AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253030171
Éditeur : Le Livre de Poche (16/05/1972)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 203 notes)
Résumé :
C'est Médéric, le facteur, qui avait découvert le corps de la petite Roque sous la futaie du maire, au bord de la Brindille. Mais on eut beau chercher, on ne trouva pas le coupable. A quelque temps de là, le maire donna l'ordre d'abattre ses arbres et, surveillant les travaux, faillit périr écrasé sous le hêtre géant qui avait ombragé le crime, Imprudence? Non; geste d'un malheureux qui tente d'échapper à un spectre sans compromettre son honneur. Mais la fatalité s'... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  05 septembre 2014
La Petite Roque devait être, je crois, le seizième ou dix-septième recueil de nouvelles de Guy de Maupassant que j'abordais, et pourtant je puis vous dire qu'il me fit forte et bonne impression. Neuf nouvelles seulement, mais pas moins de trois joyaux (selon mes critères de désignation du " joyau ").
La nouvelle titre est une nouvelle en deux temps (donc en théorie, plus une nouvelle stricto sensu, mais on s'en fiche de la théorie), qui débute comme un polar et qui bascule dans le thriller psychologique. Particulièrement bien écrite, on sent que son auteur a cherché à la peaufiner plus que d'autres. La première partie pourrait, à l'extrême, se résumer par " Qui donc a bien pu assassiner la petite Roque ? " La seconde ne doit absolument pas être dévoilée sous peine de nuire gravement à sa lecture. En tout cas, un chef-d'oeuvre.
L'Épave raconte un instant, un bref instant, même pas une nuit complète — un bout d'après-midi et une portion de nuit — où deux êtres se sont croisés, se sont émus et se sont dit adieu. Comme écrivait Baudelaire, une manière de " Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ". Maupassant excelle dans ce périlleux exercice de la capture d'un instant et des émotions qui l'accompagnent.
L'Ermite nous pose indirectement une question : " Quel drame, quel événement inavouable, quelle peine de corps ou de coeur peut bien expliquer qu'un humain choisisse spontanément la réclusion hors du monde ? " Cette nouvelle me rappelle un peu le Port dans le recueil La Main Gauche.
Mademoiselle Perle est, quant à elle, l'un de ces inappréciables petits trésors nés sous la plume de l'auteur, qu'il nous a légué en guise d'héritage et que nous devons chérir. Un drame sublime, sans violence, en douceur, tout en doigté et en subtilité. Un velours, une façon quant à elle de " Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui NE le savais PAS ". Probablement l'une des toutes meilleures nouvelles de Guy de Maupassant, tous recueils confondus, vraisemblablement du calibre de Madame Baptiste.
Rosalie Prudent, ce n'est presque rien (c'est ironique, bien sûr), juste le conte d'un infanticide ordinaire perpétré par une pauvre fille sans le sou. L'une des fables horribles du quotidien dont il savait si bien se faire l'écho.
Sur Les Chats est un vague éloge de la condition féline.
Madame Parisse est une x ième nouvelle sur l'adultère et la passion contrariée.
En revanche, Julie Romain est plus intéressante. Elle aussi évoque un thème de prédilection de son auteur, à savoir, l'outrage du temps qui passe, les abîmes qu'il crée, et autres effets de la nostalgie. Ici, Julie Romain est une ancienne actrice, ancienne convoitée, ancienne égérie tant d'un peintre en vue que d'un poète de renom, tous deux aujourd'hui disparus. Ne reste qu'elle, elle que son public a oublié, elle, flétrie, amoindrie, méconnaissable, elle dont seuls les souvenirs ont le lustre d'antan. Quelle sensibilité Monsieur de Maupassant. Chapeau bas l'artiste.
Enfin, cerise sur le gâteau, la somptueuse Père Amable, qui nous dépeint l'archétype du vieux paysan normand, vieillard taiseux, avare mais fier, à l'instar du Père Milon. Encore l'une de ces scènes de rien de la vie paysanne normande, qu'on pourrait vulgairement classer dans la catégorie " faits divers ", mais racontée avec tellement de force et de conviction qu'elles en deviennent célestes, éblouissantes... maupassantesques si j'ose dire !
À noter, et c'est là la substantielle supériorité des nouvelles normandes par rapport aux autres de l'auteur, la vérité du parler. Pour être native de ces contrées normandes, je puis vous affirmer (au travers de ces deux exemples pris au hasard dans le Père Amable) que l'emploi (dans le fil de la narration et non entre guillemets) du mot " colère " en qualité d'adjectif ou celui de " cour " pour désigner un pré ont un parfum de terroir authentique. Pour moi, Maupassant est avant tout l'interprète des réalités régionales, le Pagnol ou le Steinbeck normand, en quelque sorte.
Mais tout ce bavardage, toute cette inutilité n'est que mon avis, fragile, friable, érodable, c'est-à-dire pas grand-chose. le mieux que vous ayez à faire est d'oublier ce commentaire et d'ouvrir La Petite Roque, car ça c'est vraiment du roc.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          888
Allantvers
  18 juin 2016
Un nuage sombre passe sur l'esprit à la lecture de ce recueil de nouvelles pleines de violence et de mort de Maupassant, que je suis troublée de découvrir dans ce registre.
Viol, assassinat, folie, mort du jour, infanticide, suicide : c'est toute la glauque palette de la face obscure des hommes qui est peinte ici, de manière d'autant plus troublante qu'il la moire comme il a coutume de le faire de cette plume délicatement mélancolique qui le caractérise.
La petite Roque est la première et la plus longue des nouvelles : d'une construction étonnamment moderne et d'un déroulement implacable, elle s'ouvre sur une scène de crime saisissante pour ensuite observer les affres de l'assassin hanté par son crime, jusqu'à la mort. Le génie dans cette nouvelle tient me semble-t-il au rôle joué par la nature qui par tous ses pores, rivière et frondaison bruissantes, lumière crue et nuit noire, accuse le criminel là où ses semblables n'envisagent rien de sa culpabilité.
La folie traverse plusieurs des autres nouvelles, sous les yeux cruels d'un chat noir (Misti), celle de l'amant fou de jalousie (Fou ?) ou celle en miroir de la folle devenue folle d'amour (Berthe).
Suicides (lettre d'un candidat à la mort) et La nuit (un homme s'étiole dans un Paris qui ne connaît plus le jour) finissent de rendre le lecteur totalement neurasthénique, avant de réveiller sa compassion horrifiée devant les raisons qui ont poussé Rosalie Prudent à l'infanticide.
Le titre complet du recueil : « La petite Roque et autres contes noirs » dit bien ce qu'il est : un parcours éprouvant, servi par le format redoutablement efficace de la courte nouvelle. Une noire pépite !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
ibon
  04 juin 2013
Ces 10 nouvelles, écrites entre décembre 1885 et mai 1886, ont dépassé le simple objectif de distraire le lecteur de presse de "Gil Blas", du "Figaro" ou du "Gaulois" avec des passions rapides ou de l'émotion en brèves secousses. Elles maintiennent aussi le lecteur d'aujourd'hui en haleine.
On se demande toujours si l'assassin de la "petite Roque" sera démasqué, pourquoi "l'ermite" vit-il ainsi, si les amants de "l'épave" se déclareront avant la marée, si M. Chantal brisera son armure dans "Mme Perle", si le Père Amable lâchera enfin un peu d'humanité...
J'ai ressenti donc, pour chaque conte, un suspense jusqu'à une fin qui claque souvent comme un coup de fouet.

Bien que celles que j'ai citées soient pour moi, les meilleures, les autres nouvelles ne sont pas mal non plus. Elles sont aussi variées dans le lieu (La Normandie, Cannes, la côte atlantique...) et dans le point de vue ( narrateur homme ou femme ou pas de narrateur du tout) et le ton ( un vaudeville pour "Sauvée").
Sur le fond, le pessimisme De Maupassant, quant à l'amour (L'épave, Mme Perle..) et à la fatale destinée humaine (le Père Amable, Mme Parisse..) est là. Mais le propos est subtilement construit (pas du tout comme ma critique) et vif. Et la virtuosité De Maupassant emporte le tout.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
PiertyM
  19 août 2014
La petite roque
Il y a de quoi mentir tout un pays ou la terre entière et on garde son calme, mais mentir à soi-même, c'est le grand préjudice! Tenir les autres dans son filet corrupteur, on se croit au sommet de tout, mais corrompre sa propre conscience peut entraîner à la déchirure et de sa peau et de son âme...
C'est bien ce qui arrive à monsieur Renardet, M le maire, après avoir violé et étranglé la petite roque dont le cadavre sera découvert le lendemain matin par le facteur Mederic. le maire s'emmène tout innocent comme tous ceux qui accourent, faisant le constat du crime aux yeux des villageois, de la police et de la justice, il dirige lui-même les enquêtes qui après des mois aboutissent à une conclusion: l'affaire sans suite... Aux yeux de tous oui, mais l'affaire n'est pas sans suite mais dans l'âme de monsieur le maire... l'affaire continue...
C'est toujours beau de lire ce monsieur de Guy de Maup!
Commenter  J’apprécie          260
aouatef79
  31 mai 2016
" La Petite Roque " est une nouvelle de Guy de Maupassant
Cette nouvelle est brutale et cruelle. Cette nouvelle raconte
comment un maire de province, M. Renardet, un veuf de
quarante ans qui est une force de la nature, viole une gami-
-ne et la tue . C' est le facteur, Médéric, qui trouve le lende-
-main le cadavre de la jeune fille . Aussitôt, il alerte le maire,
le magistrat et les gendarmes .L' enquête diligentée n' ayant
trouvé aucun indice pour inculper un suspect, classe
l'affaire.
le maire, auteur chanceux d' un crime parfait, sombre
peu à peu dans une mélancolie telle telle qu' il finit par
s" accuser et finalement se suicider .
Commenter  J’apprécie          240
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
patatarte2001patatarte2001   13 octobre 2016
L'automne vint, les feuilles tombèrent.....Et le murmure presque insaisissable, le murmure flottant, incessant, doux et triste de cette chute, semblait une plainte, et ces feuilles tombant toujours, semblaient des larmes, de grandes larmes versées par les grands arbres tristes qui pleuraient jour et nuit sur la fin de l'année, sur la fin des aurores tièdes et des doux crépuscules, sur la fin des brises chaudes et des clairs soleils, et aussi peut être sur le crime qu'ils avaient vu commettre sous leur ombre, sur l'enfant violée et tuée à leur pied. Ils pleuraient dans le silence du bois désert et vide, du bois abandonné et redouté, où devait errer, seule, l'âme, la petite âme de la petite morte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          133
Nastasia-BNastasia-B   26 mai 2013
- Alors tu veux que je lui parle.
- Tout juste. Vous l' dites !
- Et qu'est-ce que je lui raconterai, moi, à ton père ?
- Mais... c' que vous racontez au sermon pour faire donner des sous.
Dans l'esprit du paysan tout l'effort de la religion consistait à desserrer les bourses, à vider les poches des hommes pour emplir le coffre du ciel.
Commenter  J’apprécie          250
patatarte2001patatarte2001   31 octobre 2016
Les chats sont délicieux, pourtant, délicieux surtout, parce qu'en les caressant, alors qu'ils se frottent à notre chair, ronronnent et se roulent sur nous en nous regardant de leurs yeux jaunes qui ne semblent jamais nous voir, on sent bien l'insécurité de leur tendresse, l'égoïsme perfide de leur plaisir. Des femmes aussi nous donnent cette sensation, des femmes charmantes, douces, aux yeux clairs et faux, qui nous ont choisi pour se frotter à l'amour. Près d'elles, quand elles ouvrent les bras, les lèvres tendues, quand on les étreint, le cœur bondissant, quand on goutte la joie sensuelle et savoureuse de leur caresse délicate, on sent bien qu'on tient une chatte, une chatte à griffe et à crocs, une chatte perfide, sournoise, amoureuse ennemie, qui mordra quand elle sera lasse de baisers.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Nastasia-BNastasia-B   26 novembre 2012
Le vieux ne travaillait plus. Triste comme tous les sourds, perclus de douleurs, courbé, tortu, il s'en allait par les champs, appuyé sur son bâton, en regardant les bêtes et les hommes d'un œil dur et méfiant. Quelquefois il s'asseyait sur le bord d'un fossé et demeurait là, sans remuer, pendant des heures, pensant vaguement aux choses qui l'avaient préoccupé toute sa vie, au prix des œufs et des grains, au soleil et à la pluie qui gâtent ou font pousser les récoltes. Et, travaillés par les rhumatismes, ses vieux membres buvaient encore l'humidité du sol, comme ils avaient bu depuis soixante-dix ans la vapeur des murs de sa chaumière basse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
ibonibon   02 juin 2013
C'était quelque chose de sinistre et de superbe, ce chant de naufragés, de condamnés, quelque chose comme une prière, et aussi quelque chose de plus grand, de comparable à l'antique "Ave, Caesar, morituri te salutant".
( L'épave )
Commenter  J’apprécie          263
Videos de Guy de Maupassant (85) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Guy de Maupassant
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 01 décembre 2017 :
A chacun son rêve de Paul Ivoire aux éditions Anne Carrière https://www.lagriffenoire.com/72297-divers-litterature-a-chacun-son-reve.html
Alexis Vassilkov ou La Vie tumultueuse du fils De Maupassant (Littérature & Documents) de Bernard Prou aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/38946-divers-litterature-alexis-vassilkov-ou-la-vie-tumultueuse-du-fils-de-maupassant.html
Délation sur ordonnance Délation sur ordonnance de Bernard Prou aux éditions Anne Carrière https://www.lagriffenoire.com/98578-divers-litterature-delation-sur-ordonnance.html
Le rêve Botticelli de Sophie Chauveau aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/19598-pile-poche-le-reve-botticelli.html
Manet, le secret de Sophie Chauveau aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/18977-divers-litterature-manet--le-secret.html
Picasso : le regard du minotaure 1881-1937 Picasso : le regard du minotaure 1881-1937 de Sophie Chauveau aux éditions Télémaque https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=96117&id_rubrique=366
L'Homme aux deux ombres de Steven Price et Pierre Ménard aux éditions Denoël https://www.lagriffenoire.com/99541-divers-polar-l-homme-aux-deux-ombres.html
Une vie exemplaire de Jacob M. Appel aux éditions De La Martinière https://www.lagriffenoire.com/96821-divers-polar-une-vie-exemplaire.html
Vous pouvez commander cette sélection sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
+ Lire la suite
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le Horla

Qui est l'auteur de cette nouvelle ?

Guy de Maupassant
Prosper Mérimée

5 questions
569 lecteurs ont répondu
Thème : Le Horla de Guy de MaupassantCréer un quiz sur ce livre
. .