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Critique de AdamPK


AdamPK
  18 décembre 2017
Décalage qui construit l'événement de l'instant, puis on y rattache une histoire qui raconte un parcours .
Point après point que tout cela !
Livre ... de photo d'art / texte. Metalanguages relatants le parcours pour retourner sur les traces de la naissance d'une enfant coréenne devenue photographe et parisienne d'oû elle se fait voyageuse reporter, ses photos s'installent avec délicatesse dans des mises en pages soignées des cadrages recherchés , exotisme total pour moi, pendant les 8O premières pages...retour qui paraissent des pas de géants dans une boutique de porcelai ....
(aposiopèse )
magasin d'ustensiles de cuisine en plastique !...



La première chose que j'ai pensé, « c'est un livre écrit par un couple ,l'histoire d'un mariage avec l'interculturalité en trame de fond qui y joue un grand rôle ». Parce-qu'avec internet on peut très vite trouver des photos des auteurs et remarquer alors les traits asiatiques du visage d'Elisa Haberer et ceux européen de Simon Hatab . Puis j'ai été plongé dans un réseau inextricable de pensées sur notre monde en mouvement avec une complexité croissante. Mais aussi très vite, le titre avec son mot : « Tumuli » est venu en parallèle disjoncter cette surchauffe industrielle .J'ai commencé à ressentir la matière apaisante et créative de la forme.
Puis ma femme m'a dit , à propos du livre : « Quand on le prend dans la main l'objet est doux , il n'est pas tape à l' oeil ».
Il s'y trouve un étrange mélange d'intime et de distance. L'outre-temps de la photographie .La légère brise et les murmures des lieux visités, comme rappelés (le mot est avalé) « Comme si tu pouvais enrober chacun de tes mots de feutrine pour les rendre sourds à l'étrangère dont le bras touche le tien » En écho ou en inspiration , je ne sais, il me semble qu'il y a le blanc du ciel qui devient quelque-chose , quelque-chose ou la réserve de quelque-chose qui ne peut pas être exact avec comme un appel d'aller à la source. Ce livre parle de naissance , d'une orpheline. Plus tard devenue photographe...et de sa relation avec son passé mystérieux ,lointain (Corée du Sud) et si proche puisque regardé et narré depuis Paris par homme de lettres, humain .Ils se retrouvent dans des cafés … en face de l'Opéra ;..Bastille, ils se tutoient ( « alors tu vois ») ou dans un parc des Buttes-Chaumont « avec ses six portes et ses cent-quatre-vingt douze chemins possibles » que j'ai vécut comme une pancarte en écho à la signalétique illisible des communicants sempiternels , fétichisme des affichettes visibles dans certains clichés qui semblent des omni-présences et qui hantent d'autres présences plus préocupées d'un point nodal, farouches taoïstes peut-être ou... ou bouddhistes, celles des personnes qui habitent des espaces sidérants ou alors,d'autres plus attendues , une affaire entendue : cette bâtisse reconstruite sur son lieu de naissance.Il y a là une sorte de scénographie et puis les références sont estompées ,surgissent et disparaissent .Une source intermittente avec ses cascades de sens : un choc cuturel ici et là , par exemple la photographe s' intéresse au formes douces et ronde des tumulis
... et puis traversant ces espaces ésotériques (photos qui s'incrivent dans la page en formats carrés ou alors plus aléatoire, ou suite sérielle ou sous le lune) ,subitement :
...les techniciens chargés de tondre la verdure qui recouvre ces buttes , ces collines miniatures et monumentales retranchés de leur être-là poétique antique par l'ingénieux matériel et ineffable procédé de tonte événement là qui semble accessoirement un sublime décor de théatre du futur, oh, un air de tout-le-monde, pas tous les jours . Orson Wells qui dit : « I don't think any word explains a man's life » ...la vie ne se met pas tout-à-fait en mot ,* « le mot sonamu signifie « pin » en coréen [NdE] »
parenthèse ,faille, subjugué alors oui je ne suis en rien Coréen moi qui critique ce livre, je pourrais presque être nostalgique, artifice subtil des couleurs pastels ,vert pomme ?...en fait, dans ses associations comme avec une madeleine de Proust perdue -enfant, on me lisait en anglais ( ma langue maternelle )un livre illustré : « Come over to my house, come over and see » ce livre vers les opaques et cristallines épines des pentes glissantes sous les pins *Lapons...je ne suis pas plus Lapon d'origine. Mais c'est vrai que les tumulis sont comme des seins, des oeufs, des plages.


Blanc -écran vierge ,rose canevas tendu , noir sur un maillage exponentiel enfance de l'Art et Jus d'orange ,soudain des portraits paraissent : MADAME et MONSIEUR PARK DAE SUNG (un vieux peintre)et des horaires et des lieux et des numéros : dates , énièmes voyages lointains, centre commercial, Kitchenware Warehouse, bazar de formules de conversations , Tumulu, madame Lee et monsieur SO, rue Sorbier, « croper »les « spin off » « sharp ».
le narrateur énonce à la photographe que finalement elle a choisi de raconter les histoires des autres ,lui dit qu'elle a donné à son projet la forme d'une fiction, d'un mensonge .Elle dit qu'elle aime le livre de Murakami « Autoportrait de l'auteur en coureur de fond »

(on apprend que là , il ne comprendra pas ce qu'elle aura voulu dire, mais, au lieu de juger – de trouver ça confus )
il fait :
- « oui. »

L'événement de l'Instant , avec toutes ses empathies inracontables , et malgré tout...
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