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EAN : 9782757857571
360 pages
Points (11/02/2016)
3.8/5   5 notes
Résumé :
Roman sur les années d'exil du poète turc Nâzim Hikmet en Europe de l'est, L'Ange rouge est aussi une longue évocation du Berlin avant et après la chute du mur. Le biographe turc de Nâzim Hikmet se rend à Berlin, où un mystérieux personnage lui a donné rendez-vous pour lui remettre des dossiers très importants concernant la vie du poète. C'est pour lui l'occasion de se remémorer les années qu'il y a passées avant la chute du mur, sa passion pour une chanteuse turque... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  13 mars 2014
Nâzim Hikmet était communiste. Communiste dès 1920. Et il le restera jusqu'à sa mort. Ce n'est pas à sa poésie que s'attache ce livre. Mais plutôt à une période de son exil, celle qu'il aura vécue à Berlin.
Il n'aura pas connu l'effondrement du mur . Quel regard, quels mots lui seraient venus ? Certainement les mots justes. Lui qui était surveillé par la Stasi, en raison de sa sensibilité trotskiste et de son engagement pour le désarmement.

Ce livre n'est pas facile, en ce ce sens qu'il pose la question politique. Dissocier le combat politique et la poésie de Nazim Hikmet est inconcevable.
L'action, la lutte, voilà les espaces incontournables du poète, comme le furent l'amour, l'amitié, et la terre de son pays, la Turquie.
Ne pas replacer sa poésie dans son action militante serait une injure à son oeuvre.
Emprisonné en raison de son opposition au fascisme , banni de sa terre, son seul refuge fut son espoir. Un autre monde, un monde de fraternité. En 1953, il reçut le prix international de la Paix.
Bien sûr il y eu Staline. Mais comment peut on encore aujourd'hui qualifier Staline de communiste? Fallait il que le poète rejette son espoir, son rêve, à la lumière des crimes innombrables de l'usurpateur?
Un coquelicot sur les blés d'Anatolie, voilà le chant de Nazim Hikmet.
Homme engagé, le poète ne le fut pas moins. C'est justement cette cohérence entre sa vie et son écrit qui donne à sa poésie toute son authenticité et sa justesse. L'Idéal voilà l'unique étoile du poète. La démesure est l'écho que renvoie souvent ses rêves.
Si vous aimez la poésie de Nazim Hikmet, si vous voulez entendre ses mots, alors il faut tout recevoir. L'ombre s'attache à l'homme, et la lumière éclaire le poète.
« C'est un dur métier que l'exil ».
Le poète a raison : un métier ce n'est pas une vie.
Astrid Shriqui Garain
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Apoapo
  07 février 2016
Nedim Gürsel, illustre intellectuel parmi les Turcs de Paris, avait déjà rédigé, sous forme de travail universitaire, une biographie du célèbre poète communiste Nâzim Hikmet, réfugié jadis en URSS après l'emprisonnement dans son pays. Il nous livre ici une fiction biographique du même, à trois voix et en trois récits successifs.
Dans le premier nous rencontrons, en narrateur à la première personne, un biographe turc du poète qui se rend dans le Berlin d'aujourd'hui pour recevoir un dossier inédit sur son objet d'études. En attendant la remise des précieux documents, ce personnage décrit la ville enneigée tout en se remémorant des souvenirs de ses précédents séjours berlinois et en particulier un grand amour de jeunesse, jusqu'à la rencontre avec son mystérieux interlocuteur qui s'avère être un ancien agent de la Stasi chargé de surveiller Hikmet.
Le second récit se compose des rapports de celui-ci. Dans leur outrancière malveillance, ils mettent en lumière un poète fortement dissident par rapport à Staline, au demeurant non sans une duplicité qui, ainsi dévoilée, le rend suspect pour le parti, voire presque banni, sauf grâce à sa seule renommée internationale. Il va sans dire que le personnage de l'agent prend les traits, sous sa propre plume, d'un être particulièrement odieux, dont l'abjection n'a de pair que la glorification de l'homme qu'il dénigre.
Suit enfin une narration à la troisième personne des quelques dernières journées de cet affreux, avant et après de la remise du pli, laquelle, d'une certaine manière, le rachète par le pathétique de la déchéance dans laquelle il verse, aux prises à la fois avec ses remords pour ses multiples trahisons et avec l'écroulement de son univers, à l'instar de celui du Mur. Ces journées fortement alcoolisées sont faites aussi de remémorations de sa vie tragique, marquée dès le commencement par l'adversité du sort, de celles de ses relations fortement ambivalentes avec le Papa poète. Il y rencontre également une prostituée dont on comprend immédiatement que sa déchéance, comparable à celle du "vieux fusil", à cause de la structure du récit qui fait d'elle la boucle bouclée, acquiert un rôle fortement emblématique de l'ensemble de l'oeuvre.
Roman de la nostalgie, de l'exil, de l'écroulement des valeurs et du néant qui les remplace, il constitue par moments une sorte d'écho aux vers de Hikmet, qui sont d'ailleurs omniprésents dans le texte.
[Hommage discret au distingué slaviste de traducteur du turc... mais bon : Gürsel est francophone de toute façon...]
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Bruxellensia
  21 octobre 2021
Nazim Hikmet (Salonique 1901- Moscou 1963) est un poète très connu dans la littérature turcophone. Ses convictions communistes l'obligent à quitter la Turquie pour un exil en URSS. au travers du biographe turc du poète, Nédim GURTSEL, qui a défendu une thèse de doctorat sur ce poète- nous raconte l'engagement politique de Nazim Hikmet. Convoqué d'urgence à Berlin par un personnage anonyme qui dit avoir des documents importants à lui remettre, le biographe se remémore sa vie à Berlin Est. le livre est divisé en 3 trois parties la première concerne le biographe, la deuxième, le contenu des documents et la troisième le personnage anonyme dit l'ange Rouge ou Diable.
L'ouvrage m'a paru assez confus. Il faut jongler avec Berlin Est jadis Berlin-Ouest aujourd'hui, la vie de Nazim Hikmet, la vie du biographe et celle de l'Ange Rouge. Finalement , j'ai retiré une satisfaction de lecture dans les passages décrivant Berlin, une ville qui se lit à ciel ouvert. Actuellement, elle est encore marquée par le Mur. le tracé de celui-ci est ancré dans les pavés de la ville laissant une marque indélébile et volontaire du Mur de la Honte.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
jeronimusjeronimus   09 janvier 2017
Nâzim Hikmet, qui, non content d'écouter jusqu'au bout la conférence de Trotski, trouva le moyen de prendre des notes, était-il un ange ? Je pense quant à moi que c'était plutôt un diable. Je vous laisse le soin d'en juger, moi qui signe justement mes rapports de ce pseudonyme. Et j'espère que vous ne traitez pas mes rapports comme les élèves de l'UCTO ont traité Trotski ou comme les croyants de la mosquée de Zaganos ont traité Merkez efendi, et que, même si parfois je me laisse un peu emporter, vous les lisez sans embarras et sans ennui et non, si vous me permettez l'expression, comme les propos du copte " qui voulait être un héros, mais parlait comme un voleur ".
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Vidéo de Nedim Gürsel
« le temps est torride, le ciel d'un bleu infini. Je suis entouré de milliers de turquoises. La terre regorge de ces pierres précieuses qu'on retaille à grands éclats bleutés et qui viendront orner le doigt d'une femme, une gorge blanche et délicate ou une poitrine fanée où poser sa tête et s'éplorer. le bleu s'est tout entier emparé de moi, à quelques pas de ce jardin, au bord d'un désert safrané sous un soleil semblable à un turban de feu. Nous sommes en août. » Nedim Gürsel, **Voyage en Iran. En attendant l'imam caché**
Plus d'informations sur ce récit traduit du turc par Pierre Pandelé : https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/voyage-en-iran
#Rentreedhiver #RL2022 #litteratureetrangere #poesieiranienne
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