur la qualité du roman, tant dans le récit du contexte historique, que dans le destin de cette femme qui mériterait un roman à elle seule.

Pour résumer, c'est en lecteur satisfait que j'ai refermé Louvre alors que ce n'était pas gagné au départ. Ce ne sera certainement pas mon coup de coeur dans la sélection du prix du meilleur roman chez points, mais il aura eu le mérite de ne pas me laisser indifférent.
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8tiret3
  27 juillet 2020
J'ai acheté Louvre de Josselin Guillois, paru aux éditions du Seuil, quasiment à sa sortie, alors qu'il trônait encore fièrement sur les tables réservées aux livres de la rentrée littéraire à la librairie Les Augustins et je ne le lis que maintenant. Ça fait partie de mes habitudes : j'achète des livres très régulièrement pour ne les lire que plusieurs semaines, mois ou années plus tard. Je suis de ceux qui pensent qu'un livre est une rencontre, et je veux être certain d'avoir envie de rencontrer les mots que je m'apprête à lire.
Il m'a donc fallu près d'un an pour le décider à rencontrer Marcelle, Carmen et Jeanne, les trois femmes dont in découvre les journaux, écrits pendant la Deuxième Guerre mondiale. La première est la femme de Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux qui a organisé le déménagement des collections du Louvre à partir de 1939. La deuxième est la filleule de Jacques. La troisième est une comédienne célèbre et une résistante qui deviendra la maîtresse, puis l'épouse de Jacques. le destin de ces trois personnages tourne autour d'un homme et, à travers lui, du Louvre et de ses collections qu'il fallait sauver à tout prix. Marcelle souhaite ardemment devenir mère, Carmen suit attentivement l'arrivée de la puberté, Jeanne se remet douloureusement d'un avortement.
En ouvrant ce roman inspiré de faits historiques, je m'attendais à m'intéresser davantage aux destins de ses trois femmes qu'à l'itinéraire suivi par les collections du Louvre. Et, finalement, si le livre m'a plu, c'est justement pour les petits bouts de la grande Histoire qu'il dévoile. J'ai apprécié découvrir les détails de l'opération, mais également les anecdotes sur certaines oeuvres ; notamment les raisons qui ont fait que l'immense Radeau de la Méduse de Géricault a dû être transporté sans être roulé (et a d'ailleurs failli être réduit en cendres).
Au final, les vies de Marcelle, Carmen et Jeanne ne m'ont pas plus emballé que ça. Certes l'écriture de l'auteur nous donne quelques moments de grâce, mais il m'a été quasiment impossible d'entrée en empathie avec elles tant elles semblaient réduites à leur rôle de reproductrices. Marcelle ne m'a pas semblé avoir de personnalité en dehors de son désir obsessionnel d'enfant ; Jeanne n'a visiblement aucun autre centre d'intérêt que l'observation des premiers poils, des seins qui poussent et que l'attente des premières règles. Jeanne m'a paru être le personnage le plus construit, son difficile avortement clandestin et son engagement auprès du mouvement résistant apportant une nuance qui tendait à manquer dans les deux premières parties, malgré l'obsession que fait naître en elle son coup de foudre pour Jacques.
C'est sans doute à cette façon de représenter les femmes du roman que je dois cet intérêt pour le caractère historique du roman, ne trouvant pas d'émotions derrière les mots de ces trois narratrice qui se succèdent sous la plume de Josselin Guillois, je me suis raccroché à ce que leurs témoignages nous disent de la guerre et de cette opération de sauvetage des oeuvres des musées français.
Une découverte en demi-teinte, donc, dont je garderai malgré tout un souvenir plus positif que négatif.
Lien : https://8tiret3.blogspot.com..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   28 août 2019
Tu dois aussi apprendre pourquoi Jaugard a fourni les localisations des oeuvres aux allemands. Sait il seulement qu'en découvrant cela plus d'un réseau serait prêt à le faire tuer? Et par dessus tout, Jeanne il faut trouver le moyen d'entrer dans les salles égyptiennes, il faut voir ce qui se cache là dedans.
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rkhettaouirkhettaoui   27 août 2019
Les fruits c’est juteux, le sucre, les vitamines, voilà le nécessaire pour que mon sang circule sainement, anime mes muscles, pourvoie ma future vulve, et qu’il sorte de moi comme chez une femme. Je me suis habillée pour aller au parc cueillir les premières framboises, j’ai descendu l’escalier, mais passant devant la cuisine j’ai entendu des pleurs. J’ai reconnu Laurette. Un homme lui parlait. J’ai poussé la porte. Elle était sur le tabouret, des épluchures d’asperges à ses pieds, elle essuyait ses yeux avec son tablier, elle hoquetait. C’était le poste de radio qui parlait : « Lille est maintenant désertée. Il y avait 350 000 habitants avant-hier, il n’en reste plus que 20 000 : les vieillards, les handicapés, les décérébrés. Tout le monde a fui. Les Allemands roulent vers… »
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rkhettaouirkhettaoui   27 août 2019
Mona Lisa, parce que ton utérus s’est bombé, tu es devenue Joconde. Tu as su accueillir verge et sperme, tu as porté l’enfant, ton vagin l’a glissé dans le monde, tu survis, tu recommences, tu recommences, et ton mari alors t’aime tant qu’il fait appel à l’art pour t’immortaliser : Vive l’utérus de ma femme, faites entrer Léonard de Vinci ! hurle Francesco. Ah, vous voilà, monsieur de Vinci, on dit que vous êtes doué dans votre métier, voici ma femme, elle est tout aussi douée dans le sien : regardez-la bien, je vous paie pour, peignez-la.
 
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rkhettaouirkhettaoui   26 août 2019
Dormir seule, sans l’homme qu’on aime, n’est pas toujours triste si l’on saisit cette vacance pour tisser une toile d’amour qui le piégera à son retour. Je n’ai pas beaucoup dormi, j’ai mordillé les manches de sa chemise, cajolé son oreiller, pourléché sa zone de draps, allumé des bougies, dansé autour du lit, avant d’éclater de rire en portant son bonnet de nuit au blanc pompon. C’est un rite, ça stimule la chambre.
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rkhettaouirkhettaoui   27 août 2019
On m’a raconté que le sein appartient à la mère, mais le lait est au nouveau-né, c’est sa propriété… Le mari de Mona Lisa, on le dit amoureux et aveugle. Je n’aime pas La Joconde, cette peinture me hante souvent, mais pour la première fois je suis seule avec elle.
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Louvre, Josselin Guillois - rentrée littéraire 2019 éditions du Seuil
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