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ISBN : 2330064527
Éditeur : Actes Sud (02/06/2016)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Boone Caudill et ses amis trappeurs rejoignent une expédition vers le Haut-Missouri, vaste région sauvage où vivent les Indiens Black Foot. Teal Eye, une jeune Indienne, fait partie du voyage. La vie des trappeurs, des chasseurs de castors et des aventuriers, de 1830 à 1843. Howard Hawks tira de ce roman magnifique un de ses chefs-d'oeuvre (1952) et un des plus grands westerns de l'histoire du cinéma.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  22 octobre 2016
Je n'avais encore jamais lu jusqu'ici de roman western. Et bien je peux dire que La Captive aux Yeux Clairs a été une sacré belle découverte!
On y suit la fuite de Boone, 17 ans, fuyant son père violent et quittant le Kentucky pour suivre les traces de son oncle Zeb, trappeur dans l'Ouest, en territoire peaux-rouges. En cours de route, il fait la rencontre de Jim, partant lui aussi pour l'aventure et la liberté. Petit-à-petit, accompagné de Summers, trappeur aguerri, ils parcourront le fleuve Missouri sur un bateau de contrebande dans lequel Jourdonnais, le patron, cache Teal Eye, jeune Indienne blackfoot qu'il compte rendre à son père pour qu'il lui ouvre des routes toujours plus vers l'ouest. Ils s'enfonceront dans les terres encore sauvages, chassant castors et bisons pour les échanges de fourrure. Ils rencontreront les Blackfeet, fuiront les Sioux, sauront tout des différentes tribus indiennes dont ils partageront le territoire.
Même si elle est finalement peu présente dans le livre, Teal Eye sera celle qui guidera les pas de Boone - garçon puis homme rustre, renfermé, tenant à sa virilité mais aussi compagnon fidèle - à travers plaines et montagnes, car il passera des années à tenter de la retrouver, n'ayant jamais pu l'oublier. C'est elle aussi qui sera à l'origine du drame que vivra Boone.
Les descriptions de cet Ouest sauvage sont grandioses et ont, dit Bertrand Tavernier responsable de cette collection au sein d'Actes Sud, beaucoup influencé le cinéma western des années 50 et 60. Ce n'est pas surprenant: l'évocation des paysages, la description du comportement de ces trappeurs devenus à moitié sauvages, l'atmosphère, les bruits, le silence, et les rencontres avec les Indiens, tout ça est d'un visuel extraordinaire.
Boone, attaché à ces territoires indiens et sauvages, refusera de comprendre qu'on veuille les envahir, les exploiter, y faire venir les chemins de fer et l'agriculture; c'est pourtant la fin d'une ère qui s'annonce, et le début de l'Amérique moderne, exploitée et bientôt surexploitée.
J'ai hâte de lire les deux suivants de cette trilogie Big Sky qui abordent cette longue chevauchée vers l'Ouest, les premiers "settlement" et cette transformation irréversible du paysage américain.
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Woland
  29 août 2017
The Big Sky
Titre français : The Big Sky - Volume 1 : La Captive Aux Yeux Clairs
Traduction : Jean Esch
Préface : James Lee Burke
Postface : Bertrand Tavernier
ISBN : 9782330064525
Né dans l'Indiana, le 13 janvier 1901, Alfred Bertram Guthrie, mieux connu sous le nom de A. B. Guthrie, demeure à ce jour l'un des maîtres de ce que l'on nomme le western. En 1949, il devait d'ailleurs recevoir le Prix Pulitzer pour le second tome de "The Big Sky", publié en anglo-américain sous le titre de "The Way West" (et que vous pourrez retrouver aussi bien chez Denoël sous le titre "Oregon Express" que chez Babel-Actes Sud sous celui de "The Big Sky - Volume II : La Route Vers L'Ouest"). Vint ensuite un troisième volume, "Three Thousand Hills / The Big Sky - Volume III : Dans Un Si Beau Pays", qu'Actes Sud a également réédité. Ajoutons à ce trio très connu le genre mi-western, mi-policier qu'imagina Guthrie avec sa série "Chick Charleston."
Aux Etats-Unis, pour autant que nous le sachions et Bill DeBlasio n'ayant pas encore annoncé, au jour où nous tapons ce texte, d'autodafé pour tous les livres traitant de la Conquête de l'Ouest par les colons anglo-saxons, "The Big Sky" et les romans dans lesquels on retrouve certains personnages du premier volume, sont tenus, et à juste titre, pour un hommage poignant et authentique aux pionniers certes mais avant tout au pays qu'ils conquirent et aux différentes tribus indiennes qui en furent les premiers maîtres.
Blancs ou Indiens, Français ou Anglo-saxons, tous sont représentés aussi bien avec leurs qualités que leurs défauts dans cette "Captive aux Yeux Clairs", qui n'a pas grand chose à voir avec le film éponyme (et par ailleurs excellent) de Hawks. Mais le lecteur sera avant tout ébloui par les magnifiques descriptions de cet Ouest américain encore libre de tout "progrès" (le roman débute en 1830, à l'époque où les fusils à silex l'emportaient encore sur les toutes nouvelles armes à barillet), par le naturel avec lequel Guthrie nous y fait pénétrer ainsi qu'on entrerait dans quelque Paradis perdu, sans anges mais aussi sans démons, et par la majesté avec laquelle se déroulent ces pages, magnifiées par leur simplicité, à l'image de quelque fleuve puissant, mais paisible lorsqu'il n'est pas en crue, cruel et sans pitié lorsque la fureur le saisit.
Bon, c'est sûr : certains trouveront cela bien lent. D'abord, où sont les cow-boys ? Et puis, les Indiens ? Et enfin la Cavalerie ? ...
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Les Indiens, toujours aussi habiles à se fondre dans le paysage, sont évidemment présents. Les Big-Bellies (les Gros-Ventres) attaquent sauvagement l'expédition fluviale du marchand de fourrures Jourdonnais, un Français au demeurant très sympathique, qui a découvert, on ne sait trop ni où, ni comment, une adolescente de douze ans, Teal Eye, ainsi nommée en raison de la couleur de ses yeux, semblable au bleu du plumage de certaines sarcelles, fille d'un chef Blackfoot (Pied-Noir), dont il prend grand soin d'abord, comme je l'ai dit, parce que ce n'est vraiment pas le mauvais homme, ensuite parce qu'il espère ainsi, en la ramenant à son père, s'attirer la sympathie des Pieds-Noirs et pouvoir chasser en toute tranquillité sur leurs terres. Puis, on les revoit, tout d'abord en la personne d'une sorte d'errant un peu simplet, rebaptisé "Pauvre-Diable" par les trappeurs qui le recueillent, et ensuite avec Red Horn (Corne Rouge), lequel n'est autre que le frère de Teal Eye - notons d'ailleurs que tous deux sont en fait des Piegans, subdivision des Pieds-Noirs. de temps à autre, si mes souvenirs sont bons, des Sioux - très redoutés par tous - se pointent à l'horizon pour en découdre mais, pour l'instant, on s'en tient là.
Les cow-boys (le mot, si exotique à nos yeux, signifie littéralement "vachers") ne sont pas encore là attendu que l'Ouest est encore vide de tout Blanc, à l'exception des trappeurs et chasseurs.
Quant à la célèbre Cavalerie, eh ! bien, l'armée des Etats-Unis commençant à peine à construire ses forts, il est clair qu'elle brille par son absence.
L'intrigue fait entrer en scène un jeune homme de dix-sept ans, Boone Caudill, un brun nerveux et encore ignorant de cette prairie où ce taciturne au caractère entier, qui en a plus qu'assez de son ivrogne de père et gardera toute sa vie une haine profonde de toute forme d'autorité, que nous voyons s'enfuir à pied de la ferme familiale, en pleine nuit, dans le but d'atteindre Saint-Louis et d'y trouver du travail, rêve de faire sa vie. Sur la route, il se lie d'amitié avec un joyeux rouquin, qui a bien dix ans de plus que lui et aime d'autant plus à parler que, au moment où on le rencontre, il a accepté d'amener un cercueil à Saint Louis afin qu'on puisse inhumer le mort auprès des membres de sa belle-famille. Ce rouquin, qui, on le découvre assez vite, sait aussi bien réfléchir avant d'agir (ce qui sera toujours très difficile à Boone, caractère introverti, certes mais impulsif) que parler et plaisanter pour mettre à l'aise, se nomme Jim Deakins. Avec ses yeux clairs et son sourire étincelant, il est l'un des personnages les plus sympathiques du roman.
Après diverses mésaventures (le père de Boone a envoyé des gens à sa recherche car il est encore mineur), Jim parvient à le faire évader de la prison où on l'avait enfermé et tous deux éperonnent leurs chevaux (je crois bien que Jim en a volé un, c'est vrai) pour fuir Saint-Louis et voyager de compagnie.
Vous décrire leurs multiples aventures et l'amitié profonde qui se lie entre eux (amitié qui atteint à son sommet lors d'une expédition où, prisonniers d'un hiver trop froid, ils risquent bien de mourir de faim) n'est pas mon propos. Mais une chose indispensable doit être mentionnée : lors de leur expédition fluviale aux côtés du Français Jourdonnais et de son équipage, Boone est fasciné par la toute jeune Teal Eye et n'aura de cesse, après la fuite (ou l'enlèvement de celle-ci, l'explication n'est jamais donnée), de la retrouver là-bas, tout au loin, dans l'Ouest. Il l'épousera selon les rites piegans et en aura un fils, malheureusement aveugle.

Les Anciens disaient déjà que le Temps fuyait et, même si les Anciens ne sont plus là pour nous le répéter doctement en latin, le Temps n'a pas renoncé à fuir. Lorsque s'achève le roman, en 1843, Boone, à nouveau seul pour des raisons que vous découvrirez par vous-même si cela vous chante, retourne à la ferme qui l'a vu naître et que son père a quittée pour le Grand Voyage dont nul ne revient. Mais, malgré l'accueil chaleureux que lui font sa mère, bien vieillie, son frère, Dan et ses neveux, Punk et Andy - Cora, sa belle-soeur, ne peut pas le souffrir "parce qu'il ressemble à un Indien"), Boone reste un homme de l'Ouest, un trappeur, un chasseur. Si l'Ere des Trappeurs s'achève bien que, obstiné comme toujours, il se refuse à l'admettre, si une nuée de colons est prête à s'abattre, grouillante de ses milliers de sauterelles, sur l'Ouest lointain, si les forts tant réclamés ne cessent plus de pousser comme des champignons, si l'Industrie pointe enfin le bout de son terrible nez pointu, Boone le Taciturne ne peut échapper à ce qu'il est : il a toujours voulu vivre libre et il veut mourir libre. Toutefois, avant de quitter la région, il lui reste à rendre visite à Dick Summers, trappeur d'expérience qui avait longuement vécu avec Bonne et Jim et leur avait appris tout ce qu'ils devaient savoir pour devenir de bons chasseurs et se maintenir en vie en territoire indien. Quelques années plus tôt, Dick, sensiblement plus âgé qu'eux, avait jugé plus raisonnable de repartir vers la "civilisation" parce qu'il sentait l'âge s'emparer de lui. Il s'est marié et sa femme attend d'ailleurs un bébé.
Lorsque Boone arrive chez Dick, les retrouvailles sont semblables à ce que l'on connaît du caractère des deux hommes. Mais Dick le Sage comprend d'instinct que Boone en a gros sur le coeur ...
Ici s'achève ce premier tome qui ne donne qu'une envie : lire ceux qui suivent.
Au-delà de l'intrigue, on peut dire sans exagération que "The Big Sky" est un hymne fastueux à la Nature en général et au continent américain en particulier, un hymne aussi à la Liberté à condition toutefois de ne pas en faire n'importe quoi. Si nos gaucho-bobos osaient le faire sans tenir compte de leur haine habituelle de la civilisation américaine, ils parleraient même d'écologie. Ils en auraient même plein la bouche. Pourtant, à bien y regarder, notre trio de chasseurs respecte-t-il tant que cela la Nature ? Oui et non.
Oui parce qu'ils tuent avant tout pour manger. Non parce qu'ils le font aussi pour se procurer des ressources et aussi parce que, à certains moments, ils donnent l'impression de penser que cette pléthore d'animaux à abattre (à commencer par les bisons) n'aura jamais de fin. Contrairement à une légende tenace, ce n'est pas Buffalo Bill qui inventa la chasse sans fin des bisons. Sans doute organisa-t-il des "safaris" meurtriers mais la pratique existait avant lui, sans l'aspect "safari." Songez en effet que William Cody naquit en 1846, c'est-à-dire un an avant que ne s'achève ce premier tome de "The Big Sky."
Ce qui étonne, par contre, c'est que Guthrie ne fait guère s'inquiéter les Indiens de ce carnage. Encore moins tenter de s'y opposer. Là aussi, y a-t-il idée reçue, acceptation trop facile de la Fatalité ou, tout simplement, parti pris ? Pourtant, Guthrie est également décrit comme un historien.
Néanmoins, tel quel, "The Big Sky" reste une oeuvre à lire et à faire lire car, sans conteste, elle rend justice à la splendeur du continent américain. Et Boone, malgré ses défauts (qui sont nombreux) symbolise l'Homme libre (sans aucune pointe de rousseauisme, ouf ! nous voilà soulagés !), amoureux de la Liberté mais qui, à force de n'en faire qu'à sa tête, court le risque de faire perdre cette liberté tant respectée à un pays tout entier. Guthrie pose d'ailleurs la question dans le dernier tiers de cette fresque puissante dédiée à son pays et à tous ceux qui participèrent à le faire ce qu'il est, Indiens compris. Bonne lecture ! Gens pressés s'abstenir ! ;o)
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Allantvers
  16 décembre 2014
Premier volet publié en 1947 de la saga "The Big Sky" , dont seuls les deux premiers opus ont été traduits en français.
Avant de s'y plonger, jeter un oeil à quelques cartes des Etats-Unis faisant état de « la conquête de l'ouest » permet de se remettre en mémoire et de mesurer l'ampleur, le gigantisme et la violence de cette expansion territoriale menée à un rythme stupéfiant, portée par l'espoir et baignée de sang.
Les trois figures tutélaires de cette conquête : la Terre, le Pionnier, et l'Indien, sont bien au coeur de « La captive aux yeux clairs », dont l'action se déroule entre 1830 et 1843.
Le territoire nord-américain est déjà « civilisé » en gros jusqu'au fleuve Mississipi. Boone Caudill quitte à 17 ans son Kentucky natal vers le Missouri pour fuir un père violent et vivre la vie rugueuse et libre des trappeurs. Quand il y reviendra 13 ans plus tard, appelé par sa mère, il aura compris que la vie aventureuse de chasseurs de castors qu'il a menée en territoire indien avec Jim Deavins et Dick Summers est amenée à disparaître, sous la pression démographique et commerciale des immigrants arrivés en masse, prêts à prendre « la route de l'Ouest » (le tome 2).
Pas de trame narrative pleine de rebondissements dans cette « captive aux yeux clairs », mais plutôt une succession de scènes fortes de chevauchées, de combats, de lutte pour la survie, de fraternité autour de personnages très incarnés, Summers le trappeur expérimenté que la maturité amènera à poser le fusil, Caudill le taiseux sans Dieu, Teal Eye la douce indienne chère à son coeur…
Et surtout une nature grandiose, omniprésente, sauvage, féroce, galvanisante qui prend vie sous la plume magistrale et incisive de A.B. Guthrie qui rend compte avec force et mélancolie d'un monde révolu.
Une lecture très marquante, qui donne envie de lire la suite (« la route de l'Ouest », entamée sitôt refermée « la captive » !), et pourquoi pas de voir le film qu'Howard Hawks en a tiré en 1952.
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LN
  28 novembre 2014
"The big sky" est celui qui déploie sa voûte au-dessus des territoires de l'ouest, celui qui enveloppe les hommes et leur rappelle leur finitude.
"Les plaines se déroulaient à leurs pieds, des kilomètres et des kilomètres de plaines qui partaient rejoindre le ciel au bout du monde, dans un air si pur et si beau que le regard était pris de vertige." p. 393
En 1832, Boone Caudill quitte sa maison pour fuir un père violent et surtout pour éprouver sa liberté. Il rejoint un groupe de trappeurs en route vers le Haut-Missouri, région habitée par les Indiens Blackfeets. le chef de l'expédition, Dick Summers espère commercer avec eux, et pour se préserver d'un accueil sanglant, il ramène à bon port une jeune indienne, Teal Eye, la fille d'un chef Blackfoot. Boone s'aguerrit jour après jour et devient un véritable trappeur, amoureux du grand ouest et de la liberté qu'il lui procure.
"La rivière était large et encore haute, mais plus calme maintenant le long de la rive dégagée et presque débarassée de tout objet flottant. Les marins se remirent à chanter, tandis que le soleil descendait derrière les collines et une rognure de lune apparut, aussi pâle que la voile. Des bécassines marchaient sur les rives, certaines gris perle comme le manteau de Bedwell, d'autres avec le ventre rouge. Des engoulevents gémissaient dans le ciel et, provenant des collines qui formaient une crête mouvante à l'ouest, Boone entendait les cris d'un animal, faible, tremblotant et solitaire. Un petit frisson le parcourut, du bas jusqu'en haut du dos, agitant les poils de sa nuque. Tout cela faisait que la vie valait la peine d'être vécue." p. 136
Le grand ouest n'est pas exempt de dangers, entre les indiens, le froid, et surtout la recontre avec soi-même dans une prise de conscience vertigineuse de ses propres limites.
"Une terre brute, vaste et solitaire, trop grande, trop vide. Elle rapetissait l'esprit, le coeur se serrait, le ventre se nouait, sauvage et perdu sous une étendue de ciel si gigantesque que le paradis faisait peur." p. 202
Porté par un souffle épique incomparable, les aventures de Boone et de ses amis brillent d'une richesse incroyable. Chacun devra assumer ses choix de vie, ses sentiments, son vécu mâtiné d'un passé torturé, et son avenir, incertain sous l'immensité du Big Sky. Par la profondeur des personnages et des thèmes rencontrés, Guthrie nous prouve admirablement que le genre du western ne se résume pas à un simple combat entre cow-boy et indien. Il s'interroge également sur cette époque qui meurt jour après jour : c'était le temps où les castors et les bisons pullulaient dans les grandes plaines, mais années après années, les trappeurs constatent une modification de leur habitat. Les colons s'aventurent là où ils s'imaginent rencontrer des espaces vierges et prospères, les bisons se font rares, les grands espaces évoluent irrémédiablement. Par ces thématiques, Guthrie a pu être considéré comme le fondateur de ce que l'on nomme "L'école du Montana", ces écrivains qui témoignent de l'amour des grands espaces et des rapports avec l'environnement.
Une pépite que laquelle il faut se ruer !
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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clairejeanne
  15 avril 2018
Premier des trois tomes de "The Big Sky" (le deuxième tome, "La Route de l'Ouest" a reçu le prix Pulitzer en 1950), "La captive aux yeux clairs" est un western captivant qui se déroule dans le Missouri, les Grandes Plaines, et jusqu'aux Rocheuses.
Elles étaient nombreuses les tribus indiennes qui vivaient là, avant que les maladies les déciment, que les Blancs les tuent, et qu'elles soient parqués ; et à leur rencontre sont venus d'abord des trappeurs, des aventuriers, et assez vite les "commerçants".
Un très jeune homme (17 ans) fuit... Il fuit son père qui le bat, la ferme où il est né, le petit bourg où il a toujours vécu et où il a tué un homme au cours d'une rixe. Nous sommes en 1830 et Boone Caudill va faire du chemin : il fait la connaissance de Jim Deakins qui sera son grand ami de trappe, tous deux rejoignent Saint Louis et se retrouvent avec un groupe d'hommes partant en bateau le Mandan vers le Nord du Missouri, qui a la réputation d'être d'une beauté sauvage sans pareille, mais aussi "infesté d'Indiens". Les hommes du Mandan partent faire du commerce avec les Blackfeet surtout, échanger alcool, armes à feu et munitions contre des peaux.
Alors qui est "la captive aux yeux clairs" ? Une toute jeune squaw, une petite fille surnommée Teal Eye, cachée sur ce bateau, et qui se révélera être la fille d'un chef indien blackfoot ; une fille que Boone n'oubliera pas : un visage fin, mat, et d'immenses yeux "couleur sarcelle à ailes bleues", un jour, il la retrouvera...
Tandis que le bateau remonte le Missouri et la Platte River vers le pays des Blackfeet, Boone apprend à tirer les bisons avec toujours le risque, lorsqu'il descend à terre avec Dick Summers, le chasseur chevronné du bateau, de devoir faire face à des "Peaux Rouges" dont il est difficile de savoir comment ils seront lunés... Il apprend également à piéger les castors et malgré sa rusticité, c'est un homme sensible qui fait bien ce qu'il a à faire mais respecte la vie animale et admire la beauté de la Nature.
Il y a des scalps, plein de moustiques, des mocassins aux pieds, une très belle histoire d'amour, des chevauchées, des batailles, des vols de chevaux, des amitiés viriles et des désirs de solitude...
Ce premier tome se termine en 1843 et c'est une bonne partie de la vie d'un homme qui a été tracée ; d'une façon générale, les trappeurs sont des personnages très particuliers, toujours aux aguets ; beaucoup d'entre eux pensaient qu'un "bon indien est un indien mort"... Boone, lui, tout en restant un homme simple, deviendra quasiment indien, cheveux longs nattés compris...
Porté par un souffle littéraire magnifique qui s'appuie sur les grands espaces et des vies éprises de liberté, ce récit célèbre la beauté des paysages et dénonce l'envahissement prochain de ces régions par tous ceux qui sont avides de conquérir et d'occuper toujours plus de terres.
Extrait (p 366) : " Des groupes de peupliers poussaient sur ses rives, ainsi que des buissons de cerisiers de Virginie et d'amélanchiers, de rosiers sauvages et de saules rouges que les Indiens mélangeaient au tabac. Aucun endroit ne pouvait être aussi beau que cette vallée, avec ses deux plateaux solitaires qui se dressaient au sud, les collines brunes aux larges crêtes sur les côtés, les peupliers, les bouleaux noirs et l'armoise, les élans et les cerfs, les bisons qui descendaient des hauteurs pour boire. C'était un endroit où un homme pouvait passer toute sa vie sans jamais souhaiter autre chose."
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   30 août 2017
[...] ... C'était une vie agréable, la vie des Piegans. Il y avait la chasse au bison et parfois des escarmouches avec les Crows et les Sioux, ou les Nez-Percies, les Nez-Percés, qui traversaient les montagnes pour chasser les bisons des Blackfeet car il n'y en avait pas chez eux. L'été, le sommeil réchauffait un homme et l'hiver lui glaçait les os. Alors il restait près du feu, il mangeait de la viande séchée et du pemmican en cas de besoin, et il regardait souvent le ciel à l'Ouest pour guetter les bancs de nuages bas indiquant l'arrivée du vent chaud. La vie s'écoulait, jour après jour, depuis cinq saisons maintenant, et les journées s'enchaînaient, se fondaient les unes dans les autres. Quand on regardait en arrière, c'était comme si le temps se mordait la queue et continuait à aller de l'avant en venant du passé et à revenir en arrière, si bien que la veille ressemblait au lendemain. Ou peut-être que le temps n'avançait pas du tout et qu'il demeurait au contraire immobile pendant que le corps s'y déplaçait. Un homme chassait ou se battait, puis il s'asseyait pour fumer et parler le soir, et au bout d'un moment le silence s'abattait sur le campement, à l'exception des chiens qui se mettaient en tête de répondre aux loups, alors il rentrait dans sa hutte pour se coucher auprès de sa femme, et il ne pouvait rien demander de plus. Il était heureux de vivre ainsi, le ventre plein, libre, l'esprit en paix, avec une femme qui lui convenait.

Bonne ne croyait pas que Jim pourrait cesser de se ronger les sangs comme lui, car il n'avait jamais trouvé une squaw qui était bonne avec lui. Jim voulait toujours partir pour aller quelque part, à Union, à Pierre ou Saint-Louis. Boone avait énormément voyagé, mais pas pour aller dans des endroits où il y avait beaucoup de gens, il allait dans les montagnes ou il traversait le territoire britannique pour atteindre le Canada, où vivaient les Gros-Ventres quand ils étaient sédentaires. Il aimait les régions inhabitées, avec juste quelques Indiens et sa squaw.

Quand Jim revenait d'un voyage, il avait la bouche pleine de ces nouveaux forts qui se construisaient le long de la rivière, des nouveaux colons et des fermiers du Missouri qui vantaient les mérites de l'Oregon et de la Californie, comme si les montagnes étaient un endroit idéal pour les charrues, les cochons ou le maïs. Quand Jim se lançait dans ses tirades, Boone l'interrompait, il ne voulait pas perdre son temps avec ces idioties qui vous excitaient intérieurement.

Jim semblait toujours content de revenir, même s'il repartait toujours. ... [...]
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OlivOliv   30 août 2017
— Je ne m'intéresse pas aux castors. Je vous l'ai dit. Ce qui m'intéresse, c'est le développement, l'avenir. Vous semblez penser, parce que les Indiens n'ont pas su tirer profit de ces immenses territoires de l'Ouest, que personne ne peut y arriver.
— Ils vivent dans ce pays. Ils en vivent et ils s'amusent, répondit Boone. Alors, qu'est-ce que vous voulez, nom de Dieu ?
Peabody prit une profonde inspiration, comme s'il voulait être sûr d'avoir assez de souffle pour soutenir son argument :
— Quand un pays qui pourrait subvenir aux besoins d'un grand nombre de personnes subvient aux besoins d'un si petit nombre, bon sang, c'est que ses habitants n'ont pas bien utilisé ses ressources naturelles.
Ses yeux écarquillés se posèrent sur Boone, enthousiastes et polis, mais nullement effrayés.
— Cet échec, reprit-il, justifie une invasion, pacifique si possible, brutale si nécessaire, par des gens qui peuvent et sauront mettre à profit cette opportunité.
— Et moi, je dis que c'est des foutaises.
— Si vous vivez assez longtemps, vous découvrirez que vous avez tort. Vous ne le voyez donc pas ? Nous nous développons. Cette nation grandit. De nouvelles occasions vont se présenter, sans commune mesure avec tout ce qui a pu exister dans le commerce des fourrures. Le transport, le commerce, l'agriculture, l'exploitation forestière, la pêche, la terre ! Je ne peux même pas tout imaginer.
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Myriam3Myriam3   16 octobre 2016
Le fusil se cabra contre l'épaule de Boon, lézardant le silence. La balle produisit un bruit sourd et un petit nuage de poussière s'échappa du bison comme s'il avait été frappé par un caillou. Pendant un instant, il resta immobile, inactif et triste, et on aurait pu croire qu'il ne s'était rien passé, puis il partit vers la sortie du ravin, dans un galop pataud. Boone l'observait. Il entendit un autre claquement à côté de lui et vit l'animal plier les genoux et tomber en avant, sur le museau. Il bascula sur le côté en agitant les pattes, son souffle ressemblait à un ronflement.
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OlivOliv   28 août 2017
— Encore cinq ans et y aura plus que des peaux grossières, et ça va vite. Toi, Boone, et toi, Deakins, si vous restez ici, vous vous retrouverez dans la prairie à chasser, à tuer des bisons et à les dépecer, mais de ça aussi vous en verrez la fin.
— Pas dans cinq ans, répondit Summers. Plutôt cinquante.
— Ah ! Y a presque plus de castors déjà. Ce sera le tour des bisons ensuite. Dans cinquante ans, il restera même plus un pauvre bison. Vous verrez arriver les charrues dans les plaines et des gens s'installer pour cultiver la terre. (Il se pencha en avant, mains levées.) Ils se moquent de moi, mais ça empêche pas que j'ai raison. Ça peut pas être autrement. La Compagnie à elle seule expédie vingt-cinq mille peaux de castor par an, et quarante mille peaux de bêtes, au moins. Sans parler de tous les bisons qui sont tués par des chasseurs et jamais dépouillés, plus toutes les peaux utilisées par les Peaux-Rouges, et tous ceux qui se noient à chaque printemps. Ah !
— Il y a encore plein de castors, dit Summers. Il faut les chercher. On les attrape pas à l'intérieur d'un fort ou en allant chasser.
— Amen et va en enfer, Dick ! Pas facile de trouver du whisky à la chasse. Passez-moi ta bouteille. J'ai le gosier sec.
Boone fut surpris d'entendre sa propre voix, tendue et blanche :
— Pour moi, ce pays est toujours aussi neuf, neuf et beau.
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WolandWoland   30 août 2017
[...] ... Qu'il pose des pièges ou qu'il voyage, Jim Deakins observait le paysage pour guetter la poussière et les bisons, pour percevoir des mouvements, comme n'importe quel trappeur. En hiver et en été, les Blackfeet se déplaçaient vers le Sud, en partant des Three Forks, pour faire la guerre aux Crows, et continuaient leur chemin, bien loin de chez eux, pour éliminer les Blancs qui chassaient sur les cours d'eau et franchissaient les cols. Pourtant, ce n'était pas un signe indien qu'il voulait voir : les hommes de Bridger devraient apparaître au Nord d'un moment à l'autre maintenant, pour aller au rassemblement. Allen serait avec eux, peut-être, et aussi Lanter, Hornsbeck et tous les autres avec qui il avait passé du temps autrefois.

Chasser, c'était très bien, et hiverner de la façon dont l'avaient fait Boone, Summers et lui aussi mais un homme finissait par se sentir seul, il avait envie de voir des gens, de s'amuser. C'était bon parfois de raconter des histoires et d'en écouter, de fanfaronner, de rire pour un rien et de s'amuser sous l'effet du whisky, avec dans un coin de votre esprit la délicieuse certitude qu'après avoir parlé, parié, bu et chahuté, une jeune Indienne vous attendait, et ensuite, couché tranquillement avec elle, vous écouteriez les coyotes chanter et la rivière couler, vous verriez les étoiles briller et sentiriez sa chaleur, alors le sentiment de solitude aurait disparu, comme si le monde lui-même vous avait envoûté.

Prenez Boone, par exemple, on aurait dit qu'il ne se sentait jamais seul et n'avait jamais envie de voir des gens, sauf de temps en temps une squaw avec laquelle il en avait terminé presque aussitôt après avoir commencé. Il ressemblait à un animal, un jeune bison qui voyageait seul, se contentant de la terre, de l'eau, des arbres et du ciel au-dessus de sa tête. A croire qu'il parlait au paysage pour avoir de la compagnie, que le paysage lui répondait, et ça suffisait. Il était vite rassasié des gens et encore plus vite du whisky, qu'il ingurgitait comme un Indien ; il était déja saoul alors que n'importe qui d'autre se mettait juste en train. Et puis, un matin, avant même qu'on soit arrivé à la moitié du rassemblement, il se réveillait avec l'envie de partir dans des endroits où on ne voyait pas un Blanc pendant une éternité.

Summers était comme ça, d'une certaine façon, mais différent également car il semblait vivre dans sa tête la plupart du temps ; comme si c'était le passé qui lui tenait compagnie. Il s'asseyait devant le feu de camp et il fumait, ou bien il s'occupait des chevaux ou des peaux, et on sentait qu'il était loin, à l'intérieur de sa tête, il revoyait des choses anciennes, des choses qui s'étaient produites il y a longtemps, avant que le Mandan quitte Saint-Louis, il se revoyait enfant peut-être, dans le Missouri, ou jeune homme sur La Platte. Summers aimait la compagnie, certes, il aimait boire et s'amuser comme n'importe qui, mais de manière mesurée, comme si tout ce qui arrivait maintenant était moins important que le passé. Le poids de l'âge, certainement : heureux celui qui ne vivait pas trop vieux, sans être obligé de se dire qu'il avait vécu les meilleurs moments de sa vie. Dieu était cruel à certains égards en laissant un homme arriver au stade où il avait toujours envie de revenir en arrière, en lui montrant qu'il n'était plus l'homme qu'il avait été, l'obligeant à coucher dans un lit froid, sans lui permettre d'oublier le temps où il ne l'était pas. C'était comme si on le poussait à reculons au bas d'une colline et qu'il voyait le sommet s'éloigner un peu plus chaque jour, mais il l'apercevait toujours et il avait toujours envie d'y retourner. Parfois, Dieu paraissait vraiment mesquin. ... [...]
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