AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070361276
Éditeur : Gallimard (20/06/1972)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Posté matin et soir rue dix Havre pour vendre des billets de loterie, Julien Legris se distrait de la monotonie des jours en observant le flot pressé des gens de banlieue que déversent à heure fixe les trains de la gare Saint-Lazare. Il a ses préférés parmi ces passants. François, par exemple, lui semble fait pour Catherine mais onze minutes séparent l'arrivée de leurs trains respectifs et, on le sait, la S.N.C.F. ne badine pas avec l'horaire. Julien rêve, sans rien... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PiertyM
  31 janvier 2017
La force du destin ou le hasard du destin, l'un ou l'autre, l'homme se perd toujours. Il faut se méfier des marchands qui restent des journées entières devant leur étal, ils connaissent tous les passants réguliers, leurs habitudes quotidiennes du moins celles qui se révèlent à leurs yeux, le physique, les fringues, les horaires, l'air qu'ils reflètent le stress ou la détente. Julien Legris, posté sur la rue du Havre à l'entrée de la gare Saint-Lazare pour vendre des billets de lotérie, se familiarise discrètement avec chaque passant, il récite les horaires de chacun avant que celui-ci ne se présente. Mais deux jeunes personnes vont attirer son attention...si sa vie, à lui, a filé aussi vite qu'il ne se souvient plus d'avoir connu des moments assez extraordinaires, puisqu'il est dans la soixantaine, il aimerait créer une surprise pour ces deux jeunes gens qui, d'ailleurs, ne se connaissent pas. Lui, c'est François, elle, c'est Catherine, onze minutes les séparent dans leur horaire respectif, Julien Legris mijote un moyen de créer une rencontre des jeunes gens, il faut trouver une occupation à l'un pendant onze minutes...entre temps, des deux jeunes gens, chacun a une vie...aussi vide que celle de Julien Legris, seulement dans la jeunesse, on espère bien rattraper les choses...
Un livre saisissant sur l'étrangeté de la vie, des rencontres, du temps, des circonstances, et l'homme est l'être qui subit tout, qu'il crie, qu'il crève, pas de pitié, la vie suit son cours, que l'homme veuille une chose, en tout cas la vie n'en fait qu'à sa tête....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
lecassin
  17 février 2012
Comme tous les jours, matin et soir, Julien Legris est fidèle au poste, rue du Havre à quelques pas de la Gare Saint-Lazare. Il propose ses billets de loterie au flot pressé des habitués que la gare toute proche lui envoie chaque jour à heure fixe. Des anonymes, bien entendu…Et dans ce flot de passant grisâtres, deux personnages en couleur : François et Catherine. Pourquoi eux ? Julien n'en sait rien, mais chaque jour qui passe le conforte dans son idée : ces deux là sont faits l'un pour l'autre et l'ignorent. Comble de tout, la SNCF a mis onze minutes entre l'entrée en gare de leurs trains respectifs ; la rencontre est impossible. A moins que…
A moins qu'un le hasard ne vienne mettre sur la parcours de François un motif de retard, Julien hésite à intervenir mais un jour François s'arrête : le Grand Magasin qui l'emploie a besoin d'un père Noël pour les fêtes de fin d'année. Julien est-il intéressé ? L'occasion est trop belle pour lui ; alors il parle et parle, et parle encore… Onze minutes…
Toute l'oeuvre de Paul Guimard, dont c'est ici le deuxième roman, sera construite autour de l'inéluctable d'une rencontre, du croisement des destinées. Inéluctable certes... Si l'on fait abstraction du hasard et de sa gestion toute particulière de l'impondérable.
A mon goût, un des meilleurs Guimard, une histoire ironique et tendre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
myriampele
  09 janvier 2018
A Paris, St Lazare, les passants sortant de la gare défilent sous les yeux de Julien, modeste vendeur de billets de loterie. Il observe, Julien, il imagine, il fait même des projets pour ceux qu'il voit passer. François et Catherine font partie de ceux-là et Julien aimerait les voir un jour ensemble. Mais...
Chaque chapitre entre dans la vie de chacun des personnages, dans leur intimité, leurs espoirs et leurs rêves. Une belle écriture, un roman tendre et doucement ironique.
Commenter  J’apprécie          150
Yantchik
  05 mai 2012
Je n'ai pas encore lu les autres romans de Paul Guimard mais cet auteur semble aimer jouer avec ce que l'on nomme généralement l'effet papillon, c'est-à-dire qu'il s'intéresse aux détails d'une situation présente et en les changeant observe les répercussions qu'ils créeront dans le futur. Dans Rue du Havre c'est un des personnages, Julien, vendeur solitaire de billets de loterie à la sortie de la gare Saint-Lazare, qui tente de perturber le présent pour influencer l'avenir. Chaque jour, parmi les nombreux passants sortants de la gare il a repéré François et Catherine qu'il sent comme étant faits l'un pour l'autre. Malheureusement ces deux tourtereaux imaginaires sont séparés par onze minutes, le temps qui espace les arrivées en gare de leurs trains respectifs, une éternité si l'on considère qu'ils ne se rencontreront jamais…
Un tel scénario pourrait glisser rapidement vers la facilité mais heureusement tout ne se déroule pas comme on aurait pu le penser. Il y a beaucoup de poésie dans cette histoire, un peu parce qu'on ressent le charme désuet de l'époque où elle a été écrite (1957) mais surtout parce que Guimard arrive très bien à illustrer la fragilité des liens qui nous unissent ou la sensibilité des différents chemins que peuvent prendre nos vies, le hasard y étant pour beaucoup.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Chouchou58
  19 octobre 2015
Postulat banal vu de 3 angles concernés par le contexte, le livre aborde des thématiques attrait à la solitude, la famille, la ville. Doté d'une rhétorique et d'une sensibilité fine l'écrit nous porte malgré nous ou inconsciemment vers une plénitude littéraire dans ce court texte jouissif pour tout amoureux de notre langue.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
YantchikYantchik   25 avril 2012
La femme que j’aimerai n’aura pas achevé sa création du monde. Elle ne sera pas clouée au sol par les brodequins de plomb de la certitude. Elle hésitera souvent au bord des attitudes à prendre, des gestes à faire. Elle ne verra pas le monde en blanc et noir. Elle sera perméable et vulnérable aussi. Elle connaîtra le goût des solitudes où l’on s’égare. Nous avancerons côte à côte comme deux funambules sur un fil incertain et nous ne trouverons notre équilibre qu’en nous donnant la main.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
AustralAustral   16 juillet 2013
Ses sentiments restaient à l'échelle d'un vocabulaire mesuré où transparaissait la timidité des humbles en face des mots. Pour parler de ses chagrins il disait "mes ennuis". Il disait "c'était dur" en parlant de Verdun et "je suis fatigué" lorsqu'il était malade. Il faut avoir des loisirs et une certaine fortune pour "adorer" ou "souffrir atrocement".
Commenter  J’apprécie          100
YantchikYantchik   20 avril 2012
Julien mesura la fragilité des liens qu’il avait longuement et tendrement noués. Aussi longtemps que François n’avait été qu’une silhouette lointaine, Julien avait pu se l’approprier et créer entre eux une intimité imaginaire. Mais voici que le précaire équilibre était rompu et qu’en cessant d’être un mythe familier, François devenait un étranger.
Commenter  J’apprécie          60
YantchikYantchik   25 avril 2012
Elle m’a dit cette phrase il y a trois semaines? quatre semaines?... Ces choses-là ne se comptent pas en heures, minutes, ni secondes. C’est d’une autre mathématique qu’usent les amants et les prisonniers. Le système métrique ne rend pas compte de toutes les dimensions. Aux portes des prisons, il y a toujours un bistrot, surmonté le plus souvent d’une enseigne : « On est mieux ici qu’en face. » Pour les gardiens ce bistrot est à trente mètres. Pour les prisonniers, il est à trente mètres et un an, deux, cinq ou dix ans, selon le cas. Irène m’a dit cette phrase il y a trois semaines et une séparation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lecassinlecassin   17 février 2012
Qui se soucie de cet entrelacement de causes invisibles, d'effets inconnus qui tissent la trame de nos jours et qui forment la véritable communion des hommes.
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Paul Guimard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Guimard
Intersection, film américain de Mark Rydell, sorti en 1994, d'après Les Choses de la vie de Paul Guimard et le film de Claude Sautet. Avec Richard Gere, Sharon Stone, Lolita Davidovich. Bande-annonce.
autres livres classés : horaireVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
2122 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre