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EAN : 9782702144701
208 pages
Éditeur : Calmann-Lévy (21/08/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Alexandre Landais, le petit garçon né en 1943 dans un camp d'internement perdu au fond du Maroc, est devenu un homme. Un homme plus vieux que ne l'a jamais été son père, commandant de Marine qui l'a façonné et tant fasciné. Il lui a appris les bateaux, les avions, l'a initié à la contemplation du fameux rayon vert des couchers de soleil, lui a transmis le respect, l'ouverture aux autres, et la loyauté qui toujours doit gouverner la vie d'un homme.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Elisanne
  03 novembre 2013
L'Entre –temps …
Comment parler d'un livre quand tout ou presque a été dévoilé sur la quatrième page de couverture.
Avant tout le titre m'a interpellé « l'Entre-temps » ce passage de l'enfance avec ses rêves à celui d'adulte avec ses vérités et ses faux semblants, cette quête de toute une vie pour découvrir la vérité sur ce que l'on est, ce qui a fait ce que nous sommes.
Histoire difficile à narrer que celle d'un homme, ici le petit Alex devenu plus vieux que ne l'a jamais été son père, comment parler de cette relation père- fils admirablement décrite avec les mots de René Guitton, où l'on se perd à savoir quelle est la part autobiographique de l'auteur tant l'écriture est belle, juste, bouleversante.
Je me suis laissé guider, j'ai fait le même voyage au Maroc dans les pas d'Alex, dans ses souvenirs riches en couleurs, en émotions, comme lui je voulais aller dans les traces du père de Foucauld, comme lui j'ai été meurtri en apprenant ce que des hommes peuvent infliger aux autres sous le consentement de leur chef, la guerre ne se résume pas en bien ou en mal.
Comme lui j'ai aimé la contemplation du rayon vert au coucher du soleil devant l'océan.
Pendant ma lecture je me suis nourri de ce foisonnement de cultures différentes, de Rose sa mère italienne, de Yemma la juive, de Mina la musulmane, sans oublier la tante d'Amérique et les cousins d'Afrique (j'ai aimé les ratures dans son cahier ne sachant pas comment dépeindre ses cousins exotiques à la peau noire).
Beau pèlerinage que cet hommage rendu à ce père adoré trop tôt disparu avec en toile de fond l'Histoire et ses bouleversements de la fin de la seconde guerre mondiale à la fin du protectorat français.
Quête ultime ramener la dépouille de son père pour être fidèle au souhait de sa mère.
Je termine avec les mots de René Guitton dans la bouche d'Alex.
»J'ai longtemps douté de mon courage et j'ai remis plusieurs fois le voyage. La peur de revenir sur les lieux de ma catastrophe. La peur de me retrouver face à toi, face à moi aussi, tout enfant ici. J'ai trop souvent vécu la scène ultime, celle où je fus le premier à jeter sur toi une rose. Rose, au fait ! En quoi aurait-elle besoin de toi, à ses côtés, aujourd'hui, alors qu'elle n'est plus ? A moins que tu ne m'aies appelé ? Oui ! Voilà l'évidence ! Tu m'as appelé !
Un appel sourd, grave, profond comme une lame qui roule sous l'eau et enfle dangereusement s'ans s'annoncer, durant des décennies, qui devient immense soudain, renverse la mer et dévaste tout…
Derrière le véhicule, je marche. Je te suis sur la voie que tu as tracée, et ne reviendrai plus jamais ici. L'ultime promenade s'étire et m'éclaire peu à peu, geste de survie d'un promeneur solitaire.
Je t'emmène pour me sauver.
Cet « Entre-temps » laisse de belles traces d'écriture et d'humanisme dans la mémoire.
L'Entre-temps, René Guitton
Editions Calmann-Lévy

Elisanne pour Babelio
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angeselphie
  26 octobre 2013
Ce livre nous plonge dans l'histoire d'Alex, le narrateur. Il s'est donné pour mission de rapatrier le corps de son père, enterré au Maroc, vers la France afin qu'il puisse retrouver le corps de sa mère.
Alex nous plonge dans ses souvenirs d'enfance même si nous le retrouvons aujourd'hui à l'âge adulte.
Il nous ballade dans les rues de Casablanca d'autrefois mais également dans le Casablanca d'aujourd'hui.
C'est avec beaucoup d'émotions que nous suivons son périple. C'est avant tout un hommage pour un père parti bien trop tôt et lui ayant appris la juste valeur de la vie.
Ce livre nous montre également l'histoire du Maroc juste après la deuxième guerre...

C'est un livre qui se lit facilement mais si le rythme n'est pas toujours très rapide. L'histoire de certains de ces personnages est bouleversante. S'attacher à un personnage, j'avoue que dans ce cas-ci, j'ai eu beaucoup de mal mais par contre être émue par leur vécu, alors là oui!

Est-ce un roman autobiographie ou pas? Voilà une très bonne question. Au départ, je me suis dit que cela n'avait rien à voir mais quand on lit la biographie de l'auteur, on retrouve quand même pas mal de ressemblances... A vous d'en juger par vous-même.
Lien : http://amis-lecteurs.blog4ev..
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Alicej
  31 octobre 2013
L'entre-temps est un roman d'amour filial poignant.
Au début de la lecture, j'avoue m'être un peu ennuyée, me demandant où le narrateur nous emmenait, ces souvenirs d'enfance étaient émouvants mais trop personnels et si individuels... Je n'étais pas vraiment à l'aise, ne trouvant pas ma place dans ce récit qui me semblait si idéalisé. le regard que le narrateur porte sur son père est totalement dénué de tout esprit critique.
Progressivement, c'est la tendresse omniprésente qui m'a émue : cet homme devenu adulte qui veut réunir ses parents et qui, par la même, retourne au Maroc pour se souvenir, une dernière fois de cette enfance hors du commun. Il a fallu que le souvenir explique le présent pour que je réunisse les pièces du puzzle de ma lecture.
C'est une véritable déclaration d'amour au père disparu beaucoup trop précocement. L'homme a retrouvé les souvenirs, les mots et les sensations de l'enfant qui prend la plume pour raconter avec une sensibilité inégalée.
Chaque souvenir a une symbolique pour l'enfant qu'il était et pour l'adulte qu'il est devenu.
L'écriture est fluide et très belle. Les images foisonnent, c'est un véritable plaisir se se promener au gré des mots.
Lien : http://0z.fr/WWnGn
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Marti94
  27 octobre 2013
L'utilisation de la deuxième personne du singulier donne une puissance narrative à l'auteur qui s'adresse à son père avec des flash-back bien orchestrés. J'ai eu parfois le sentiment d'être dans le film culte « Casablanca » de M. Curtiz.
Lu en juin 2013
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AlicejAlicej   31 octobre 2013
J'ai refermé tes mains sur ta poitrine comme pour fermer ton corps. Je venais de te perdre. Pas de ces disparitions dont on espère retrouver un jour le disparu. Là, perdu à jamais, parti dans ton errance sans fin, en dehors de moi, hors de tout, pour le dernier voyage, le plus rien, le néant. Finis nos histoires sans paroles et nos sourires complices. Finies nos méditations vagabondes, et nos heures, côte à côté, à regarder la mer. Finie la quête du rayon vert ou les rêves de voyage à Lasekrem, dans les pas de Foucauld. Fini ta main refuge, ta main immense, musclée, rugueuse, ferme, rassurante, chaude qui prenait la mienne et m'entraînait dans ses élans. Fini. Tout était fini. Dieu n'existait plus.
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ElisanneElisanne   03 novembre 2013
"J'ai longtemps douté de mon courage et j'ai remis plusieurs fois le voyage. La peur de revenir sur les lieux de ma catastrophe. La peur de me retrouver face à toi, face à moi aussi, tout enfant ici. J'ai trop souvent vécu la scène ultime, celle où je fus le premier à jeter sur toi une rose. Rose, au fait ! En quoi aurait-elle besoin de toi, à ses côtés, aujourd'hui, alors qu'elle n'est plus ? A moins que tu ne m'aies appelé ? Oui ! Voilà l'évidence ! Tu m'as appelé !
Un appel sourd, grave, profond comme une lame qui roule sous l'eau et enfle dangereusement s'ans s'annoncer, durant des décennies, qui devient immense soudain, renverse la mer et dévaste tout…"
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AlicejAlicej   31 octobre 2013
Les jours s'écoulaient, et j'attendais de te revoir. Aude appartenait à Rose, comme je t'appartenais. Je partageais ma mère avec la nouvelle née à qui elle vouait ses heures, rythmées par la toilette, la pesée, la tété, l'attention, les babillages, les sourires, les regards et les caresses. Mon univers se rétrécissait ; je m'y sentais de plus en plus à l'étroit. Même loin, tu devenais chaque jour davantage mon père, ma force, ce havre où je me réfugiais. Un oiseau se posait sur une branche, et je devenais moineau à mon tour, et toi mon rameau.

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ElisanneElisanne   03 novembre 2013
Derrière le véhicule, je marche. Je te suis sur la voie que tu as tracée, et ne reviendrai plus jamais ici. L'ultime promenade s'étire et m'éclaire peu à peu, geste de survie d'un promeneur solitaire.
Je t'emmène pour me sauver.
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Entretien avec René Guitton.
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