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EAN : 9782953353822
221 pages
Éditeur : Editions Rue Fromentin (13/01/2011)
Résumé :
En 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 20e arrondissement de Paris. Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les oeillères du quotidien. Ecrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B a-ba a tout d’un récit d’aventure. Celle d’un « professeur » débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
liliba
  18 août 2011
Voilà un ouvrage particulièrement intéressant, et qui se lit d'une traite malgré le sérieux du sujet. En effet, l'auteur partage son expérience en tant que bénévole dans un centre d'apprentissage de la lecture et de l'écriture pour adultes analphabètes.

Un sujet qui fait régulièrement la une des médias, mais dont il semble que sur le terrain, les avancées soient vraiment microscopiques.

Ainsi le narrateur raconte comment il a été recruté : un peu par hasard par une amie, alors qu'il n'avait strictement aucune formation spécifique, comment il a été propulsé devant plusieurs adultes (tous étrangers) et comment il a dû trouver avec un peu d'aide d'autres bénévoles, mais pas tant que ça, des méthodes qui soient adaptables à ces personnes en attente de savoir.

Difficile en effet de trouver le système ou la méthode qui fera chez ses adultes le déclic de l'apprentissage de la lecture (déclic qui a lieu aussi dans l'apprentissage des enfants : on annone, on ne comprend rien, jusqu'au jour béni où les lettres forment enfin des mots, les mots des phrases et ou on découvre que tout cela a un sens). Certains parlent déjà à peine français, d'autres ne sont jamais allés à l'école de leur vie, ne connaissent même pas l'alphabet et tous viennent de pays lointains dans lesquels les consonances de la langue sont très éloignées du français : ainsi il sera si difficile de prononcer le "u" ou bien le "r", sans parler des subtilités du français, qui, s'il est une langue magnifique, n'en reste pas moins abominablement compliqué avec toutes les exceptions, particularités...

Alors b.a-ba ou méthode globale ? Manuel pour enfants de CP ou textes pour adultes adaptés ? Les formateurs jonglent comme ils peuvent, au grè du vent et de l'avancée du groupe. Ils s'adaptent à chaque séance, avec une ténacité qu'on aimerait voir chez tout le corps enseignant... (on peut rêver). Factures, plans, journal, tout est bon, pour lire, on bouge les meubles pour mettre en scène une mini BD, on fait des jeux de rôles, on s'entraide aussi, beaucoup, et toujours, ce sourire de victoire et de fierté quand l'un des élèves comprend un mot, arrive à déchiffre, à écrire, à comprendre...

Armé de patience et de courage, de volonté aussi, et je pense d'un peu de naïveté, Bernard Guillot va tout faire pour que ces adultes assis en face de lui arrivent à lire, enfin. Il se donne l'année scolaire, mais cela semble une tâche tout à fait impossible. Chaque progrès, infime, est suivi d'une reculade à grande vitesse, il se rend compte que certaines notions grammaticales ne seront jamais comprises, il revoit sa copie sans cesse, pour s'adapter au public qui lui, va de découragements en efforts...

Une belle leçon de vie et de partage, passionnante !

Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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keisha
  17 avril 2011
"Trois millions d'illettrés. (...) Soit 9% de la population de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France.
(...) Lors de la Journée d'appel de la défense nationale, plus de 11% des jeunes de 17 ans éprouvent de sérieuses difficultés à comprendre un texte simple; près de 5% sont considérés comme authentiquement illettrés."
"L'illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de 16 ans qui, bien qu'ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et /ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples."

En tant qu'enseignante, honnêtement, je ne peux qu'être choquée par ces chiffres, et pourtant ces futurs illettrés, j'en ai tous les jours face à moi. On lutte, oui...

Mais là Bertrand Guillot se retrouve face à des analphabètes. Pour Philomène, Cheikou, Bah et les autres, l'école n'a pas vraiment existé et le français n'est pas leur langue maternelle. Pour différentes raisons ils ont voulu apprendre à lire (et à écrire) et les voilà à suivre des cours dans un centre du XIX.

L'auteur (avec d'autres bénévoles) rame pour leur expliquer les beautés de la méthode syllabique, tout en se demandant si la méthode globale préconisée par les grands pédagogues ne serait pas meilleure? Eternel débat. Tous, apprenants et formateurs, luttent au milieu des phonèmes, des pièges et chausse-trapes de la langue française, de ses champs d'exception, pour qu'un jour le sens se fasse, au delà du déchiffrement. La bascule va-telle survenir? Celle que les enseignants de CP connaissent avec leurs petits au bout de quelques mois?

J'ai dévoré le récit des aventures de tous ces héros (je pèse mes mots) : d'un côté, enfin parvenir au Graal, comprendre une facture, écrire un chèque, lire un SMS, une affiche, un journal, de l'autre repousser le découragement, inventer des activités, bricoler un peu il faut le dire.

Bertrand Guillot sait ( avec humour) nous partager cette année avec ses apprenants, échecs et succès. Qui sont aussi des personnes avec leur passé, leurs soucis, leurs gros problèmes, se révélant peu à peu au fil du temps et de la confiance. Un beau récit, une belle aventure humaine.

Juste pour que vous réalisiez la prouesse des ces hommes et femmes, imaginez vous devoir trouver votre chemin dans une ville asiatique, russe, israélienne, par exemple, avec panneaux non bilingues, bien sûr. Puis s'attaquer à la lecture de l'arabe, du thaïlandais, etc... Alors? On rit moins, hein? Et encore nous savons comment les syllabes fonctionnent...

A lire absolument!
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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ivredelivres
  18 mars 2011
Vous avez du temps de libre, vous cherchez une activité utile et intelligente ? faites comme Bertrand transformez vous en bénévole et tentez d'apprendre à lire à des adultes nommés Ibrahim, Nabil, Ladi ou Philomène. J'ai bien dit tentez car si tous ces hommes et femmes sont certains de vouloir essayer, vous, êtes-vous capables de leur apprendre ?
C'est la question que s'est posé Bertrand Guillot lorsque un peu par hasard on lui propose d'être bénévole dans un centre social. Il accepte et l'aventure commence. Comme vous et moi, il ne sait pas grand chose de l'enseignement de la lecture, mais bien entendu il a des souvenirs de son propre apprentissage et puis il va lire sur le sujet. Mais est-ce suffisant ?
C'est avec une grande simplicité, beaucoup d'humilité et infiniment d'humour que Bertrand Guillot raconte son expérience. Parce que la tâche est rude et qu' il y a loin de la coupe aux lèvres. Face à des personnes qui ont derrière elles une journée de travail souvent épuisante, qui sont déjà passés par des galères successives, la bonne volonté ne suffit pas. Il faut être capable de « faire apprendre » de « faire comprendre » de perdre ses réflexes de « lettré », cela donne des scènes parfois surréalistes, parfois cocasses et souvent très émouvantes. On sent poindre par moment le découragement des deux côtés. Mais passent les saisons, les plus motivés entraînant les autres, malgré quelques abandons et les erreurs de Bertrand, en juin le groupe est toujours là.
C'est un livre tonique, humaniste, chaleureux, sur le bateau avec lui montent des hommes et des femmes qui vous n'oublierez pas car Bertrand Guillot sait les rendre présents, leur donner vie et rendre hommage à leur courage et leur ténacité. Au fil des pages vous comprendrez la différence entre analphabétisme et illettrisme, les statistiques sur le problème mais surtout vous attendrez comme lui le fameux déclic
Lisez ce livre il fait du bien
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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aurora2206
  05 août 2011
Ce fut la première fois que je lisais un ouvrage concernant l'alphabétisation des adultes et je dois dire que cela a été une très bonne expérience.
B.A-BA est l'expérience vécue par Bertrand GUILLOT, l'auteur de ce livre. Il donne des cours pour apprendre à lire, à écrire et compter à des adultes immigrés. C'est lui qui raconte dans ce livre.
On fait ainsi la connaissance de plusieurs personnages réels tels que Cheikhou, Nabil, Amah, Bah et bien d'autres. Ces gens souhaitent apprendre pour mieux s'insérer dans la vie courante. Si certains auront des facilités, d'autres auront plus de mal. Toutes les tranches d'âges viennent apprendre.
Tous ces gens ont été attachants à leur manière.
Je me suis rendue compte combien il a été difficile pour eux de lire des mots, des syllabes, des phrases... Est-ce que j'ai eu du mal aussi étant petite à apprendre à lire, je ne m'en souviens plus. J'avais envie de les aider comme Bertrand GUILLOT. J'aurai aimé être bénévole dans un centre comme celui-ci. On doit également apprendre aussi nous-mêmes avec ces gens-là.
Je pense que je penserai encore longtemps à toutes ces personnes. En tout cas, à la fin du livre, j'étais très triste et je n'avais pas envie de les quitter.
En tout cas, bravo à Monsieur GUILLOT et aux autres bénévoles de l'espace 19 et du centre Riquet. Ils font du très bon boulot et j'espère qu'ils le feront encore longtemps.
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gerry29
  07 juin 2011
En débutant ce livre, je savais qu'en France il y avait un nombre assez ahurissant d'illettrés et d'analphabètes, mais rien de tel pour en prendre la mesure que de lire cet ouvrage.

En effet, ici, Bertrand Guillot nous dresse le portrait des "apprenants" immigrés venus apprendre à lire au centre Riquet à Paris.
Pour la plupart, ils vivent en France depuis 5, 10, 15 ans et ont réussis tant bien que mal à suivre leur chemin sans avoir les bases pour lire ou du moins déchiffrer les textes rudimentaires qui leur permettront d'être autonomes. C'est ce que les bénévoles du centre tentent, chaque vendredi soir, en petit groupe de leur enseigner: le B-a. BA de la langue française.

Ainsi, nous suivons Bah, Amah, Nabil et les autres durant une année "scolaire" dans leurs apprentissages. Ils sont motivés, persévérants pour la plupart et voient en leurs bénévoles des hommes et femmes qui les sauveront.
Je mesure la difficulté de reprendre ou plutôt démarrer à 40, 50 ans un cycle d'apprentissage d'une langue qui n'est pas leur langue maternelle. Je ne suis pas certaine, à leur place d'en avoir le courage.
Cet ouvrage est vraiment très instructif. On se rends compte que la demande pour ces cours d'alphabétisation est supérieure à l'offre et que les bénévoles sont de vraies pépites.
Pour être moi-même bénévoles (mais à un tout autre niveau), je mesure l'implication et ce que les gens attendent de vous. Parfois, ça met quand même beaucoup la pression ^^.

Ce documentaire est intéressant car pour une fois on met le doigt sur le tabou qu'est l'illettrisme en France. Une belle leçon d'humilité venant de gens pour qui la vie est loin d'être facile. Car comme le dit si bien Bertrand Guillot, les mots sont partout, sur les formulaires de sécu, de pôle emploi, sur le plan du métro, les horaires du prochain bus, mais aussi sur l'affiche publicitaire que vous pourriez lire en attendant votre tour à la Caf et qui vous ferais sans doute un peu passer le temps...
Ma note: 8,5/10
Un documentaire accessible, qui pointe le doigt sur un réalité pas vraiment réjouissante. Les dialogues tout au long de l'ouvrage donne une dynamique appréciable au témoignage qui, sans cela, aurait pû être redondant!
Lien : http://gerry.vefblog.net/154..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
AproposdelivresAproposdelivres   22 novembre 2017
Ladi se lance d’un ton hésitant : « J’aime le café. » Hamdoulillah. Qu’il essaie donc de l’écrire, maintenant.
– Mais… Je peux pas.
– Pourquoi ?
Il dit qu’il n’y arrivera jamais, les deux autres opinent, « On n’a que un mois de cours », dit Nabil. Bien sûr, je suis conscient de la difficulté extrême de l’exercice – comme un élève de latin qui passerait soudain de la version au thème. Mais mon petit doigt est sûr de lui. Le Grand Pédagogue est en retrait, il attend de voir. Je les rassure, leur dis qu’on se fout de l’orthographe (de quoi ?), qu’il s’agit simplement d’écrire les sons qu’ils entendent – au moins d’essayer, je suis avec eux pour y arriver.
Je ne sais pas lequel de ces mots a résonné dans l’esprit de Ladi, mais le voilà finalement qui jette son stylo sur la feuille.
Gm le kf
Yo ! Je renvoie à plus tard l’explication du « J’ », puis lettre après lettre nous faisons naître la phrase. Nabil a assisté à l’événement, il est prêt maintenant, en équipe avec Cheikhou.
G ve di t
Me voici de nouveau en prise avec le cerveau de chacun. Découverte étonnante : Nabil ne sait pas plus lire que Ladi, et pourtant tous deux semblent avoir la pensée structurés en arabe : ils voient les consonnes, oublient les voyelles.
Je tente une autre phrase avec Ladi, heureux de voir qu’il s’accroche, les traits fatigués mais l’œil rallumé, comme s’il venait de prendre soudain conscience d’une lointaine possibilité.
Pendant ce temps, sur la table d’à côté, Nabil et Cheikhou sont en plein débat sur la manière d’écrire « Bonjour ».
BNOGOU.
Certes.
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TheomaTheoma   02 novembre 2011
Cela semblait simple a priori : ils ont beau parler un français parfois hésitant, tous maîtrisent bien le masculin et le féminin.

Vérifions-le, tiens.

- Si je remplis mon verre, je dis qu'il est plein. Si je remplis mon assiette, je dirai qu'elle est...

- Pleine, dit Ibrahima.

- Parfait. Et si je dis "Ibrahima est grand", je dirai "Amah est..." ?

- Petite, répond la salle unanime.

Comme quoi, à quelques détails près, nous y sommes presque.
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TheomaTheoma   21 mars 2012
On a raison de représenter le Savoir par une lumière. C'est un feu qu'il faut sans cesse alimenter, vous diront les lettrés. D'autres savent que c'est aussi une flamme qui brûle quand on l'approche de trop près. Une flamme qui fait peur, parfois.
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Videos de Bertrand Guillot (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bertrand Guillot
Le métro, sa grisaille, ses retards, sa déprime... Les clichés ont la peau dure. Mais il est parfois possible de leur tanner le cuir et de voir au travers. Pour Bertrand Guillot, le métro est avant tout une scène sur laquelle nous défilons tous à tour de rôle (et le prix de la place défie toute concurrence). La comédie n'est pas exclue, la romance non plus, le drame pointe parfois... Bref, aujourd'hui, le romanesque est dans le métro, bien plus que dans les séries ou la télé-réalité. C'est aussi l'un des derniers lieux du « lien social », où les frontières et les séparations si solides en surface s'évanouissent subitement sur les quais. Tout est permis. Dans le métro, il n'y a plus de première classe depuis longtemps. Dans la vie « à l'air libre », c'est un peu différent... Paradoxalement, on étouffe là-haut. Le métro est un sport collectif est le fruit d'une année d'observation, de reportage, de chroniques. Bertrand Guillot traduit, avec justesse et humour, l'ambiance des stations. Son sens du portrait -- particulièrement du portrait féminin --, sa science du détail juste font merveille dans ce recueil où la délicatesse du trait n'atténue en rien le réalisme des personnages et des situations.
© éditions rue fromentin, 2012.
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