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ISBN : 2707185930
Éditeur : La Découverte (12/03/2015)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Un réchauffement climatique suivi de sécheresse et de famines, des séismes, des guerres civiles catastrophiques, de gigantesques mouvements de populations fuyant leurs terres d'origine, des risques systémiques pour les échanges internationaux... Nous ne sommes pas en 2015, mais bien au XII e siècle avant J.-C. ! Toutes les civilisations de la Méditerranée grecque et orientale (de la Crète à l'Égypte, de Canaan à Babylone, etc.) se sont en effet effondrées presque si... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Torellion
  10 octobre 2016
Eric Cline, archéologue, historien et anthropologue américain, propose dans ce livre de raconter la fin des civilisations de l'âge de bronze.
Pourquoi des civilisations établies depuis plusieurs siècles se sont-elles effondrées du jour au lendemain ?
Au long d'actes (et non de chapitres) qui s'étalent du XIVè au XIIème siècle avant JC, l'auteur nous raconte la première mondialisation, les systèmes complexes unissants ces peuples et en point d'orgue les différentes théories pouvant expliquer leurs disparitions.
Ce qui frappe évidemment dans ce livre, c'est le parallèle avec le monde d'aujourd'hui, parallèle voulu et accentué par Cline. La leçon est éminemment politique : dans un monde globalisé, les crises politiques, sociales ou humaines, se diffusent rapidement.
Bien sûr, cette théorie possède des limites intrinsèques. Peut-on parler d'un monde globalisé, lorsque n'est évoquée qu'une infime partie du monde méditerranéen ? Peut-on parler d'internationalisation alors que le concept de nation est encore inconnu ?
Le style est agréable et clair. Cependant, l'auteur dramatise un peu trop son propos. L'intrigue qu'il essaie d'insuffler à son étude/roman, est un peu surjouée et l'aspect dramatique est inutile.
Au final, ce livre est une réussite d'un point de vue vulgarisation historique, mais ne doit pas se substituer aux études plus sérieuses et plus objectives.
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Lazlo23
  26 septembre 2015
« 1177 avant J. C. : le jour où la civilisation s’est effondrée » est un ouvrage de vulgarisation dans lequel Eric C. Cline, historien américain de renom, raconte et explique le premier effondrement « systémique » connu, celui des civilisations « interconnectées » de l’âge du bronze en Méditerranée. Écrit dans un style alerte, le livre de Cline se lit comme un thriller, genre auquel il emprunte plus d’un procédé, à commencer par celui du suspens. La démonstration est souvent très convaincante, et servie par une impressionnante érudition : on y découvre ainsi que ces périodes très anciennes sont plutôt bien documentées…
En revanche, les parallèles que l’auteur ne cesse d’établir avec la situation mondiale actuelle me semblent parfois un peu artificiels et sensationnalistes. Enfin, un système de renvois labyrinthique rend la bibliographie difficile à manier.
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CarredArtBibliothequesNimes
  25 septembre 2015
Le jour où la civilisation s'est effondrée….
Un titre digne d'un film catastrophe hollywoodien pour un best-seller outre atlantique ! Une enquête passionnante à l'âge du bronze….à prendre néanmoins avec précaution !
Egypte du Nouvel Empire, Grèce mycénienne, Crète, empire hittite… nous avons tous entendu parler de ces civilisations. Mais qui les connait vraiment ? Et surtout, sait-on vraiment pourquoi elles ont disparu vers la fin du premier millénaire avant Jésus-Christ ?
En s'appuyant sur les découvertes de l'archéologie, Eric H. Cline, historien et archéologue américain, nous propose dans cet essai une exploration passionnante de ces différentes civilisations, en s'attachant essentiellement à montrer les relations denses et permanentes qui unissaient ces peuples.
Car ce monde ancien était un monde « globalisé » où ces civilisations avaient noué des relations étroites par le commerce, la diplomatie, la guerre. C'est dans ces liens multiples et entrelacés que se trouve la réponse à la question centrale du livre : comment expliquer leur disparition quasi simultanée ?
Cline veut en effet nous démontrer que c'est cette interdépendance qui est à la source de leur effondrement. Les crises traversées par ces empires (politiques, sociales, climatiques …) se sont réciproquement cumulées les unes les autres, en une sorte d' « effet domino » qui a entrainé leur disparition. Dans un monde globalisé l'effondrement ne peut être que systémique, serait-on tenté de résumer. Comme on le dit de notre monde d'aujourd'hui. L'auteur ne cesse d'ailleurs de faire référence à la situation actuelle. Une mise en parallèle de deux époques, dans un style alerte, agréable pour le lecteur, jouant volontiers de la dramatisation de l'histoire, de la mise en intrigue… Un thriller historique comme le souligne le titre.
Et c'est sans doute le reproche que l'on peut adresser à l'historien : cette volonté parfois forcée de mettre en scène l'histoire comme le ferait un romancier. Mais Cline n'est pas scénariste à Hollywood ! Vouloir décrire l'histoire ancienne en faisant trop souvent référence à un cadre contemporain - qui interpelle certes le lecteur - aboutit trop souvent à des anachronismes indignes d'un vrai travail d'universitaire. Les notions d'internalisation, d'état-nation… appliquées à l'âge du bronze nous laissent en effet très dubitatifs…. le prix à payer pour faire un best-seller ?
Malgré ces réserves, un livre à découvrir absolument parce qu'il a le mérite de nous faire découvrir des civilisations méconnues et passionnantes, de nous intéresser tout simplement à l'Histoire, et pourquoi pas… de nous faire réfléchir au devenir de notre propre monde.
Eric. D., bibliothécaire
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lorenlo
  10 juin 2016
Une économie globalisée avec de prospères cités marchandes, des empires florissants et des civilisations - mycénienne, hittite, égyptienne, assyrienne, babylonienne, cananéenne, etc. - qui se côtoient, commercent, s'enrichissent - ou se font la guerre - mais dans une interconnexion croissante. «L'âge du bronze récent», comme l'appellent les historiens, cette longue période allant de 1700 à 1100 avant J.-C. fut en Méditerranée orientale un véritable âge d'or de l'histoire mondiale. Toutes ces civilisations se sont effondrées au même moment, entre le XIIe et le XIe siècle avant J.-C., et les historiens comme les archéologues ont multiplié les hypothèses.
«Il n'existe dans l'histoire que quelques cas de tels systèmes mondiaux globalisés», note l'historien et anthropologue américain Eric H. Cline, soulignant que «la magnitude de la catastrophe fut gigantesque et que le monde ne connaîtra pas de pertes d'une telle ampleur avant la chute de l'empire romain 1 500 ans plus tard». Certes, ce monde de l'âge du bronze récent tout comme l'empire romain n'a pas disparu en un jour et le processus a pris quelques décennies. Cline n'en a pas moins choisi l'année 1177 avant J.-C., huitième année du règne de Ramsès III, «comme la plus représentative de cette période d'effondrement». Date aussi symbolique que l'est celle de 476 pour la chute de l'empire romain d'Occident.
«Nous avons avons beaucoup à apprendre des vestiges de civilisations pareillement interconnectées qui se sont effondrées il y a trois mille ans», écrit Eric H. Cline. Sa recherche, qui s'appuie sur de nombreuses sources historiques et archéologiques, est fascinante d'abord de par son approche globale, étudiant ces civilisations de la Grèce, de l'Asie mineure ou du Nil dans leur interdépendance, qui fut l'une des principales causes de leur effondrement, après avoir été la source de leur richesse. Longtemps les historiens avaient privilégié l'hypothèse d'invasions dévastatrices de pillards et prédateurs encore aujourd'hui mal identifiés, des «peuples de la mer», explicitement évoqués comme tels dans les inscriptions égyptiennes. L'explication paraît néanmoins un peu courte pour un tel cataclysme. «Il est bien plus probable qu'une concaténation d'événements à la fois humains et naturels, notamment un changement climatique, la sécheresse, des catastrophes sismiques en série, des révoltes intérieures et un effondrement systémique, se sont cumulés», souligne l'historien qui reconstitue tous les éléments ayant conduit cet âge à sa perte.
La concomitance des catastrophes sur quelques décennies est impressionnante. Mais les guerres civiles ou les invasions, qui par le feu et les combats ont dévasté en quelques années Hattusa, la capitale hittite, la riche cité d'Ougarit ou la ville de Troie, semblent avoir été les contrecoups d'une catastrophe économique préalable avec un effet domino. «Etant donné le caractère globalisé de leur monde, l'effet de l'effondrement d'une seule société sur les routes commerciales et les économies, écrit Eric H. Cline, pouvait avoir des effets dévastateurs suffisants pour conduire à la disparition des autres.»
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Bigmammy
  07 janvier 2017
Le choc pétrolier de 1974, Tchernobyl, le 11 septembre, le tsunami, Fukushima, le krach boursier de 2008, les vagues de réfugiés affluant devant les conflits ou la famine … Et si tous ces événements imprévisibles s'étaient produits quasiment en même temps ? Notre civilisation mondialisée aurait-elle tenu le choc ?
Dans les temps obscurs, une telle accumulation de catastrophes s'est produite à la fin de l'âge du bronze récent, autour du XIIIème siècle avant Jésus-Christ, et toute forme de civilisation organisée a disparu pendant près de trois siècles, avant que la technologie généralisée du fer ne permette une nouvelle organisation humaine.
Le livre d'Éric H. Cline, archéologue et professeur d'histoire et d'anthropologie reconnu, tente de nous faire comprendre le degré de haute civilisation les peuples de la Méditerranée orientale atteint avant ce cataclysme et surtout les causes possibles de son effondrement, tout en listant les hypothèses et controverses qui agitent sur le sujet nombre de chercheurs …
Il faut bien reconnaître que la science actuelle permet de remettre en cause bien des paradigmes jusqu'ici parfaitement admis depuis que la civilisation « Mycénienne » a commencé à intéresser les savants au XIXème siècle. L'allemand Heinrich Schliemann a découvert le site de la ville de Troie, on sait déchiffrer les hiéroglyphes grâce à Champollion, et maintenant on lit le « linéaire B » et l'écriture cunéiforme et on obtient des datations assez précises grâce au radiocarbone 14 … Et on cherche toujours à prouver la véracité des écrits bibliques et leur datation. Que sait-on aujourd'hui ? Que la guerre de Troie a bien eu lieu, probablement vers -1430, mais pas forcément sous la forme que nous en ont livré les poèmes d'Homère. En revanche, on a beaucoup plus de mal à confirmer le récit de l'Exode des Hébreux qui devrait s'être produit plus tôt, vraisemblablement au milieu du XIIIème siècle avant J.C., pendant le règne de Ramsès II. Ce qui est certain, c'est que le monde civilisé de cette époque connaissait d'intenses relations économiques, commerciales et diplomatiques entre Mycènes, l'Anatolie hittite, la Syrie, Canaan, la Crète, Chypre, l'Assyrie et l'Egypte. Parmi les causes de la disparition de cet « âge d'or », on a souvent cité les « Peuples de la Mer », largement dénoncés par les chroniques égyptiennes … Trop facile …
Ce que l'on sait de l'effondrement durable du système international stable de l'âge du bronze récent est la survenance simultanée de plusieurs facteurs :
-          Une tempête sismique de -1225 à -1175 (plusieurs vagues de séismes majeurs rapprochés),
-          Un changement climatique rapide (sécheresse rendant impossible l'agriculture, famine et migrations) sur 3 siècles,
-          Destruction des liaisons maritimes et remplacement d'un système de commerce international initié et contrôlé par les Palais par un ensemble de marchands individuels exploitant de nouvelles opportunités, cascades de faillites avec effet multiplicateur (comme des chutes de dominos),
-          Disparition de la classe supérieure traditionnelle,
-          Changement et diminution de la population,
-          Passage à un niveau plus faible d'intégration socio-politique.
Voilà comment, sous l'effet combiné – ou systémique -  de ces divers éléments, le désastre s'est produit en un laps de temps relativement bref (à l'échelle historique), et la 8ème année du règne de Ramsès III (-1177) est la plus représentative de l'effondrement des grandes civilisations de toute la Méditerranée orientale, une date que l'on peut rapprocher de 476 après J.C. : celle de la fin de l'empire romain d'Occident.
Ce livre est passionnant, inquiétant, construit comme un polar - qui est responsable ? Comment cela s'est-il passé ? Comment interpréter les indices (trouve-t-on des pointes de flèches dans les décombres superposés des villes détruites, quelle intensité avait l'incendie qui a liquéfié les matériaux, les murs retrouvés en biais ont-ils été détruits par un tremblement de terre .. ?) et, malgré des anachronismes assumés et des comparaisons parfois inappropriées, un modèle de vulgarisation intelligente.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   26 septembre 2015
Il est vrai qu'une civilisation peut ne pas se remettre d'une invasion ou d'un tremblement de terre, ou même mourir d'une sécheresse ou d'une rébellion mais, pour le moment, faute d'une meilleure explication, la meilleure solution consiste à penser que tous ces facteurs pris ensemble ont contribué à l’effondrement des royaumes et des sociétés les plus puissants de cette région. Ainsi, sur la base des éléments disponibles, l'effondrement du système aurait été causé par une concaténation d'événements liés par un "effet multiplicateur", chaque facteur étant affecté par les autres, catalysant les conséquences de chacun d'eux.
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TorellionTorellion   07 octobre 2016
Un gigantesque incendie est parfois nécessaire pour que l'écosystème d'une forêt ancienne se renouvelle et prospère.
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ADAMSYADAMSY   29 juin 2015
Nous pouvons résumer cette période de l'histoire en disant qu'elle est celle de l'essor, sur une base solide, de relations internationales dans le monde méditerranéen, du monde grec à la Mésopotamie. A cette époque, les Minoens et les Mycéniens de l'âge du bronze étaient solidement installés,comme les Hittites en Anatolie. Les Hyksos avaient été chassés d'Egypte, et ce pays entrait dans ce que nous appelons la XVIIIe dynastie et la période du Nouveau Royaume.
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TorellionTorellion   07 octobre 2016
Les catastrophes ponctuent l'histoire humaine mais sont en général surmontées sans trop de pertes. Elles sont souvent suivies d'efforts plus importants qui mènent à des succès plus grands.
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