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Annie Kroon (Traducteur)
EAN : 9782742777167
185 pages
Éditeur : Actes Sud (01/09/2008)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Herma Warner est née il y a plus de quatre-vingts ans à Batavia - aujourd'hui Jakarta -, capitale de l'ancienne colonie des Indes néerlandaises. Elle et son mari appartenaient à la dernière génération d'Européens ayant grandi sur le sol de ce qui deviendrait la république d'Indonésie, et tous deux, après leur retour forcé aux Pays-Bas, ont consacré leur vie à l'histoire et aux arts de leur pays natal. Désormais veuve, Herma est conta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  10 décembre 2017
La narratrice Herma Warner reçoit une lettre d'un journaliste essayant de retracer la vie d'une militante énigmatique qu'elle aurait connue jadis, dans l'ancienne colonie néerlandaise qu'est aujourd'hui l'Indonésie. C'est l'occasion pour cette dame de replonger dans ses souvenirs. Il s'agit d'un sujet de prédilection pour l'auteure Hella Serafina Haase qui l'a abordé dans des recueils de nouvelles et d'autres romans comme le lac noir. Dans ce celui-ci, L'anneau de la clé, elle l'approche moins directement. Elle ne retrace pas ses souvenirs d'enfance s'invente une mini saga familiale, un portrait de femme plus grand que nature que Warner nous fait découvrir à travers sa correspondance avec le journaliste.
Très vite, le lecteur apprend qu'il n'est pas étonnant que l'histoire de Mila Wychinska échappe aux curieux, il s'agit d'un nom d'emprunt. La narratrice l'a connue alors qu'elles étaient encore des enfants. À l'époque, au début du 20e siècle, son amie et sa camarade de classe s'appelait Adèle « Dée » Meyers. Elle était issue d'une vieille famille de marchands métissés (si son métissage la troublait, elle essayait de ne pas le montrer, ce qui était facile avec sa personnalité fonceuse). Warner, de souche néerlandaise pure souche, adorait son amie, le courage de celle-ci et ses opinions marquées, mais surtout l'univers presque magique qu'elle retrouvait au domaine des Muntingh-Lamornie de Pourthié. C'est un peu comme l'évocation d'un autre monde, d'un paradis perdu.
Devenue adulte, Herma Warner voit de moins en moins son amie d'enfance. Mariée, elle s'est rangée, elle qui était déjà une petite fille modèle, timide. Mais elle suit à distance Dée (parfois à travers les rumeurs et les journaux), qui est devenue une artiste puis une militante qui se porte à la défense des Indonésiens et de leurs droits. Ses opinions marquées sont devenues des convictions radicales. Deux héroïnes aux destins diamétralement opposés mais aux premières loges des mutations sociales qui affectèrent l'Indonésie au milieu du siècle.
En effet, L'anneau de la clé n'est pas qu'une brève saga familiale, c'est aussi l'occasion pour l'auteure d'aborder l'histoire des Indes néerlandaise. L'occupation japonaise et ses horreurs, les débuts du mouvement indépendantiste, l'instabilité politique, le départ de la plupart des Néerlandais de pure souche, etc. Mais n'ayez crainte, il s'agit surtout d'un cours d'histoire en abrégé, ne survolant que de façon superficielle les grands événements. Ceux-ci sont surtout traités dans la façon dont ils affectèrent la vie des deux héroïnes.
Les souvenirs de Herma Warner sont lointains et, conséquemment, certains sont plus difficiles à se remomémorer. La narration est donc lente et nébuleuse au début, comme si la dame était réticente à y plonger. Puis, vers le milieu, le récit me paraissait quelque peu plat. Conséquemment, je peux comprendre que des lecteurs puissent s'y ennuyer. Ceci dit, au final, j'ai plutôt apprécié. Alors, à ceux qui s'y risqueront, laissez-vous porter par l'histoire des ces Néerlandais d'un autre monde…
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Malivriotheque
  01 mai 2020
A la demande d'un journaliste qui fait des recherches sur Mila (Dée) Wychinska, une activiste née dans les Indes néerlandaises, Herma replonge dans ses souvenirs d'enfance avec son ancienne amie à l'époque où rien ne pouvait les séparer, mais également plus tard quand les origines de chacune ont commencé à les diviser, alors même que la future Indonésie s'affranchissait de l'occupation hollandaise...
Lecture rapide et sans chichis qui, au-travers d'une histoire d'amitié, retrace sans rentrer dans les détails mais de manière claire l'occupation du colonisateur néerlandais en Indonésie avant son indépendance, tout en rappelant les dissensions sociales émanant du statut de l'homme blanc qui joue au maître des lieux. Les évènements historiques précédant et suivant cette période d'enfance (vécue comme douce par le personnage principal au prix d'une naïveté que son amie métisse Dée ne pouvait en rien comprendre) remmettent les compteurs à zéro sur les lacunes en histoire d'Asie du sud-est.
En tant que Français, on n'apprend rien à l'école sur les anciennes colonies des autres anciennes grandes puissances commerciales. Ce roman est donc très intéressant dans le sens où il fait découvrir des pans de l'histoire néerlandaise, effleure les luttes en Indonésie et rappelle entre autres l'occupation japonaise avant la capitulation de l'Empire en 1945...
C'est un roman relativement bien construit, qui entremêle le destin de personnages aux evènements historiques, sans que le personnage principal, assez naïf probablement de par sa naissance et sa couleur de peau, ne comprenne vraiment comment de nombreuses choses ont pu arriver.
Court mais fourni, un peu long à la détente mais bourré d'infos, sensible et crédible dans les relations dépeintes, plus factuel que critique de la colonisation mais très informatif et assez juste dans certaines critiques... On ne perd pas son temps et c'est le principal !
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Ingannmic
  26 août 2017
Herma Warner, octogénaire, attend une place en maison de retraite, qu'elle devrait obtenir d'ici quelques jours. Elle reçoit alors la lettre d'un journaliste qui enquête sur Mila Wychinska, figure énigmatique et méconnue du combat pour l'indépendance indonésienne. Herma et Milla, toutes deux originaires de Batavia (qui deviendra par la suite Jakarta), où elles ont passé leur jeunesse, sont nées à la même époque : peut-être ont-elles eu l'occasion de se rencontrer ?
En réalité, Herma a fait bien plus que rencontrer Mila, puisque les fillettes furent amies. Mila s'appelait alors Dée Meyers. Issue de l'union, au XVIIème siècle, d'un marchand de la compagnie des Indes et d'une indigène, la famille Meyers, marquée par le métissage, comptait ainsi parmi ceux que l'on appelait les "Indos". La narratrice, bien que native des colonies, était quant à elle une néerlandaise pure souche.
Elle aimait se rendre au domaine des Meyers, où l'élégance à la fois aristocratique et naturelle de la grand-mère de Dée côtoyait la rusticité discrète de la tante Noni, petite femme noiraude passionnée d'orchidées, et dotée de l'étrange capacité à discerner les fantômes peuplant le vaste jardin de la propriété familiale.
La lettre du journaliste a comme ouvert une porte dans l'esprit d'Herma, où affluent soudain ces souvenirs qu'elle y avait enfouis. Elle les évoque au gré d'une chronologie chaotique, les épisodes de l'enfance à Batavia se mêlant à ceux des drames qu'elle vécut par la suite : l'horreur de l'occupation japonaise des Indes néerlandaises pendant la seconde guerre mondiale, à l'occasion de laquelle elle perdit ses parents, ou encore la disparition, des années plus tard, de son mari Tjeerd, capturé par des rebelles lors d'un séjour en Indonésie (le couple vivait alors depuis la fin de leurs études aux Pays-Bas)...
Elle s'attarde plus précisément sur sa relation à Dée, mettant en évidence, avec le recul des années, les différences qui ont fini par les éloigner. Très tôt, son amie a ressenti avec acuité la discrimination tacite mais néanmoins réelle subie par les métis au sein de la bourgeoisie à laquelle elle appartenait. Son attitude critique à l'égard de la société coloniale, puis, d'une manière plus générale, son empathie envers tous les opprimés, la poussa par la suite à choisir le camp des activistes. Devenue adulte, Herma ne la reverra qu'à des rares occasions, mesurant alors la distance instaurée, aux yeux de Dée, et en dépit de leur enfance commune, par leurs origines respectives.
Faire ressurgir de sa mémoire ces éléments de son passé, admettre sa part de responsabilité sur certains événements qu'elle avait jusqu'alors préféré oublier, a sur la narratrice un effet à la fois douloureux et salvateur.
"L'anneau de la clé" balaie ainsi par bribes, à travers les destin des deux héroïnes, depuis les années trente, cinq décennies d'histoire indonésienne et de mutations sociétales qui mèneront le pays à l'indépendance. J'utilise sciemment le verbe "balayer", parce qu'il traduit le sentiment de superficialité que m'a procuré cette lecture. La relative brièveté du roman, alliée à la richesse de son contexte et à l'amplitude de la période abordée, ne permet pas un traitement abouti de l'intrigue et de ses personnages, dont la plupart semblent n'être qu'effleurés.
Dommage, parce que j'ai néanmoins trouvé très intéressant de découvrir ce petit fragment d'un monde méconnu.

Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Peteplume
  20 janvier 2014
Ce roman nous plonge dans un monde colonialiste qui, bien qu'on y retrouve les constantes de ce système révolu, dépayse car il s'agit de l'Indonésie néerlandaise dont, personnellement, je ne savais quasiment rien. L'auteure, par contre, l'a connue de près. On sent, à travers ce qui ressemble à un journal, l'ambiance de cette époque ambigüe où le destin de chacun dépend de ses origines ethniques. La narratrice, double de l'auteur, revient avec nostalgie, par touches intimes, sur ce passé assimilé au paradis perdu de l'enfance. Un des points forts du roman réside dans l'ambigüité du caractère de la narratrice: un modèle de perfection de la fille de bonne famille purement hollandaise et, en même temps, un exemple de la naïveté de ce monde pétri de bons sentiments, optimiste jusqu'à être naïf en ce qui concerne les affaires tant politiques que personnelles. Ce caractère contraste avec celui de celle qui fut sa meilleure amie d'enfance qui se révèle radicalement différente, proche et lointaine à la fois.
L'écriture est fluide, presque scolaire, à l'image de la narratrice et et de sa nostalgie, presque ennuyeuse. C'est mon premier contact avec Hella Haasse. Cette expérience m'incite à poursuivre avec cette auteure dont on disait qu'elle était "nobélisable".
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lcath
  08 janvier 2018

Après avoir reçu une demande d'un journaliste qui recherche Mila Wychinska, Hemma Warner, vieille dame est amenée à revisiter ses souvenirs. de son enfance en Indonésie, ancienne colonie des Indes Néerlandaises, elle fait surgir les images de son enfance. Venant d'un milieu blanc bourgeois elle côtoie la famille de Mila son amie , une famille riche métisse . L'amitié des deux fillettes est l'occasion de passer d'une maison à une autre, d'un milieu à un autre. Amies intimes, il leur faudra l'adolescence pour que leurs routes s'éloignent.
Elle évoque l'indépendance de l'Indonésie, qu'elle n'a pas vu venir et croise l'évolution du pays entre son départ, ses retours et la distance qui grandit entre ce qu'elle a connu et ce qui devient. de son côté Mila, qui est métisse, a opté pour une version plus rebelle en s'inscrivant du côté des opprimés.
Les souvenirs font aussi jaillir des images plus personnelles sur ce que fut la relation entre Mila, Hemma et Tjeerd et les secrets enfouis se retrouvent à la lumière
Intéressant pour la mémoire d'une époque révolue et lointaine, celle des Indes Orientales ... nom qui fait rêver, mais dont on sait qu'il cachait la colonisation et l'appropriation du pays par des Européens.
Passionnant aussi, pour le second récit, celui de l'affection entre deux enfants et l'évolution des liens qui les unissent,avec sous-jacent tout le long du texte cette sensation troublante qui prend toute son sens à quelques pages de la fin , le tout dans une belle écriture.
Lien : http://theetlivres.eklablog...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
IrisaIrisa   12 février 2011
Depuis longtemps, j'ai conscience que le monde englouti de ma jeunesse a été, pour une large part, une illusion. J'en ai fait mon deuil, en passant par toutes les étapes du détachement. Toutes les sensations et les émotions que j'ai vécues dans mon pays natal sont ancrées au fond de ma conscience ; elles ont fait ce que je suis, mais je n'y ai plus accès.
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IrisaIrisa   12 février 2011
C'était le domaine de Noni Meyers et de ses orchidées. Lorsque j'étais enfant, j'étais fascinée par les formes extravagantes et les couleurs magnifiques de ces fleurs. Plus tard, mon intérêt s'éveilla pour la complexité de la culture des orchidées à laquelle Noni vouait sa vie.
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PeteplumePeteplume   21 janvier 2014
La rédaction dans laquelle j'avais traduit les impressions ressenties au cours de cette première et dernière visite à la maison, en l'illustrant de croquis des vases et des motifs floraux sculptés sur les boiseries, tout frais dans ma mémoire, provoqua chez Dée la remarque: «C'est drôlement bien écrit, comme d'habitude!» suivie d'un «mais c'est rasoir!».
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sergio82sergio82   06 août 2017
"L'épaisse voûte de feuillage s'écarte et, dans une mer de clarté, tombe en grondant sourdement du rocher abrupt, à plus de cent mètres de hauteur, un rayon gigantesque d'argent liquide qui se brise en gerbes d'eau crépitante."
[...] sur le dernier tronçon, accompagnés d'un bruissement qui s'enflait - soudain, au sortir de la pénombre verte, nous débouchions sur la vaste clairière et une nuée scintillante flottait vers nous.
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Video de Hella Serafia Haasse (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hella Serafia Haasse
La chasse aux étoiles d'Hella Haasse Marque-Page 17-02-2011
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