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EAN : 9782843046735
397 pages
Zulma (02/01/2014)
2.88/5   77 notes
Résumé :
"Mister Splitfoot, si tu y es, frappe deux fois !"
Qui se souvient de l'incroyable destin des sœurs Fox, ces deux fillettes de l'Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ?

Kate, d'abord, sorte d'elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite sœur, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Valerie78120
  02 avril 2014
La poésie interrompue du Peintre d'éventail m'avait émerveillée. Un nectar. Lorsque Labyrinthes, lieu de perdition entre tous à Rambouillet, a mis en évidence « La théorie de la vilaine petite fille », j'ai saisi l'ouvrage sans même savoir ce qu'il racontait. Les jolies couvertures des Editions Zulma, leurs livres toujours soignés et les mots d'Hubert Haddad me promettaient des heures de pâmoison ferroviaire.
Loin du Japon, Hubert Haddad nous entraîne, cette fois, aux Etats-Unis, dans l'Etat de New-York.
1848.
Hydesville. Quelques fermes, des granges, des vaches meuglant dans les vastes prairies, un sinistre étang, un saloon, un marshal, des tribus d'indiens en survie dans les comtés voisins et, dans la ville et sur les routes, des prédicateurs exaltés, invoquant l'Eternel, ses saints et ses prophètes, des migrants, des aventuriers, des tricheurs, des buveurs de whisky, des mormons, des quakers, des noirs que l'on pend, tout un petit monde arriéré dont la lecture s'arrête – lorsqu'il sait lire - à celle de la Bible.
Et deux soeurs. Meggie et Kate. Les soeurs Fox. Quinze et onze ans. Kate surtout, petit elfe gracile, sensible, somnambule, perdu dans ses rêveries, toujours entre deux mondes.
Une maison aussi. Qui grince, qui couine, qui tape. Hantée par un colporteur égorgé en mal de conversation. Mister Splitfoot c'est le surnom que lui donne Kate.
« Qui que tu sois, maintenant fais comme nous ! »
Et voilà Kate et Splitfoot causant l'un avec l'autre. Un coup pour oui. Deux coups pour non.
La nouvelle fait vite le tour de la ville et du comté. Curieux, sceptiques, pasteurs prêts à excommunier les sorcières ou désespérés voulant à leur tour causer avec leurs morts.
Mais voilà que débarque Leah. La soeur très aînée. La tête près du bonnet. Qui se saisit du phénomène, bien décidée à lui faire rendre monnaie, exhibe ses soeurs loin de Hydesville, organise des meetings, convoque les esprits frappeurs - Splitfoot lui-même n'a-t-il pas suivi Kate ? – et, entourée de tout ce que la science compte d'hommes peu raisonnables, donne naissance au mouvement spiritualiste.
Véritable phénomène de société où chacun se découvre médium et fait tourner les guéridons, le spiritisme saisit, comme une traînée de poudre, l'Amérique et la lointaine Europe.
Cette histoire vraie des soeurs Fox promettait, sous la plume d'Hubert Haddad, d'être mémorable.
Pourtant … à ma terrible déception … on s'y ennuie de bout en bout.
Est-ce le style trop littéraire, précieux, incompréhensible parfois (!), qui s'accorde mal avec ces personnalités rudes et ces paysages sauvages ?
Est-ce le procédé de narration qui saute de personnage en personnage – principaux, secondaires ou tertiaires (jusqu'à se demander ce qu'ils apportent au récit) - sans s'attacher à aucun ?
Est-ce la multitude des comptines et folksongs dont aucune n'est traduite ?
On ne s'approche pas de Meggie ou Kate. On les suit de loin. On assiste – sans émotion, presqu'indifférent - à leur lente déchéance, sans que jamais leurs peurs, leurs vies prises en otage et exhibées, leurs espoirs et leurs désespérances ne soient dites, si ce n'est de l'extrême bout des lèvres, sans fouiller le fond de leur âme.
Il reste, malgré tout, quelques pages inoubliables qui, au final, font presque pardonner le reste.
Un souffle épique. Les grands espaces. Les prêcheurs. le souvenir d'un tricheur professionnel, d'une fille de pasteur et de John Humphrey Noyes prônant, dans une improbable communauté, le changement hebdomadaire de partenaire. L'image d'une Amérique libre, violente et pétrie d'une multiple mais effrayante religiosité.
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YvPol
  03 janvier 2014
Hubert Haddad s'empare de la vraie vie des soeurs Fox (et oui, elles ont vraiment existé, et si vous cherchez sur le Net, vous trouverez encore et toujours des articles les encensant et d'autres les descendant en flèche, comme quoi elles restent bien présentes ; de là à croire à la présence des esprits...). Il y mêle des noms de célébrités de l'époque, de gens moins connus et également des personnages de fiction. Et tout cela fonctionne admirablement. Il s'intéresse tout d'abord à la personnalité des soeurs Fox et de divers personnages qui interviendront dans l'histoire. le début du roman peut paraître un peu long, demande attention et persévérance et l'on peut parfois se demander pourquoi untel ou untel est cité, mais on sait que tous se rejoindront un moment ou un autre ; l'écriture de H. Haddad est là pour nous tenir, et heureusement, parce que la mise en scène passée, le reste du bouquin est un délice et se dévore jusqu'au bout (398 pages).
Il en vient rapidement aux premiers signes des esprits. le reste de l'histoire est l'enchaînement qui emmènera les soeurs Fox sur les grandes scènes, dans la belle société états-unienne de l'époque ; leur ascension est fulgurante, ce qui excite les jalousies et les conversions de certains flairant le bon filon pour se faire de l'argent ; c'est l'avènement des médiums et spirites en tout genre, charlatans et autres (si tant est qu'on ne croie pas déjà que tous sont des charlatans)
Hubert Haddad ne se contente pas de tirer le portrait des soeurs, il les replace dans leur époque et décrit l'Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle. le rattachement du Mexique à l'Union, la guerre de sécession, les luttes pour les droits des noirs, ... On croise quelques personnalités connues et d'autres beaucoup moins ou oubliées comme Frederick Douglass, né esclave, qui deviendra homme politique et conseiller de A. Lincoln, abolitionniste convaincu et convaincant qui militera également pour les droits des femmes, le premier homme noir à atteindre d'aussi hautes fonctions (il conclura l'un de ses discours par : "Right is of no sex- Truth is of no colour- God is the father of us all, and we are all brethren !" (p.274)
Ce qui a fini de me convaincre et qui est pour moi la plus grande qualité du bouquin -parmi toutes celles qui l'habitent-, c'est l'écriture de Hubert Haddad. de longues ou très longues phrases, dans un langage châtié, aux tournures élégantes, empli de mots rares mais néanmoins connus ("furibonderie", "séditieuse", "méjuger", "impécunieux", pour n'en citer que quelques uns) et d'autres nettement moins courants. Je me dois d'avouer ici en public que je n'aime pas trop les textes dans lesquels trop de mots que je ne connais pas sont inscrits, j'ai la flemme d'ouvrir un dictionnaire et j'oublie leur existence et a fortiori leurs définitions peu après. Mais maintenant que grâce à Liliba, j'ai un dico tout neuf, je me fais un plaisir de l'ouvrir, et second aveu ici même, jamais je n'ai autant cherché avec plaisir des définitions de mots que dans ce livre ; j'attendais même avec gourmandise le moment ou j'allais en trouver un inconnu de moi : "canitie", "liliale", "stertoreux", "égrotant", "épigone", "cachectique", "cippe", "amaurose", "cariatide", "valétudinaire", "herméneutique" (je connaissais ces quatre derniers, mais point leurs significations)
Vous l'aurez compris, ce roman est une vraie réussite, un de ceux que l'on ne quitte qu'avec regret, un de ceux qui instruisent et distraient les lecteurs simultanément, un de ceux dont on se dit que là, on a lu un grand roman et que tout le monde devrait le lire, un de ceux dont on aimerait que notre enthousiasme à son propos soit communicatif !
Lien : http://lyvres.over-blog.com/
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sweetie
  19 août 2021
Les soeurs Fox… près de Rochester, New York… milieu du XVIIIe siècle… entretiens avec les morts… Passées les premières pages, tout m'est soudain revenu… Dans le noir, un roman de Claire Mulligan lu en 2016 et portant exactement sur le même sujet que celui de Hubert Haddad. Et tous deux publiés en 2014. Étrange coïncidence…
J'avais adoré le premier et Haddad m'a aussi comblée avec Théorie de la vilaine petite fille, porté par une plume inspirée et poétique.
Kate, onze ans et sa soeur Margaret, quinze ans, s'entretiennent avec le fantôme d'un colporteur mort dans leur maison de ferme de Hydesville il y a fort longtemps. Rapidement, la communauté en est informée et une chasse aux sorcières s'ensuit. En fuite vers Rochester sous la houlette de leur aînée Leah qui y vit déjà, on s'empresse de créer le buzz autour des deux soeurs spirites en exhibant leurs talents dans les salles de théâtre. Occultisme, nécromancie, guéridons en folie, écriture automatique, ectoplasmes, transes médiumniques, somnambulisme, dialogues avec les chers disparus, c'est la grande mode de cette moitié de siècle. L'histoire tumultueuse des États-Unis se mêle à celle des soeurs Fox dans un tournoiement littéraire magistralement mené par l'auteur, apprécié précédemment avec Un monstre et un chaos.
« Pour être hanté – nul besoin de Chambre
Nul besoin de Maison
Le Cerveau – a des couloirs pires
Qu'un Lieu matériel » (Emily Dickinson)
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Akeera
  16 janvier 2014
Tout partait bien à la base: j'avais beaucoup aimé le peintre d'éventail, le précédent roman d'Hubert Haddad, j'aime beaucoup la ligne éditoriale de Zulma, le look de leurs livres, et en plus le sujet me bottait vachement! Cette fois-ci l'auteur nous plonge dans l'Amérique profonde et puritaine du milieu du 19ème siècle, dans une famille où les jeunes filles ont un don de médium. La cadette de la famille entretient une relation étroite avec un fantôme, et sa grande soeur qui a toujours rêvé de faire fortune compte bien exploiter son don en faisant sensation dans les salons de riches new-yorkais.
Bref, la base me parlait vraiment, mais ce roman nous prouve qu'un bon sujet et une belle couverture bigarrée ne suffisent vraiment pas pour en faire un bon livre!
Cela ne m'avait pas choqué dans le Peintre d'éventail (peut-être à cause du côté épuré du style japonais?) mais Hubert Haddad a un style vraiment, mais alors vraiment très pompeux et indigeste. Certaines tournures de phrases sont vraiment trop élaborées, accessoirisées avec des mots savants qui rendent le tout incompréhensible, alors que le sujet ne nécessite vraiment pas une telle surenchère. Et ce n'est pas une façon de dire, j'ai n'ai vraiment pas compris certaines phrases!
Niveau style, il donne aussi dans l'originalité en terminant ses chapitres avec des petites ritournelles et berceuses folkloriques américaines, ce qui aurait pu être bien mais ne sert finalement à rien puisqu'on n'a aucune idée de la mélodie, ce qui a fini par m'irriter plus qu'autre chose.
Pour ne rien arranger, à partir de la moitié l'histoire s'embourbe franchement et le sentiment de ne pas savoir où on va et qu'il ne se passe rien devient de plus en plus présent. J'ai fini par feuilleter en trèèèès grande diagonale les 100 dernières pages où j'ai pu constater qu'il n'y avait pas de miracle, la fin est aussi décevante, sans éclat...et on referme le livre en se disant "A quoi bon?".
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Amindara
  05 avril 2014
Fastidieux… Mais j'ai réussi à en venir à bout finalement.
Pourtant, l'histoire de base me tentait bien, la 4ème de couverture était alléchante. Et puis je me suis plongée dedans et… comment dire, j'avais du mal à lire plus de 20 pages par jour. L'histoire n'est finalement pas si captivante que je pensais. Ok les soeurs Fox inventent le spiritisme, c'est chouette, et alors ? J'ai dû me forcer pour le terminer. Je n'avais pas vraiment envie de connaitre la fin. Souvent, lorsqu'un livre ne me plait pas, je le continue quand même parce que je veux voir comment ça se termine. Là, je m'en fichais royalement de la fin. Je l'ai juste fini parce qu'il était au comité de lecture et que je voulais écrire une critique sur l'intégralité du livre et pas seulement ce que j'en avais lu.
L'écriture de Hubert Haddad ne m'a pas non plus vraiment emballée. D'abord, j'étais complètement perdue : chaque chapitre est raconté sous un point de vue différent, tourne autour d'un personnage différent. Bien sûr, cela revient régulièrement sur des personnages qu'on a déjà vu et en règle général, cela tourne autour des soeurs Fox (mais j'avoue n'avoir pas trop saisi l'utilité de William Pill et de Pearl Gascoigne…). Mais cet enchainement de points de vue m'a complètement déstabilisée, j'avais du mal à suivre. En plus, certains chapitres, en particulier les derniers, sont très difficiles à suivre. J'ai parfois eu l'impression qu'ils n'avaient aucun sens. Autre chose, il y a souvent des petits passages de chansons (ou plus rarement des citations) en anglais. Je pense que ça peut gêner certaines personnes ne comprenant pas l'anglais.
Non vraiment, je n'ai pas apprécié cette lecture.
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critiques presse (1)
LActualite   21 juillet 2014
Présenté dans une langue marquée d’une délicieuse préciosité et saupoudré d’étonnantes prouesses lexicales, ce roman émeut jusqu’à la dernière page. [...] Ce livre témoigne non seulement d’une époque palpitante, mais aussi du désir humain jamais assouvi de communiquer avec les morts.
Lire la critique sur le site : LActualite
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
MontanaMontana   30 décembre 2015
A l'approche de l'Ancien Monde, lavée par l'océan des funèbres emprises, elle voulut croire que tout allait s'arranger loin de ces puritains fanatiques qui par manque d'enracinement s'encombraient d'esprits capricieux.
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YvPolYvPol   03 janvier 2014
C'est alors que se fit entendre un claquement répété ; elle dénombra une douzaine de coups vivement martelés suivis de trois coups plus puissants et espacés, tout à fait comme l'annonce du brigadier sur le plancher des anciens théâtres, en signe des apôtres et de la Trinité (p.41)
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sweetiesweetie   19 août 2021
Pendant les deux semaines que dura la traversée, Kate, le plus souvent sur le pont, emmitouflée dans sa fourrure, se laissa envahir par le souffle versatile du ciel et de la mer, parfois plus ténu qu'une haleine de mourant et subitement d'une violence abyssale.
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evelynepapillardevelynepapillard   08 avril 2022
on vit ainsi surgir d'innombrables médiums, comme autant de grenouilles nées de la pluie, nouvelle espèce de prédicateurs avec accessoires, dont quantité d'illuminés révélés à eux-mêmes, de pasteurs en délicatesse avec leur congrégation, d'apothicaires ambulants, de magnétiseurs traînant dans leur carriole le baquet de Mesmer, de camelots recyclés, de bateleurs de rodéo, de tricheurs professionnels et autres escamoteurs. ils officiaient en tous lieux imaginables après une campagne de presse ou une parade de cirque, les temples, les domiciles privés, les salles de congrès, les marchés couverts, les places publiques. chacun promettait une variété de frissons à sa manière aux foules crédules, pour 1 dollar ou cent la tête. Les communications post mortem devinrent si courues en ville, où la mode était aux tables tournantes, il s'en faisaient communément entre bourgeois, le soir, autour d'un guéridon, que n'importe qui pouvait s'improviser médiateur de l'Outre -monde, pour peu que l'assemblée n'en meurt pas de rire.
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evelynepapillardevelynepapillard   08 avril 2022
enfin apaisé, Léah vit venir à elle sa domestique virginienne toute contrite, des bigoudis sur sa vieille tête.
- j'aurais pu mourir 100 fois lui lâcha-t-elle sur un ton faussement serein.
-mais maîtresse, vous m'aviez accordé mon après-midi...
- même si c'était 3 jours, un mois entier il faut tout de même être là quand je sonne
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