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ISBN : 2081422719
Éditeur : Flammarion (03/10/2018)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 21 notes)
Résumé :
«There is no society» : la société, ça n'existe pas. C'est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l'ensemble des classes dominantes occidentales. Il a pour conséquence la grande sécession du monde d'en haut qui, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative. La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l'a-société. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Pirmin
  26 avril 2019
Ce livre est excellent pour comprendre le fond du problème et les rapports de force dans la société française actuelle. Christophe Guilluy explique avec clarté pourquoi il n'y a plus de société solidaire. Le "no society" de Margareth Thatcher signifie la fin de l'Etat providence, ce qu'elle s'est chargée de réaliser rapidement en Angleterre, à l'époque. La dame de fer représentait le monde bancaire et le capitalisme financier. Un peu comme le Président Macron en France aujourd'hui. Ils sont les défenseurs des lobbys, de l'oligarchie et d'un projet de mondialisme cosmopolite, un marché ultralibéral qui promeut la dérégulation et le libre-échange dans un monde globalisé. On retire les frontières pour créer la nation-monde où circulent les populations dans l'indifférenciation la plus totale.
Avec ce projet progressiste-mondialiste, il n'y a plus de société solidaire. La classe dominante et supérieure, l'élite et l'oligarchie sont les gagnants de la mondialisation. Ils se citadellisent dans les métropoles en se coupant des perdants en périphérie. Le plus bel exemple est la Catalogne avec Barcelone qui a voulu quitter l'Espagne et devenir une cité-Etat pour ne pas devoir être solidaire. Ce grand projet mondialiste est celui des banquiers et des financiers. Ils n'ont aucun souci sociologique. Ils sont totalement incompétents dans ce domaine. Ils ne voient que le marché mondialisé et les bénéfices à en tirer pour eux-mêmes. On a déjà un avant-goût avec les hyper-milliardaires Zuckerberg ou Musk et les GAFAM.
Mais on voit en Occident que les peuples commencent à réagir à cette évolution et aux dénationalisations. Les gens se rendent compte qu'il y a beaucoup à perdre pour la plupart. Les gagnants sont dans les grandes villes, les métropoles, au contact du marché. Ailleurs c'est plus difficile, les nouveaux emplois se font rares. C'est la "périphérie". Aux Etats-Unis, la périphérie a élu Trump. En Angleterre elle a voté le Brexit. En Italie, elle a mis en place Salvini, etc. On constate donc la puissance de cet éléctorat des laissés pour compte. En France ce sont les gilets jaunes. Que veulent-ils ? Ils ne veulent pas l'aumône mais une autre politique, plus humaine, plus protectrice du travail, plus soucieuse des gens et une société solidaire. Il faut donc modifier le programme, réguler, prendre des mesures protectionnistes, conserver les frontières entre les Etats pour contenir l'immigration désordonnée. C'est ce que fait Trump aux Etats-Unis, parce que son électorat l'a élu pour ça. Donc paradoxalement, c'est un Président républicain, mais proche de l'industrie et de l'économie réelle qui a agi pour aider les classes perdantes de la mondialisation et ne pas les abandonner.
La finance est nécessaire à l'économie, mais elle va trop loin dans les exigences de rendement. Le profit maximalisé pervertit le système et rend ses acteurs mégalomaniaques et narcissiques, centrés sur eux-mêmes et indifférents aux autres. La finance doit être au service des populations et non pas au bénéfice de quelques uns. L'intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers. Il faut donc moraliser la mondialisation et ne pas laisser le pouvoir décisionnel aux mains de lobbys mégalomanes cyniques et irresponsables.
L'auteur pense que les mouvements "pro-nations" qui surgissent un peu partout des zones périphériques sont en train de prendre le pouvoir car elles sont majoritaires. Elles ont compris que le discours qu'on leur tient n'est pas logique et acceptable. Parler d'égalitarisme, donner des leçons de morale alors que les gagnants se désolidarisent des zones en difficultés, où est la cohérence ? On débat sur la théorie du genre, sur l'homophobie, les LGBT et autres minorités, les migrants, le racisme, etc. Tout ça pour faire diversion et éluder le fond du problème. Ce qu'il faut c'est mieux adapter les pays à l'économie mondialisée, prendre certaines décisions protectionnistes, réguler les marchés pour éviter la perte de contrôle et revaloriser les salaires. Responsabiliser les entreprises, fragmenter les grands groupes, les multinationales trop gigantesques, exiger d'eux loyauté, honnêteté et leur appliquer une imposition plus juste.
C'est un livre essentiel pour comprendre l'origine des nouveaux mouvements populistes et les divers changements des représentations politiques. La conclusion du livre est un appel à la réconciliation entre les deux France, celle des métropoles et celle de la périphérie.
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Vermeer
  13 février 2019
Le titre reprend une phrase de Margaret Thatcher "There is no society" (1987) c'est-à-dire qu'avec l'accélération de la mondialisation économique, du libéralisme, la société se délite, les classes dominantes font sécession et abandonnent le bien commun.
Après les ouvriers, les paysans, c'est aujourd'hui la classe moyenne dans son ensemble qui disparaît. Les retraités en sont le dernier rempart, héritiers des 30 glorieuses mais vont être de plus en plus précarisés.
Comment faire société sans l'existence d'une classe moyenne majoritaire intégrée économiquement et culturellement ? C'est de moins en moins le cas.
Le mythe d'une majorité d'inclus sert les intérêts des classes dominantes, bénéficiaires de la mondialisation. Elles ont mis en avant les problèmes des banlieues, ethnicisé les débats pour laisser croire que les problèmes n'existent qu'à la marge. Pourtant de plus en plus d'Occidentaux ( le problème n'est pas spécifiquement français) ne sont plus intégrés, ne servent plus de référents culturels aux arrivants. Pire ils ont été méprisés, ostracisés et vivent aujourd'hui et pour la première fois hors des zones de créations d'emplois. Loin du mythe de la mobilité pour tous, ils subissent une sédentarisation contrainte, par les coûts immobiliers notamment.
Encore une fois, impossible de faire société sans une majorité d'inclus qui partagent des valeurs communes.
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Education_Litteraire
  14 janvier 2019
« There is no society »... No society : La société, ça n'existe pas. Plus de 30 ans se sont écoulés, et l'écho du géographe Christophe Guilluy à la déclaration de la Dame de fer, Margaret Thatcher, semble porter le constat que le message a déjà été entendu de tous, ou peu s'en faut. Trente ans plus tard, le tableau que peignait la libérale et conservatrice anglaise est accroché au mur, comme un chef d'oeuvre que tout le monde peut à présent contempler, avec plus ou moins d'admiration ou de dégoût.
Au premier plan, on y voit la sécession du monde d'en haut et de celui d'en bas ; du premier de cordée et de ceux sur la corde raide ; des élites mondialisées et des « gens de quelque part » ; autrement dit, des winners et des « déplorables », pour reprendre l'expression d'Hilary Clinton. La scène ne manque pas de tragique, car on y voit périr un bel idéal, le bien commun, consumé par l'abandon après avoir été vermoulu par l'individualisme. Les revendications catégorielles forment aujourd'hui la mosaïque des contestations généralisées d'autrefois.

La classe supérieure, concentrée au coeur des métropoles a, semble-t-il, verrouillé un système où la novlangue du politiquement correct et l'influence médiatique ont entre autre relégué l'opinion d'une majorité qui se laisse pourtant de moins en moins prendre à ce jeu. Les injonctions de l'idéologie dominante restent désormais sans réponse. le marronnage des classes populaires est croissant. En attaquant les derniers protégés, retraités et fonctionnaires, les réformes les plus récentes s'attaquent à la branche sur laquelle Emmanuel Macron s'était assis pour se faire élire, et que Trump – car cette branche est là-bas sciée depuis longtemps – a cueillie sur le chemin de la Maison Blanche. le mépris de la bourgeoisie, que dénonçait déjà le sociologue Christopher Lasch il y a bien longtemps, procède au dernier élagage ; le tronc de l'arbre est nu, la partition annoncée par François Hollande peut se finaliser.
Car en arrière plan, l'enjeu n'est pas plus économique que sociétal ; le sujet n'est pas moins la dette globale que l'insécurité culturelle ; pas moins les dépenses publiques que l'accueil des immigrés ; pas moins les services publics que l'intégration de masses qui partout, à intensité variable, provoque par l'impossibilité de la tâche un durcissement de la politique d'accueil et une fermeture de frontière, comme en Suède. Même l'Algérie, face à l'immigration subsaharienne, prend ses propres mesures.

En Occident, on taxe, le plus souvent de racisme, cette fermeture d'esprit. Georges Marchais n'oserait plus demander l'arrêt de l'immigration.
Aujourd'hui, la classe dominante ouvre unanimement les bras au monde entier. le problème, c'est qu'elle ne les referme jamais. Paris, leur capitale, ne propose que 2 % des places d'hébergement pour demandeurs d'asile. C'est la périphérie, les départements, qui en toute responsabilité, tentent d'assumer le vivre ensemble largement prôné. Mais voilà, cantonner des étrangers dans des territoires où ne se créent pas les emplois, les faire évoluer aux côtés des pseudos « sans dents », ce n'est pas fournir un modèle qui permet autre chose que la communautarisation et ses travers.

Trente ans se sont écoulés. le tableau de Thatcher devient ringard, suranné. Certes, il n'est pas forcément prêt à être décroché, rangé aux oubliettes. Mais un vent nouveau tend à le faire vaciller, rien qu'un peu. Un vent désigné populiste qui souffle et déplace les ordres établis partout dans le monde. États-Unis, Brésil, Italie, Royaume-Uni, Autriche, … les exemples s'accumulent. Un mouvement de réel balaie les dénis. Christophe Guilluy poursuit son diagnostic et son analyse de la France périphérique. À mesure des années, le temps lui donne raison, mais n'éclaire pas sur les suites à donner. La société devra décider par elle-même.
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LEFRANCOIS
  03 avril 2019
Ce livre poursuit le décryptage de la société française (et occidentale) entrepris avec ses précédents ouvrages. Il avance que la classe moyenne a disparu et par là-même le soft power de la classe dominante, ce qui conduit à une fracture (si souvent dénoncée mais peu argumentée). L'irruption des "gilets jaunes" depuis la fin 2018 matérialise cette cassure entre les citoyens aisés des grandes villes et métropoles, et les citoyens de la "France périphérique", délaissés et cantonnés dans la pauvreté. le diagnostic est bon mais la conclusion est étonnante : "comment réintégrer les riches dans la communauté nationale ?".
Peut-être en les aidant à devenir un peu moins riches ?
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farahriad
  17 janvier 2019
Passionnant ! C'est comme si on avait le scénario du film qui se joue actuellement avec les gilets jaunes ... La mise en persepective permet de mieux comprendre ce qui se passe depuis quelques semaines. A lire et relire dans quelques années lorsque la catastrophe (selon le point de vue où l'on se place aura eu lieu.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MusikantMusikant   16 mai 2019
De l’esclavage à la colonisation en passant par l’Holocauste ou l’oppression des homosexuels, les classes populaires passent quotidiennement au tribunal de l’Histoire. Le piège est imparable. Il rejette la majorité de ces catégories dans les poubelles de l’Histoire en offrant une nouvelle virginité à la classe dominante. Dans ce partage de l’histoire occidentale, les classes populaires sont ainsi contraintes d’en porter la face noire, tandis que les classes dominantes pourront se présenter comme les héritières d’une histoire positive (des lumières à l’émancipation des minorités). Le « sanglot de l’homme blanc » place ainsi les classes dominantes supérieures dans une posture de supériorité morale en désignant les véritables coupables que sont les classes populaires ».
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LEFRANCOISLEFRANCOIS   03 avril 2019
La disparition de la classe moyenne occidentale ouvre le temps de l'a-société, le temps de la rupture du lien entre les mondes d'en haut et le monde d'en bas. La lutte des classes est révolue puis que, comme l'explique le milliardaire américain, Warren Buffet, elle a été gagnée par la classe dominante depuis bien longtemps.
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MusikantMusikant   16 mai 2019
En France, les années 1980 seront marquées par l’émergence de Canal +, quintessence de ll’idéologie libérale-libertaire dominante. Cette chaîne travaillera activement à la relégation culturelle des classes populaires en les associant systématiquement à une forme de dégénérescence. De la série « Les Deschiens », à la marionnette débilitante de Johnny Hallyday des Guignols de l’info, c’est en réalité toute la production audiovisuelle qui donne libre cours à son mépris de classe.
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MusikantMusikant   21 mai 2019
Donald Trump, comme les populistes italiens, est porté par un mouvement qu'il n'a pas initié. En France, Emmanuel Macron peut être élu, il n'entame en rien ce mouvement, cette détermination des classes populaires à refuser le modèle du monde d'en haut. Ce mouvement réel de la société ne relève d'aucune manipulation, d'aucune fake news, il traduit simplement la volonté des plus modestes de préserver l'essentiel, leur capital social et culturel.
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MusikantMusikant   21 mai 2019
Georges Marchais pressentait la montée d'un discours qui visait à ostraciser la classe ouvrière pour mieux délégitimer ses revendications. Dans un discours prémonitoire, il dénonce clairement la dynamique qui allait conduire à la relégation culturelle des plus modestes puis à la rupture entre la gauche et les classes populaires : ” Nous posons les problèmes de l’immigration, ce serait pour utiliser et favoriser le racisme, nous rechercherions à flatter les plus bas instincts, nous combattons le trafic de drogue, ce serait pour ne pas traiter de l’alcoolisme apprécié par notre clientèle… ils crient tous en chœur pétainisme […]. Quelle idée se font ces gens des travailleurs ? Bornés, incultes, racistes, alcooliques, brutaux, voilà d’après nos détracteurs, de la droite au Parti socialiste, comment seraient les ouvriers.”
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Vidéo de Christophe Guilluy
Une note de lecture sur "Le crépuscule de la France d'en haut", de Christophe Guilluy.
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