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EAN : 9782809726008
144 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (24/08/2017)
2.92/5   66 notes
Résumé :
Reprendre goût à la vie à l’heure où on ne s’y attend plus ! Ce matin-là, Kento décide de prendre les choses en main. On peut le comprendre. A vingt-huit ans, il habite encore chez sa mère, souffre de rhume des foins et n’est pas très vaillant au lit avec sa petite amie. Il traîne toute la journée dans l’appartement, guère plus actif que son grand-père qui partage leur vie et ne cesse de se plaindre.

Ce jour-là, Kento décide donc d’assister son grand-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Osmanthe
  02 septembre 2019
Grâce aux éditions Picquier, il est possible de prendre le pouls de la littérature japonaise actuelle, avec un assez faible décalage temporel par rapport à la date de publication au Japon. Et nous découvrons peu à peu les lauréats de prix littéraire, à commencer par l'Akutagawa, l'équivalent nippon du Goncourt. Comme pour notre célèbre prix, la qualité est fluctuante...
Keisuke Hada est un Akutagawa moyen à mon goût. Pour résumer brièvement le sujet, nous suivons le quotidien d'un curieux "couple", un grand-père de 88 ans et son petit-fils de 30 ans, qui vivent sous le même toit, la mère étant la seule à travailler et n'étant pas là en journée. Le grand-père est un vieux finalement assez classique. Souvent, il se plaint d'avoir des douleurs partout, a du mal à décoller du canapé, devient gâteux, et gâteaux (comme les gamins, il préfère les aliments mous et sucrés). Mais comme par miracle, il a des moments d'étonnante lucidité, peut retrouver la forme en moins de deux, peut faire preuve de mauvaise foi, frétiller d'un reste de désir sexuel. Il est aussi un poil menteur et comédien, lui qui se la raconte sur son soi-disant passé d'aviateur kamikaze pendant la guerre. Le petit-fils Kento n'a plus de boulot depuis un an, n'assure pas sexuellement avec sa copine (qui n'est certes pas un canon de beauté)...Bref, il file un mauvais coton de glandeur...
Le vieux dans ses moments bas répète inlassablement qu'il ferait mieux de mourir. Kento, va, à l'observer et l'entendre, chercher à exaucer son voeu d'une mort douce, mais aussi, tel un Mishima, acquérir l'obsession d'optimiser sa condition physique (parachutages, pompes, musculation) et sexuelle (séances d'onanisme soutenues) pour rester en bonne santé et ne pas suivre l'exemple de l'aïeul. Il doit aussi tâcher de retrouver un travail. Il trouve aussi qu'on ne devrait pas s'acharner à maintenir en vie contre leur gré de vieux légumes qui n'espèrent plus que la libération de la mort, d'autant plus qu'ils coûtent ainsi bien cher aux jeunes actifs...
Le grand-père passe plusieurs fois très près de la mort, mais à la grande surprise de Kento, il subsiste en lui un fort instinct de vie...Contre toute attente, ces deux-là vont créer du lien jour après jour, et se tirer vers le haut, plus ou moins sans s'en rendre compte.
L'action est comme souvent dans la littérature japonaise assez ténue dans ce court roman de 130 pages, et le style de l'écrivain assez banal, sans pour autant être indigent (avec les réserves habituelles liées à la traduction). Il se lit néanmoins assez agréablement, et a le mérite de poser avec une légèreté apparente la question des relations intergénérationnelles, de la gestion de la fin de vie par une société frappée de plein fouet par le vieillissement, les coûts et délais d'attente prohibitifs de l'accueil en maisons de retraite et une perte de confiance en elle de la jeunesse, les inégalités sociales, phénomènes qui risquent à terme de lézarder l'édifice de cette société si performante.
Ce roman est une sympathique histoire d'entraide et de tolérance entre des générations qui vivent trop souvent aujourd'hui sur des planètes différentes. L'intrigue est certes un peu mince, on reste un peu sur sa faim, mais c'est assez bien mené. Keisuke Hada est un jeune écrivain à suivre.

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sandrine57
  02 octobre 2017
Depuis qu'il a quitté un emploi qui ne lui convenait plus, Kento mène une vie de farniente, sans horaires fixes, entrecoupée parfois d'un entretien d'embauche infructueux ou d'un rendez-vous dans un love hotel avec sa petite amie. A 28 ans, il vit toujours chez sa mère, avec son grand-père en fin de vie. Une cohabitation rendue insupportable par les plaintes continuelles du vieil homme perclus de douleur et qui n'aspire qu'à la mort. Lassé de l'entendre dire qu'il serait plus heureux mort, Kento décide d'aider son grand-père à mourir, mais de la manière la plus douce qui soit. Curieusement, à mesure que les forces du vieillard s'amenuisent, celles de son petit-fils sont décuplés par l'entraînement féroce qu'il s'inflige afin de ne pas se laisser aller comme toutes les personnes âgées qu'il voit autour de lui s'étioler et se lamenter.
Sous des allures banales, ce roman aborde des sujets graves comme les relations intergénérationnelles, le vieillissement de la population et le droit à une mort digne et choisie. Caustique, cynique, drôle parfois, le ton oscille entre dérision et gravité sans verser dans le larmoyant ou le macabre. On est bien loin du respect dû aux anciens. le grand-père est un poids pour Kento et sa mère et ils ne s'en cachent pas. Pourtant, derrière sa façade bourrue, le petit-fils tente d'établir un dialogue, de connaître les désirs de son aïeul et de s'y conformer, un peu par égoïsme (retrouver sa solitude et sa tranquillité), un peu par altruisme (empathie envers une personne qui survit dans l'ennui). Car c'est aussi une réflexion sur l'espérance de vie qui ne cesse de s'allonger, mais pour offrir quoi ? Une fin de vie sans intérêt, sans but, sans utilité, faite parfois de souffrances physiques...
Pas follement joyeux, plutôt tristement réaliste.
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kuroineko
  28 janvier 2018
Au vu du titre et de cet homme alangui sur sa pelouse en couverture, je me suis emparé de ce roman à la médiathèque. Je n'ai même pas pris le temps ni la peine de lire la quatrième, ce qui au final fut judicieux.
Hada Keisuke, nouveau venu sur la scène des traductions japonaises en France, traite dans son livre d'un sujet qui ne peut qu'interpeller: le vieillissement de la population et la dépendance qui en découle. Vraie dans les sociétés occidentales, cette réalité prend un sens tout particulier dans un Japon au taux de natalité catastrophique depuis de nombreuses années.
Kento, vingt-huit ans, au chômage, est revenu vivre chez sa mère qui héberge également son père, octogénaire qui répète à l'envie prier pour partir vite.
L'auteur se base sur les rapports de ce trio familial pour construire sa réflexion sur les problèmes liés aux seniors et à leur espérance de vie toujours plus repoussée. Qu'en est-il lorsque cette existence se déroule entre douleurs diverses, contemplation des murs ou du plafond et sentiment d'être un fardeau pour ses proches? Est-ce si souhaitable? Quen est-il de la dignité? La question de la fin de vie et de l'euthanasie médical continue de faire débat en France et dans les pays confrontés au vieillissement de sa population.
Sous des dehors de simplicité, Hada Keisuke met en scène des thèmes de société difficiles, incitant à en prendre pleinement conscience. C'est vrai pour la sénilité et tout autant pour la précarité de l'emploi au Japon. Kento multiplie en vain les entretiens, issu d'une université de troisième ordre qui n'ouvre pas les portes des entreprises qui recrutent. Lui, comme ses amis, même mariés parfois, se voient contraints de vivre chez leurs parents du fait du chômage ou des trop faibles salaires. Une situation récurrente depuis l'explosion de la bulle spéculative des années 1990.
Enfin, le roman offre un beau portrait de relation grand-père / petit-fils, à la fois bienveillant et caustique, mêlé de compassion et d'irritation. Les liens et l'entraide se tissent en apprenant à se reconnaître.
Un auteur dont il me tarde de poursuivre la découverte en tout cas.
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mh17
  12 octobre 2019
La couverture guillerette et le titre niaiseux n'ont rien à voir avec le contenu du roman. C'est un livre dérangeant, à l'humour grinçant.
Kento, chômeur de 28 ans vit encore chez sa mère avec son grand père dans un immeuble de la banlieue de Tokyo.
Désoeuvré, il se lève tard, étudie un peu, glandouille beaucoup. Sinon il s'occupe de son grand-père. Celui-ci ne cesse de se plaindre, de geindre et de réclamer la mort. Sa fille, qui subit la charge de son père, le rabroue sans égard du moins en apparence. Kento décide alors d'assister son grand père dans son désir d'une mort digne et paisible. Comment faire ? Tout simplement en l'empêchant de fournir le moindre effort. Se faisant, Kento lui va s'activer, retrouver de l'énergie etc. Et le vieux dans tout ça ? Et bien lisez le livre ( 130 pages).
Ce n'est pas un chef d'oeuvre de la littérature mais une petite fable qui fait réfléchir sur la place ( et le poids) des anciens dans nos vies.


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traversay
  11 septembre 2017
Les amateurs de littérature japonaise ont un nouvel auteur à épingler dans leur collection : Keisuke Hada. Né en 1985, il a commencé à publier à l'âge de 17 ans et il est aujourd'hui l'auteur de pas moins de 10 romans. La vie du bon côté est sa première traduction en français et il est vraisemblable que d'autres livres de lui paraîtront prochainement. le cheminement du livre et sa tonalité ne surprendront pas ceux qui apprécient Murakami, Ogawa (Ito ou Yôko), Kawakami ou encore Hirano. le roman se focalise totalement sur la vie de Kento, 28 ans, sans emploi et vivant chez sa mère et son grand-père. Ce sont ses relations avec ce dernier qui constituent le coeur du livre. Un papy qui a conscience d'être un fardeau pour sa famille mais qui ne cesse de se plaindre et de souhaiter mourir à brève échéance. Ce qui donne une drôle d'idée à son petit-fils tout en stimulant sa propre existence qui avait tendance à prendre l'eau. le ton est doux-amer, l'humour plutôt noir et on ne sait pas trop sur quel pied danser avec les deux personnages principaux, les autres protagonistes étant réduits à l'état de quasi caricatures (la petite amie, la mère). le roman est un peu redondant mais sa fausse légèreté et sa fluidité autorisent une lecture agréable. D'autant qu'il y a tout de même de la profondeur derrière tout cela et une bonne illustration de ce que vit le Japon aujourd'hui entre ses séniors dont il ne sait que faire et une jeune génération frappé par la précarité et une certaine indolence.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   01 septembre 2019
Le grand-père était censé avoir quitté la demeure familiale parce que son fils et sa belle-fille le maltraitaient ; aurait-il donc menti ? Les regrets qu'ils venait d'exprimer étaient inexplicables autrement. Depuis qu'elle prenait soin de lui, sa mère se montrait plus sévère avec l'aïeul. Son entourage avait pu se fatiguer de ses caprices, alors qu'il était physiquement et intellectuellement plus indépendant qu'aujourd'hui, c'était tout à fait plausible. Mais sans aucune nouvelle de l'oncle et la tante maintenant divorcés, il n'y avait pas moyen de s'assurer de la véracité de ces mauvais traitements. En dépit de leurs conversations quotidiennes, les zones d'ombre concernant son grand-père né plus d'un demi-siècle avant lui ne cessaient de s'étendre dans l'esprit de Kento. Pour autant, le courage de l'interroger les yeux dans les yeux lui manquait. Questionner un parent âgé sur son passé était beaucoup plus gênant que de se comporter grossièrement avec un parfait inconnu. Et puis, même s'il l'interrogeait, il avait l'impression que son grand-père se cantonnerait à lui parler d'autre chose, en vertu d'une topographie et d'un calendrier qui n'existaient que dans son esprit.
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OsmantheOsmanthe   01 septembre 2019
- Tuez-moi une bonne fois pour toutes !
La vieille femme, en réaction à son arrivée, passa quelques minutes à gémir bruyamment, mais il tira le rideau et le calme finit par revenir. Tous les vieillards rabâchaient-ils donc la même rengaine, comme s'ils s'étaient donné le mot ? La mamie d'en face, qui avait la force de s'époumoner, était encore bien lotie ; l'étage pullulait de vieillards sous assistance respiratoire, reliés à des tubes comme son grand-père, et qui seraient certainement morts depuis longtemps si on avait laissé les choses suivre leur cours. Les bien-portants n'essayaient pas de comprendre le souhait profond de ceux que seule la mort attendait au terme de longues souffrances, tout ce dont ils étaient capables, c'était d'opposer à leurs aînés des formules toutes faites comme quoi mieux valait vivre, même dans la douleur. Tenir ce discours à des vieillards sans avenir, c'était vraiment abdiquer toute réflexion, songea-t-il avec un mépris qui s'étendait à celui qu'il était encore récemment. Les chantres de la bien-pensance et de son humanisme nécrosé s'exprimaient sans réfléchir. Etaient-ils donc incapables d'imaginer les sentiments d'une personne condamnée à passer ses journées à contempler des murs et un plafond blancs ? Il allait se battre encore plus vigoureusement contre le discours ambiant selon lequel les vieillards qui souffraient devaient "continuer à vivre et à endurer leurs peines", se jura-t-il solennellement, avec dans les oreilles le sifflement du masque à oxygène.
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kuroinekokuroineko   28 janvier 2018
Alors que le monde entier souffrait du vieillissement de la population et qu'on nageait en pleine société de l'information, impossible de trouver la moindre indication sur les moyens concrets de guider un vieillard vers une mort douce et digne.
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lehibooklehibook   04 octobre 2019
...Kento s'appliqua dès le matin à être aux petits soins pour lui .Il avait légèrement fait brûler le pain de mie _roi des aliments "moelleux et sucrés" , la nourriture préférée du grand-père- qu'il lui avait servi pour le déjeuner , généreusement tartiné de margarine et de confiture .Le brûlé et la margarine étaient depuis quelques années soupçonnés d'être cancérigènes , mais de toutes les maladies mortelles , le cancer est , paraît-il la plus douce.Ouvrir en grand les rideaux de la chambre favorisait par ailleurs l'apparition d'un mélanome causé par les rayons du soleil.Il avait débarrassé pour lui son assiette et son verre , le privant ainsi d'une occasion de faire de l'exercice.
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KawaneKawane   06 avril 2018
Il était certes actuellement au chômage, mais pas une seconde il n'entretenait de pensées sombres, il débordait d'envie de profiter de la vie.
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