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ISBN : 270215963X
Éditeur : Calmann-Lévy (04/01/2017)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 153 notes)
Résumé :
Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire
du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un A... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
13 février 2017
« Comment expliquer à Marjorie que ce qu'il voulait capter avec son projet était la sensation du temps, l'impression d'être une part de quelque chose qui remontait si loin en arrière, qui était si désespérément vaste qu'il était facile d'oublier qu'elle, lui, chacun d'entre nous, en faisait partie – non pas isolément mais fondamentalement. [...] [Les ancêtres de Marcus] avaient tous fait partie de leur temps et [...] Marcus était une somme de ces époques ».
La somme de ces époques, c'est ce qu'est « No home », qui raconte, génération après génération, 250 ans de l'histoire de deux familles noires, issues de la même ancêtre.
Tout commence à la fin du 18ème siècle, en Côte-de-l'Or (le Ghana actuel). Maame, d'origine ashantie, est l'esclave d'un notable de la tribu fanti, dont elle a eu une fille, Effia. A la suite d'un incendie, Maame s'enfuit, en abandonnant son bébé. Quelques années plus tard, mariée à un Ashanti, elle aura une autre fille, Esi. Effia et Esi ne se rencontreront jamais, mais les deux demi-soeurs se sont pourtant trouvées brièvement au même endroit (le fort de Cape Coast) au même moment, mais dans des conditions de vie bien différentes, Effia offerte comme épouse au capitaine anglais du fort, Esi vendue comme esclave, enchaînée dans un cachot du même fort, quelques mètres sous les pieds d'Effia, attendant d'être embarquée sur un bateau négrier à destination des Etats-Unis et de leurs champs de coton.
Le roman se poursuit en abordant un nouveau personnage dans chaque chapitre, en suivant l'arbre généalogique, sautant alternativement de la branche descendant d'Effia à celle d'Esi. De la lignée restée en Afrique et qui décide à peu près de son destin, à celle qui prend souche malgré elle aux Etats-Unis, on passe des « arrangements commerciaux » entre esclavagistes européens et africains aux rivalités entre tribus, des plantations et des coups de fouet à l'abolitionnisme, de la guerre contre les Anglais à la colonisation, des mines de charbon à l'arbitraire et aux violences policières, puis à Harlem qui devient peu à peu un ghetto de junkies.
Esclavage et racisme sont les fils conducteurs, et si le premier a aujourd'hui disparu aux USA, le poison du deuxième continue à en imbiber les cicatrices et à peser encore et toujours sur le quotidien des Afro-américains (« la somme des époques », disais-je).
« No home » (qui est la bizarre « traduction française » du titre original « Homegoing ») est donc une fresque romanesque qui couvre presque trois siècles d'une histoire incroyablement douloureuse, indigne de l'Humanité, et d'autant plus poignante qu'elle est ici écrite avec poésie, sans pathos et sans manichéisme. Devant une construction aussi maîtrisée et documentée et devant un tel talent de narration, on s'étonne qu'il s'agisse d'un premier roman.
Le projet était ambitieux, le résultat à la hauteur, et Yaa Gyasi une romancière à suivre.
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Titania
18 février 2017
C'est un magnifique roman historique que nous livre Yaa Gyasi du haut de ses 27 ans. J'en reste toute songeuse. Les cursus d'écriture créative des universités américaines produisent des auteurs assez fabuleux dès le premier roman !
Depuis le Ghana, puis aux Etats-Unis, avec deux lignées familiales, elle nous raconte sur trois siècles, l'histoire douloureuse de l'esclavage, de la ségrégation, du métissage, et du déracinement avec l'art consommé d'une grande conteuse qui sait évoquer les esprits des ancêtres, le soir auprès d'un feu sur une plage. On entend les accents, on ressent la chaleur de la terre et à quel point pique le coton brûlant sous le soleil de l'Alabama.
Les yeux perdus sur l'horizon, on croit voir les bateaux négriers qui partent du fort vers les plantations, plein de ces corps souffrants . Combien ont été livrés aux Anglais dans les razzias commises dans ces guerres entre Fantis et Ashantis ? Combien sont morts dans ce voyage sans retour ? L'Atlantique est devenu le tombeau de l'Afrique.
On est avec chacun des protagonistes de chaque génération pour vivre avec eux le quotidien du temps, les fractures familiales, l'exploitation insoutenable. Et on découvre une histoire autre qui est en train de s'écrire avec ce merveilleux écrivain, quelque chose d'infiniment plus complexe que ce qu'on a appris, L'esclavage réel qui survit longtemps aux Etats-Unis à la fin de l'esclavage juridique par exemple.
Chaque chapitre est consacré à un descendant d'Effia ou Esi, et le récit ne faiblit jamais, toutes les générations ont quelque chose d'important à apporter, une pierre supplémentaire comme ce bijou qui passe de génération en génération. Les jeunes de notre siècle sont à leur tour des héritiers et des passeurs, ils témoignent du long chemin vers la liberté et sont également des conquérants de l'émancipation à leur façon .
Vous les aimerez tous, j'en suis sûre, comme moi je les ai aimés, ils sont par delà le temps, l'imaginaire du conte et les frontières, une part de notre histoire commune.
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isabelleisapure
24 mars 2017
La nuit où naquit Effia, le feu ravage les ignames de son père.
Abandonnée par sa mère, maltraitée par la femme de son père, la petite fille est mariée à un soldat anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast.
L'histoire se poursuit dans le feu des armes et la colère des hommes ; on est au temps de la colonisation de l'Afrique, des guerres tribales, du commerce d'êtres
humains.
Cette histoire-là est celle d'Esi, la demi-soeur qu'Effia ne connaîtra jamais, enfermée dans les cachots du fort de Cape Coast en attendant son départ pour les plantations des Amériques.
Chaque chapitre invite ensuite le lecteur dans la vie d'un fils, d'une arrière-petite-fille, d'un arrière-arrière-arrière-petit enfant d'une de ces deux femmes aux destinées contrariées.
De Quey, fils métisse d'Effia, impliqué à la suite de son père dans le commerce d'esclaves; à Marcus qui, à la fin du XXème siècle, entame une thèse de doctorat à l'université; cette multitude de récits aborde les sujets universels de la famille, de l'héritage et de la filiation, mais aussi les thèmes plus graves de l'esclavage, du racisme et de la violence sociale.
Dans une langue émotive, puissante, pleine d'images colorées comme la terre d'Afrique, dans ces échanges incessants entre les personnages et les époques, Yaa Gyasi dessine avec finesse des sociétés qui entrent peu à peu dans la modernité.
Cette belle mosaïque, où chaque chapitre est un roman en soi, est un livre comme je les aime: de ceux qui nous font découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives sur le monde.
Une très belle lecture.
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hcdahlem
16 janvier 2017
La clé de ce roman nous est livrée avant même qu'il ne commence, par l'arbre généalogique imprimé en ouverture du livre et auquel on pourra toujours se référer si, de chapitre en chapitre, on perd le fil du récit. Maame, esclave Ashanti, donnera naissance à deux demi-soeurs Effia et Esi. Deux soeurs qui ne se connaîtront jamais et qui formeront chacune une lignée de cet arbre, l'une ghanéenne et l'autre américaine.
Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, au moment où la traite des esclaves n'est plus seulement l'affaire des colonisateurs britanniques, mais participe aussi du jeu de pouvoir entre les tribus qui peuplent La Côte de l'Or (qui deviendra le Ghana). Les Ashanti étendent leur domination et font payer leur expansion territoriale en esclaves. Car ils ont compris, après les Fanti, que de cette façon ils s'attireront les bonnes grâces des Anglais. Voilà le premier choc de ce roman qui va balayer plus de deux siècles d'Histoire : les Noirs ont activement participé à la traite de leurs semblables et n'avaient rien à envier aux colonisateurs quant à la cruauté de leurs pratiques. Esi va pouvoir le constater après sa capture, durant son séjour dans les geôles de Cape Coast, au bord du Golfe de Guinée, et la traversée vers le Sud des Etats-Unis.
Sa demi-soeur Effia aurait pu la croiser, puisqu'elle demeure dans la même ville. Remarquée par James Collins, le nouveau gouverneur britannique, elle est achetée pour 30 livres et amenée dans son hôtel particulier à Cape Coast.
Les chapitres vont alors alterner, suivant tour à tour le parcours de l'une et de l'autre, le mariage d'Effia avec un Anglais et la naissance de leurs enfants d'une part, la vie dans le sud de l'Amérique d'autre part. le chapitre intitulé Kojo retrace la peur des esclaves qui avaient réussi à fuir. En vertu de la loi statuant sur les modalités de leur capture et leur renvoi à leur propriétaire, le fils d'Esi – qui comme nombre de ses congénères s'appelle désormais Freeman – ne vit que dans la hantise d'être capturé. Une épée de Damoclès qui est aussi accrochée au-dessus de tous les membres de sa famille. Il se verra aussi confronté aux lois de ségrégation qui ont officiellement pris la suite de l'esclavage. Rappelons que les lois dites Jim Crow, nouveau choc, resteront en vigueur jusqu'en 1964 !
Génération après génération, jusqu'au «pèlerinage» au Ghana de la narratrice, on va découvrir que les enfants d'Effia n'auront pas une vie plus enviable que ceux d'Esi. Car les métisses sont rejetés par les Blancs autant que par les Noirs. C'est le cas du fils d'Effia qui ne pourra revendiquer ni la blancheur de son père, ni la noirceur de sa mère. Ni l'Angleterre ni la Côte d'or. Ajoutons que son homosexualité ne va pas arranger les choses.
Côté américain les enfants de ces Noirs qui ont émigré par milliers pour fuir les lois Jim Crow, se retrouvent dans des ghettos, comme ce quartier de Harlem à New York.
No Home s'inscrit dans la lignée de Racines d'Alex Haley, d'Amistad, le film de Steven Spielberg ou encore de Beloved de Toni Morrison en y ajoutant le rôle joué par les Africains eux-mêmes dans l'asservissement de leurs compatriotes. le fruit de recherches menées à la fois au Ghana et dans son pays permet en effet à Yaa Gyasi (qui a immigré aux États-Unis avec sa famille à l'âge de 2 ans) de briser bien des tabous et de rebattre les cartes du bien et du mal. Oui, il y avait des Anglais et des Américains progressistes, oui, il y avait des Noirs qui ont su, avec cynisme et sans aucune morale, profiter d'un trafic qui malheureusement perdure sous une autre forme aujourd'hui. Mais, comme en d'autres temps, la question de l'allégeance aux troupes occupantes reste posée. Face aux fusils et à la puissance, y compris du point de vue technologique, le choix de la résistance valait sans doute à un suicide.
On saluera donc la performance de Yaa Gyasi qui, a 26 ans, réussit le tour de force de construire un roman formidablement bien documenté sans jamais tomber dans le jugement de valeur et à nous proposer une galerie de personnages que nous ne sommes pas prêts d'oublier !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Orzech
26 février 2017
Il n'y pas que la belle couverture du livre qui a attiré mon attention à sa sortie en France. le nom de l'auteure m'a paru familier car ce roman considéré comme bestseller est sorti il y a quelques mois en même temps aux Etats-Unis et en Pologne. Lors de mon dernier séjour dans mon pays d'origine, j'avais l'impression de le voir partout, il faut dire que la couverture de la version polonaise est tout aussi belle. J'ai été ravie de pouvoir découvrir ce roman grâce à la dernière opération Masse Critique.
Ce livre non seulement m'a permis de combler des lacunes historiques et géographiques, il m'a aussi donné l'occasion de m'évader en voyageant entre les plages africaines de la Côte d'Or et les endroits moins accueillants de l'Alabama ou du Harlem new-yorkais. Cette saga qui s'inspire des origines de la jeune écrivaine américaine est l'histoire de deux branches d'une famille africaine. le récit qui débute à la fin du XVIIIème siècle s'étend sur trois cents ans jusqu'à nos jours. En nous plongeant aux temps de l'esclavagisme puis du ségrégationnisme, l'écrivaine retrace les vies mouvementées et souvent tragiques des descendants de Maame qui a donné naissance à deux filles, chacune ayant vécu séparément de l'autre.
La construction originale du roman est un atout supplémentaire, on passe aisément d'un chapitre à l'autre, chacun étant consacré à l'un des membres des deux clans dont l'arbre généalogique figure au début. Je l'ai souvent consulté pour me retrouver parmi tous les protagonistes sur sept générations. J'avais parfois du mal à les quitter en sachant que je ne les retrouverai que ponctuellement ou pas du tout dans les chapitres suivants. C'est mon seul regret à la lecture du roman qui, sans être un chef-d'oeuvre, est une histoire à la fois instructive et riche en émotions que je vous conseille de découvrir.
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Les critiques presse (1)
Lexpress13 février 2017
La jeune romancière ghanéenne Yaa Gyasi s'attaque avec brio à l'histoire de l'esclavagisme et de ses répercussions sur huit générations d'une famille noire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh19 juillet 2017
Au moins, quand il était esclave, son maître avait besoin de le maintenir en vie s'il voulait en avoir pour son argent; aujourd'hui, si H mourait, ils se borneraient à louer un autre homme. Une mule valait plus que lui.
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nathavhnathavh19 juillet 2017

Et dans mon village, il y a un dicton sur les soeurs séparées. Elles sont comme une femme et son reflet, condamnées à rester sur les rives opposées de l'étang.
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nathavhnathavh19 juillet 2017
Tu veux savoir ce qu'est la faiblesse ? C'est de traiter quelqu'un comme s'il t'appartenait. La force est de savoir qu'il n'appartient qu'à lui même.
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nathavhnathavh19 juillet 2017
Si au moment de faire quelque chose, tout te paraît clair, si tu es certaine, alors pourquoi regretter plus tard ?
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nathavhnathavh19 juillet 2017
Les Ashantis avaient le pouvoir de capturer des esclaves. Les Fantis avaient la garantie d'en faire le commerce.
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Videos de Yaa Gyasi (2) Voir plusAjouter une vidéo
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