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Arnaud Bihel (Traducteur)
EAN : 9782330151065
272 pages
Actes Sud (02/06/2021)
4.18/5   134 notes
Résumé :
Le Livre des Reines est une saga familiale qui s’étend sur quatre générations de femmes prises dans le tourbillon tragique des guerres intestines au Moyen-Orient – au cœur de territoires de souffrance, du génocide arménien au conflit israélo-palestinien, en passant par les luttes entre chrétiens et musulmans au Liban et en Syrie.
Reines d’un jeu de cartes mal distribuées par le destin, Qayah, Qana, Qadar et Qamar constituent les branches d’un même arbre généa... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Le destin de quatre femmes , sur un siècle . Quatre femmes qui sont mortes plusieurs fois et qui portent sur elles le fardeau de leur naissance. 1912, 1946, 1970 et 1996. Ce sont des femmes de la Première guerre mondiale, de la Seconde guerre mondiale, des révolutions iraniennes, égyptiennes, des guerres du Golfe, du Yémen, irako-kurdes, turco-kurdes, israélo-arabe. le melting pot du Moyen Orient toujours connu pour ses combats, ses massacres, sa haine, son adversité. Une liste sans fin de récriminations , d'acharnement. Naître femme dans cette région de désespoir c'est grandir dans la douleur et la souffrance. Ce que ces femmes ont vu, vécu et revu fait en sorte que ce sont elles qui supportent et réinventent la vie à chaque naissance.

Le livre des reines est un livre d'une grande sensibilité, aux dimensions humaines et trop vraies pour n'être que fiction. Les larmes et les pertes marquent chacune de ces victimes et longtemps après avoir fermé ce livre, on entend encore leurs cris.

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En s'attachant à quatre femmes de générations différentes, Joumana Haddad dépeint la condition féminine dans une famille arménienne, une famille qui va subir génocide, exil, et guerres. C'est d'abord Qayah, qui naît à Aïntab en Turquie en 1912 et qui verra sa famille massacrée en 1915 lors du génocide arménien et qui doit fuir en Syrie à Alep. C'est Qadar, sa petite fille qui va découvrir le corps de sa grand-mère qui a choisi le suicide, Qadar qui doit vivre au Liban avec sa mère Qana, écorchée vive et Luqa son père, qui se déchirent, prenant parti, l'un pour les phalanges chrétiennes, l'autre pour l'action des Syriens contre les Palestiniens. Enfin la dernière génération Qamar, qui se convertit à l'islam quand elle épouse Beshir, un Turc et le suit à Istanbul, en se radicalisant.

Quatre générations qui traversent le vingtième siècle au Moyen-Orient, entre Turquie, Syrie et Liban, des femmes qui subissent un destin, qui souffrent, se rebellent mais qui se transmettent la force, la détermination et la résistance. Dans cette histoire familiale et filiale, c'est l'histoire difficile d'une région qui va connaître génocide, exil, conflit israélo-palestinien, guerre civile au Liban entre Chrétiens et Musulmans, radicalisation et terrorisme.

Le livre des reines fait résonner quatre voix qui évoquent l'histoire et le destin de femmes du Moyen-Orient.

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Quatre femmes voient leur destin bouleversé par les guerres intestines du Moyen-Orient.

Du génocide arménien à la guerre en Syrie, nous suivons L Histoire au travers de plusieurs générations de femmes courageuses.

Avec une écriture délicieuse, ciselée et tranchante, Joumana Haddad livre un récit inspiré de sa vie, bouleversant.

La construction narrative est originale et donne des airs de conte au roman.

Chaque partie est consacrée à la vie d'une femme de la famille débute sur la présentation d'une carte de jeu ♦️♣️♥️♠️, une reine aux caractéristiques singulières.

L'histoire racontée au travers de ces quatre femmes, c'est l'histoire récente d'un Moyen-Orient déchiré encore et toujours pour des questions de territoire, de pouvoir et de religion.

De part ces narratrices féminines, l'éclairage est particulièrement mis sur le traitement des femmes au sein de ces diverses communautés et au cours de ses conflits.

Les scènes de violence sont légion et laissent le lecteur sans voix face à l'abominable.

Un roman coup de poing, superbement singulier, à découvrir sans attendre ♥️

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Quatre femmes sur quatre générations dont tous les prénoms commencent par un Q deviennent sous la plume de Joumana Haddad les Quatre Queens d'un jeu de cartes fataliste. Chaque chapitre couronne une Reine et chaque Reine est blessée et sacrée, blessée dans ce qui fait d'elle une femme à part entière mais aussi une fille, une soeur, une amie, une amante, une femme, une mère, une grand-mère etc. Chacune partage les souffrances de l'autre, le destin s'acharnant sur chacune d'entre elles, comme une malédiction. Jouamana Haddad écrit qu'elle tente d'exorciser ces femmes possédées par la souffrance. En même temps, ces Reines qui sont loin d'être toutes puissantes se retrouvent dépossédées de leur sacralité et deviennent très vite, dès leur naissance même, à cause de cette malédiction, des victimes éternelles ... Aucune ne gouverne réellement. Et la Reine de Carreau souffre en silence car un Carreau transperce sa chair blessée. La Reine de Pique se pique avec une aiguille qu'elle avale et qui lui reste en travers de la gorge. La Reine de Coeur se retrouve avec un coeur brisé en mille morceaux, et la Reine de Trèfle ... Disons qu'elle a un statut particulier, un destin particulier, car elle est celle qui boucle la boucle, qui rompt la malédiction lancée sur plusieurs générations ... Elle disparaît à la fin, comme les autres, et reste la Dernière des Reines.

PS : À conseiller à ceux qui aiment le Sang des Promesses de Wajdi Mouawad

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Ce roman m'a bouleversée. L'auteure nous y narre le destin de quatre femmes : celui de Qaya, Qana, Qadar et Qamar. À travers leur histoire et les épreuves qu'elles doivent traverser, nous découvrons les soubresauts historiques et les guerres qui ont secoué le Moyen Orient durant tout le XXème siècle et le début du XXIème.

Il y est donc question du génocide arménien, du conflit israélo-palestinien, de la guerre civile au Liban et de la guerre en Syrie. L'auteure a su montrer avec beaucoup de justesse que les personnes ayant survécu à ces horreurs peuvent être vues comme des "bombes à retardement". Elles souffrent profondément et voient leur vie impactée sur du long terme. Il est des choses dont nous ne pouvons pas nous remettre. Je suis d'ailleurs profondément choquée par ce que la petite Qaya a pu voir et subir.

La narration du roman était très intéressante, j'ai beaucoup aimé le fait de nous pencher un peu plus sur une des quatre femmes dans une partie lui étant dédiée. Elles sont considérées comme les quatre reines d'un jeu de cartes, chacune avec leurs particularités. J'ai aussi trouvé intéressant (et terrible à la fois) que l'auteure boucle la boucle, sacré coup du sort du destin que la dernière partie où elles reviennent à l'origine des souffrances.

Ces femmes m'ont profondément émue, leur détresse, leurs souffrances, leur besoin d'amour et leurs désillusions, leur souhait de faire différemment pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, leurs imperfections et leurs failles, leur besoin vital de couper avec le destin qui ne cesse de s'acharner et surtout leur désir de préserver la génération suivante en lui cachant ce qu'eux ont vécu.

J'ai été émue par cette tentative d'échapper au coup du sort, à ce destin impitoyable qui broie toute personne face à lui. Et j'ai été choquée de lire tous les conflits ayant eu lieu dans cette partie du monde, des guerres dévastatrices tuant des frères, des guerres liées notamment souvent à la religion.

Cette lecture restera gravée en moi pendant très longtemps.

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critiques presse (2)
LeSoir
06 août 2021
Un roman dur, parfois mélo, mais d’une richesse multiple : les régions traversées, les populations, les langues et cultures – abordées sans peine – en font un témoignage captivant du sort de ces familles à la fois arméniennes, circassiennes et syro-libano-palestiniennes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Telerama
07 octobre 2019
“Le Livre des reines”, saga familiale, fait le portrait de quatre femmes traversées par les épreuves et la douleur. La romancière, qui a toujours connu la guerre, plonge dans ses souvenirs pour en libérer les démons et en ressortir plus forte.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation

« Le vin, c’est pour les femmes », répétait-elle en fronçant les sourcils d’un air scandalisé. Elle était feminine à bien des égards - selon les stéréotypes qui déterminent ce qui est féminin ou non -, mais quelque chose en elle se rebellait contre les textures monochromes et aspirait aux nuances de l’androgynie ; ce qui pour elle correspondait à l’être humain idéal. Elle avait été folle de joie quand un thérapeute par la régression, un Brésilien rencontré dans un avion, lui avait affirmé après lui avoir simplement tenu la main pendant cinq minutes plutôt gênantes : « Dans de nombreuses vies antérieures, vous avez été un homme. » si elle ne croyait pas vraiment ce genre de baratin, elle avait été comblée que ces paroles nourrissent sa mythologie personnelle : l’idée qu’elle faisait partie de celles et ceux qui incarnent la dualité, le masculin et le féminin, chacun dans sa plus forte et juste manifestation.

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Les garçons peuvent-ils jamais couper le cordon qui les relie à leur mère ? Nous, les femmes, ne cessons de juger les hommes responsables de nos malheurs, des injustices que nous subissons, mais ces hommes sont avant tout nos fils. Les fils de femmes qui les chérissent. De femmes qui les traitent comme des rois. De femmes qui leur pardonnent tout. De femmes qui ne leur disent jamais « non ». De femmes qui voudraient les voir reprendre place en leur sein, pour qu’ils viennent combler ce vide béant qu’ils y ont laissé. Au moment de la naissance, les mères se débarrassent des filles, alors qu’elles laisse t échapper leurs garçons malgré elles, seulement contraintes par les lois de la biologie. En chaque homme qui fait l’amour à une femme, il y a un petit garçon qui cherche à retourner dans le giron maternel.

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Bien que j’aime l’histoire – en tant qu’étude du passé -, je ne peux m’empêcher de lui trouver des lacunes. Dans le langage aride de l’Histoire, les victimes deviennent des statistiques, les prédateurs des conquérants, les profiteurs des vainqueurs, les maisons deviennent des blocs de béton, les lieux de naissance des morceaux de terre perdus ou pris, et la souffrance devient une conquête ou une défaite. Relégués à la marge, les orphelins, les veuves, les familles endeuillées, les personnes violées, battue, torturées, à la rue, déplacées, les personnes abattues, massacrées, les blessés, les morts. Reléguées à la marge, les victimes innocentes dans chaque camp, celles qui n’avaient pas leur mot à dire face aux calamités qu’elles enduraient. On les appelle « dommages collatéraux », et l’objectif grand angle de l’histoire (History ou His Story, « son histoire à lui » ?) poursuit son chemin. Mais ce sont ces personnes, à mon sens, qui sont les véritables héros de guerre ; celles qu’on ne peut observer qu’au microscope du cœur ; celles qui sont plutôt racontées par l’histoire en version Her Story, « son Histoire à elle ».

(Extrait de la note au lecteur)

Aussitôt après le meurtre de Nazar, Marine reçut l'ordre d'évacuer la maison. Elle couvrit le corps de son mari d'un drap blanc, emballa toute la nourriture disponible et prit la route pour conduire ses cinq enfants loin de la zone à risque. Ils marchèrent auprès d'autres femmes et enfants, et de quelques hommes âgés, qui fuyaient Aïntab et les villages arméniens environnants. Des corps en décomposition jonchaient les rues, comme des feuilles mortes.

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Le magnétisme unique de Beyrouth était aussi sa malédiction : c'était la cocaïne de bien des Arabes. Ils n'en avaient jamais assez, et en même temps ils lui en voulaient de les subjuguer à ce point et d'être la seule oasis de couleur dans le gris de leur univers. Tout en se lamentant publiquement de sa destruction, nombre de leaders arabes se frottaient les mains en secret, animés d'un sentiment de revanche.

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Vidéo de Joumana Haddad
Rencontre autour des poétesses avec Diglee pour Je serai le feu : "une anthologie sensible et subjective, dans laquelle Diglee réunit cinquante poétesses et propose pour chacune d'entre elles, un portrait, une biographie, et une sélection de ses poèmes préférés" qui paraît le 8 octobre aux éditions La ville brûle.  On a parlé de désir, d'écriture, de Joumana Haddad, Audre Lorde, Natalie Clifford Barney, Ingeborg Bachmann, Joyce Mansour, Anna Akhmatova...
Les livres de cette anthologie sont réunis dans une sélection spéciale poétesses sur notre site Librest (https://www.librest.com/livres/selection-thematique-poetesses,1303.html?ctx=81551c627cc90eb2e85d6f7d5f4bcdfb) : https://www.librest.com/livres/selection-thematiq ue-poetesses,1303.html?ctx=81551c627cc90eb2e85d6f7d5f4bcdfb
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