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Bernard Cohen (Traducteur)
ISBN : 2264033894
Éditeur : 10-18 (02/01/2003)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Vaste chronique de la vie à Cuba, Trilogie sale de La Havane est un journal égoïste qui emporte le lecteur dans un tourbillon romanesque délirant. Malgré les fulgurances de la danse et du rhum, La Havane est une ville assombrie par la pénurie et le désespoir. Le narrateur déchu y vit dans la crasse et le sperme. Pas de philosophie ici, aucun manichéisme. Juste un homme, centré sur son sexe, ses maîtresses et ses angoisses. À la manière d'un Henry Miller, Gutiérrez s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  16 septembre 2014
Dans les années 90, Cuba était, aux dires de ses dirigeants, un véritable paradis terrestre. Pourtant, malgré toute leur bonne volonté, les cubains étaient bien forcés de constater quelques dysfonctionnements : chômage, pénuries diverses, corruption généralisée, libertés en voie de disparition.
Parmi eux, Pedro Juan Gutierrez. Grand voyageur rentré au pays, journaliste au chômage faute de liberté d'expression suffisante, son regard sur la vie de la Havane est bien sombre. Il décrit les petites combines et les trafics qui permettent de survivre quelques jours de plus, le rhum de mauvaise qualité et le sexe débridé pour oublier.
Ce livre rappelle ceux de Bukowski, mais souffre justement de la comparaison. Pedro Juan ne développe jamais cette aura particulière que possède Hank, et ses histoires se ressemblent finalement toutes : il rencontre une fille, trouve un petit boulot, ils picolent et couchent ensemble quelques jours, puis se séparent.
Un roman intéressant au départ pour son réalisme cru, mais qui finit par s'essouffler.
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Aline1102
  05 janvier 2012
Pedro Juan, un ancien journaliste, est revenu vivre à La Havane dans les années 1990 après avoir bourlingué quelque temps, notamment en Europe.
De retour sur son île, ce Cubain se rend compte que rien n'a changé et que la situation du pays s'est même dégradée. Car, malgré la propagande obligeant les médias à masquer la réalité et à affirmer que Cuba est un véritable paradis terrestre, les Cubains meurent de faim. Les denrées alimentaires les plus basiques se vendent à un prix fou et les plus pauvres ne savent se payer qu'un peu de mauvais rhum.
Désabusé, Pedro Juan décide d'écrire son quotidien afin de mieux exorciser ce qui assombrit son existence et celle de ses compatriotes.
Ce roman était très prometteur lorsque j'ai lu le résumé, mais j'en retire malheureusement un bilan assez mitigé.

Il s'agit d'une espèce de journal intime, puisque l'histoire est en grande partie autobiographique. Les faits relatés sont donc fidèles à la réalité et la misère des Cubains est décrite de telle sorte qu'on la ressent vraiment à la lecture, en cela, on peut dire que l'auteur a un style d'écriture absolument efficace. Cette Trilogie sale de la Havane porte donc très bien son titre, puisqu'elle explique tout ce qu'il y a de peu reluisant dans cette vie misérable que mène la population: on boit du mauvais rhum pour s'ennivrer et oublier bien vite ses conditions de vie; on souffre d'une pénurie d'eau, parfois; on se lance dans de nombreux trafics afin de gagner quelques dollars; et, surtout, on essaye de rentrer clandestinement sur le territoire des Etats-Unis où le rêve américain promet une vie bien meilleure.
Quant au style du texte, il est excellent: agressif quand il doit l'être, poétique lors des rares scènes de douceur qui nous sont contées. Gutiérrez peut donc, d'après ce que l'on lit dans cette Trilogia sucia de la Habana, classé parmi les "bons" auteurs hispanophones, de ceux qui vous prennent aux tripes dès le début et ne vous lâchent plus jusqu'à la dernière page.
Mais le problème majeur du texte, ce sont les scènes de sexe. Il ne se passe pas une page sans qu'on ait droit à une réflexion sexuelle. Et pas de façon voilée, mais de manière très explicite. C'est assez agaçant car cela n'apporte rien au récit; au contraire, puisque cette répétition continuelle des mêmes scènes (on boit du rhum, et une fois qu'on est à peu près ivre on fait l'amour et on se quitte) rend le texte très répétitif. Chaque chapitre du livre se déroulant de la même façon, quand Pedro Juan se retrouve assis à une table avec Carmencita et qu'ils partagent une bouteille de rhum, on peut facilement prévoir ce qu'il va se passer!
Cette façon de ressasser continuellement les mêmes événements en changeant juste un peu les participants et les lieux a plus ou moins gâché mon enthousiasme pour un récit que j'espérais plus centré sur la cause cubaine et sur la dictature. Et c'est d'autant plus dommage que certaines pointes d'humour de la part de l'auteur étaient assez réussies. En commençant ma lecture, je m'attendais plus à une histoire proche de "La Fiesta del Chivo" de Vargas Llosa ou même de la "Chronique d'une mort annoncée" de Garcia Marquez, mais non.
Malgré ce mauvais côté, ce roman méritait d'être lu, ne fût-ce que pour se rendre compte de ce qu'il reste dans la vie des gens lorsqu'ils ont atteint le niveau le plus bas (apparemment, l'alcool, le sexe et la drogue), celui de la pauvreté la plus extrême et de la lutte pour survivre.
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littlecat
  12 mai 2015
437 pages de sexe, de stupre, de violence, de mauvais rhum, pourraient lasser.
Mais le style vif et truculent de Gutierrez nous interpelle. Il nous livre un ensemble de nouvelles intéressantes sur la vie à Cuba dans les années 1990.
Une peinture sans concession sur la pauvreté, la faim, l'insalubrité et puis l'alcool, la prostitution, la baise pour survivre, pour oublier la misère.
On prend tout ça de plein fouet, sans détours et de manière brutale.
Un auteur rebelle, cru et trash mais attachant que j'ai découvert avec "le nid du serpent".
Un témoignage réaliste sur sa vie à La Havane, qui ne m'a pas laissée indifférente. Récemment en voyage sur cette île, j'ai bien compris que les cubains vivent toujours avec les tickets de rationnement, le marché noir, le système D, la prostitution. Une sorte de corruption organisée, malgré un embargo assoupli et une libéralisation économique amorcés depuis les années 2000.
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Caro29
  11 juin 2012
Bienvenue à Cuba. Mais attention, ce n'est pas le Cuba des cartes postales. La "Trilogie sale" de Pedro Juan Gutierrez nous entraîne dans un pays abimé par la dictature et la misère, où la population crève la dalle et vit de marchés noirs et de débrouille. le rhum coule à flot, la crasse est incrustée dans les moindres recoins de la Havane et la faim grignote les estomacs. Quant au sexe, il est partout. Gutierrez ne s'en cache pas, il aime ça… Il nous livre ici un "réalisme sale" qui contraste salement, justement, avec les cartes postales édulcorées que l'on voit parfois de Cuba. Bref, un roman sans manichéisme et absolument brut de décoffrage !
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Aela
  21 février 2011
Trilogía sucia de la Habana (1997)
C'est une vaste chronique de la vie à Cuba. le narrateur, un journaliste en rupture avec son milieu, nous entraîne dans les bas-fonds de la Havane. Il nous fait découvrir une ville au début des années 90, en pleine pénurie. Les personnages rencontrés par le narrateur se débattent dans des difficultés sans nom, pour survivre : manque de nourriture, de savon, climat politique difficile, tout se conjugue pour donner une atmosphère de désespoir, malgré le rhum et la salsa..
Un récit très cru et difficile, centré sur un homme, qui survit grâce à son égoïsme. Une langue vive et savoureuse..
Un tableau réaliste et très intéressant de Cuba.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   25 octobre 2015
Un crime passionnel, tout simplement. Comme il y en a partout. Mais ici, la presse n'en parlera pas parce que voici trente-cinq ans qu'il n'est plus convenable de publier quoi que ce soit de désagréable ou de dérangeant dans les journaux. Tout doit être... bien. Un pays modèle ne peut pas être le théâtre d'assassinats ou d'actes révoltants.
Et pourtant il faut savoir, être informé. Si on ne dispose pas de toute l'information, on ne peut plus penser, ni se faire une opinion, ni choisir de soi-même. On devient des imbéciles prêts à gober n'importe quoi.
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SachenkaSachenka   28 octobre 2015
[...] l'héroïsme, c'est pas mon fort. Ni moi ni personne. À notre époque, on n'est plus si obstiné, on n'a plus un tel sens du devoir et des responsabilités. L'esprit du temps est mercantile. L'argent, il n'y a que ça. Et si c'est en dollars, c'est encore mieux. L'étoffe dont on fait les héros est toujours plus rare.
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LuniverLuniver   10 septembre 2014
C’est que le sexe n’est pas fait pour les scrupules. C’est un échange de liquides, de fluides, de salive, d’haleine, d’odeurs fortes, d’urine, de sperme, de merde, de sueur, de microbes, de bactéries. Ou sinon, ça n’existe pas. Si ça se limite à la tendresse et aux sentiments éthérés, alors ce n’est plus qu’une parodie stérile de ce qui aurait pu être. C’est-à-dire rien.
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LuniverLuniver   16 septembre 2014
Après deux années de silence et d’oubli, le marin a envoyé à Carmita un télégramme daté de Maracaibo, dans lequel il lui annonçait qu’il était sur la route du retour et lui envoyait plein de baisers. Carmita, elle, était perplexe :
— Je ne me souvenais même plus de lui. Il est fou ou quoi ?
Une semaine après, nouveau câble : « Retardé encore quelques jours à Puerto Cabello. Me tarde te revoir. T’embrasse mille fois. »
Cette fois, Carmita est sortie avec la feuille à la main et l’a montrée à tous les voisins de l’étage, toute contente. Et une semaine après elle avait déjà mieux assimilé la nouvelle :
— Oh, qu’est-ce que j’ai envie de le revoir ! C’est l’homme de ma vie !
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SachenkaSachenka   31 octobre 2015
Les politiques et les religieux, ils croient qu'on peut tout changer par la force de la volonté. Erreur. Parce que les humains continuent à être des bêtes : infidèles et égoïstes.
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Videos de Pedro Juan Gutierrez (2) Voir plusAjouter une vidéo
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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