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ISBN : B00FN3N0KQ
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Qu'est-ce que la philosophie antique ? A cette question, la tradition universitaire répond par une histoire des doctrines et des systèmes - réponse d'ailleurs très tôt induite par la volonté du christianisme de s'arroger la sagesse comme l'ascèse. A cette question, Pierre Hadot apporte une réponse tout à fait nouvelle : depuis Socrate et Platon, peut-être même depuis les présocratiques, jusqu'au début du christianisme, la philosophie procède toujours d'un choix init... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
  22 août 2013
Socrate disait il y a fort longtemps : « Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien »
Moi je n'ai jamais fait de philosophie, orienté malgré moi par des adultes responsables en CAP/BEP après ma troisième, sous prétexte d'une moyenne chaotique dans les matières scientifiques. Il fut décrété que j'étais une burne de compétition, ma mère fut convaincue rapidement du bien fondée de cette décision, qui m'empêchera d'accéder à la sagesse philosophique quelques années plus tard…
Raaaaaaaaaaaa, la troisième, quelle année de fou furieux, j'ai pécho, pécho, pécho, un vrai lover, mes doigts s'en souviennent, mais que mes doigts hein : « Je ne suis pas prête qu'elles disaient toutes » et les plus dévergondées ne sortaient pas avec moi…
D'ailleurs c'est cette même année qu'un voyant a convaincu ma mère que je fumais des trucs rigolo pour épater la gente féminine...
Oui je suis né dans une famille unie par une ignorance intellectuelle abyssale, éduqué pendant de nombreuses années par leur bêtise, d'ailleurs j'ai longtemps galéré avant de pouvoir aspirer à devenir un peu moins con, malheureusement tout ceci a pris un peu trop de temps…
Comme il n'est jamais trop tard, j'ai acheté ce petit bouquin qui vous explique plein de trucs sur la philosophie antique :
La philosophie est une façon de vivre, pas seulement un discours théorique, mais une pratique de tous les jours, une recherche continue et absolue de la sagesse du Divin, homme de bien, le philosophe passe sa vie à contempler le tout dans son infini, au jour le jour, il recherche la paix de l'âme sans craindre la mort, sans craindre la vie ni le destin, les choses arrivent quand elles arrivent parce qu'elles arrivent…
Moi je dis branlette intellectuelle un peu quand même, si si déconnez pas, ça papote, ça papote, ça contemple, ça médite sur l'infini pendant des heures, tout ça pour qu'une poignée d'intellos nous disent qu'on est des cons – « Con toi-même va, lé fou lui ». Même si des fois il faut reconnaitre que ça a du sens et que c'est passionnant…
Moi aussi j'ai atteint le divin, le jour ou suce-la-bien-nommée choupette ne s'est pas arrêtée, alors là je ne vous raconte pas comment que mon âme elle est sortie de mon corps pour rejoindre l'infini jouissance de l'absolue nécessité de recommencer très souvent…
Un bouquin passionnant, accessible aux plus menuisiers d'entre vous, certaines choses m'ont complètement échappé mais dans les grandes lignes, j'ai tout pigé et je suis plutôt fier de moi car c'était loin d'être gagné…
Sinon je suis complètement d'accord avec la critique de « Walktapus », je suis trop sympa comme mec, ça me perdra...
A plus les copains
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ericbo
  17 janvier 2018
Magistral ! Comment comprendre la philosophique antique. Pierre Hadot resitue magnifiquement cette philosophie dans son contexte. Avec cette grande question sous-jacente : pourquoi l'enseignement de la philosophie de nos jours se résume à une série de cours théoriques sur les textes de certains philosophes sans plus aucun rapport avec une existence en relation avec leurs préceptes. Hadot l'explique par le christianisme venu peu à peu remplacer les valeurs antiques, reléguant ainsi Platon ou Aristote dans des discours déconnectés de leurs réalités.
C'est écrit simplement, de manière facilement accessible. C'est un de ces auteurs qui nous rend plus intelligents. Mieux que tous ces cours théoriques, souvenirs d'un enseignement d'état, de plus en plus défaillant.
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enkidu_
  22 août 2014
Ouvrage salutaire qui montre que, contrairement à aujourd'hui, où le "philosophe" est un aspirateur purement théorique, l'ancien philosophe était, dans sa quête de sagesse, "théorétique" : celle-ci, sans exclure la théorie, appuie aussi (et surtout) une pratique corolaire, une somme de méthodes méditatives et ascétiques qui faisaient souscrire le philosophe, depuis la figure socratique - un directeur de conscience spirituel -, à ce que l'auteur appel un "projet existentiel".
Mais quand est-ce que la philosophie est devenue "scolaire" ? Depuis la réappropriation chrétienne dans l'Antiquité tardive, qui a divorcé la pratique (qu'elle acceptait, sous forme monastique) du discours théorique ; cela va "s'empiré" pendant l'ère médiévale, avec la scolastique qui - toujours selon l'auteur - n'a jamais été reniée même par nos universités modernes, et ce qui donne qu'aujourd'hui, plus que des philo-sophes, nous avons des philo-doxes (formule platonicienne signifiant "amoureux de l'opinion") ou, comme le dit Kant, des "artistes de la raison" - Kant qui, avec quelques autres figures individuelles (Descartes, Montaigne, Schopenhauer, Nietzsche, ...), a plus au moins gardé la conception "antique" de la philosophie comme quête jamais étanchée de la sagesse.
Bien sûr, au vu du volume, Pierre Hadot agrémente son texte de plusieurs citations d'auteurs principaux et des différentes écoles, d'exemples historiques, etc une bien belle introduction à la philosophie, donc !
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Ulahup
  10 février 2012
Ce bouquin a fait l'effet d'un pavé dans la mare lors de sa sortie. Loin des concepts théoriques plus ou moins fumeuses, Pierre Hadot se propose via l'étude des philosophies antiques de remettre la philosophie au coeur de la vie, au coeur de la Cité de façon très palpable et concrète. Ce livre aura notamment une grande influence sur Michel Foucault pour l'écriture du Soucis de soi. Une des grande force de Hadot est d'exposer un travail somme toute ardu de façon si clair et limpide qu'on pourrait se prendre, le temps d'un instant, pour un petit génie de la philosophie.
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Mhfasquel
  03 mai 2019
Quand, vers sept heures trente, vous vous précipitez, hagard, dans la rame de la ligne quatre direction Porte d'Orléans, en songeant déjà aux infinis couloirs de la correspondance où vous allez devoir slalomer sans égard aucun pour vos compatriotes afin d'arriver à huit heures tapantes au dix-huitième étage d'une des tours de la Défense, vous emportez rarement sous votre bras L'Apologie de Socrate de Platon. Rassurez-vous, je ne fais pas mieux, ce qui est logique, puisque j'habite dans une ville où il n'y a pas de métro…
Alors, lire ? Lire dans de telles conditions ?
Reconnaissons-le : on le constate de moins en moins. D'ailleurs, un livre en papier nécessite au moins cinquante centimètres de recul pour être lu et cet espace vital nous fait la plupart du temps défaut, à sept heures trente le matin, dans la ligne quatre du métro.
Pourtant, plus d'excuses : il y a les liseuses ! Des auteurs de science-fiction ont même sûrement déjà imaginé des livres implantés directement dans le cortex cérébral… pratique ! amusant ! sympathique !...
Mais supposons un instant que la liste des livres soit strictement établie et fixée par l'État…
Moins sympathique déjà !
Car les livres donnent à réfléchir. Ils sont subversifs.
Réfléchir, se poser des questions ne paraît cependant plus aussi vital aujourd'hui pour beaucoup d'entre nous, car nous avons le sentiment de tourner en rond dans nos pensées et de ne pas pouvoir agir sur le monde qui nous environne et qui se dégrade à une vitesse vertigineuse. C'est que nous sommes tous habités par une angoisse latente : dans quel état allons-nous laisser la planète à nos enfants ?
Alors, dans tout ça, que peuvent encore bien nous apporter ces vieux philosophes de l'antiquité ? le mot même d'antiquité évoque la brocante, la poussière, le rétro.
Les anciens n'auraient donc plus rien à nous dire, étant vieux, dépassés, oubliés, n'ayant connu ni les smartphones ni le deuxième volet de Hunger Games ?
Pierre Hadot nous prouve le contraire, dans un style simple, limpide et dépourvu du moindre jargon, en nous montrant que le propre des philosophes de cette époque était d'appliquer leurs idées à leur mode de vie. C'était d'ailleurs à cela qu'on les reconnaissait. Les autres - ceux qui palabraient sans agir - n'étaient que des sophistes. Les vrais philosophes, eux, vivaient selon leur coeur, leurs idées, leurs idéaux. Ils ne transigeaient pas. S'engageaient pour la vie. Jusqu'à la mort parfois, comme Socrate.
Or, la vie personnelle n'est-elle pas aujourd'hui encore le denier champ véritable où nous pouvons nous-mêmes appliquer nos idées, nos principes ? Diogène vivait dans un dénuement total, préconisant une existence proche de la nature. N'y a-t-il pas là quelque résonnance avec nos problèmes actuels ?
Les anciens ne philosophaient pas, ne parlaient pas pour ne rien dire, ils vivaient. J'ignorais que, dès cette époque, ils pratiquaient également des exercices spirituels et méditatifs, comme les bouddhistes, et que des contacts avaient été établis entre eux et la civilisation indienne. Bien des choses nous surprennent dans cet ouvrage de Pierre Hadot. Et donnent ou redonnent l'envie de se plonger dans les textes de ces vieux idéalistes, rêveurs, un peu fous, mais tellement libres.
Car, heureusement : on n'est pas toujours coincés dans le métro !
Lien : https://sharingteaching.blog..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
ericboericbo   17 janvier 2018
L'institution universitaire conduit à faire du professeur de philosophie un fonctionnaire dont le métier consiste, en grande partie, à former d'autre fonctionnaires ; il ne s'agit plus, comme dans l'Antiquité, de former au métier d'homme, mais de former au métier de clerc ou de professeur, c'est-à-dire de spécialiste, de théoricien, détenteur d'un certain savoir, plus ou moins ésotérique. Mais ce savoir ne met plus en jeu toute sa vie, comme le voulait la philosophie antique.
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enkidu_enkidu_   22 août 2014
Selon Plutarque, Platon et Aristote faisaient culminer la philosophie dans une « époptique», c'est-à-dire, comme pour les mystères, dans la révélation suprême de la réalité transcendante.

Il semble donc bien que, depuis le début du Ile siècle apr. J.-C., et plusieurs témoignages nous le prouvent, la philosophie ait été conçue comme un itinéraire spirituel ascendant, qui correspond à une hiérarchie des parties de la philosophie. L'éthique assure la purification initiale de l'âme; la physique révèle que le monde a une cause transcendante et invite ainsi à rechercher les réalités incorporelles; la métaphysique ou théologie, appelée aussi époptique, puisqu'elle est, comme dans les mystères, le terme de l'initiation, apporte finalement la contemplation de Dieu. (p. 238)
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enkidu_enkidu_   22 août 2014
Pour les Anciens, on est philosophe non pas en fonction de l'originalité ou de l'abondance du discours philosophique que l'on a inventé ou développé, mais en fonction de la manière dont on vit. Il s'agit avant tout de devenir meilleur. Et le discours n'est philosophique que s'il se transforme en mode de vie. (p. 266)
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ericboericbo   14 janvier 2018
On reconnaîtra aussi un exercice du mode de vie philosophique dans le discours de méditation, qui est en quelque sorte un dialogue du philosophe avec lui-même. Le dialogue avec soi-même est un usage répandu dans toute l'Antiquité.
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WalktapusWalktapus   16 avril 2011
pour les Anciens, on est philosophe non pas en fonction de l'originalité ou de l'abondance du discours philosophique que l'on a inventé ou développé, mais en fonction de la manière dont on vit. Il s'agit, avant tout, de devenir meilleur. Et le discours n'est philosophique que s'il se transforme en mode de vie.
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Videos de Pierre Hadot (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Hadot
Pierre Hadot : La simplicité comme exercice spirituel.
Pierre Hadot : La simplicité comme exercice spirituel. "La vie comme elle va" du 3 janvier 2002. Francesca Piolot s'entretient avec Pierre Hadot, philosophe, spécialiste du stoïcisme ancien et du néoplatonisme, professeur honoraire au Collège de France, il est l'auteur notamment de "Exercices spirituels et philosophie antique", "La citadelle intérieure", "Qu'est-ce que la philosophie antique ?"
"Le monde et la raison, dit Merleau-Ponty, ne font pas problème? Disons si l'on veut qu'ils sont mystérieux, mais ce mystère les définit, il ne saurait être question de le dissiper pour quelque solution, ils sont en-deça des solutions. La vraie philosophie est de rapprendre à voir le monde." Réapprendre à voir le monde en toute simplicité ? C'est à cet exercice spirituel que nous nous livrerons en compagnie de Pierre Hadot, philosophe, auteur notamment de "La philosophie comme manière de vivre".
La chronique du jeudi 3 janvier 2002: "la simplicité : la valeur d'une illusion" Sur le thème de La Simplicité, une méditation philosophique en trois temps : - Rien n'est simple - C'était si simple - Soyons simples !
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>Philosophie antique, médiévale, orientale (372)
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