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ISBN : 2846264147
Éditeur : Au Diable Vauvert (22/08/2013)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 185 notes)
Résumé :
Comment un jeune employé malheureux, un assistant au rayon primeur, un baleinier compatissant et quatre frères, Blanc, Brun, Gris et Noir, quatre jeunes loups aux dents longues surentraînés et prêts à tout pour se faire une place au soleil, se retrouvent-ils liés par la conjonction fortuite d’un attentat frauduleux et d’un licenciement abusif ? On l’apprendra en suivant avec passion leurs aventures burlesques et noires dans les sinusoïdes étranges du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  06 septembre 2013
Bienvenue dans le monde de l'étrange et de l'insolite . Aucun rapport avec la magie , c'est P. Sébastien et ses sardines qui vont être déçus , mais bel et bien avec un nouvel univers futuriste capable de répondre présent aux moindres de vos désirs , aux plus excentriques de vos attentes . Ainsi , n'est-il pas anormal de pouvoir désormais épouser une femme à l'ADN croisé avec celui d'un mamba vert ce qui est le cas de Jean-Jean , libre à vous d'imaginer la chaleur et l'affectuosité émanant de sa moyennement chère et pas vraiment tendre moitié . le comble serait que ce même Jean-Jean , agent de sécurité consciencieux dans une grande surface , soit devenu la cible privilégiée de quatre hommes-loups , louveteaux pas vraiment certifiés Baden-Powell mais plutôt dangereux braqueurs de fourgons , au prétexte d'avoir assassiné leur mère , caissière sur la sellette qu'il tenta de faire tomber pour liaison interdite avec un autre employé , Jacques Chirac :) , à coup de biiiiiip - alerte spoil ! Bon , on a tous fait des conneries , le loup semble avoir la rancune facile...
Plutôt ardu à synthétiser , cet ovni fait dans la critique acerbe , le pamphlet acide et corrosif d'une société ultra matérialiste aux exigences boostées à l'extrême . le ton volontairement caustique et la douce folie émanant de ce récit apparaissent comme de véritables baumes apposés sur un légitime questionnement des plus actuels : y a t-il des limites au toujours plus et sont-elles génératrices de bonheur accru ? Gunzig fournit ici quelques éléments de réponse intéressants .
Des êtres tristes , éteints et un peu perdus dans une société qui , paradoxalement , n'a jamais proposer d'offre aussi pléthorique .
Un western urbain déjanté , inutile de vous dire que les zygomatiques en ont pour leur argent .
Une course-poursuite rythmée et sanglante suscitant , ça et là , de petites réflexions personnelles . La confusion des genres fonctionne à plein et justifie ce bon moment de lecture .
Les plus symptomatiques d'une société en perte de repères étant ces quatre frangins canidés aux caractères totalement dissemblables - Noir/colère , Blanc/chef de meute...- , caractères qu'il conviendra d'analyser afin d'y décrypter celui à adopter histoire de ne pas trop y laisser de plumes...enfin de poils...dans ce monde devenu par trop inhumain , et pour cause...
Ce roman n'est certes pas inoubliable mais permettra à tous ses lecteurs de passer un agréable moment pour peu qu'ils en acceptent le postulat de départ à savoir la volonté de divertir à coups de situations ubuesques et de piqûres de rappel bien senties .
Un grand merci à Babélio et aux éditions Au Diable Vauvert pour ce petit moment passé , une fois n'est pas coutume , à hurler avec les loups .
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Malivriotheque
  10 juin 2014
Jean-Jean travaille au supermarché. Bip-bip, bla bla. Un jour il assiste au renvoi de Martine Laverdure et ça dégénère, la caissière est tuée. Ses fils, quatre loups psychopathes, veulent la venger...
La couverture laisse à penser à l'asservissement de la race humaine corrompue au culte de l'achat, dans des temples-supermarchés qui voient déambuler de manière automatique des machines adeptes de la consommation aveugle. le titre est provocateur, cuit au vitriol. Hmm, intéressant, on retourne le livre et on lit la quatrième de couverture.
Imitation du style biblique dans sa Genèse : « Avant il n'y avait rien. Puis vint l'hypermarché ». Ok, ça doit être une grosse critique de la société consumériste, je me lance.
Ah ah, la bonne blague ! Ce livre n'a pas de genre défini, il est asexué littérairement parlant. Un OLNI (objet littéraire non-identifié) inclassable (la bibliothécaire : « Je le range où ? » « Mets-le en littérature belge, et pis ce sera bon !! »), pourtant loin d'être comparé à un précieux météore parvenu – Thank God – jusqu'à nous.
Le supermarché n'est finalement qu'un prétexte d'approche, d'appât (d'aucuns pourraient arguer que l'auteur a aussi habilement joué que les grandes surfaces, en nous accrochant avec un titre sauce bolognaise mais sans viande une fois le pot ouvert, et a donc réussi le même pari que ces dernières, promettant du rêve mais vendant du texte ; mais était-ce réellement l'intention de l'auteur, les analyses littéraires faisant souvent dire aux écrivains ce qu'ils n'ont pas dit ou voulu dire ?).
Quoi qu'il en soit, perdue dans un fatras de science-fiction/polar/thriller/sex intentions, l'histoire n'a que peu d'atouts pour nous faire réellement vibrer. Ce que l'on espérait critique se révèle trop cynique ; le soi-disant humour se résume à des comparaisons totalement biscornues (« Jean-Jean était resté seul avec le directeur des ressources humaines dont il pouvait nettement sentir la nervosité teintée d'excitation. Comme un cheval à qui on va faire un prélèvement de sperme », p89 ; « Une détermination aussi parfaite qu'un tableau Excel », p183 ; « La colère gagnait Marianne à la manière d'un grand feu de joie allumé par des scouts se préparant à un sacrifice rituel », p219, etc.…) ; presque 100 pages sont consacrées aux élucubrations sexuelles de divers personnages (« ouais je vais la baiser, je vais la défoncer », « oh oui, je veux qu'il me défonce ! », « et si je l'embrasse, qu'est-ce qui se passe ? », « oh ouais, je sais que je suis une bonne suceuse »).
En lieu et place d'une critique acerbe, nous avons droit à une chasse à l'homme nappée de sentiments quasi glaciaux sur lesquels on rebondit comme sur une banquise inhospitalière (moi aussi je peux faire des comparaisons pourries…). On se retrouve à avancer dans le récit tout simplement parce que les chapitres sont courts, et qu'il faut bien l'avouer ce n'est pas de la grande littérature. A l'exception du père de Jean-Jean, touchant, notre cerveau se chargera de nous faire oublier vite fait bien fait les personnages caricaturaux et stéréotypés (je vous revois venir, les défenseurs de la théorie que justement ils correspondent au moule dans lequel la société les a formés !!). Les dénonciations du système, il faut les trouver tout seul pour les apprécier un tant soit peu, comme le prénom Jean-Jean : répétitif, enfantin, traduisant le manque clair d'intelligence, d'ambition et surtout le côté abruti robotique qui « fait ce que la société lui dicte de faire ». Presque un hommage au bien nommé Oui-Oui de notre enfance qui, reconnaissons-le, ne va pas bien loin dans sa belle voiture jaune et rouge… Ou encore les interminables listes de mots nouveaux, souvent anglais, qui ont envahi notre langage et qui ponctuent des discours incompréhensibles pour les gens qui ne comprennent rien à l'informatique ou au marketing (cela me fait penser aux Mots à la con de Pierre Merle, très inspirant…)… Ou bien la continuelle citation de meubles et objets Ikea, qui a envahi nos habitats et nos vies et nous a conformés à un décor unique. Ikea, symbole de l'anti-personnalité…
Mais alors, que reste-t-il de cette lecture ? le supermarché est finalement l'endroit où se déroule la violence physique, peut-être pour singer la violence du marketing (mais pourquoi j'analyse, moi, pourquoi je trouve des excuses à l'auteur… ?). Quant à la fin… elle sort d'on ne sait où, répond clairement au genre du « n'importe quoi qui ne mène nulle part », avec un soupçon des Thanatonautes de Bernard Weber quand Ikea se met à polluer l'afterlife, ou avec le personnage de Marianne qui devient docile, ou avec le retour à la vie dans la forêt, animale, bestiale, back to the wild… Je n'ai rien compris !!!
Ce roman, qui se laisse pourtant vaguement lire (quoique plus de 30 pages d'un coup furent pour moi beaucoup trop à chaque fois) parce que les chapitres sont courts et que d'une certaine manière on aimerait bien savoir où tout ce fatras nous mène, au cas où on pigerait un truc juste à la fin, me révolte et me sidère. Il donne la sensation de délivrer des messages à condition qu'on soit capable d'analyser un peu, tout en comptant sur notre capacité d'analyse prête à trouver une explication à n'importe quel procédé narratif délirant, chose que j'ai détestée.
Allez, parce que je suis super gentille, voici d'autres magnifiques citations qui intéresseront sûrement nos amis de l'Académie Française et qui témoignent du « talent stylistique » (iro) de l'auteur :
« le vol du fourgon était quelque chose de simple, de carré, aussi joli que le calcul d'une intégrale à l'aide de primitives. » p239
« … l'engin de Blanc avait la dimension d'un flacon de Dreft vaisselle. » p351
Et la meilleure pour la fin : « … une nuit plus noire que le pelage de Noir… » p350
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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koalas
  26 mai 2014
"Pendant que tu te lamentes, les autres s'entraînent."
Arnold Schwarzenegger, Pumping Iron
Cette citation d'Arnold introduit l'esprit "zen" du manuel de survie
Pour la petite histoire :
Sous les ordres de ses supérieurs hiérarchiques, Jean Jean, responsable de la sécurité dans un supermarché va épier et aider à obtenir le licenciement d'une caissière, Martine Leverdure, jugée non rentable pour l'entreprise. Sa nonchalance lors des pistages des CB n'étant pas un motif de renvoi, sa liaison avec Jacques Chirac Oussomo, assistant du chef du rayon primeur sera retenue car non conforme avec le règlement intérieur et la culture de rentablité du magasin. Accidentellement, Jean jean tue Martine Leverdure. Ses quatre fils à l'ADN de loups, caïds de la cité jurent de tuer le coupable. Une folle course poursuite s'ensuit....
Thomas Gunzig nous brosse un portrait apocalyptique de ce qui pourrait advenir de notre mode de distribution dans un avenir proche. C'est un livre qui pose des questions sur la philosophie de ces grandes entreprises basées uniquement sur le profit. L'humain n'y a sa place que comme producteur. Il devient une marchandise génétiquement modifiable. Les rapports sociaux sont hiérarchisés et (en)codés. La sexualité et la trivialité y sont bannies. les plus faibles sont rejetés (Martine et Jacques Chirac!) tandis que d'autres plus sauvages incarnés par des hommes loups dominent l'économie parallèle des cités. Quant à la masse des travailleurs, meublés d'Ikéa, épuisés par des cadences infernales, une fois rentré chez eux, ils ne peuvent qu'avaler du surgelé et finissent par s'endormir devant le petit écran. le maintient de la paix social est à ce "juste" prix. Moralité de la grande entreprise : une seule loi domine : l'hyper-productivité, mesurée en euros par heure travaillée.
C'est un bon roman noir cynique, à la fois fable visionnaire (manipulation génétique, ADN sous copyright...) et un thriller rocambolesque qui ne manque pas d'humour.
Soyez sur qu'après avoir lu ce polar, vous ne passerez plus les portes de votre supermarché avec la même assurance!
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YvesParis
  09 septembre 2013
J'avais gardé un souvenir mitigé de "Mort d'un parfait bilingue". J'avais trouvé cette histoire de mercenaire amnésique passablement compliquée. J'avais dès lors tenu son auteur, jeune Belge talentueux, comme un écrivain de la Nouvelle vague, un peu trop poseur pour être tout à fait honnête.
Ces préventions sont levées avec ce "Manuel de survie à l'usage des incapables", titre étrange et assez mal choisi pour introduire un roman à la croisée des genres : polar, SF, romance, essai sociologique.
On dirait du Maurice Dantec (pour l'anticipation parfois trash) mâtiné de Houellebecq (pour la vulgarisation génétique) saupoudré d'un zest de Echenoz (pour l'ironie triste).
On y croise Jacques Chirac, Blanche de Castille et les frères Eichmann dans une intrigue qui se noue dans l'arrière salle d'un supermarché : un vigile y tue par erreur une caissière déclenchant le désir paroxystique de vengeance de ses quatre orphelins, un poil loup-bars, le départ de sa femme serpentine et la rencontre d'une loutre très spéciale. Car cette histoire policière banale se déroule dans un futur proche où la reproduction humaine a été améliorée par le croisement de gènes animaux sélectionnés.
Thomas Gunzig écrit au scalpel de courts chapitres découpés comme des plans de cinéma. Son Manuel ferait d'ailleurs un excellent film avec François Damiens dans le rôle principal, Laure Atika dans celui de sa femme et Mélanie Thierry dans celui de Blanche de Castille.
A lire en attendant de le voir !
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Tom_Mortelmans
  10 juin 2015
-------Conférence (réponses aux questions) + Critique personnelle------
Thomas est Bruxellois, et est amis avec beaucoup de parents à élèves de Decroly (écoles uccloise où je me trouve) et ce mardi 9 juin, j'ai assisté à sa conférence.
On pouvait lui poser plus ou moins toutes les questions que l'ou voulait. Ma critique se trouve plus bas, mais je trouve que le plus intéressant à vous exposer serait les réponses aux meilleures questions. Je ferais au mieux pour dévier au moins ce qu'a dit Thomas.
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Durant cette rédaction de questions/réponses, je dirais simplement "Thomas", je sais que chez certains cela parait étonnant donc je précise, mais à Decroly, on préfère la solidarité et l'ouverture, donc tout le monde (sans exception) se tutoie. même de Directeur à élève.

Tout d'abords nous lui avons demandé : pourquoi le premier chapitre ? (la baleine Nike)
En fait, Thomas a lu Moby Dick ainsi qu'une chasse de baleine, et, comme à son habitude il n'écrit que des petites nouvelles, là il voulait écrire une scène grandiose. Il l'a donc écrite, puis après s'est arrangé pour lui trouver un lien avec le reste du livre. Lien que lui-même qualifie de pseudo-lien.
Tout comme l'histoire de l'après mort rachetée par Ikea, il a un peu construit son livre autour de ce concept, voulant à tout prix lui trouver une place dans son livre.
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Pourquoi ces animaux ? Ce n'est pas une "métaphore subtile", c'est simplement pour apporter quelque chose d'efficace. Ces quatre loups ne sont jamais décrit avec beaucoup de détails, flou posé consciemment, pour laisser sa conscience imager.
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Ce livre est t-il une dystopie ? Pas vraiment. Si oui, c'est involontaire. C'est plutôt une caricature du présent, une exagération. Un constat d'un état de la société. Donc pas réellement de la science-fiction ni une dystopie pure et dure.
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Thomas, pour écrire ce roman, s'est beaucoup documenté, il est allé jusqu'à se promener sur des forums de caissières (d'où cette histoire de traumatisme dut au "bip" de scan d'article, ou du flicage) qu'il a, d'ailleurs, qualifié de très intéressant.
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Pourquoi ce titre ? Thomas a de l'humour, et c'est non sans faire usage de son talent qu'il nous a raconté l'histoire du titre. (C'est donc a prendre avec subtilité). Quand Thomas sort un roman, il espère toujours que ce sera la grande richesse (car il veut vivre au maximum de l'écriture) il lui fallait donc un titre accrocheur, qui se vend. Ce n'est qu'après qu'il s'est rendu compte que le titre ne se liait pas spécialement avec l'histoire. Au final, il regrette ce choix car c'est encore une confusion, encore un mauvais titre... (courage à lui !)
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Pourquoi ces noms ? C'est un art à choisir, des noms. Les savant porteurs d'images, Thomas ne voulait pas opter pour des noms classique. En Belgique, facilement 1 personne /50 a une Isabelle dans sa famille, ou un Nathan. D'où ces noms. 
Par exemple : Jacques Chirac Oussomo, c'est marrant car le rapport est inexistant, donc une image se trouvera naissante dans notre imagination.
Jean-Jean, c'est un peu couillon, comme le personnage. Blanche de Castille, c'est chic, c'est élégant, ça fait presque princesse de Disney.
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D'où sortent les Frères Eichman? Ils sont inspirés des frères Albrecht, fondateurs d'Aldi.
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Pourquoi cette négligence de la police ? (que je trouve justifiée, en passant) Elle est présente tout a fait car tout est fait exprès dans ce livre. L'idée de fond était cette société équilibrée qui s'auto-gère.
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Pourquoi autant de scènes aussi crues, autant de sexe ? Car c'est un élément important de la vie, c'est toujours présent. (là il cita "mon oncle d'amérique", un film démontrant, entre autre, que les comportements humains avaient pour but de perpétrer l'espèce) Et qu'aussi à l'époque pubère que nous traversons (nous, jeunes et viles adolescents) bah c'est aussi omniprésent. (comment contredire..) Et c'est là aussi qu'il déclara, provoquant une vague de rire, que "en plus ça ne se calme pas avec l'âge, bien au contraire".
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Quand un élève a demandé pourquoi ce n'étaient pas tous des animaux, Thomas a repéré une erreur à lui. Il trouve qu'il aurait du expliquer qu'en fait TOUT le vivant est sous copyright, même les ADN. Et comme les OGM sont stériles (Monsanto, graîne exterminator, allez voir le "Datagueule à ce sujet car il en vaut la peine d'en être informé) et bien les femmes le sont aussi. Donc les enfants-loups sont des enfants "buggés".
Pour lui ce n'était pas assez clair, il qualifie cette erreur de point faible du livre.
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"Quand tu écris, c'est pour toi ou pour les autres ?"
Pour Thomas, là où réside le grand plaisir de l'écriture, ce n'est pas dans l'écriture (c'est marrant 5 minutes mais chiant après..) mais dans le sentiment que Thomas a quand il a enfin finit son livre, ce sentiment de "l'avoir fait". Il aime l'écriture pour la liberté, le challenge et l'émotion qu'elle offre.
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Pourquoi une telle fin ? (Attention spoilers)
La fin n'est pas bâclée, elle est idiote, et c'est voulu. Il ne savait pas précisément s'il en avait marre d'écrire ou si c'était le but précis.
Le lien avec l'histoire de l'autiste qui parle avec les vaches, Temple Grandin, qui fut la designer de centaines d'abris pour vaches car elle les comprenait très bien, c'est simplement qu'il aimait beaucoup l'histoire. D'où ce lien assez hasardeux avec l'histoire.
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Et pour finir, en combien de temps a-t'il écrit ce livre ? 3 ans et demi. L'écriture, Thomas souhaite en vivre, et il ne touche que peu, jusqu'ici (j'espère ces donnés non secrètes car il les a quand même scandées publiquement sans problème ni avertissement) il a vendu 15.000 exemplaire ( de 2013 à juin 2015 ), ce qui lui rapporta 15.000 € net. Ce n'est clairement pas assez sur 3 ans et demi, donc il doit faire d'autre boulots à côté. D'où ce temps si long à écrire un roman tel que celui-ci.
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Voilà, le résultat d'une heure de conférence entre Thomas Gunzig et 100 élèves de 10ème (15-16 ans pour la plupart) decrolyenne. J'aime donner le contexte après, comme ça ça n'influe pas le préavis que quiconque aurait, ou non, raison d'avoir sur ces réponses questions que j'ai fournis. 
J'espère vous avoir aidé à comprendre certaines choses, vous avoir intéressé, vous avoir été utile.
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Personnellement j'aime bien Thomas, et j'avais comme objectif posé par mon frère de le faire rire, et j'ai réussi avec une blague salace, mais ça, c'est ma réussite personnelle.. (si cela intéresse quiconque je suis apte à la raconter dans les commentaires :) )
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Maintenant ma critique du livre, écrite avant cette conférence.
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Ce livre s'observe de plusieurs façons. Je n'ai pas peur de commettre un faux pas, j'ai juste peur d'observer ce livre d'une façon le négligeant, en comparaison à l'intérêt qu'il mérite. 
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Thomas Gunzig touche à beaucoup de thèmes, il n'hésite pas à aller dans le détail, il caractérise très fort ses personnages. Il touche à beaucoup de sujets, passe d'une chose à l'autre sans négliger d'enrichir la culture générale ainsi que notre partie du cerveau traitant les informations à propos de la société dégueulasse dans laquelle nous vivons. 
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Par exemple, Marianne, pur produit de notre société actuelle, se voit tomber amoureuse à petit feu. Elle se sent tellement perdue qu'elle se voit se comparer au Lygomme Tach Optimum, je cite "une espèce de produit merdique inventé par les laboratoires agroalimentaires Cargill dans le Minnesota qui, mélange d'amidon, de gélifiants et d'arômes, imitait à la perfection la mozzarella." 
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De un, notre culture générale se voit d'agrandie, étant donné que maintenant on sait ce qu'il se cache derrière ces pizzas low cost. De deux, on voit que Marianne n'obéit par simplement au système, elle le connait dans le moindre recoin, agit en tant que telle, et adore ce qu'elle fait.
On peut dire qu'il ne fait pas les choses à moitié, car ce livre nous offre autant une histoire riche et intéressante qu'une vision profonde sur les choses, plus complète.
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Mais Thomas étant belge, l'humour est, bien sûr, au rendez-vous, avec des métaphores drôles comme "Il leva les yeux, l'engin était toujours là, en vol stationnaire, aussi inutile qu'un fer à repasser dans un canot de sauvetage." 
L'histoire est agréable à lire, le rythme est bon, et pour moi, la lecture se fut difficile pour les 100 premières pages. Mais une fois lancé, j'ai tout dévoré sans m'arrêter jusqu'à la quatre-centième page. 
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L'humour est présent mais qu'en petite quantité, le livre se quantifie plutôt avec ses scènes de sexe qui font surface de temps à autre, de quoi maintenir le lecteur à l’affût, j'imagine, ses scènes d'action et de violence, qui elles aussi ont leur rythme d'apparition, et qui sont toujours bien entraînantes. Ce roman n'a pas de style unique, il en confronte plusieurs et c'est un cocktail plutôt réussit. (On le qualifie d'ailleurs de littérature Belge, comme quoi, un Belge, ça se distingue.)
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Ma seule déception fut la fin, m'étant incompréhensible au premier abord. Avec un ami, on en a discuté, étant tous deux outrés par ce "bon allez, bouffez moi cette fin". Pour faire relativiser mon dégoût, c'est comme savourer un saumon aux poireaux, et tomber sur un grain de poivre gros et dur, te gâchant l'euphorie gustative d'un coup sec et net, et t'empêchant de savourer l'avant et l'après de ce fâcheux incident.
Et l'on a conclut ça : l'objectif ne serait-t-il pas simplement de dégoûter ? De cette dystopie, flagrant le nerf de notre bien chérie société de consommation ? De nous transcender vers l'atmosphère d'un monde comme celui décrit dans le livre : un ramassis de merde dégoûtant, nous faisant relativiser, conscientiser, nous donnant un avant-goût ? Ce genre de raison expliquerait assez bien l'utilisation d'une fin pareille, car je ne crois pas à l'incapacité de l'auteur, mais à son intention délibérée d'avoir écrit la fin de cette façon.
Bien sûr tout reste mon avis, l'avis d'un jeune de 16 ans aimant les livres, et déjà dégoûté des gens et de leurs manière de fonctionner, de vivre, d'être. 
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Pour conclure j'ai bien aimé ce livre et je le conseille à quiconque voulant lire une aventure, une histoire, un manuel, une véritable convergence des pires faits sur notre société, ou encore un enchâssement de plusieurs vies improbables aussi bordélique et mal foutues qu'un tableau excel fait avec les pieds. (les plus pointus reconnaîtront la référence.)
à bon entendeur, et bonne lecture à tous.
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critiques presse (1)
LeSoir   28 août 2013
Le roman se lit avec un plaisir fou. Fan de cinéma, et surtout de série B – ce qui n’est vraiment pas péjoratif – Gunzig joue avec la mise en scène, passe d’une séquence à l’autre, d’un personnage à l’autre, n’omet aucun « cliffhanger », allèche continuellement le lecteur. Il le séduit aussi par la verdeur et l’originalité de ses comparaisons, de ses images
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
BooksnPicsBooksnPics   06 octobre 2013
A la maison, ses parents faisaient les choses rapidement, parce que les corvées domestiques, c’était encore des obligations qui leur rappelaient celles de leur travail: dresser la table, réchauffer la nourriture, débarasser la table, mettre le lave-vaisselle en route, faire une lessive, repasser les tee-shirts, donner un bain à Jean-Jean et enfin coucher Jean-Jean. Après ça, ils étaient libres. ils allumaient la télé, regardaient les chaînes un peu au hasard et, souvent, s’endormaient devant l’écran, tels des chevaux crevés après une journée passée à labourer des hectares de terre.
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OrpheaOrphea   09 septembre 2013
Jean-Jean se demandait souvent comment la tristesse pouvait s'installer dans une vie et s'y planter durablement, comme une vis bien serrée avec une couche de rouille par-dessus. Une chose dont il était certain, c'était que ce mouvement d'installation de la tristesse se faisait lentement, par une sédimentation obstinée et progressive à laquelle on ne prêtait pas tout de suite attention. C'était un mouvement tellement discret qu'il fallait du temps et de l'attention pour se rendre compte que doucement le profil de sa vie s'était déformé pour ressembler à une flaque de boue.
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LapkastLapkast   02 septembre 2013
Il fallut des milliards d'années pour que l'univers prît forme. Il fallut des milliards d'années pour qu'une appréciable quantité d'énergie soit dépensée pour créer puis refroidir une sphère de cinq cent dix millions de kilomètres carrés et il fallut des millions d'années pour que l'atmosphère saturée de méthane et de dioxyde de carbone se condense et forme un gros paquet d'eau salée. C'étaient les travaux de fondation, ça faisait pas mal de bruit et de poussières, mais il fallait en passer par là, le permis de bâtir avait été accordé et les voisins avaient été prévenus.
À ce moment-là, le plus difficile avait été fait, mais il restait à attendre le retour sur investissement.
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jovidalensjovidalens   28 août 2013
... à l'époque à laquelle il vivait, il ne restait pas grand-chose des millénaires de spiritualité, de mythologie, de religion ou de philosophie. Il n'y avait pas eu de guerre, Il n'y avait pas eu de massacres, Il n'y avait pas eu d'autodafé ou de mise à l'index, des gens s'étaient simplement mis à s'en foutre de leur esprit, trop crevés qu'ils étaient à force de travailler et trop angoissés qu'ils étaient à l'idée de perdre ce boulot, de ce retrouver dépendants d'une aide sociale complètment minable et de crever lentement en regardant la télé et en buvant des potages lyophilisés.
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OreaneOreane   13 août 2013
« Au début, il n’y avait rien.
Ni espace, ni lumière, ni temps qui passe.
Pas d’hier, pas de demain, pas d’aujourd’hui.
Pire qu’un jour de grève.
Pire qu’une rupture de stock.
Rien d’autre que le rien, mais bon, le rien, c’était déjà pas mal.
Le rien, ça laisse quand même des perspectives. »
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Videos de Thomas Gunzig (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Gunzig
https://www.librairiedialogues.fr/livre/15134925-les-aventures-de-blake-et-mortimer-le-dernier--thomas-gunzig-jaco-van-dormael-laurent-durieu--blake-et-mortimer Thomas Gunzig, Laurent Durieux et François Schuiten nous parlent de leur bande dessinée "Les aventures de Blake et Mortimer Le dernier pharaon" (éditions Blake et Mortimer), dans l'émission Dialogues littéraires, réalisation : Ronan Loup. Interview par Marie Bouchier.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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