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ISBN : 2843046734
Éditeur : Zulma (02/01/2014)

Note moyenne : 2.83/5 (sur 68 notes)
Résumé :
"Mister Splitfoot, si tu y es, frappe deux fois !"
Qui se souvient de l'incroyable destin des sœurs Fox, ces deux fillettes de l'Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ?

Kate, d'abord, sorte d'elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite sœur, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Valerie78120
  02 avril 2014
La poésie interrompue du Peintre d'éventail m'avait émerveillée. Un nectar. Lorsque Labyrinthes, lieu de perdition entre tous à Rambouillet, a mis en évidence « La théorie de la vilaine petite fille », j'ai saisi l'ouvrage sans même savoir ce qu'il racontait. Les jolies couvertures des Editions Zulma, leurs livres toujours soignés et les mots d'Hubert Haddad me promettaient des heures de pâmoison ferroviaire.
Loin du Japon, Hubert Haddad nous entraîne, cette fois, aux Etats-Unis, dans l'Etat de New-York.
1848.
Hydesville. Quelques fermes, des granges, des vaches meuglant dans les vastes prairies, un sinistre étang, un saloon, un marshal, des tribus d'indiens en survie dans les comtés voisins et, dans la ville et sur les routes, des prédicateurs exaltés, invoquant l'Eternel, ses saints et ses prophètes, des migrants, des aventuriers, des tricheurs, des buveurs de whisky, des mormons, des quakers, des noirs que l'on pend, tout un petit monde arriéré dont la lecture s'arrête – lorsqu'il sait lire - à celle de la Bible.
Et deux soeurs. Meggie et Kate. Les soeurs Fox. Quinze et onze ans. Kate surtout, petit elfe gracile, sensible, somnambule, perdu dans ses rêveries, toujours entre deux mondes.
Une maison aussi. Qui grince, qui couine, qui tape. Hantée par un colporteur égorgé en mal de conversation. Mister Splitfoot c'est le surnom que lui donne Kate.
« Qui que tu sois, maintenant fais comme nous ! »
Et voilà Kate et Splitfoot causant l'un avec l'autre. Un coup pour oui. Deux coups pour non.
La nouvelle fait vite le tour de la ville et du comté. Curieux, sceptiques, pasteurs prêts à excommunier les sorcières ou désespérés voulant à leur tour causer avec leurs morts.
Mais voilà que débarque Leah. La soeur très aînée. La tête près du bonnet. Qui se saisit du phénomène, bien décidée à lui faire rendre monnaie, exhibe ses soeurs loin de Hydesville, organise des meetings, convoque les esprits frappeurs - Splitfoot lui-même n'a-t-il pas suivi Kate ? – et, entourée de tout ce que la science compte d'hommes peu raisonnables, donne naissance au mouvement spiritualiste.
Véritable phénomène de société où chacun se découvre médium et fait tourner les guéridons, le spiritisme saisit, comme une traînée de poudre, l'Amérique et la lointaine Europe.
Cette histoire vraie des soeurs Fox promettait, sous la plume d'Hubert Haddad, d'être mémorable.
Pourtant … à ma terrible déception … on s'y ennuie de bout en bout.
Est-ce le style trop littéraire, précieux, incompréhensible parfois (!), qui s'accorde mal avec ces personnalités rudes et ces paysages sauvages ?
Est-ce le procédé de narration qui saute de personnage en personnage – principaux, secondaires ou tertiaires (jusqu'à se demander ce qu'ils apportent au récit) - sans s'attacher à aucun ?
Est-ce la multitude des comptines et folksongs dont aucune n'est traduite ?
On ne s'approche pas de Meggie ou Kate. On les suit de loin. On assiste – sans émotion, presqu'indifférent - à leur lente déchéance, sans que jamais leurs peurs, leurs vies prises en otage et exhibées, leurs espoirs et leurs désespérances ne soient dites, si ce n'est de l'extrême bout des lèvres, sans fouiller le fond de leur âme.
Il reste, malgré tout, quelques pages inoubliables qui, au final, font presque pardonner le reste.
Un souffle épique. Les grands espaces. Les prêcheurs. le souvenir d'un tricheur professionnel, d'une fille de pasteur et de John Humphrey Noyes prônant, dans une improbable communauté, le changement hebdomadaire de partenaire. L'image d'une Amérique libre, violente et pétrie d'une multiple mais effrayante religiosité.
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yv1
  03 janvier 2014
Hubert Haddad s'empare de la vraie vie des soeurs Fox (et oui, elles ont vraiment existé, et si vous cherchez sur le Net, vous trouverez encore et toujours des articles les encensant et d'autres les descendant en flèche, comme quoi elles restent bien présentes ; de là à croire à la présence des esprits...). Il y mêle des noms de célébrités de l'époque, de gens moins connus et également des personnages de fiction. Et tout cela fonctionne admirablement. Il s'intéresse tout d'abord à la personnalité des soeurs Fox et de divers personnages qui interviendront dans l'histoire. le début du roman peut paraître un peu long, demande attention et persévérance et l'on peut parfois se demander pourquoi untel ou untel est cité, mais on sait que tous se rejoindront un moment ou un autre ; l'écriture de H. Haddad est là pour nous tenir, et heureusement, parce que la mise en scène passée, le reste du bouquin est un délice et se dévore jusqu'au bout (398 pages).
Il en vient rapidement aux premiers signes des esprits. le reste de l'histoire est l'enchaînement qui emmènera les soeurs Fox sur les grandes scènes, dans la belle société états-unienne de l'époque ; leur ascension est fulgurante, ce qui excite les jalousies et les conversions de certains flairant le bon filon pour se faire de l'argent ; c'est l'avènement des médiums et spirites en tout genre, charlatans et autres (si tant est qu'on ne croie pas déjà que tous sont des charlatans)
Hubert Haddad ne se contente pas de tirer le portrait des soeurs, il les replace dans leur époque et décrit l'Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle. le rattachement du Mexique à l'Union, la guerre de sécession, les luttes pour les droits des noirs, ... On croise quelques personnalités connues et d'autres beaucoup moins ou oubliées comme Frederick Douglass, né esclave, qui deviendra homme politique et conseiller de A. Lincoln, abolitionniste convaincu et convaincant qui militera également pour les droits des femmes, le premier homme noir à atteindre d'aussi hautes fonctions (il conclura l'un de ses discours par : "Right is of no sex- Truth is of no colour- God is the father of us all, and we are all brethren !" (p.274)
Ce qui a fini de me convaincre et qui est pour moi la plus grande qualité du bouquin -parmi toutes celles qui l'habitent-, c'est l'écriture de Hubert Haddad. de longues ou très longues phrases, dans un langage châtié, aux tournures élégantes, empli de mots rares mais néanmoins connus ("furibonderie", "séditieuse", "méjuger", "impécunieux", pour n'en citer que quelques uns) et d'autres nettement moins courants. Je me dois d'avouer ici en public que je n'aime pas trop les textes dans lesquels trop de mots que je ne connais pas sont inscrits, j'ai la flemme d'ouvrir un dictionnaire et j'oublie leur existence et a fortiori leurs définitions peu après. Mais maintenant que grâce à Liliba, j'ai un dico tout neuf, je me fais un plaisir de l'ouvrir, et second aveu ici même, jamais je n'ai autant cherché avec plaisir des définitions de mots que dans ce livre ; j'attendais même avec gourmandise le moment ou j'allais en trouver un inconnu de moi : "canitie", "liliale", "stertoreux", "égrotant", "épigone", "cachectique", "cippe", "amaurose", "cariatide", "valétudinaire", "herméneutique" (je connaissais ces quatre derniers, mais point leurs significations)
Vous l'aurez compris, ce roman est une vraie réussite, un de ceux que l'on ne quitte qu'avec regret, un de ceux qui instruisent et distraient les lecteurs simultanément, un de ceux dont on se dit que là, on a lu un grand roman et que tout le monde devrait le lire, un de ceux dont on aimerait que notre enthousiasme à son propos soit communicatif !
Lien : http://lyvres.over-blog.com/
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Akeera
  16 janvier 2014
Tout partait bien à la base: j'avais beaucoup aimé le peintre d'éventail, le précédent roman d'Hubert Haddad, j'aime beaucoup la ligne éditoriale de Zulma, le look de leurs livres, et en plus le sujet me bottait vachement! Cette fois-ci l'auteur nous plonge dans l'Amérique profonde et puritaine du milieu du 19ème siècle, dans une famille où les jeunes filles ont un don de médium. La cadette de la famille entretient une relation étroite avec un fantôme, et sa grande soeur qui a toujours rêvé de faire fortune compte bien exploiter son don en faisant sensation dans les salons de riches new-yorkais.
Bref, la base me parlait vraiment, mais ce roman nous prouve qu'un bon sujet et une belle couverture bigarrée ne suffisent vraiment pas pour en faire un bon livre!
Cela ne m'avait pas choqué dans le Peintre d'éventail (peut-être à cause du côté épuré du style japonais?) mais Hubert Haddad a un style vraiment, mais alors vraiment très pompeux et indigeste. Certaines tournures de phrases sont vraiment trop élaborées, accessoirisées avec des mots savants qui rendent le tout incompréhensible, alors que le sujet ne nécessite vraiment pas une telle surenchère. Et ce n'est pas une façon de dire, j'ai n'ai vraiment pas compris certaines phrases!
Niveau style, il donne aussi dans l'originalité en terminant ses chapitres avec des petites ritournelles et berceuses folkloriques américaines, ce qui aurait pu être bien mais ne sert finalement à rien puisqu'on n'a aucune idée de la mélodie, ce qui a fini par m'irriter plus qu'autre chose.
Pour ne rien arranger, à partir de la moitié l'histoire s'embourbe franchement et le sentiment de ne pas savoir où on va et qu'il ne se passe rien devient de plus en plus présent. J'ai fini par feuilleter en trèèèès grande diagonale les 100 dernières pages où j'ai pu constater qu'il n'y avait pas de miracle, la fin est aussi décevante, sans éclat...et on referme le livre en se disant "A quoi bon?".
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Amindara
  05 avril 2014
Fastidieux… Mais j'ai réussi à en venir à bout finalement.
Pourtant, l'histoire de base me tentait bien, la 4ème de couverture était alléchante. Et puis je me suis plongée dedans et… comment dire, j'avais du mal à lire plus de 20 pages par jour. L'histoire n'est finalement pas si captivante que je pensais. Ok les soeurs Fox inventent le spiritisme, c'est chouette, et alors ? J'ai dû me forcer pour le terminer. Je n'avais pas vraiment envie de connaitre la fin. Souvent, lorsqu'un livre ne me plait pas, je le continue quand même parce que je veux voir comment ça se termine. Là, je m'en fichais royalement de la fin. Je l'ai juste fini parce qu'il était au comité de lecture et que je voulais écrire une critique sur l'intégralité du livre et pas seulement ce que j'en avais lu.
L'écriture de Hubert Haddad ne m'a pas non plus vraiment emballée. D'abord, j'étais complètement perdue : chaque chapitre est raconté sous un point de vue différent, tourne autour d'un personnage différent. Bien sûr, cela revient régulièrement sur des personnages qu'on a déjà vu et en règle général, cela tourne autour des soeurs Fox (mais j'avoue n'avoir pas trop saisi l'utilité de William Pill et de Pearl Gascoigne…). Mais cet enchainement de points de vue m'a complètement déstabilisée, j'avais du mal à suivre. En plus, certains chapitres, en particulier les derniers, sont très difficiles à suivre. J'ai parfois eu l'impression qu'ils n'avaient aucun sens. Autre chose, il y a souvent des petits passages de chansons (ou plus rarement des citations) en anglais. Je pense que ça peut gêner certaines personnes ne comprenant pas l'anglais.
Non vraiment, je n'ai pas apprécié cette lecture.
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Crocodyll
  15 février 2014
Dans ce roman d'Hubert Haddad, nous découvrons la vie des soeurs Fox. Ces soeurs qui ont réellement existé, au XIXe siècle. Kate, la plus jeune est somnambule, « À onze ans, pas encore femme, Katie avait l'air d'un ange, un de « ces gracieux oiseaux à visage humain qui peuplent par myriades les sphères resplendissantes », comme les avait décrits un jour le révérend Henry Gascogne au sermon dominical. » Et c'est celle-ci qui va ouvrir la voie au Modern Spiritualism. En effet, en communiquant avec celui qu'elle nomme Mister Splitfoot, les fantômes ne vont plus passer inaperçus. Et quand la plus âgée des soeurs, Leah, décide de faire monter Kate et Margaret sur scène, alors les pouvoirs de médium vont se propager comme un virus…
« Cependant les coups se firent plus violents, assez pour réveiller Maggie couchée à sa dextre, là même où ronflait le père Fox d'ordinaire, tandis que bonne mère soupirait doucement à sa senestre. Maggie vit sa soeur occupée à faire craquer ses phalanges, pouces contre majeurs. À sa grande stupeur, les coups répondirent en écho, juste après les claquements de doigts. Un coup pour un coup, deux pour deux et ainsi de suite. Mister Splitfoot jouait à donnant-donnant. »
Pour le coup, nous avons là un roman original avec un sujet vraiment bien traité. Car Hubert Haddad a l'art de manier les mots ; grâce à lui, j'ai pu assister à des séances de spiritismes angoissantes, j'ai pu manger à la table d'éminents personnages en compagnie des soeurs Fox, j'ai pu entendre les coups de Mister Splitfoot, et j'ai pu devenir amie avec Kate… Bref, je me fondue dans cette incroyable histoire. Un morceau d'Histoire que je n'avais encore jamais vu et qui a été une découverte passionnante. Accrochez-vous à votre table avant qu'elle ne s'envole…
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critiques presse (1)
LActualite   21 juillet 2014
Présenté dans une langue marquée d’une délicieuse préciosité et saupoudré d’étonnantes prouesses lexicales, ce roman émeut jusqu’à la dernière page. [...] Ce livre témoigne non seulement d’une époque palpitante, mais aussi du désir humain jamais assouvi de communiquer avec les morts.
Lire la critique sur le site : LActualite
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   05 octobre 2016
Nous sommes restées presque trois mois à New-York. Qui ne connaît pas cette ville est un paysan. On y vit dans une folle agitation de scolopendre décapité. Tout est immense et ouvert sur le fleuve ou la mer, tout y résonne comme sur une piste de danse vertigineuse où les peuples du monde entier, chevaux compris, auraient chaussé des claquettes irlandaises.
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MontanaMontana   30 décembre 2015
A l'approche de l'Ancien Monde, lavée par l'océan des funèbres emprises, elle voulut croire que tout allait s'arranger loin de ces puritains fanatiques qui par manque d'enracinement s'encombraient d'esprits capricieux.
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yv1yv1   03 janvier 2014
C'est alors que se fit entendre un claquement répété ; elle dénombra une douzaine de coups vivement martelés suivis de trois coups plus puissants et espacés, tout à fait comme l'annonce du brigadier sur le plancher des anciens théâtres, en signe des apôtres et de la Trinité (p.41)
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EveToulouseEveToulouse   02 août 2016
Jamais ne vit-on au temple paysage si divers. Il y avait là, outre une majorité de méthodistes, toutes espèces de puritains venus des villages avoisinants, baptistes endimanchés, adventistes, luthériens et même un échantillon de quakers ébahis, avec dans le fond les nègres des plantations de maïs libérés pour l'office.
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Eve-YesheEve-Yeshe   22 avril 2014
Plus on apprend, plus s'alourdit le plateau de l'ignorance.

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Videos de Hubert Haddad (22) Voir plusAjouter une vidéo
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Prix littéraire Paris Rive gauche.
Comité de rédaction : Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Hubert Haddad, Abdellatif Laâbi, Catherine Pont-Humbert.
http://www.laroseraiedescultures.fr/edition2016/mb-en-particulier-1-Yahia-Belaskri.html
Association "La Roseraie des Cultures et des Arts" le 3 septembre 2016 - Moulin de la Bièvre Salon du Livre et des Arts de L'Haÿ-Les-Roses http://www.laroseraiedescultures.fr
Réalisation : M.D'E
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