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Critiques sur 1177 avant J.-C., le jour où la civilisation s'est ef.. (11)
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Torellion
  10 octobre 2016
Eric Cline, archéologue, historien et anthropologue américain, propose dans ce livre de raconter la fin des civilisations de l'âge de bronze.
Pourquoi des civilisations établies depuis plusieurs siècles se sont-elles effondrées du jour au lendemain ?
Au long d'actes (et non de chapitres) qui s'étalent du XIVè au XIIème siècle avant JC, l'auteur nous raconte la première mondialisation, les systèmes complexes unissants ces peuples et en point d'orgue les différentes théories pouvant expliquer leurs disparitions.
Ce qui frappe évidemment dans ce livre, c'est le parallèle avec le monde d'aujourd'hui, parallèle voulu et accentué par Cline. La leçon est éminemment politique : dans un monde globalisé, les crises politiques, sociales ou humaines, se diffusent rapidement.
Bien sûr, cette théorie possède des limites intrinsèques. Peut-on parler d'un monde globalisé, lorsque n'est évoquée qu'une infime partie du monde méditerranéen ? Peut-on parler d'internationalisation alors que le concept de nation est encore inconnu ?
Le style est agréable et clair. Cependant, l'auteur dramatise un peu trop son propos. L'intrigue qu'il essaie d'insuffler à son étude/roman, est un peu surjouée et l'aspect dramatique est inutile.
Au final, ce livre est une réussite d'un point de vue vulgarisation historique, mais ne doit pas se substituer aux études plus sérieuses et plus objectives.
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Lazlo23
  26 septembre 2015
« 1177 avant J. C. : le jour où la civilisation s’est effondrée » est un ouvrage de vulgarisation dans lequel Eric C. Cline, historien américain de renom, raconte et explique le premier effondrement « systémique » connu, celui des civilisations « interconnectées » de l’âge du bronze en Méditerranée. Écrit dans un style alerte, le livre de Cline se lit comme un thriller, genre auquel il emprunte plus d’un procédé, à commencer par celui du suspens. La démonstration est souvent très convaincante, et servie par une impressionnante érudition : on y découvre ainsi que ces périodes très anciennes sont plutôt bien documentées…
En revanche, les parallèles que l’auteur ne cesse d’établir avec la situation mondiale actuelle me semblent parfois un peu artificiels et sensationnalistes. Enfin, un système de renvois labyrinthique rend la bibliographie difficile à manier.
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CarredArtBibliothequesNimes
  25 septembre 2015
Le jour où la civilisation s'est effondrée….
Un titre digne d'un film catastrophe hollywoodien pour un best-seller outre atlantique ! Une enquête passionnante à l'âge du bronze….à prendre néanmoins avec précaution !
Egypte du Nouvel Empire, Grèce mycénienne, Crète, empire hittite… nous avons tous entendu parler de ces civilisations. Mais qui les connait vraiment ? Et surtout, sait-on vraiment pourquoi elles ont disparu vers la fin du premier millénaire avant Jésus-Christ ?

En s'appuyant sur les découvertes de l'archéologie, Eric H. Cline, historien et archéologue américain, nous propose dans cet essai une exploration passionnante de ces différentes civilisations, en s'attachant essentiellement à montrer les relations denses et permanentes qui unissaient ces peuples.
Car ce monde ancien était un monde « globalisé » où ces civilisations avaient noué des relations étroites par le commerce, la diplomatie, la guerre. C'est dans ces liens multiples et entrelacés que se trouve la réponse à la question centrale du livre : comment expliquer leur disparition quasi simultanée ?

Cline veut en effet nous démontrer que c'est cette interdépendance qui est à la source de leur effondrement. Les crises traversées par ces empires (politiques, sociales, climatiques …) se sont réciproquement cumulées les unes les autres, en une sorte d' « effet domino » qui a entrainé leur disparition. Dans un monde globalisé l'effondrement ne peut être que systémique, serait-on tenté de résumer. Comme on le dit de notre monde d'aujourd'hui. L'auteur ne cesse d'ailleurs de faire référence à la situation actuelle. Une mise en parallèle de deux époques, dans un style alerte, agréable pour le lecteur, jouant volontiers de la dramatisation de l'histoire, de la mise en intrigue… Un thriller historique comme le souligne le titre.

Et c'est sans doute le reproche que l'on peut adresser à l'historien : cette volonté parfois forcée de mettre en scène l'histoire comme le ferait un romancier. Mais Cline n'est pas scénariste à Hollywood ! Vouloir décrire l'histoire ancienne en faisant trop souvent référence à un cadre contemporain - qui interpelle certes le lecteur - aboutit trop souvent à des anachronismes indignes d'un vrai travail d'universitaire. Les notions d'internalisation, d'état-nation… appliquées à l'âge du bronze nous laissent en effet très dubitatifs…. le prix à payer pour faire un best-seller ?

Malgré ces réserves, un livre à découvrir absolument parce qu'il a le mérite de nous faire découvrir des civilisations méconnues et passionnantes, de nous intéresser tout simplement à l'Histoire, et pourquoi pas… de nous faire réfléchir au devenir de notre propre monde.

Eric. D., bibliothécaire
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Bigmammy
  07 janvier 2017
Le choc pétrolier de 1974, Tchernobyl, le 11 septembre, le tsunami, Fukushima, le krach boursier de 2008, les vagues de réfugiés affluant devant les conflits ou la famine … Et si tous ces événements imprévisibles s'étaient produits quasiment en même temps ? Notre civilisation mondialisée aurait-elle tenu le choc ?
Dans les temps obscurs, une telle accumulation de catastrophes s'est produite à la fin de l'âge du bronze récent, autour du XIIIème siècle avant Jésus-Christ, et toute forme de civilisation organisée a disparu pendant près de trois siècles, avant que la technologie généralisée du fer ne permette une nouvelle organisation humaine.
Le livre d'Éric H. Cline, archéologue et professeur d'histoire et d'anthropologie reconnu, tente de nous faire comprendre le degré de haute civilisation les peuples de la Méditerranée orientale atteint avant ce cataclysme et surtout les causes possibles de son effondrement, tout en listant les hypothèses et controverses qui agitent sur le sujet nombre de chercheurs …
Il faut bien reconnaître que la science actuelle permet de remettre en cause bien des paradigmes jusqu'ici parfaitement admis depuis que la civilisation « Mycénienne » a commencé à intéresser les savants au XIXème siècle. L'allemand Heinrich Schliemann a découvert le site de la ville de Troie, on sait déchiffrer les hiéroglyphes grâce à Champollion, et maintenant on lit le « linéaire B » et l'écriture cunéiforme et on obtient des datations assez précises grâce au radiocarbone 14 … Et on cherche toujours à prouver la véracité des écrits bibliques et leur datation. Que sait-on aujourd'hui ? Que la guerre de Troie a bien eu lieu, probablement vers -1430, mais pas forcément sous la forme que nous en ont livré les poèmes d'Homère. En revanche, on a beaucoup plus de mal à confirmer le récit de l'Exode des Hébreux qui devrait s'être produit plus tôt, vraisemblablement au milieu du XIIIème siècle avant J.C., pendant le règne de Ramsès II. Ce qui est certain, c'est que le monde civilisé de cette époque connaissait d'intenses relations économiques, commerciales et diplomatiques entre Mycènes, l'Anatolie hittite, la Syrie, Canaan, la Crète, Chypre, l'Assyrie et l'Egypte. Parmi les causes de la disparition de cet « âge d'or », on a souvent cité les « Peuples de la Mer », largement dénoncés par les chroniques égyptiennes … Trop facile …
Ce que l'on sait de l'effondrement durable du système international stable de l'âge du bronze récent est la survenance simultanée de plusieurs facteurs :
-          Une tempête sismique de -1225 à -1175 (plusieurs vagues de séismes majeurs rapprochés),
-          Un changement climatique rapide (sécheresse rendant impossible l'agriculture, famine et migrations) sur 3 siècles,
-          Destruction des liaisons maritimes et remplacement d'un système de commerce international initié et contrôlé par les Palais par un ensemble de marchands individuels exploitant de nouvelles opportunités, cascades de faillites avec effet multiplicateur (comme des chutes de dominos),
-          Disparition de la classe supérieure traditionnelle,
-          Changement et diminution de la population,
-          Passage à un niveau plus faible d'intégration socio-politique.
Voilà comment, sous l'effet combiné – ou systémique -  de ces divers éléments, le désastre s'est produit en un laps de temps relativement bref (à l'échelle historique), et la 8ème année du règne de Ramsès III (-1177) est la plus représentative de l'effondrement des grandes civilisations de toute la Méditerranée orientale, une date que l'on peut rapprocher de 476 après J.C. : celle de la fin de l'empire romain d'Occident.
Ce livre est passionnant, inquiétant, construit comme un polar - qui est responsable ? Comment cela s'est-il passé ? Comment interpréter les indices (trouve-t-on des pointes de flèches dans les décombres superposés des villes détruites, quelle intensité avait l'incendie qui a liquéfié les matériaux, les murs retrouvés en biais ont-ils été détruits par un tremblement de terre .. ?) et, malgré des anachronismes assumés et des comparaisons parfois inappropriées, un modèle de vulgarisation intelligente.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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lezardbavard
  16 septembre 2015
Intéressant bilan des connaissances sur la fin de l'âge de bronze dans le monde méditerranéen. Une prudence dans les hypothèse, une clarté dans l'exposition font de cet ouvrage d'un spécialiste d'ores et déjà une référence.
Un petit bémol sur la traduction, dans un français parfois approximatif.
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Astroploukos
  04 décembre 2016
Encore un cas typique de livre avec un très mauvais titre racoleur. C'est hélas souvent le cas lorsqu'un livre d'histoire best-seller nous vient de là-bas.
Ici, c'est pire que tout, l'auteur passe plus des deux tiers du temps à justifier son titre pour noyer le poisson dans le dernier où l'on lit sans mal que sa thèse initiale ne tient pas la route une seule seconde avec une avalanche de contre exemples. Tous ces inutiles efforts n'auront au final que réussi à nous dénaturer des informations pertinentes mais orientées.
C'est dommage, on aurait pu avoir un éclaircissement moins alambiqué sur cette crise de l'âge de bronze si l'angle d'attaque avait été plus humble, si au lieu de nous vendre de l'extraordinaire il s'était contenté de faire oeuvre didactique. Mais bon, il en a vendu plein. Lui et son éditeur ont atteint leurs objectifs, leurs lecteurs moins.
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Bequelune
  06 juillet 2016
Je connaissais très mal l'âge du bronze sur les contours orientaux et égyptiens de la Méditerranée. C'est cette méconnaissance, couplée aux bons échos entendus sur Eric H. Cline, qui m'ont donné envie de lire cet essai. Lecture globalement satisfaisante et instructive. Les propos sont sourcés, les hypothèses largement argumentées, on sent l'auteur de bonne foi. Seul bémol : un recours trop récurrent aux parallèles entre le monde moderne et celui ancien qui est décrit.

Cet ouvrage, présenté un peu à la façon d'une enquête (livre découpé en « actes », vocabulaire tel que « intrigue », « dénouement »...), cherche à comprendre comment plusieurs civilisations, alors prospères et souvent vieilles de très nombreux siècles, se sont toutes effondrées quasiment en même temps.

Les causes, on le devine très vite, sont multiples : catastrophes naturelles, piraterie ou attaques des mystérieux « peuples de la mer », fragilité due à l'interdépendance des sociétés autour de la mer... Dès lors le gros du propos de Cline est de nous montrer à quel point les différents empires de l'époque sont interconnectés via des échanges commerciaux, des mariages entre élites et aussi des guerres. D'où l'idée d'un premier âge global.

C'est donc très intéressant, très documenté, avec un soucis régulier de nous expliquer qu'on sait telle information parce qu'on a fait telle découverte archéologique, et qu'à ce sujet telle ou telle théorie ont été formulées. Bref, un vrai effort de transparence que je trouve toujours très intéressant ! L'honnêteté des chercheurs, c'est ce qui me fait vraiment aimer l'histoire, peut-être davantage que la sociologie, discipline de laquelle je suis pourtant issue.

Le défaut par contre, c'est donc de faire des parallèles entre ce monde disparu et le notre. Il est vrai que c'est tentant, mais parfois Cline frise l'anachronisme – comme quand il parle d' « internationalisation » à une époque où le concept même de nation n'a guère de sens.

J'ai mis 4/5
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scriptis
  02 novembre 2015
J'espère que le titre racoleur est de la responsabilité de l'éditeur et non de l'auteur qui est beaucoup trop sérieux pour un titre pareil.
Il s'agit de l'effondrement de la civilisation de l'âge du bronze en méditerranée orientale au xii° siècle BC et de l'entrée subséquente dans les "siècles obscurs". Pendant très longtemps, on l'a, par facilité, attribué aux invasion des "peuples de la mer", facteur exogène trop pratique pour s'en priver. L'auteur, dans le fil de la recherche contemporaine, en fait justice: des invasions ont eu lieu mais pas ce n'était pas un rouleau compresseur et d'autres facteurs sont à rechercher, sans que, passés au crible, aucun ne paraisse vraiment satisfaisant à l'auteur qui ne peut alors que faire l'hypothèse d'une combinaison de facteurs dans un "perfect storm".
Tout cela est très intéressant, de même que l'examen historique des générations de preuves qui ont alimenté le débat. L'auteur procède à l'étude "micro" des preuves dans l'état présent des connaissances et de la technologie.
Cela rend d'autant plus regrettable un cadre "macro" que, par simplification?, pour capter le lecteur?, pour satisfaire l'éditeur?, l'auteur rapproche exagérément de la mondialisation présente. Que Mycènes, l'Egypte, l' "empire" Hittite soient quelque peu connectés (à l'échelle des technologies de transport et de communication du temps) n'en fait pas un système mondialisé.
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ADAMSY
  29 juin 2015
Comment vivaient tous ces pays autour de la Méditerranée (Grèce, Egypte, Syrie...) avant 1177 avant Jésus-Christ ? L'auteur nous raconte les échanges commerciaux, les guerres, les relations entre rois... Il nous explique comment les trouvailles des archéologues ont amené à ces révélations. Ce serait les aléas climatiques qui auraient causé leur perte.
Le livre n'est pas chronologique mais les divers événements sont répertoriés par thèmes.
Intéressant même si parfois j'ai eu un peu de mal à m'y retrouver...
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lorenlo
  10 juin 2016
Une économie globalisée avec de prospères cités marchandes, des empires florissants et des civilisations - mycénienne, hittite, égyptienne, assyrienne, babylonienne, cananéenne, etc. - qui se côtoient, commercent, s'enrichissent - ou se font la guerre - mais dans une interconnexion croissante. «L'âge du bronze récent», comme l'appellent les historiens, cette longue période allant de 1700 à 1100 avant J.-C. fut en Méditerranée orientale un véritable âge d'or de l'histoire mondiale. Toutes ces civilisations se sont effondrées au même moment, entre le XIIe et le XIe siècle avant J.-C., et les historiens comme les archéologues ont multiplié les hypothèses.

«Il n'existe dans l'histoire que quelques cas de tels systèmes mondiaux globalisés», note l'historien et anthropologue américain Eric H. Cline, soulignant que «la magnitude de la catastrophe fut gigantesque et que le monde ne connaîtra pas de pertes d'une telle ampleur avant la chute de l'empire romain 1 500 ans plus tard». Certes, ce monde de l'âge du bronze récent tout comme l'empire romain n'a pas disparu en un jour et le processus a pris quelques décennies. Cline n'en a pas moins choisi l'année 1177 avant J.-C., huitième année du règne de Ramsès III, «comme la plus représentative de cette période d'effondrement». Date aussi symbolique que l'est celle de 476 pour la chute de l'empire romain d'Occident.

«Nous avons avons beaucoup à apprendre des vestiges de civilisations pareillement interconnectées qui se sont effondrées il y a trois mille ans», écrit Eric H. Cline. Sa recherche, qui s'appuie sur de nombreuses sources historiques et archéologiques, est fascinante d'abord de par son approche globale, étudiant ces civilisations de la Grèce, de l'Asie mineure ou du Nil dans leur interdépendance, qui fut l'une des principales causes de leur effondrement, après avoir été la source de leur richesse. Longtemps les historiens avaient privilégié l'hypothèse d'invasions dévastatrices de pillards et prédateurs encore aujourd'hui mal identifiés, des «peuples de la mer», explicitement évoqués comme tels dans les inscriptions égyptiennes. L'explication paraît néanmoins un peu courte pour un tel cataclysme. «Il est bien plus probable qu'une concaténation d'événements à la fois humains et naturels, notamment un changement climatique, la sécheresse, des catastrophes sismiques en série, des révoltes intérieures et un effondrement systémique, se sont cumulés», souligne l'historien qui reconstitue tous les éléments ayant conduit cet âge à sa perte.

La concomitance des catastrophes sur quelques décennies est impressionnante. Mais les guerres civiles ou les invasions, qui par le feu et les combats ont dévasté en quelques années Hattusa, la capitale hittite, la riche cité d'Ougarit ou la ville de Troie, semblent avoir été les contrecoups d'une catastrophe économique préalable avec un effet domino. «Etant donné le caractère globalisé de leur monde, l'effet de l'effondrement d'une seule société sur les routes commerciales et les économies, écrit Eric H. Cline, pouvait avoir des effets dévastateurs suffisants pour conduire à la disparition des autres.»
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