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EAN : 9782757810583
Éditeur : Points (15/09/2008)
3.5/5   6 notes
Résumé :
Une journée particulière dans la vie d'un lycéen d'Istanbul, fraîchement débarqué d'Anatolie : en proie à la "solitude musulmane de ses seize ans", il se rend pour la première fois au bordel, tandis qu'à son insu sa mère meurt dans une lointaine bourgade de la steppe.

Avec en contre-chant les interventions du narrateur, qui n'est autre que cet adolescent, quelques années plus tard à Paris, quatre figures féminines vont peu à peu se superposer : la put... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Under_the_Moon
  08 mars 2014
" "Deux choses ne s'oublient qu'avec la mort : le visage de notre mère et celui de notre ville", a dit un grand poète d'Istanbul à qui échurent en abondance séparations et nostalgies."
C'est sur cette double douleur que l'écrivain, Nedim Gürsel - exilé à l'époque où il rédige La première femme - livre son récit.
Ce court roman s'ouvre sur des images d'Istanbul, une ville bruyante où sont superposées plusieurs couches de beaucoup de choses : des époques historiques, des ethnies, des couleurs et des plats. Ces motifs sont d'ailleurs répétés plusieurs fois dans le roman.
Le personnage mis en scène est un adolescent de 16 ans, originaire d'un petit village d'Anatolie qui vient de perdre sa mère alors qu'il était loin d'elle. Pour se consoler il erre aux hasards des rues du quartier des bordels. Mais il est pris d'une forte fièvre, et ses visions se troublent, se mêlant ainsi à ses souvenirs, ses regrets et ses fantasmes.
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre à cause du changement constant de point de vue : de celui du personnage on passe à celui de l'écrivain exilé qui, de sa chambre d'hôtel parisienne, se souvient de sa ville.
Plusieurs figures féminines apparaissent dans ce roman : la mère du personnage, Nilufer la fille du Roi des Pirates dans une légende et la ville d'Istanbul. En réalité, ce livre est un hommage brûlant à cette ville, ce qui donne parfois lieu à des pages magnifiques, voir même assez virtuoses parfois.
La ville d'Istanbul est d'abord le point de départ d'une réflexion sur le temps qui passe : l'auteur/narrateur se désole de voir que les vieux quartiers qui sont les témoins de l'histoire très riche de cette cille soient détruits pour laisser place à la modernité matérialiste impersonnelle avec des hôtels de luxe et des tours de grandes entreprises. Puis Istanbul est vue à travers les mots des poètes classiques et contemporains qui en ont fait l'éloge.
La première femme c'est donc ni plus ni moins qu'une déclaration d'amour de Nedim Gürsel à la ville qu'il a dû fuir après que son oeuvre ait été censurée. Istanbul est le corps de l'amante perdue dont il explore les moindres recoins à travers l'errance de son personnage dans ses rues.
Malgré ces très belles descriptions qui feraient honte aux meilleurs publicistes des agences de voyages (raison pour laquelle j'ai mis la 2ème étoile), j'ai été soulagée de refermer ce livre pourtant très court qui ne mène nulle part et traine en longueur.
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andreas50
  18 mai 2018
Il a 16 ans, il est lycéen et a séché les cours pour aujourd'hui. Il erre à présent, au hasard des rues, des venelles tortueuses, bruyantes, sales, puantes. Il a quitté l' Anatolie pour ses études, pour cette ville mythique, ensorcelante, cosmopolite.
Loin de la petite bourgade de la steppe où sa mère se meurt d'un cancer, il a cédé au mirage de la mégalopole byzantine. Pendant une journée, il va se laisser entrainer par le flot humain, au gré de ses courants. Au fil de ses pérégrinations, il va aboutir dans le quartier des bordels. Il passe, il repasse, il hésite devant les vitrines, puis se décide, il entre dans un lupanar et y connait sa première expérience sexuelle, avant de retrouver la foule, de dériver à nouveau dans le labyrinthe des ruelles.
Au fil de la journée, accès d'angoisse, d'écoeurement, de fascination, se mêlent à la vision de quatre visages féminins: la mère adorée; la Fille du Roi des Pirates, sortie d'une légende; la prostituée; et enfin Istanbul.
NedimGürsel nous offre une sorte de roman à tiroirs, sujet à diverses interprétations.
L'histoire d'un lycéen avec en contre-champ l'intervention du narrateur quelques années plus tard, installé à Paris. C'est probablement un épisode dans la vie de l'auteur, ses souvenirs d'adolescent, son dépucelage. C'est un roman onirique où visions d'amour, d'angoisses, de fantasmes se croisent et s' entrecroisent. C'est aussi un récit, façon guide touristique d'une Istanbul de légende; une déclaration d'amour à la Femme.
Le roman est écrit comme un conte oriental, le portrait de la ville, entre naturalisme et impressionnisme. le style est fluide et poétique. On peut regretter quelques longueurs et de nombreuses répétitions rendent, au bout du compte, la lecture un peu ennuyeuse.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Under_the_MoonUnder_the_Moon   06 mars 2014
L'Istanbul musulman est si loin ! Pourtant il suffirait de franchir le pont d'Ounkapani pour se retrouver là-bas avant la nuit noire, déambulant entre les maisons de bois à un étage du quartier de Suleymaniyé. Istanbul y serait pareil à n'importe quelle bourgade anatolienne, avec ses rues poussiéreuses où des enfants joueraient à cache-cache, ses terrains vagues, ses épiceries aux murs couverts de toiles d'araignée, ses chiffonniers, ses porteurs d'eau, ses marchands de yogourt.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   06 mars 2014
L'écrasement des petits par les grands, le mépris du puissant pour le faible, du natif d'Istanbul pour le provincial formaient les piliers du système.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   05 mars 2014
Mais Istanbul, qui, depuis sa fondation à la jonction de trois mers, s'étend, s'agrandit et pourrit au gré de sa croissance, ne comporte pas que des ruelles ! De larges avenues furent tracées, les jardins des vieux palais en bois devinrent des places. Plus tard, on bétonna les rives, de hauts buildings s'élevèrent au-dessus des dômes en plomb et des minarets graciles. Oui, tant qu'Istanbul fut la capitale de deux empires, elle resta un village grandiose.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   05 mars 2014
C'est moi qui ai lu Pierre Loti. Bien plus tard, à Paris, j'ai imaginé son Istanbul qui ne ressemblait en rien à l'Istanbul d'un adolescent turc de seize ans.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   06 mars 2014
Un livre pouvait receler tout un monde. [...] Il suffisait de tendre la main et de prendre un livre pour oublier. Pour oublier et se souvenir.
[...]
Lire, ce n'était pas faire main basse sur l'univers, mais s'abandonner au flot d'une voix connue. S'éloigner des objets, du monde, se fondre dans la chaleur d'un corps familier et s'y anéantir.
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Videos de Nedim Gürsel (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nedim Gürsel
Nâzim Hikmet : Hommage à Nâzim Hikmet (2019 - La compagnie des poètes / France Culture). Par Manou Farine. Réalisation de François Caunac. Avec la collaboration de Thierry Beauchamp. Diffusion sur France Culture le 6 décembre 2019. Avec, en archive sonore, la voix de Nâzim Hikmet. « Je puis dire que j’ai vécu comme un homme / mais le temps qu’il me reste à vivre, / et ce qui pourra m’arriver / qui le sait ? » Nâzim Hikmet, "Autobiographie". Grand rénovateur de la poésie contemporaine, Nâzim Hikmet (1901-1963) a connu la chape de plomb du pouvoir en Turquie. Quinze années de prison, la perte de sa nationalité et un exil de douze ans en Union soviétique. Lorsqu'il décède à Moscou en 1963, « le Turc errant » est devenu une figure majeure de la poésie mondiale. Avec Emmanuelle Collas, éditrice, et Timour Muhidine, écrivain et traducteur, pour "Taranta-Babu" (Editions Emmanuelle Collas) : cet ouvrage paru en 1935, dont seuls quelques extraits ont été publiés en 1936 dans la revue littéraire "Commune" dirigée par Aragon, était resté inédit en France. Prenant la forme de treize lettres adressées de Rome à Addis-Abeba par un jeune Éthiopien à sa femme, Taranta-Babu, au moment où Mussolini s'apprête à fondre sur l'Afrique, ce texte en vers libres se lit comme un roman d'amour. Le poète y dénonce les défis de l'Histoire et affirme sa vision internationaliste et déjà tiers-mondiste. Plus universel que jamais, il construit ici un lien puissant, instantané, entre les époques. Et Nedim Gürsel, écrivain et poète, pour "L’Ange rouge" (Seuil, 2012 ; Points, 2016) ; "Nâzïm Hikmet et la littérature populaire turque" (éd. L'Harmattan, 2000) ; et "Quarante poèmes courts pour une longue séparation" (Nouvelles éditions Place, 2019).
Intervenants :
Nedim Gürsel, écrivain, enseignant à l’INALCO et directeur de recherche au CNRS Timour Muhidine, écrivain et traducteur Emmanuelle Collas, directrice des éditions "Galaade"
Source : France Culture
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