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EAN : 9782703308461
227 pages
Editions Dangles (02/09/2010)
1.75/5   4 notes
Résumé :
Diagnostic : nous entretenons une armée inutile et dangereuse. La conserver nous conduit à la disparition économique et identitaire… voire physique et brutale. Cette évolution sera bientôt irréversible.

Remède : notre pays supprime l’essentiel de son outil de
défense.

Objectifs : obtenir un gain décisif en sécurité et les moyens
de construire notre avenir.

Pas trace d’idéalisme ni d’antimilitarisme dans cet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Franck_naturellement
  01 février 2011
“Et si on supprimait l'armée française” ?
Cette question, Pierre-Marie GUILLON, qui a “un parcours d'homme de raison”, et qui “a beaucoup écrit dans son domaine professionnel”, l'a un jour jetée dans un troquet, et a failli provoquer une crise d'apoplexie d'un ancien combattant. Provoquer la stupeur, c'est le propre des propositions dérangeantes en politique. Mais pas toujours des bonnes idées, et des bouquins qui les exposent.
La démonstration de PM Guillon se veut implacable, elle ne l'est malheureusement pas. Ses prémices peuvent être partagés, ils sont exposés avec brio. Oui, une Nation n'est pas puissance au 21ème siècle par les mêmes voies et moyens qu'au 19ème, et PM Guillon a hautement raison lorsqu'il expose que le propriétaire indien de Arcelor, devenu Arcelor-Mittal, n'a que faire des admonestations d'un président de la République française ; PM Guillon a tout aussi raison lorsqu'il explique que la perte de puissance depuis les Mérovingiens de territoires de facto indépendants n'a pas entamé le bien être de leurs habitants : tout au plus, la puissance étatique qui les absorbait les privait d'attributs de souveraineté, souvent symboliques, parfois moins, comme le choix de la langue usuelle ; il a aussi raison lorsqu'il analyse la construction européenne comme une perte de puissance pour la France ; je ne lui donne pas raison lorsqu'il considère que notre tradition atlantiste constitue une deuxième source de perte de puissance.
Il n'en demeure pas moins que son analyse provoque l'interrogation quand il la pousse à l'extrême concernant la défense : à quoi sert de conserver une armée quand, de fait, nous ne sommes plus une puissance ?
Sa démonstration fait mouche sur la force de frappe nucléaire. Elle fait d'autant plus mouche que l'idée même de posséder un tel arsenal était, en soit, une hérésie. PM Guillon examine attentivement tous les scénarios qui pourraient nous mener à utiliser la bombe. Une attaque par une super-puissance ? Dans ce cas, vitrifier Shanghaï si la marine chinoise est en vue de nos côtes n'a pas grand sens : soit on pense qu'il y a un lendemain après l'invasion chinoise et la capitulation française, et il serait plus doux si on n'a pas bombardé Shanghaï ; si on pense que l'on peut combattre avec des armes dites conventionnelles les armées chinoises, pourquoi utiliser l'arme nucléaire, et donc la posséder ? La possession de l'arme nucléaire n'a de sens que si l'on est disposé à détruire la Chine entière pour notre propre indépendance nationale, en faisant le pari qu'aucun dirigeant chinois, enfermé dans un sous-sol bunckerisé, ne vitrifie la France en représailles. Pari que l'on peut estimer audacieux.
Bref, posséder l'arme nucléaire quand on est attaqué par une puissance, c'est du suicide.
Reste le cas de puissances moindres. A savoir, par exemple, Maurice attaquant la France à La Réunion ou, exemple donné par PM Guillon, l'Argentine attaquant le Royaume-Uni dans les Malouines. La possession de l'arme nucléaire par Londres n'a pas empêché l'attaque de Buenos-Aires, la junte sachant que même Thatcher ne lâcherait pas une bombe sur la Pampa ; on le voit, la possession de la force de frappe n'a rien empêché, et n'a rien réglé non plus.
Dernier cas, l'attaque terroriste. Même si la base arrière est connue, comment imaginer que l'armée française y fasse exploser une bombe atomique, tuant des milliers de civils qui n'en peuvent mais ?
Bref, posséder l'arme nucléaire ne sert à rien, coûte un fric fou et, pire, pourrait inciter une puissance à nous attaquer pour mettre la main sur notre force de frappe intacte. A la question “faut-il supprimer la force de frappe”, PM Guillon répond donc oui, avec une conviction et une démonstration implacable.
On aurait aimé que la démonstration fusse du même acabit pour l'armée tout court.
En observant l'utilisation que l'on aurait à faire de l'armée française, l'auteur constate que la protection de la Françafrique n'est plus d'actualité. Je partage, mais il n'est pas certain que la France ait à y gagner d'un point de vue économique. Disons en un mot que l'obtention de certains marchés par des régimes peu assis sur une légitimité démocratique n'est certainement pas déconnectée de la capacité de protection par nos troupes des-dits régimes. On pourra constater que la Chine, qui n'a aucun soldat stationné, emporte marchés sur marchés. Certes. Au prix sans doute de dessous de tables supérieurs à ceux des Français, que nul juge d'instruction ne viendra contester. Ne partageant pas ce cynisme-là, c'est cependant sans déplaisir que je verrais le démantèlement des bases françaises en Afrique.
Autre cas évoqué, celui de l'outre-mer. Là aussi, pour PM Guillon, c'est affaire de puissance passée, la France doit déclarer ces territoires ouverts, et disponibles pour quelque frégate qui passerait au large du rivage. Je suis, sur ce point, plus circonspect, car, après tout, jusqu'à preuve du contraire, et c'est particulièrement vrai pour les départements d'outre-mer, ce sont des Français qui y vivent, et qui ont le droit, comme tout bon Parisien, à ne pas se trouver le lendemain matin à la botte d'une souveraineté non choisie.
Et c'est sur ce point, non pas (encore que) parce que j'ai des attaches familiales dans une île française de l'Océan indien, que j'ai décroché de l'argumentation de l'auteur.
Si effectivement nous avons su construire avec nos voisins un système de paix commune qui rend, à ce jour, la possibilité d'une guerre avec l'Allemagne aussi peu crédible qu'un conflit entre la Savoie et le Dauphiné, si la force de frappe n'est qu'un leurre, dont il faut se débarrasser au plus vite, faut-il pour autant se passer de force armée permanente ?
Oui, si l'on en croit le titre du livre, non si l'on en croit certaines de ses remarques. A deux reprises, l'auteur parle soit d'une sorte de “garde nationale”, par exemple présente pendant les catastrophes naturelles, soit de permettre à la France d'être présente parmi les “gendarmes internationaux” dans le cadre de l'ONU. Or, dans ses estimations budgétaires, PM Guillon continue à faire “comme si” on se débarrassait pour de bon de toute force armée permanente, sans parler, à aucun moment, sans développer ce que pourrait être une défense nationale sans militaires.
C'est pourtant cette partie là que j'attendais le plus pour ma part, comment assurer différemment la défense des gens, autrement que par un bouclier nucléaire fictif et des gars (et quelques filles) en uniforme. Comment on surveille nos côtes ? Comment on permet aux navires français (et européens) de naviguer au large de la Somalie ? Comment on évacue nos ressortissants en cas de crise grave dans un pays étranger ? Comment on récupère des otages au milieu du Sahel ? En attendant que des forces armées d'autres pays, dont les contribuables continuent à payer des impôts pour entretenir une armée, viennent faire le boulot à notre place, et cela de façon continuelle ? On me rétorquera que, à ce niveau, une force armée internationale et/ou européenne, à laquelle nous participerions, peut faire ce boulot. Certes, mais comme le constate PM Guillon, l'armée européenne n'a pas progressé d'un pouce depuis l'échec de la CED en 1954, il y a peu de chance que cela change dans la décennie à venir. La seule solution, c'est donc de remettre notre sort à la seule alliance qui existe actuellement, et qui ait la force de le faire, à savoir l'OTAN.
Or, la crise des subprimes a montré combien la force américaine est fragile, tandis que l'Irak comme l'Afghanistan a démontré que les GI's, même arrosés de dollars, étaient incapables dorénavant d'imposer leur point de vue contre des populations hostiles. Dans ce cadre, avec une économie anémiée, pourquoi les contribuables US accepteraient-ils de financer la tranquillité publique des Français ? Là aussi, l'argument de PM Guillon pèche.
Nous sommes, et je partage l'avis de PM Guillon, à la croisée des chemins, sur de très nombreux sujets. Continuer comme nous le faisons, intégrés dans une Union qui se refuse le rôle de puissance dans un monde de plus en plus instable est tout sauf sain. C'est d'autant plus malsain pour la France que l'on continue à faire comme si, comme si on demeurait une grande puissance, avec le deuxième réseau diplomatique mondial, et la force de frappe. Or, on ne peut continuer à se doter des instruments d'une puissance, et ne pas l'être. Il convient donc de choisir soit l'un, soit l'autre.
Donner notre siège permanent de l'ONU à la diplomatie européenne, ne plus entretenir de force de frappe, seraient déjà des signes extrêmement forts. Pour le reste, il me semble qu'il faille aller vers une force armée européenne intégrée. Plus facile à dire qu'à faire, sans aucun doute. Mais la meilleure façon que cela ne se fasse pas, c'est que nous décidions qu'il n'y ait plus du tout d'armée française.
En un mot comme en cent, il faut supprimer l'armée française, oui, mais pour créer l'armée européenne !
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Leps
  07 février 2011
Essai au titre aguicheur, se voulant pamphlet révolutionnaire, au final, qu'a-t-on ?
Une soupe indigeste, remplie d'approximations, d'inexactitudes : pire qu'une discussion au café du commerce ! Texte très court (moins de 250 pages) mais horriblement long à lire tant l'argumentaire développé est creux et plat.
L'auteur, diplômé de sciences po, a semble-t-il oublié tout ce qu'on a pu lui enseigner à l'IEP : les concepts de sciences politiques sont complètement inexistants, aucune référence bibliographique, le vide absolu.... Ah oui me dira-t-on, c'est parce que personne avant lui n'a émis l'idée de se débarrasser de l'armée ! A aucun moment il ne cherche à répondre à sa lancinante question : pourquoi suis-je le seul à le vouloir ? Pourquoi ai-je l'impression de prêcher dans le désert ?
Ultra-libéral au possible, estimant qu'une institution qui ne produit pas de richesse est de fait inutile, Pierre-Marie Guillon ne semble pas connaître le sens du service public et de l'intérêt général. L'armée est un service public, il ne faut pas l'oublier et la guerre n'a pas disparu comme par miracle de notre petit monde : le chéquier, bien sûr utile, sert aussi et surtout à s'armer et à faire la guerre, monsieur Guillon, pas juste à acheter des entreprises !
On pourrait disserter longuement sur cet "essai', mais ce serait lui accorder l'importance qu'il ne mérite pas et lui faire une publicité qui ne ferait qu'enrichir son auteur.
Pour conclure en une phrase : fuyez ce livre et mettez vos 18 euros dans un autre livre.
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Chaskespaere
  07 mars 2011
Cet ouvrage de Pierre-Marie Guillon, aux éditions Dangles ("Il faut supprimer l'armée française"), pose courageusement le constat de l'entretien par le gouvernement français d'une armée inefficace, dangereuse et qui plus est coûteuse au regard, justement, de sa faible utilité ; il préconise, là encore courageusement, de la supprimer afin d'investir dans l'économique et le culturel, véritables "armes", aujourd'hui, permettant sécurité et défense bien plus que le "fusil" ou la Bombe, permettant aussi de produire, de construire, d'autres choses pour la France et ses habitants (de l'emploi, de l'éducation, de l'avenir...). Et il ne le fait pas au nom d'un antimilitarisme primaire, mais suite à une analyse très intéressantes des évolutions de notre monde : changements de nature des "menaces" (terrorisme) et des modes d'action et d'influence inter-étatique ("le chéquier plus dangereux que le fusil"). Un très bon livre donc, à mettre entre toutes les mains des esprits ouverts.
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Pchabannes
  11 janvier 2011
La thèse et les idées en 10 lignes
Pierre-Marie Guillon constate que la France est un petit pays intégré à la Communauté Européenne elle-même vassale de l'Empire américain. Nos gouvernants, trahissant de fait le mandat électif (ndlr), ont abandonné les différents éléments constitutifs de l'indépendance nationale, domaine régalien, (monnaie, lois, justice) ne se laissant qu'une possibilité imaginaire de revenir en arrière.
Plus d'Etat, adieu Ultima ragio regis.
Abandonnons donc la force armée ; elle n'est pas utile pour se défendre car la destruction sera sure ; aller jouer à la guerre puisque il y a belle lurette que nous faisons où les américains nous disent de faire.
Délayer 10 lignes en 250 pages au service d'un dogme
Des répétions en guise d'arguments, des massues où l'on attendrait une réflexion, des évidences en guise d'idées, des insultes à qui ne partagerait pas les idées de l'auteur et “on ne pourra la contester sauf à délirer”.
Confusion sur les causes et les effets, inversion du raisonnement logique. Il n'existe pas de réflexion quand l'éveilleur a choisi et ne cherche qu'à convaincre.
35 pages de portes ouvertes sur l'utilité de détenir la bombe nucléaire.
Des idées toutes faîtes et simplistes sur l'Histoire depuis la révolution française, l'Islam politique, la Chine, les USA, immigration....
Opinions opposées à la mienne
Vous trouverez sur la blogosphère sans trop de peine des blogs se félicitant de la sortie de l'ouvrage. Notons que ces personnes, contrairement à moi, n'avaient nul besoin d'un livre pour être convaincus.
Une grande déception après un quatrième de couverture convaincant
L'argument d'autorité et les répétitions ne peuvent convenir à l'honnête homme à la recherche d'éléments de réflexion.
Nul ne saurait discuter le fond, le débat n'est pas ouvert. Il a été fermé dès le préambule.
Un livret de 25 pages aurait été largement suffisant au regard des éléments apportés.
A ce défaitisme dépassant largement la question militaire, je répondrai que tous les jours se joue la guerre culturelle ou économique…la France et l'Europe peuvent encore choisir de survivre.
“Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre.” Churchill - Correspondance
Plus d'info sur le blog
Lien : http://quidhodieagisti.kazeo..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   11 janvier 2011
“La suppression de notre armée signifierait que nous avons vaincu nos conceptions de l’état, de la puissance, de notre situation, de l’avenir et de notre vocation, autrement dit que nous nous sommes débarrassé des pseudo-évidences et les archaïsmes qui bloquent notre imagination, nous privant de notre capacité à évoluer. Le proposer est un sacrilège. Sa mise en œuvre aurait un caractère fondateur car elle serait de nature à transformer notre société française en profondeur. Ce serait une révolution. Une vraie.”
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