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ISBN : 2021225631
Éditeur : Seuil (11/02/2016)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Sur ses vieux jours, un ancien journaliste relate au magnétophone les événements importants de sa vie. Élevé par sa grand-mère, sous la férule d'un père militaire, autocratique et bambocheur qui soutiendra le coup d'État de 1960, il passe une grande partie de sa scolarité comme interne boursier dans un lycée d'Istanbul. Ces souvenirs d'enfance et d'adolescence sont marqués par l'absence de la mère, morte lorsque le narrateur était très jeune, par la tyrannie et parf... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
alainmartinez
  09 janvier 2017
Directeur de recherche au CNRS et enseignant à l'école des Langues Orientales, Nedim Gürsel écrivain turc qui vit entre Paris et Istanbul nous offre avec « le fils du capitaine » un texte sur la Turquie d'hier mais aussi en filigrane une critique sur celle d'aujourd'hui et son président qui veut devenir le pacha des pachas.
Un journaliste vieillissant raconte sa vie, mais surtout sa jeunesse dans les années 50/60. Tout en regardant le Bosphore de sa fenêtre le narrateur relate ses souvenirs en s'enregistrant au magnétophone. La mort de sa mère lorsqu'il était enfant, la vie avec son père, militaire de l'armée turque qui participera au coup d'État de 1960, sa grand-mère dont la vie fut bouleversée par la chute de l'Empire ottoman. Il raconte sa scolarité en internat au lycée Galatasaray d'Istanbul, seul loin de sa famille. La vie en groupe, la camaraderie et la découverte de la sexualité.
A travers son roman, Nedim Gürsel nous exprime avec nostalgie son attachement à la Turquie, mais surtout à Istanbul. Il fait une critique de l'autorité : l'autorité du père, l'autorité du pensionnat, l'autorité du pouvoir politique, d'abord celui du Premier ministre Adnan Menderes qui sera pendu lors du coup d'État de 1960, ensuite celui des militaires, enfin celui de « la moustache en amande », l'actuel président turc.
Un bon roman, une vision de la Turquie écrit par un auteur turc. Déjà inquiété par la justice pour « Les filles d'Allah » en 2008, on notera le courage de Gürsel et de tous les écrivains, professeurs, intellectuels qui malgré la situation politique en Turquie continuent à écrire et à se battre pour la liberté d'expression.
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JeanPierreV
  19 avril 2016
Deux découvertes qui valent la peine d'être connues, un auteur et la Turquie moderne…Rares sont les livres, les auteurs qui nous entraînent à la découverte de ce pays, qui pourtant est très souvent présent dans notre actualité
Le livre commence par la mort de la mère du narrateur. Et très vite on s'attache à ce gamin orphelin trop tôt, sa mère est morte d'une balle de revolver dans le coeur, accident ou suicide? Un père absent, toujours choyé par sa mère qui le suivait partout, un père qui se débarrasse du gamin en l'inscrivant comme pensionnaire pendant huit ans dans un lycée.
Huit ans de vie qui constituent la trame du livre, absence du père, la vie de potache et les soirées dans les dortoirs, la camaraderie et les surnoms, les discussions des gamins, l'éveil de la sexualité, les mères des copains, un gamin amoureux de la France et du français… Un père qui l'oublie complètement, qui confie à sa mère le soin de s'occuper de temps en temps du gamin, et à l'Etat le soin de lui accorder des bourses….Un père alcoolique notoire qui fut l'un de ces officiers auteurs du coup d'Etat de 1960 qui envoya à la pendaison l'ancien président et deux de ses ministres.
Un homme que le gamin n'admirera jamais. Huit ans de vie qui forgèrent le caractère rebelle du gamin et de l'homme
Des propos qui sont au fils des pages drôles, amers, sérieux et sages, émouvants..jamais lassants ni insignifiants.
On apprendra au fil de la lecture que le texte est la retranscription d'un enregistrement au magnétophone fait par un journaliste qui, sur ses vieux jours, raconte sa vie. Il est donc normal que les pensées remontent à la surface, parfois sans suite logique, une idée en appelant une autre et ainsi de suite. La construction peut sembler parfois un peu décousue, elle peut dérouter quelques minutes, on ne sait plus trop à quelle période on se trouve, mais très vite une phrase nous permet de retrouver le fil et de situer la période : on passe du rappel de son enfance dans un lycée de Galatasaray, à des considérations sur le premier Ministre, ou des années 60 à la Turquie moderne, de l'actualité à des retours en arrière.
Des souvenirs qui reviennent à l'esprit
Un journaliste courageux qui, au soir de sa vie, en nous livrant son regard d'homme qui a parcouru le monde, nous en apprendra plus sur les attentes de cette Turquie moderne, sur son caractère, sur ses espoirs pour intégrer l'Europe, une Europe qu'elle aime mais une Europe qui n'en veut pas, une Turquie lassée d'attendre, une Turquie qui peut basculer vers l'Islam…Mais aussi une Turquie gérée par un homme à la « moustache en amande », un premier ministre qu'il nommera « Moustache en Amande » dont il n'hésite pas à se moquer et que chacun reconnaît.
Il y a certainement une part autobiographique de Nadim Gürsel dans ce récit. En tout cas, l'homme qui raconte sa vie est un homme courageux et rebelle pour attaquer à plusieurs reprises le premier Ministre turc, l'Islam, et mettre l'Europe face à ses responsabilités, même si ces propos n'occupent qu'une part minime du livre sur cette Turquie « Je t'aime, moi non plus ».
En tout cas, derrière le roman plaisant, le massage est toujours présent.
J'ai aimé le roman et le message
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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argali
  24 juillet 2016
Ce récit est avant tout celui de la lutte d'un homme contre l'autoritarisme.
Orphelin de mère très jeune, le fils du capitaine ne pourra jamais compter sur l'amour paternel, pas même sur sa considération. Très vite, il sera envoyé en pension et confié à sa grand-mère le reste du temps. Arrivé en fin de vie, encouragé par sa fille, il confie ses souvenirs à son magnétophone. du haut de son appartement, solitaire, il contemple Istanbul, aussi belle qu'indifférente et se raconte, puisant son inspiration dans le soleil levant sur le Bosphore. le fil est un peu décousu, un souvenir chassant l'autre, et on a quelques fois du mal à suivre. Mais n'en va-t-il pas de même de tout récit d'une personne âgée ?
La plus grande partie se déroule au lycée Galatasaray d'Istanbul que le Général de Gaulle visitera lors d'un voyage officiel. La dure vie de l'internat est adoucie par les amitiés nouées et les bêtises d'adolescents. En parallèle à ses souvenirs personnels, le narrateur relate la radicalisation de la politique et les changements qu'elle apporte au pays. Sans jamais nommé l'autorité turque actuelle, Nedim Gürsel l'égratigne dès qu'il peut. le personnage du Premier ministre qui énerve tant le narrateur en raison de son omniprésence sur les chaines turques est le double littéraire du président Erdogan.
A travers l'histoire d'une famille à la dérive, Nedim Gürsel nous raconte la Turquie contemporaine, déchirée entre modernité et tradition, orient et occident. le journaliste devenu vieux a la voix de l'auteur, exilé à Paris depuis que ses écrits lui ont valu plusieurs procès en Turquie.
Ce roman oscillant entre nostalgie et ironie est à la fois un récit émouvant sur la vieillesse, la mort, la solitude et une histoire riche mêlant avec finesse le passé et l'avenir.
Un ouvrage que je ne peux que vous conseiller, non seulement pour l'écriture de l'auteur mais parce que l'actualité rejoint une fois de plus la fiction.

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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   30 décembre 2016
Nous sommes entrés dans l’ère de « l’omniprésent », où l’on tient le conservatisme pour une vertu, tandis que la pensée critique est méprisée, quand elle n’est pas interdite. Espérons que les propos que je tiens ici ne seront pas, un jour, interdits à leur tour.
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alainmartinezalainmartinez   26 décembre 2016
Là encore, notre école avait tout d’une caserne. Nous prêtions serment tous les matins. La formule commençait par « je suis turc, je suis juste, je suis travailleur » et se terminait par « je fais don de ma vie à la Turquie » ! Et sur la colline dénudée qui dominait la caserne, on pouvait lire ces mots attestant notre attachement à Atatürk : « Quel bonheur de pouvoir se dire Turc ! »
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JeanPierreVJeanPierreV   19 avril 2016
Dès qu'un homme politique commence à devenir autoritaire, il tombe dans l'absolutisme. Il a envie d'être partout, de se montrer à tous, de se mêler de tout. Et naturellement d'être au courant de tout. J'ai constaté que notre Premier ministre est en train d'infliger cela à notre pays, à notre «patrie paradisiaque» comme disait mon père. En ancien journaliste, je constate que la première du journal télévisé fait état de son dernier discours ; la deuxième informe l'opinion publique, c'est à dire nous tous de ce qu'il pense de tel ou tel sujet, et c'est lui, toujours lui qui fait l'objet de la troisième information. Cet homme-là sait tout, il décrète, par exemple, que telle statue est belle, que telle autre est laide et doit être détruite. Il donne son avis sur ce que nous devons manger et boire et va jusqu'à nous prescrire de ne pas manger de pain blanc, car le pain noir est meilleur pour la santé. Il va plus loin. Dépité de n'a pas avoir fait d'études, il se venge en humiliant les intellectuels. Aux tables où je fus admis jadis en tant que journaliste, il fait son propre éloge et rabaisse les diplomates , qui sont des gens beaucoup plus cultivés que lui, en leur donnant du «mon cher». Il estime avoir la compétence nécessaire pour critiquer les pièces de théâtre et la politique internationale. Et il nous inflige son avis sur l'avortement et la rupture du jeûne (P. 112)
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JeanPierreVJeanPierreV   19 avril 2016
Je n'ai pas honte de la dire, je veux que vous sachiez que tous les coups sont permis quand il s'agit de posséder la femme qu'on aime. Dans ce domaine, comme en politique, la fin justifie les moyens. Pour atteindre votre but, pour accéder au pouvoir, tout est envisageable, y compris la tricherie et la violence.(P. 240)
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JeanPierreVJeanPierreV   19 avril 2016
Mais moi, je retenais mes larmes. Et d'ailleurs pourquoi aurais-je pleuré ? Ma mère était morte et je me foutais de mon père. Tous deux étaient bien loin. Ma mère, peut-être, était un peu plus proche, car elle était enfouie dans mon cœur. (P. 120)
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