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EAN : 9782081422711
196 pages
Éditeur : Flammarion (03/10/2018)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 38 notes)
Résumé :
«There is no society» : la société, ça n’existe pas. C’est en octobre 1987 que Margaret Thatcher prononce ces mots. Depuis, son message a été entendu par l’ensemble des classes dominantes occidentales. Il a pour conséquence la grande sécession du monde d’en haut qui, en abandonnant le bien commun, plonge les pays occidentaux dans le chaos de la société relative. La rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, nous fait basculer dans l’a-société. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Vermeer
  13 février 2019
Le titre reprend une phrase de Margaret Thatcher "There is no society" (1987) c'est-à-dire qu'avec l'accélération de la mondialisation économique, du libéralisme, la société se délite, les classes dominantes font sécession et abandonnent le bien commun.
Après les ouvriers, les paysans, c'est aujourd'hui la classe moyenne dans son ensemble qui disparaît. Les retraités en sont le dernier rempart, héritiers des 30 glorieuses mais vont être de plus en plus précarisés.
Comment faire société sans l'existence d'une classe moyenne majoritaire intégrée économiquement et culturellement ? C'est de moins en moins le cas.
Le mythe d'une majorité d'inclus sert les intérêts des classes dominantes, bénéficiaires de la mondialisation. Elles ont mis en avant les problèmes des banlieues, ethnicisé les débats pour laisser croire que les problèmes n'existent qu'à la marge. Pourtant de plus en plus d'Occidentaux ( le problème n'est pas spécifiquement français) ne sont plus intégrés, ne servent plus de référents culturels aux arrivants. Pire ils ont été méprisés, ostracisés et vivent aujourd'hui et pour la première fois hors des zones de créations d'emplois. Loin du mythe de la mobilité pour tous, ils subissent une sédentarisation contrainte, par les coûts immobiliers notamment.
Encore une fois, impossible de faire société sans une majorité d'inclus qui partagent des valeurs communes.
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Education_Litteraire
  14 janvier 2019
« There is no society »... No society : La société, ça n'existe pas. Plus de 30 ans se sont écoulés, et l'écho du géographe Christophe Guilluy à la déclaration de la Dame de fer, Margaret Thatcher, semble porter le constat que le message a déjà été entendu de tous, ou peu s'en faut. Trente ans plus tard, le tableau que peignait la libérale et conservatrice anglaise est accroché au mur, comme un chef d'oeuvre que tout le monde peut à présent contempler, avec plus ou moins d'admiration ou de dégoût.
Au premier plan, on y voit la sécession du monde d'en haut et de celui d'en bas ; du premier de cordée et de ceux sur la corde raide ; des élites mondialisées et des « gens de quelque part » ; autrement dit, des winners et des « déplorables », pour reprendre l'expression d'Hilary Clinton. La scène ne manque pas de tragique, car on y voit périr un bel idéal, le bien commun, consumé par l'abandon après avoir été vermoulu par l'individualisme. Les revendications catégorielles forment aujourd'hui la mosaïque des contestations généralisées d'autrefois.

La classe supérieure, concentrée au coeur des métropoles a, semble-t-il, verrouillé un système où la novlangue du politiquement correct et l'influence médiatique ont entre autre relégué l'opinion d'une majorité qui se laisse pourtant de moins en moins prendre à ce jeu. Les injonctions de l'idéologie dominante restent désormais sans réponse. le marronnage des classes populaires est croissant. En attaquant les derniers protégés, retraités et fonctionnaires, les réformes les plus récentes s'attaquent à la branche sur laquelle Emmanuel Macron s'était assis pour se faire élire, et que Trump – car cette branche est là-bas sciée depuis longtemps – a cueillie sur le chemin de la Maison Blanche. le mépris de la bourgeoisie, que dénonçait déjà le sociologue Christopher Lasch il y a bien longtemps, procède au dernier élagage ; le tronc de l'arbre est nu, la partition annoncée par François Hollande peut se finaliser.
Car en arrière plan, l'enjeu n'est pas plus économique que sociétal ; le sujet n'est pas moins la dette globale que l'insécurité culturelle ; pas moins les dépenses publiques que l'accueil des immigrés ; pas moins les services publics que l'intégration de masses qui partout, à intensité variable, provoque par l'impossibilité de la tâche un durcissement de la politique d'accueil et une fermeture de frontière, comme en Suède. Même l'Algérie, face à l'immigration subsaharienne, prend ses propres mesures.

En Occident, on taxe, le plus souvent de racisme, cette fermeture d'esprit. Georges Marchais n'oserait plus demander l'arrêt de l'immigration.
Aujourd'hui, la classe dominante ouvre unanimement les bras au monde entier. le problème, c'est qu'elle ne les referme jamais. Paris, leur capitale, ne propose que 2 % des places d'hébergement pour demandeurs d'asile. C'est la périphérie, les départements, qui en toute responsabilité, tentent d'assumer le vivre ensemble largement prôné. Mais voilà, cantonner des étrangers dans des territoires où ne se créent pas les emplois, les faire évoluer aux côtés des pseudos « sans dents », ce n'est pas fournir un modèle qui permet autre chose que la communautarisation et ses travers.

Trente ans se sont écoulés. le tableau de Thatcher devient ringard, suranné. Certes, il n'est pas forcément prêt à être décroché, rangé aux oubliettes. Mais un vent nouveau tend à le faire vaciller, rien qu'un peu. Un vent désigné populiste qui souffle et déplace les ordres établis partout dans le monde. États-Unis, Brésil, Italie, Royaume-Uni, Autriche, … les exemples s'accumulent. Un mouvement de réel balaie les dénis. Christophe Guilluy poursuit son diagnostic et son analyse de la France périphérique. À mesure des années, le temps lui donne raison, mais n'éclaire pas sur les suites à donner. La société devra décider par elle-même.
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BurjBabil
  19 décembre 2019
Le géographe Christophe Guilluy travaille depuis plusieurs années sur la « France périphérique ». Selon ce chercheur, on assiste depuis quelques années à la montée d'une critique globale de la mondialisation par la classe moyenne occidentale.
Son livre mesure, explique les ressorts qui animent cette « France périphérique », mise à mal par la mondialisation.
Le titre du livre fait référence au célèbre « there is no such thing as society » de Mme Thatcher en 1987 rapporté dans un magazine anglais qui poursuivait ainsi : « Nous sommes arrivés à une époque où trop d'enfants et de gens (...) rejettent leurs problèmes sur la société. Et qui est la société? Cela n'existe pas! Il n'y a que des individus, hommes et femmes, et des familles ».
Une bonne partie de la philosophie du programme libéral qui allait déferler sur l'Europe sociale héritée de l'après-guerre est énoncée ici.
Ce livre est fort bien écrit, les exemples sont tirés de la vie concrète des vrais gens, par opposition à ceux qui occupent (terme choisi avec précision) la scène politico médiatique. Les mécanismes de vote, de raisonnement et de décision des grandes catégories disséquées par l'auteur sont systématiquement contextualisés et replacés dans le cadre de ses études de géographe qui s'apparentent souvent à de la sociologie.
Il transforme certes des comportements individuels en généralités et à ce titre pourrait être critiqué mais globalement on retrouve les ressorts qui animent notre pays aujourd'hui. Lorsqu'on songe que ce livre a été écrit avant la crise des gilets jaunes, ses analyses revêtent une intensité particulière.
Des chiffres sont donnés, essentiellement issus des travaux universitaires de l'auteur mais il convoque également d'autres études, livres ou personnalités pour l'occasion.
A titre personnel, me défiant des chiffres auxquels on peut faire dire n'importe quoi, j'ai apprécié le sourçage systématique en fin d'ouvrage (plusieurs dizaines de pages). Pour ce genre d'essai vulgarisateur qui se veut plus qu'un moyen de prise de conscience (la plupart des lecteurs ont déjà perçu l'arnaque à l'oeuvre actuellement) il est utile de pouvoir creuser, retrouver tous les chiffres utilisés à la démonstration. Ainsi les discussions ultérieures autour de ce sujet pourront être avantageusement étoffées pour des non spécialistes.
La principale force de cet ouvrage réside dans cet équilibre entre précision et lisibilité.
Un très bon livre donc et il est dommage que l'auteur intervienne si peu dans les débats actuels, cela nous changerait des marionnettes médiatiques et autres perroquets élevés aux éléments de langages.
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jcamille
  30 septembre 2020
La fin de la classe moyenne occidentale, j'avoue que le titre a attiré mon attention me considérant dans cette classe moyenne.
En lisant ce livre, je me rends compte que vivant en ville et travaillant à deux, je fais plutôt partie de la classe des
"petits bourgeois", nantis qui ne se mélangent plus avec le peuples d'en bas, relégué dans les banlieues et pire dans les villages
dortoirs loin des lieux de travails et de prises de décisions.
C'est vrai que j'ai regardé le mouvement des gilets jaunes avec une certaine incompréhension.
C'est vrai que ce qu'on appelait classe moyenne ne reflète plus l'ensemble des ouvriers travailleurs artisans des années d'après guerre,
qui était finalement l'ensemble majoritaire de ceux qui travaillait durent mais voyait son niveau de vie augmenter régulièrement.
On touche peut-être une limite du système et des sociétés de type occidentale/capitaliste, on a surtout un problème pour trouver un travail décent à tous.
Le replis sur soi, le communautarisme serait la faute de ceux qui ont réussi à tirer leur épingle du jeux de la mondialisation en les ostracisant
ou en parlant une lovlangue.
Les inégalités s'accroissent et le fossé entre les pauvres et les riches s'agrandie petit à petit dans le ville citadelle bobo piétonne et écolo. la classe moyenne au milieu c'est étirée en classe moyenne inférieure et classe moyenne supérieure (peut-être là ou je me trouve finalement plutôt que petit bourgeois comme le laisse entendre l'auteur).
Les niveaux de rémunération stagne et le cout de la vie augmente surtout le prix pour se loger ce qui pousse les plus pauvres à partir.
Dans ce livre Christophe Guilluy donne l'exemple du XIXe siècle ou les riches étaient plus intégrés avec les gens du peuple et ou
dans ce sens le partage et le respect des communs avait plus de sens (dont faisait partie la religion).
Je trouve ce livre assez culpabilisant et assez pessimiste presque regrettant le passé ou les écarts étaient surement moins grand entre
les riches et les pauvres mais ou existait d'autres inégalités bien plus regrettables.
La conclusion de se livre est succincte et pas très détaillée on reste un peu sur sa faim.
Au vu de ce qui se passe actuellement avec cette crise sanitaire on pourra toujours dire que les communs sont en train de disparaître mais au final,
je trouve que notre société ne s'en tire pas si mal et que les puissants ont pris leur responsabilité en arrêtant l'économie pour protéger
le plus grand nombre.
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CVolland
  27 octobre 2019
Cet essai de Christophe Guilluy reprend les principales thèses de ses précédents livres.
Il tente de démontrer que les classes moyennes n'existe plus ou presque. Au profit des bourgeoisies des centres villes, ghettoïsé et inaccessible. Cette nouvelle donne voie l'émergence d'une force politique populiste partout en Europe et aux Etat unis, qui pourrait amener les élites à repenser leurs rapport aux peuples.
Alors Certes Christophe Guilluy écrit mal et ses essais sont pénibles à lire, bien que celui ci l'est un peu mois, mais sont mérite est grand. Réhabiliter le Français (ou l'européens) de base, ni immigré, ni bourgeois, ni issu d'une quelconque minorité, bref n'ayons pas peur des mots le boeuf. Cela relève de la gageure. 
Guilluy appartient à une gauche en voix de disparition, la gauche respectable.
Elle n'est certes pas exempt des tares nombreuses inhérent à ce courant politique, qui sont sont utopie, sa foi en l'homme et au progrès, sa naïveté (dont la conclusion est un bel exemple). Mais cette gauche n'a pas abandonnée le peuple, qui pour elle existe, se qui est déjà pas mal...
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MusikantMusikant   16 mai 2019
De l’esclavage à la colonisation en passant par l’Holocauste ou l’oppression des homosexuels, les classes populaires passent quotidiennement au tribunal de l’Histoire. Le piège est imparable. Il rejette la majorité de ces catégories dans les poubelles de l’Histoire en offrant une nouvelle virginité à la classe dominante. Dans ce partage de l’histoire occidentale, les classes populaires sont ainsi contraintes d’en porter la face noire, tandis que les classes dominantes pourront se présenter comme les héritières d’une histoire positive (des lumières à l’émancipation des minorités). Le « sanglot de l’homme blanc » place ainsi les classes dominantes supérieures dans une posture de supériorité morale en désignant les véritables coupables que sont les classes populaires ».
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MusikantMusikant   21 mai 2019
Georges Marchais pressentait la montée d'un discours qui visait à ostraciser la classe ouvrière pour mieux délégitimer ses revendications. Dans un discours prémonitoire, il dénonce clairement la dynamique qui allait conduire à la relégation culturelle des plus modestes puis à la rupture entre la gauche et les classes populaires : ” Nous posons les problèmes de l’immigration, ce serait pour utiliser et favoriser le racisme, nous rechercherions à flatter les plus bas instincts, nous combattons le trafic de drogue, ce serait pour ne pas traiter de l’alcoolisme apprécié par notre clientèle… ils crient tous en chœur pétainisme […]. Quelle idée se font ces gens des travailleurs ? Bornés, incultes, racistes, alcooliques, brutaux, voilà d’après nos détracteurs, de la droite au Parti socialiste, comment seraient les ouvriers.”
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MusikantMusikant   21 mai 2019
Donald Trump, comme les populistes italiens, est porté par un mouvement qu'il n'a pas initié. En France, Emmanuel Macron peut être élu, il n'entame en rien ce mouvement, cette détermination des classes populaires à refuser le modèle du monde d'en haut. Ce mouvement réel de la société ne relève d'aucune manipulation, d'aucune fake news, il traduit simplement la volonté des plus modestes de préserver l'essentiel, leur capital social et culturel.
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MusikantMusikant   21 mai 2019
En ostracisant leurs propres peuples, les classes dominantes occidentales ont créé les conditions de leur impuissance. En rompant le lien entre le haut et le bas, les élites favorisent l’autonomie des plus modestes qui ne se réfèrent plus au monde d’en haut. Sauf à militariser la coercition, la classe politique ne pourra pas compter long-temps sur le monde médiatique ou académique pour canaliser le monde d’en bas. Plus personne en bas ne prenant au sérieux les politiques, économistes, universitaires ou médias, le XXIe siècle s’ouvre sur un paradoxe majeur. Aujourd’hui, c’est le monde d’en haut qui perd son hégémonie culturelle.
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BurjBabilBurjBabil   15 décembre 2019
Nous n'avons plus affaire à un monde d'en haut qui défendrait l'ordre ancien, l'autorité, les cadres nationaux, mais à une nouvelle bourgeoisie cool qui a choisi la sécession. Le sacrifice de la classe moyenne occidentale sur l'autel de la mondialisation n'était que la première étape d'un processus qui allait conduire le monde d'en haut à abandonner les modèles et valeurs communs qui cimentaient les sociétés occidentales. Pour la première fois, la classe dominante et ses relais médiatiques, culturels, universitaires ne parlent ni au nom de, ni contre les classes populaires, puisque celles-ci sont désormais sorties de l'Histoire.
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Christophe Guilluy - Entretien "No society" dans Du grain à moudre (2018).
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