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Bernard Cohen (Traducteur)
EAN : 9782226179678
286 pages
Éditeur : Albin Michel (14/08/2007)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 41 notes)
Résumé :

« Je vis parmi les poètes, les lesbiennes, les peintres et les musiciens, les troubadours et leurs guitares, les alcooliques et les drogués, les putes et les fous. En pleine décadence, quoi. L’abolition du bourgeois. L’enfer. » Dans le Cuba délabré des années soixante, coincé entre désir de liberté et volontarisme castriste, un jeune garçon fait l’apprentissage de la vie. Le sexe,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
marlene50
  22 février 2021
Cuba dans les années 1960.
Un livre qui déborde de misère, de violence, de saleté, de grossièreté, de sueur et d'odeurs.
Provocant et amoral mais dans lequel on se laisse guider avec Juan, jeune homme de 17 ans, parmi les fous du sexe, les drogués, les alcooliques pour découvrir un monde crépusculaire.
Juan, beau gosse style "James Dean" a des désirs sexuels, incessants, jamais inassouvis.
Il est toujours à la recherche d'une femme et des plaisirs de la chair.
Tout "lui fait ventre" il se fourvoie dans le n'importe quoi dès l'instant qu'il y trouve son compte sexuellement.
Et malgré son désir de sortir de cette spirale "queutarde" il a du mal à sortir la tête hors de cette eau saumâtre où il croupit.
Seule la lecture, les chroniques et haïkus qu'il gribouille, et la musique classique qu'il adore lui apporte un peu d'oxygène et de beauté dans sa vie merdique et tumultueuse.
"Born to be free" ...
- Moi j'étais un branleur patenté....
- Pedrito, rigole sans raison même si les gens pensent que tu es zinzin ...
- A dix sept ans, on ne connaît rien, c'est pour ça qu'on a jamais peur ...
- Cyrano de Bergerac obsédé par son nez, Pedro Juan faisant une fixette sur son noeud ....
Après l'armée, Juan à une période où il se sent perdu et précipité dans un monde vertigineux et violent.
Les années d'armée l'avait déboussolé.
Entre dans une phase de révolte paranoïaque.
Puis , il taille la route...
Il fallait continuer à avancer, avancer à travers la furie et l'horreur.
J'ai bien aimé finalement malgré les scènes de cul qui jalonnent le livre.
Belle écriture.
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nounours36
  08 février 2015
Baignée dans la mer des caraïbes, Cuba est la plus grande île des Antilles. Toute en longueur, ses côtes sont ponctuées de petites îles aux paysages paradisiaques. Cuba est une destination touchante et sensuelle où l'accueil est très chaleureux. le sourire des Cubains et l'intensité de la vie sur l'île contrastent avec la pauvreté et les difficultés quotidiennes. Un voyage Cuba restera gravé à jamais dans votre mémoire.
Cette prose est celle que l'on trouve dans les agences de voyages, ici pour une escale à Cuba, âmes prudes passez votre chemin.

Pedro Juan Gutierrez nous livre de la poésie, de l'alcool et de la drogue, du sexe (de la baise) de la misère et de la violence, et pour embellir le tout : la dictature castristes au pouvoir. Mais c'est un aussi un roman du changement, de la révolte et de la naissance. On va suivre le narrateur depuis l'âge de ses quinze ans jusqu'à la fin de son service militaire dans la cuba des années 60. On pourrait voir en Gutierrez un compagnon de Bukowski, il le cite d'ailleurs, un compagnon de la vie des rues, des tavernes, des amours de mulâtresses. « Toutes les femmes m'attiraient, laides et jolies, plates ou avec des seins énormes, fessues ou non, blanches et noires avec toute la gamme intermédiaire, grandes ou basses du cul, romantiques et caressantes ou vulgaires et toxiques. Épouses fidèles et nymphos dépravées. C'était une obsession incontrôlable » Dans son amour/obsession pour les femmes, une soif inextinguible raconté par un macho qui ne veut en aucun cas s'attacher.
« Plein de poils aux aisselles ! Noirs, denses ! Je l'ai attirée à moi pour la humer. Elle sentait fort. La sueur de négresse. J'ai passé la langue sur son dos. C'était salé. Transpiration. Pas de parfum, pas de déodorant. Primitif. La fatigue et la migraine se sont envolées d'un coup. J'ai cherché à l'enfiler à sec mais elle n'était pas pressée, elle. Elle m'a échappé en se tortillant comme un serpent.— D'abord, je te fais le massage. Rien ne presse. Il y a un temps pour tout.Elle a pris de la crème dans un pot et elle a commencé par les pieds. Ses mains étaient vigoureuses, aussi fortes que celles d'un homme ».
J'ai été surpris dans cette lecture, car au premier abord on rencontre une histoires un emballage décoré de stupre et de sexe, et une autre beaucoup plus intime que l'on ne découvre que progressivement vers le milieu du roman. Ou la narration devient une initiation à la vie d'écrivain, une inspiration de sortir de ce ‘merdier' pour faire autre chose, vivre une vie choisie et non subie. On ressent tout d'abord la contradiction du narrateur face à la réalité, il s'enferme dans la bibliothèque publique déserté « Une main magique me guidait le long des rayonnages jusqu'à Truman Capote, Faulkner, Erskine Caldwell, Jean-Paul Sartre, Marguerite Duras, Nietzsche, Wright Mills, Sherwood Anderson, Carson McCullers, Hermann Hesse, Dos Passos, Hemingway. Que des écrivains tourmentés par leurs obsessions et leurs fantasmes. », puis progressivement l'apprentissage jusqu'à la rencontre avec le Senor, la vieille tantouze le passage à l'écriture va se faire, éclore dans un poème d'amour, et de Haïkus
« Ensuite, je me contentais d'un petit pain et de deux litres de limonade. Et je revenais aux livres : L'Écume des jours, de Boris Vian, Les Choses, de Georges Pérec, L'Image publique, de Muriel Spark, les poèmes de Constantin Cavafy, les haïkus de Bashô, de Kobayashi et de Buson…Ça a été le début d'une étape ascétique et frugale, qui s'est prolongée d'elle-même pendant longtemps, de manière naturelle. »
Un romancier à découvrir, une fois passé la pudibonderie des premiers émois sexuels hauts en couleur. C'est un parcours plein de doutes, de solitude, de pragmatisme. Une belle découverte de Cuba dans les années soixante.
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littlecat
  20 février 2015
J'ai dévoré ce livre autobiographique qui raconte l'adolescence de Pedro Juan dans le Cuba des années soixante où règne le régime castriste.
Sexe, alcool, drogue, violence aussi, sont les moyens que le jeune homme a trouvé pour apprendre la vie, combattre la pauvreté.
Beau gosse et fier de son sexe, l'adolescent n'est pas difficile, ni compliqué, il "baise" les belles, les moches, les vieilles putes, les maigres, les grosses..et même les vaches.
Avec cette sexualité débridée, furieuse, étourdissante, il s'évade, oublie la misère, il se sent libre.
La liberté, Pedro Juan va réellement la trouver à travers la lecture et dans l'écriture.
Au delà du côté trash, le portrait de ce rebelle est touchant, troublant et ne laisse pas indifférent.
L'écriture est violente, réaliste, crue, brute de décoffrage et ne plaira peut-être pas à tous.
Belle découverte !
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Caro29
  27 juin 2012
C'est le troisième roman de Pedro Juan Gutierrez que je lis, enfin, que dis-je, que je DÉVORE ! Et je ne sais toujours pas ce que j'aime le plus dans ses livres : le réalisme sale, l'absence totale de manichéisme ou tout simplement la manière de raconter la vie de la façon la plus crue possible. Ici, l'auteur nous plonge dans son adolescence et ses premiers émois… Mais rien n'est édulcoré, Gutierrez reste fidèle à lui-même et à son style ultra réaliste : il parle des prostituées qu'il a fréquentées, de l'armée qu'il a détestée, de ses pulsions meurtrières, mais aussi de son goût pour la littérature, la musique, bref la Culture avec un grand C, qui lui a permis de fuir la monotonie, le conformisme, la rigueur et le manque d'ouverture (cela va de soi) de la dictature Castro. Bref, je m'attaque prochainement au "Roi de la Havane", le seul roman traduit en français de Gutierrez que je n'ai pas encore lu. J'ai hâte !
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chriskorchi
  27 mai 2013
L'écriture est choquante, violente, outrancière. le style est oral, vulgaire, il y a beaucoup d'argot et le sujet de prédilection de l'auteur est le s-e-x-e… C'est comme une obsession, cela commence dès le premier chapitre sur plus de cinq pages et cela revient très très fréquemment.
Ce côté cru m'a vraiment gênée au début du livre, surtout que je ne m'y attendais pas. Mais plus le livre avance et on comprend que cela n'est pas gratuit... En effet pour Pedro Juan, le sexe c'est l'ultime espace de liberté qui lui reste dans ce pays étouffé par le régime de Castro.
Mise à part cela, ce livre est très intéressant pour connaître la vie des Cubains à cette époque. Pedro Juan est vraiment attachant et surprenant.
Belle découverte.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   26 février 2021
Je l'ai baisée par-derrière, par-devant, dans la bouche. Elle me rendait fou, cette carne. Elle m'excitait et me dégoûtait à la fois. Avec elle, je me sentais bien et mal. Je voulais lécher ses pieds sales. J'aimais jusqu'à son haleine qui empestait le tabac, le rhum, le vieil oignon et l'ail, la molaire pourrie. Je voulais la voir saigner. J'aimais l'odeur de moisi, de merde et de vomi de sa chambre, mais en même temps je désirais m'éloigner de toute cette dégueulasserie et ne jamais revenir. Luxure et désespoir.
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marlene50marlene50   22 février 2021
L'espiègle pourvoyeuse

Je suis le Senor des mers
Qui scintille dans l'écume,
Mais dans les ténèbres obscènes,
Parmi les ombres, parmi les nues,
Je suis l'écervelée, l'espiègle,
L'insouciante Madame,
L'éternelle,
L'incorruptible,
Le sable, la pierre,
Et qui sait, peut-être aussi
Le vent
Et la tempête.
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marlene50marlene50   22 février 2021
(p.167)

Tu passeras dans ma vie sans savoir que tu es passé.
Tu passeras en silence devant mon amour léger,
Je feindrai un sourire, comme un contraste discret
A la souffrance de t'aimer, et tu ne le sauras jamais.
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marlene50marlene50   22 février 2021
(p.58)

Je suis une feuille dans le vent,
eau et lumière.
Je ne suis rien.
Un baiser, à peine.
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marlene50marlene50   22 février 2021
Je suis comme un rat des sables hypnotisé par un cobra.
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