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ISBN : 2253069078
Éditeur : Le Livre de Poche (03/01/2018)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 428 notes)
Résumé :
Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (165) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  18 février 2017
C'est un magnifique roman historique que nous livre Yaa Gyasi du haut de ses 27 ans. J'en reste toute songeuse. Les cursus d'écriture créative des universités américaines produisent des auteurs assez fabuleux dès le premier roman !
Depuis le Ghana, puis aux Etats-Unis, avec deux lignées familiales, elle nous raconte sur trois siècles, l'histoire douloureuse de l'esclavage, de la ségrégation, du métissage, et du déracinement avec l'art consommé d'une grande conteuse qui sait évoquer les esprits des ancêtres, le soir auprès d'un feu sur une plage. On entend les accents, on ressent la chaleur de la terre et à quel point pique le coton brûlant sous le soleil de l'Alabama.
Les yeux perdus sur l'horizon, on croit voir les bateaux négriers qui partent du fort vers les plantations, plein de ces corps souffrants . Combien ont été livrés aux Anglais dans les razzias commises dans ces guerres entre Fantis et Ashantis ? Combien sont morts dans ce voyage sans retour ? L'Atlantique est devenu le tombeau de l'Afrique.
On est avec chacun des protagonistes de chaque génération pour vivre avec eux le quotidien du temps, les fractures familiales, l'exploitation insoutenable. Et on découvre une histoire autre qui est en train de s'écrire avec ce merveilleux écrivain, quelque chose d'infiniment plus complexe que ce qu'on a appris, L'esclavage réel qui survit longtemps aux Etats-Unis à la fin de l'esclavage juridique par exemple.
Chaque chapitre est consacré à un descendant d'Effia ou Esi, et le récit ne faiblit jamais, toutes les générations ont quelque chose d'important à apporter, une pierre supplémentaire comme ce bijou qui passe de génération en génération. Les jeunes de notre siècle sont à leur tour des héritiers et des passeurs, ils témoignent du long chemin vers la liberté et sont également des conquérants de l'émancipation à leur façon .
Vous les aimerez tous, j'en suis sûre, comme moi je les ai aimés, ils sont par delà le temps, l'imaginaire du conte et les frontières, une part de notre histoire commune.
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Tostaky61
  05 février 2018
ATTENTION COUP DE COEUR
Je veux vous parler d'un roman magnifique, d'un livre qui fait vibrer tous vos sens de lecteurs, qu'on peut difficilement lâcher lorsqu'on l'a commencé.
Le hasard et les bons conseils vous mettent parfois sur le chemin de ce genre de livre. J'ai saisi l'opportunité de découvrir cet ouvrage et au vu du bonheur que j'ai pris à le lire, je m'en félicite.
Milieu du 18ème siècle,  la Côte de l'Or (aujourd'hui le Ghana).
Effia, rejetée et battue par sa mère,  sera mariée  contre son grè à un soldat britannique, commandant du Fort Cape coast. Là,  sont amenés et enfermés dans les sous-sols, les esclaves qui embarqueront bientôt pour de lointaines contrées. Parmi ces esclaves Esi, victime des guerres tribales qui vendent leurs prisonniers au plus offrant.
Ce qu'Effia et Esi ignorent c'est qu'elles sont demi-soeurs.
Deux jeunes femmes, deux destins. Et au-delà de leur propre histoire c'est aussi celle de leur descendance qu'Ayaa Gyasi s'attache à nous faire vivre au travers des siècles, entre ce pays d'Afrique pour la lignée  d'Effia, et l'Amérique pour celle d'Esi.
Ayaa Gyasi a su me toucher avec des mots et un regard simple. Ayaa Gyasi raconte. Elle ne juge pas, elle ne dénonce pas. L'absence d'empathie pour ces personnages est à  saluer, contrairement à  ce que l'on ressent trop souvent lorsqu'on aborde ce genre de sujet, ici, point de larmes, même  si bien sûr l'histoire est terrible et les destins parfois tragiques, on ne sort pas son mouchoir à  chaque page.
L'esclavage et la condition des noirs aux États-Unis ont été  maintes fois abordé dans la littérature. Ici, l'auteure sort des schémas classiques et ne s'attarde pas sur les clichés souvent et facilement exploités.
Ce roman est une histoire d'hommes et de femmes avant tout, c'est l'histoire de leurs racines.  C'est aussi une histoire de l'humanité, une histoire de la vie. La naissance, la joie, la souffrance, la peur, la misère, l'amour, la mort.
C'est superbement écrit,  humainement décrit. Touchant.
Un roman bouleversant dont on devrait entendre parler, en tout cas je l'espère de tout mon coeur de lecteur.
Merci à Babelio et aux Éditions Livres de poche pour ce merveilleux moment de lecture.


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celdadou
  13 novembre 2017
Qui n'est pas à la recherche de ses origines , de sa généalogie ...... thématique très interessante que tout le monde souhaiterai effectuer.
Ce roman dont l'auteure, n'est que YAA Gyasi , une jeune femme .....incroyable ... ce livre est un recueil de données exceptionnel sur le Ghana du 17 ème et sur trois générations.La maturité a cette Yaa Gyasi est impressionnante.
Au 17 ème siècles , deux demi soeurs Effia et Esi qui ne se connaitront jamais . Mais qui connaitrons l'existence l'une de l'autre .
Effia sera mariée à un anglais et vit au cap Coast. elle vit aisément .De son union avec son époux le petit Que , enfant métisse voit le jour.
Esi pendant que sa demi soeur est dans le fort , elle est esclaves à quelques mètre .
La suite du roman est originale et bien pensée car elle reprend chaque descendant soit d'Effia , soit Esi et au fur et mesure des siècles ...3 générations.
Les points forts qui sont évoquées sont les guerres entre tribus , l'esclavage, la traite des humains, les enjeux financiers de toute cette souffrance.
Là encore souffrance physique et psychologique. On note quand même des séquelles surtout dans les premiers chapitres
J'ai vraiment apprécié ce premier roman de Yaa Gyasi , il y a évidemment une recherche importante pour nous donner autant de détails.
Je ne connaissais pas l'histoire du Ghana et bien je suis satisfaite .
Je ne peux que vous recommander ce livre .

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viou1108
  13 février 2017
« Comment expliquer à Marjorie que ce qu'il voulait capter avec son projet était la sensation du temps, l'impression d'être une part de quelque chose qui remontait si loin en arrière, qui était si désespérément vaste qu'il était facile d'oublier qu'elle, lui, chacun d'entre nous, en faisait partie – non pas isolément mais fondamentalement. [...] [Les ancêtres de Marcus] avaient tous fait partie de leur temps et [...] Marcus était une somme de ces époques ».
La somme de ces époques, c'est ce qu'est « No home », qui raconte, génération après génération, 250 ans de l'histoire de deux familles noires, issues de la même ancêtre.
Tout commence à la fin du 18ème siècle, en Côte-de-l'Or (le Ghana actuel). Maame, d'origine ashantie, est l'esclave d'un notable de la tribu fanti, dont elle a eu une fille, Effia. A la suite d'un incendie, Maame s'enfuit, en abandonnant son bébé. Quelques années plus tard, mariée à un Ashanti, elle aura une autre fille, Esi. Effia et Esi ne se rencontreront jamais, mais les deux demi-soeurs se sont pourtant trouvées brièvement au même endroit (le fort de Cape Coast) au même moment, mais dans des conditions de vie bien différentes, Effia offerte comme épouse au capitaine anglais du fort, Esi vendue comme esclave, enchaînée dans un cachot du même fort, quelques mètres sous les pieds d'Effia, attendant d'être embarquée sur un bateau négrier à destination des Etats-Unis et de leurs champs de coton.
Le roman se poursuit en abordant un nouveau personnage dans chaque chapitre, en suivant l'arbre généalogique, sautant alternativement de la branche descendant d'Effia à celle d'Esi. De la lignée restée en Afrique et qui décide à peu près de son destin, à celle qui prend souche malgré elle aux Etats-Unis, on passe des « arrangements commerciaux » entre esclavagistes européens et africains aux rivalités entre tribus, des plantations et des coups de fouet à l'abolitionnisme, de la guerre contre les Anglais à la colonisation, des mines de charbon à l'arbitraire et aux violences policières, puis à Harlem qui devient peu à peu un ghetto de junkies.
Esclavage et racisme sont les fils conducteurs, et si le premier a aujourd'hui disparu aux USA, le poison du deuxième continue à en imbiber les cicatrices et à peser encore et toujours sur le quotidien des Afro-américains (« la somme des époques », disais-je).
« No home » (qui est la bizarre « traduction française » du titre original « Homegoing ») est donc une fresque romanesque qui couvre presque trois siècles d'une histoire incroyablement douloureuse, indigne de l'Humanité, et d'autant plus poignante qu'elle est ici écrite avec poésie, sans pathos et sans manichéisme. Devant une construction aussi maîtrisée et documentée et devant un tel talent de narration, on s'étonne qu'il s'agisse d'un premier roman.
Le projet était ambitieux, le résultat à la hauteur, et Yaa Gyasi une romancière à suivre.
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isabelleisapure
  24 mars 2017
La nuit où naquit Effia, le feu ravage les ignames de son père.
Abandonnée par sa mère, maltraitée par la femme de son père, la petite fille est mariée à un soldat anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast.
L'histoire se poursuit dans le feu des armes et la colère des hommes ; on est au temps de la colonisation de l'Afrique, des guerres tribales, du commerce d'êtres
humains.
Cette histoire-là est celle d'Esi, la demi-soeur qu'Effia ne connaîtra jamais, enfermée dans les cachots du fort de Cape Coast en attendant son départ pour les plantations des Amériques.
Chaque chapitre invite ensuite le lecteur dans la vie d'un fils, d'une arrière-petite-fille, d'un arrière-arrière-arrière-petit enfant d'une de ces deux femmes aux destinées contrariées.
De Quey, fils métisse d'Effia, impliqué à la suite de son père dans le commerce d'esclaves; à Marcus qui, à la fin du XXème siècle, entame une thèse de doctorat à l'université; cette multitude de récits aborde les sujets universels de la famille, de l'héritage et de la filiation, mais aussi les thèmes plus graves de l'esclavage, du racisme et de la violence sociale.
Dans une langue émotive, puissante, pleine d'images colorées comme la terre d'Afrique, dans ces échanges incessants entre les personnages et les époques, Yaa Gyasi dessine avec finesse des sociétés qui entrent peu à peu dans la modernité.
Cette belle mosaïque, où chaque chapitre est un roman en soi, est un livre comme je les aime: de ceux qui nous font découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles perspectives sur le monde.
Une très belle lecture.
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critiques presse (1)
Lexpress   13 février 2017
La jeune romancière ghanéenne Yaa Gyasi s'attaque avec brio à l'histoire de l'esclavagisme et de ses répercussions sur huit générations d'une famille noire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
PusziPuszi   03 décembre 2018
Nous sommes tous faibles la plus grande partie du temps... Regarde le bébé. Né de sa mère, il apprend à manger par elle, comment marcher, parler, chasser, courir. Il n'invente pas de nouveaux chemins. Poursuit seulement celui des anciens. Nous venons tous au monde ainsi. Faibles, avides, prêts à tout pour apprendre à être une personne. p.176 et 177
Commenter  J’apprécie          40
PusziPuszi   03 décembre 2018
Ma grand-mère me disait que les gens qui étaient échoués au fond de la mer lui parlaient Elle les entendait. Nos ancêtres. Elle était un peu folle.
Ça ne me paraît pas tellement fou. Merde, tout le monde à l'église de ma grand-mère a entendu un esprit à un moment ou à un autre. Ce n'est pas parce que certaines personnes voient, entendent ou sentent quelque chose que celles qui ne le peuvent pas doivent les traiter de folles. Ma grand-mère disait : "Un aveugle ne nous traite pas de fous parce que nous voyons." p.458 et 459
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PusziPuszi   03 décembre 2018
Je sais une chose à présent mon fils : le mal attire le mal. Il grandit. Il se transforme, et parfois tu ne vois pas que le mal dans le monde a débuté par le mal dans ton propre foyer. Je suis triste que tu aies souffert. Je suis triste que cette souffrance jette une ombre sur ta vie, sur la femme que tu n'as pas encore épousée, sur les enfants que tu n'as pas encore eus.
... Quand quelqu'un fait le mal, que ce soit toi ou moi, que ce soit la mère ou le père, que ce soit l'homme de la Côte-de-l'Or ou l'homme blanc, il est comme le pêcheur qui jette son filet dans l'eau. Il ne garde qu'un ou deux poissons dont il a besoin pour se nourrir et rejette les autres à l'eau, pensant que leur vie redeviendra normale. Personne n'oublie qu'il a été autrefois prisonnier, même s'il est à présent libre. p.380 et 381
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PusziPuszi   03 décembre 2018
Les anglais ne vendaient plus d'esclaves en Amérique, mais l'esclavage n'avait pas pris fin, et son père ne croyait pas qu'il finirait un jour. Ils troqueraient simplement une sorte de chaînes pour une autre, changeraient les chaînes réelles qui encerclaient les poignets et les chevilles pour d'autres invisibles qui enchaînaient les esprits... Ils possédaient le fort, et, bien qu'ils ne l'aient pas encore dit à haute voix, ils avaient l'intention de prendre possession de la terre aussi. p.155 et 156
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PusziPuszi   03 décembre 2018
Qu'aurais-tu fait différemment si tu avais su que les plantes allaient mourir ?
J'aurais apporté plus d'eau.
Alors la prochaine fois apporte davantage d'eau, mais ne pleure pas pour cette fois-ci. Il ne doit pas y avoir de place pour le regret dans ta vie. Si au moment de faire quelque chose, tout te paraît clair, si tu es certaine, alors pourquoi regretter plus tard ? p.234
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Videos de Yaa Gyasi (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yaa Gyasi
Les grands débats E? comme Esclavage : Un devoir de mémoire samedi 22 septembre 2018 de 15h30 à 17h00 Yaa Gyasi - Dany Laferrière - Colson Whitehead - Christiane Taubira - Sylvain Bourmeau L?esclavage aura indubitablement marqué l?histoire du Nouveau Monde. Celui des Indiens d?abord, puis des Africains, dont la traite s?organise dès le XVIe siècle avec son cortège d?exactions, de violences et de morts. C?est en 1619 que le premier esclave noir arrive aux États-Unis et commence alors le long chemin douloureux des Afro-Américains vers l?émancipation et la liberté. de quoi l?esclavage est-il vraiment le nom ? Pourquoi est-il important pour un écrivain de faire ce travail de mémoire ? L?esclavage hante le passé et le présent des Amériques, comment faire en sorte qu?il ne contamine aussi l?avenir ? Comment faire face au négationnisme qui sévit dans une Amérique et dans un monde où la parole se libère ? Souvent pour le pire.
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