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EAN : 9782070363155
160 pages
Éditeur : Gallimard (25/01/1973)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 149 notes)
Résumé :
L'avocat Pierre Delhomeau est parti de Paris un matin au volant de sa MG pour aller plaider à Rennes. Tout en conduisant, il pense à son amie Hélène mais aussi à vingt autres choses appelées par une association d'idées, un air de musique, un parfum d'herbe mouillée. Sa voiture roule à 140 quand elle aborde le grand virage du lieu?dit La Providence. Au même moment, un poids lourd survient en sens inverse tandis qu'une bétaillère s'apprête à traverser la nationale, en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  18 octobre 2012
Pierre Delhomeau est avocat. Il a un rendez-vous à Rennes et, installé au volant de sa MG, il file à toute allure. Il est pressé, un peu stressé, pense à des tas de petites choses, à Hélène avec qui il veut rompre, à ce qui sera servi au repas, à son fils.... à des petites choses qui font la vie.
Au détour d'un virage, une bétaillère en panne. Pierre tente de la dépasser. Un poids lourd arrive en face. L'accident est inévitable et fatal... Deux petites secondes de perdues et l'accident n'aurait jamais eu lieu.
Entre le début du virage et le champ où la vieille MG finit sa course, il ne s'est pas écoulé plus de dix secondes. Dix longues secondes de presque cent pages, pendant lesquelles Pierre a largement le temps de penser à ce qui lui arrive. Il a le temps de penser à des choses utiles ou futiles, de penser à l'essentiel, à Hélène à qui il a encore beaucoup de choses à dire, le temps de penser à ce qu'il est... et le temps de se voir mourir.
Paul Guimard signe ici un roman réellement atypique sur le temps qui passe, sur la fatalité, la renaissance et la mort.
Un roman d'une grande force et d'une rare intensité, intemporel.
Un roman poignant où se mêlent tragédie et humour, futilités et priorités, espoir et désespoir...
Un roman très bien adapté au cinéma par Claude Sautet, avec Piccoli et Schneider.
Un roman haletant, passionnant et troublant où les petites choses de la vie prennent une place importante.
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chapochapi
  28 juillet 2014
(attention : spoil)
Je ne connaissais pas le film, je viens de découvrir le livre et me demande de plus en plus comment un tel récit a pu être réalisé au cinéma : tout se passe dans la tête du personnage principal et narrateur de sa propre mort, lorsque ce dernier prend un virage trop rapide et qu'un agriculteur lui cause un accident.
Il ne s'est pas écoulé dix secondes entre le moment où la voiture est entrée (trop) rapidement dans le virage, qu'elle a tenté d'éviter la camionnette d'un agriculteur crétin qui s'est engagé sur la voie sans réfléchir, et celui où la voiture, après avoir tourné sur elle-même, s'être aplatie, écrasée, encastrée, a pratiquement tué son conducteur. Il ne survivra pas mais ne le sait pas encore. En dix secondes, toutes ses pensées sont tournées vers l'agriculteur, sa propre conduite, l'amour qu'il porte à sa femme et du testament qu'il n'a toujours pas écrit. A terre, incapable de bouger, il pense se reposer, se tient prêt à engueuler l'agriculteur, ne comprend pas immédiatement les remarques de la petite foule qui grandit autour de lui. Jusqu'à ce que la vérité se fasse jour et qu'il s'accroche désespérément à la vie.
Ce roman est extrêmement dur puisque l'on sait, nous, compte tenu de la description de l'accident, que le protagoniste ne peut en réchapper. L'inutilité de sa colère, celle que l'on peut ressentir pour l'agriculteur qui profite de la mort certaine du personnage pour lui faire endosser la responsabilité de l'accident pour ensuite se payer un petit verre, et enfin la certitude du médecin qui affirme qu'il n'a jamais pris conscience de ce qui lui arrivait, tous ces éléments font de ce roman un texte poignant, avec un récit qui semble parfaitement injuste.
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lecassin
  18 février 2012
Encore une rencontre que le hasard seul pouvait rendre possible, un concours de circonstance en quelque sorte. Imaginez : à la sortie d'un virage, la MG de l'avocat à la cour Pierre Delhomeau est lancée à 140 km à l'heure, une bétaillère chargée de cochons tente de traverser la Nationale, mais son moteur cale au beau milieu du carrefour. En sens inverse de la MG, arrive un camion frigo. Rencontre improbable, bien sur… Mais rencontre quand même. C'est l'accident…
Il faut tout l'art incomparable de Paul Guimard pour permettre à ce banal accident de la route de prendre l'épaisseur d'un drame : le narrateur accidenté et inconscient passe sa vie en revue dans l' atmosphère comateuse d'un dernier bilan avant le grand départ.
Un roman aussi troublant que dérangeant et qui m'a personnellement plus dérangé (l'accident et ses suites immédiates, les pompiers, le médecin, le prêtre…) que troublé dans la partie introspective du narrateur.
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Etpourquoipasquatre
  29 mai 2020
Je pensais ne pas l'avoir lu car je ne me souvenais pas du tout de ce que ce livre pouvait raconter, mais finalement, à la pensée de la lettre à Hélène, le flash est revenu instantanément. J'avais éprouvé exactement le même déchirement en imaginant une femme fracassée par la perte de son amour lire une telle lettre hors de propos au milieu du chaos. Cette lettre m'avait brisé le coeur à sa place. Et ce fut toujours le cas pour cette relecture. Spécialiste de la pensée fuyante qui part d'un point A pour atterrir en T deux minutes plus tard en étant passée par W, B, H, R, K et E parfois sans aucun rapport logique, je me suis totalement retrouvée dans la mécanique de pensée de cet homme sur le point de mourir, déjà détaché du monde des vivants mais encore assez là pour percevoir des mots, des sons, des odeurs avant de s'éteindre définitivement. Et puis, j'ai lu ce livre avec un autre regard qu'au lycée. Aujourd'hui mariée à un homme qui a perdu son papa dans un accident ressemblant à celui du livre (une camionnette qui grille un stop, des témoins qui racontent que c'est l'autre qui allait trop vite alors que c'est bien la victime qui était en règle...), je n'ai pas pu m'empêcher d'y penser, de me demander s'il avait lui aussi eu le temps de se rendre compte qu'il allait mourir sans revoir sa femme et ses enfants, même si on leur a dit qu'il était mort sur le coup et n'avait pas eu le temps de souffrir. J'ai eu l'impression de vivre les derniers instants d'un beau père que je n'ai jamais connu et qui fait parti de notre vie, de celle de mes enfants, uniquement en pensée, en souvenir et en photo. Ce petit livre court que je pensais anodin et vite avalé m'a finalement bien plus marqué que je ne l'avais prévu.
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mallollo
  16 novembre 2015
Dix longues secondes...
Entre le début du virage du lieu-dit de la Providence et le champ où la vieille MG finit sa course, il ne s'est pas écoulé plus de dix secondes. Dix longues secondes de presque cent pages, pendant lesquelles Pierre a largement le temps de penser à ce qui lui arrive.
Le temps de se voir mourir...
"Lorsque j'ai vu la bétaillère arrêtée au milieu du virage, je n'ai pensé qu'au problème posé: soit un véhicule roulant à X km/h... à la rencontre d'un obstacle placé à X mètres. Calculez le temps T, etc. Je gaspillais ainsi les secondes pendant lesquelles je pouvais regarder les choses en sachant que c'était pour la dernière fois."
Le temps de penser à des choses futiles...
"Qui saura fermer la porte-fenêtre du jardin dont les paumelles insuffisantes font travailler les gonds à faux? Si l'on pousse sottement le panneau sans accompagner le mouvement d'une légère traction vers l'intérieur, les ferrures augmenteront leur jeu et l'ensemble se désarticulera en moins d'un mois."
Le temps des regrets...
"Si je m'étais tué, Hélène aurait trouvé dans ma poche cette lettre ridicule. C'est une sottise sans nom de ne pas l'avoir détruite puisqu'elle ne représente plus la réalité de mes sentiments présents, mais un mouvement sans profondeur, une humeur plutôt que j'exprimais de façon cruelle. On devrait brûler toutes les lettres de ce genre. Elles mentent toutes par anachronisme."
Le temps de penser à l'essentiel...
"A deux ou trois secondes près, je passais, je n'aurais même jamais imaginé que je frôlais une catastrophe. Je roulerais tranquillement vers Rennes. Mon costume et la MG seraient intacts. J'aurais mangé du faisan chez Mortreux. Ces trois secondes, je les ai perdues quelque part." "[...] une idée volette, bourdonne comme une mouche verte, se pose, je la chasse, elle revient, s'entête, hideuse, et je ne peux l'écraser. Une idée et une image: je suis dans ma voiture, quai Voltaire, je vais partir pour Rennes, le moteur tourne, je viens de passer ma première, je commence à manoeuvrer pour déboîter, Hélène est debout sur le trottoir, elle me dit quelque chose, je baisse ma glace pour entendre, elle dit:
- Sois prudent, ne roule pas trop vite...
Je souris, je démarre, je viens de perdre quelques secondes. A deux cent cinquante kilomètres de moi le marchand de cochons se tape un verre de calva. Je viens de perdre."
Un livre vraiment poignant, entre espoir et désespoir, futilité et priorités, fatalité et humour.
Bref, les choses de la vie...
Lien : http://www.critiqueslibres.c..
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
mallollomallollo   16 novembre 2015
A deux ou trois secondes près, je passais, je n'aurais même jamais imaginé que je frôlais une catastrophe. Je roulerais tranquillement vers Rennes. Mon costume et la MG seraient intacts. J'aurais mangé du faisan chez Mortreux. Ces trois secondes, je les ai perdues quelque part." "[...] une idée volette, bourdonne comme une mouche verte, se pose, je la chasse, elle revient, s'entête, hideuse, et je ne peux l'écraser. Une idée et une image: je suis dans ma voiture, quai Voltaire, je vais partir pour Rennes, le moteur tourne, je viens de passer ma première, je commence à manoeuvrer pour déboîter, Hélène est debout sur le trottoir, elle me dit quelque chose, je baisse ma glace pour entendre, elle dit:
- Sois prudent, ne roule pas trop vite...
Je souris, je démarre, je viens de perdre quelques secondes. A deux cent cinquante kilomètres de moi le marchand de cochons se tape un verre de calva. Je viens de perdre.
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marina53marina53   22 octobre 2012
J'ai commencé à m'occuper de la mort. Aussitôt, la mort s'est occupée de moi. J'ai eu la faiblesse d'envisager, d'admettre et c'est le commencement de la fin. Je vais payer cette lâcheté inévitable, tant pis pour moi. On ne meurt que par fatigue et par résignation.
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marina53marina53   21 octobre 2012
Cet acharnement à me connaître et à connaître, j'aurais dû l'avoir plus tôt. Si je m'y étais pris à temps, peut-être serais-je arrivé à quelque chose. (...) Quel temps perdu, quel gaspillage, je croyais que j'avais tout mon temps. Maintenant, cela presse, ce sont les derniers moments, et cette hâte n'est pas favorable à la recherche.
Ionesco
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PasoaPasoa   19 mai 2020
J'aurais dû, tout à l'heure sur la route, prendre le temps de regarder avec intensité l'eau et le vent, les arbres et cet enfant minuscule qui courait à la lisière d'un bois et les roses devant la ferme. L'inattention des vivants est confondante. En fait, on ne voit que ce qui s'inscrit dans le champ des œillères de nos préoccupations du moment.

p.131
Commenter  J’apprécie          103
marina53marina53   18 octobre 2012
Qu'est-ce qu'il dit ? In nomine patris et filii et… Cette fois je comprends, je comprends trop. (…) Je veux ouvrir les yeux. Je dois absolument ouvrir les yeux. J'ai affreusement peur.
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Videos de Paul Guimard (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Guimard
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/blandine-de-caunes-la-mere-morte-51724.html
Si elle-même a publié un roman en 1976, « L'involontaire » qui ressort ces temps-ci chez Phébus, c'est avant tout en tant qu'attachée de presse dans l'édition que Blandine de Caunes s'est fait un nom, voire même un prénom. Quand ses propres parents s'appellent Benoîte Groult et Georges de Caunes, il faut assurer, ce n'est jamais facile de pousser à l'ombre des grands arbres.
Sur son père, souvent absent et peu attaché aux contingences familiales, elle reste discrète. S'agissant de son beau-père, en revanche, 3ème époux de sa mère, Paul Guimard, elle ne tarit pas d'éloges. Et là encore, grandir auprès de celui qui a écrit des romans mémorables comme « Les choses de la vie » ou « L'âge de pierre », voilà qui forge une personnalité.
C'est avec un ouvrage très personnel que Blandine de Caunes est aujourd'hui dans l'actualité. « La mère morte » paru chez Stock.
C'est effectivement sa mère que Blandine de Caunes met au coeur de son livre. Si on garde en mémoire Benoîte Groult, la battante, la féministe, l'intransigeante, l'écrivaine, elle qui a tant milité pour la féminisation des noms de professions, on sait moins ce que furent ses dernières années, elle qui vécut jusqu'à 96 ans.
Dans ce beau récit, bouleversant, profondément humain, sa fille Blandine nous raconte la vieillesse, la déchéance, la souffrance des proches quand Alzheimer s'empare de ceux qui ont tant été la vie.
Mais le récit prend encore une autre dimension quand Blandine de Caunes révèle le drame qui, dans le même temps, bouleversa son existence. Sa fille unique, Violette, trouve la mort sur une route ensoleillée, à l'âge de 36 ans. Ainsi donc, en 2016, année de ses 70 ans, Blandine de Caunes perd son enfant unique et sa propre mère. Elle écrit « Maman est un mot qui a disparu de ma vie. Je ne le dirai plus, je ne l'entendrai plus ».
Avec pudeur, sensibilité, sans voyeurisme ni sans pathos, avec une belle écriture qui emporte le lecteur, entre sourire et larmes, Blandine de Caunes se dévoile, nous raconte, sans rien cacher de ses doutes, de sa tristesse, de sa révolte. Mais son récit est aussi et surtout un formidable témoignage de vie, de joie, d'enthousiasme où l'amour et l'amitié tiennent un rôle essentiel. Dans ce récit au jour le jour, quand les épreuves s'accumulent, chaque petit bonheur prend un sens inattendu, chaque mot tendre devient un baume réparateur. Les lieux se révèlent être des havres de paix où les souvenirs heureux affluent et par un mot, une photo, un objet, les chers disparus s'invitent pour aider à porter le fardeau et continuer l'histoire familiale. Hommage à sa fille, hommage à sa mère, le livre de Blandine de Caunes est une pépite triste mais lumineuse dont la lecture est indispensable.
« La mère morte » de Blandine de Caunes est publié aux éditions Stock.
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