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Éric Boury (Traducteur)
EAN : 9782847209938
352 pages
Éditeur : Gaïa (04/11/2020)
3.9/5   46 notes
Résumé :
Edda, une jeune Islandaise, disparaît un beau matin, abandonnant son mari et leur bébé. Quand la police découvre qu'elle s'est rendue à New York, son frère Einar part à sa recherche.
Ce sauveteur chevronné a l'habitude de pister des disparus, mais il évolue cette fois-ci dans un environnement étranger et sa dyslexie ne facilite pas sa tâche. Peu à peu il comprend que la disparition de sa soeur est liée à sa vieille obsession pour les textes et que la clé pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
3,9

sur 46 notes
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Agneslitdansonlit
  16 avril 2021
Le titre couplé à l'illustration de la couverture m'a poussée à supposer qu'il s'agissait là d'un thriller, une enquête, avec une forme de suspens.
Ce n'est pourtant pas ainsi que débute ce roman islandais, très agréable et fluide. Deux époques vont alterner, les retours dans le passé des années 1990 permettant classiquement d'éclairer les évènements présents.
Edda, blogueuse hyper connectée, vivant à Reykjavik, mariée et visiblement heureuse en couple, s'avère être cette lectrice qui va se volatiliser, laissant sa famille à sa consternation et son inquiétude car elle laisse derrière elle un nourrisson de trois jours.
À partir de cet événement, vont se relayer deux récits, l'un contemporain narrant la recherche d'Edda par son frère Einar, suivant sa piste jusqu'au Etats-Unis; l'autre visitant le passé de cette famille atypique.
J'ai très clairement préféré la première partie de ce roman, nous rapportant la rencontre de la jeune Júlía avec un Orlygur plus âgé, "fils à papa" entretenu, irresponsable et volage, exerçant ses "talents" dans le cinéma, et accomplissant l'exploit de laisser derrière lui deux femmes enceintes, dont Júlía. La seconde, Ragneiður, désespérée, finira par trouver refuge auprès de Júlía. Portant les deux enfants d'un même homme, Edda et Einar donc, elles organisent une vie familiale autour de ce gynécée.
J'ai pris plaisir à entrer dans la vie de ces personnages, les voir trouver un équilibre au-delà d'une situation hasardeuse et inhabituelle, apprécier l'amitié se nouant entre les deux mères. Les caractères des deux mamans sont très différents et même s'il ne s'agit pas d'une histoire d'amour au sens classique, l'auteur sait retracer avec finesse la naissance d'un "couple", d'une association de deux mamans avec ses déséquilibres, ses frustrations, tissage de ressentiments parfois mais aussi de solidarité et de complicité.
C'est dans cette cellule féminine que grandiront Edda et Einar. Là aussi, j'ai suivi l'auteur qui met en exergue deux personnalités bien différentes voire antagonistes. Einar est un petit bonhomme très dépendant de sa soeur (demi-soeur si vous avez bien suivi !), complexé par sa dyslexie et donc évoluant au début sous la coupe de sa soeur, puis avec l'âge s'épanouissant dans les jeux d'extérieur et son rapport aux autres. Edda, petite fille plutôt introvertie s'entoure, elle, de livres et trouve une forme de bonheur dans la lecture compulsive, atteinte à l'inverse de son frère d'hyperlexie. Elle maintient un lien étroit avec ce dernier à travers les mots : ceux des histoires qu'elle lui invente ou lui lit, lui qui est privé de ce plaisir.
Leur chemin finiront par se séparer, du fait d'événements respectifs qui constitueront des blessures intimes et obligeront chacun à trouver des voies de résilience.
Voilà le moment de bascule du roman. Si j'ai beaucoup apprécié la narration relative aux vies de ces personnages, j'ai bien moins adhéré à la tournure que prend le récit suite à la disparition d'Edda.
Dans un premier temps, il y a quelques incohérences ou facilités qui tranchent avec le début du roman. Einar trouve avec une aisance éhontée les indices le mettant sur la piste d'Edda. Il se retrouve dans un New York survolté mais n'est nullement gêné par la pratique de l'anglais, lui, Islandais travaillant dans la nature, qui avait donc de grosses difficultés scolaires !
Si la première partie du roman est empreinte de réalisme, la seconde s'apparente à un conte naïf... Quant à la cause du départ d'Edda, sans trop en dévoiler (car on est censé là aborder le noeud de cette "enquête"), si le thème du rôle de l'écrit dans notre société, (s'opposant ici à l'oralité), est passionnant, il est traité trop légèrement. Il y avait là matière à creuser et investir un peu plus ce sujet, en s'appuyant sur des recherches solides. Citer Platon, Socrate et Lévi-Strauss ne sauvera pas un suspens écorné.

Sigríður Hagalín Björnsdóttir a, pour moi, posé les bases d'un très joli roman, empreint de délicatesse et de finesse et a décidé de changer de registre, pensant conférer du suspens à un thriller qui n'en est pas un. C'est un soufflé qui tombe à plat.
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maevedefrance
  24 avril 2021


Júlía et Ragneiður se retrouvent enceintes du même homme, un certain Orlygur. C'est dans le "Reykjavik d'avant le tourisme, (...) le Reykjavik d'avant les technologies de l'information" que Julia a rencontré Orlygur, dans ce "Reykjavik des poètes, des fabricants de gnôles de contrebande et des chèques en bois". Orlygur se dit réalisateur, acteur aussi, bref, un artiste, un esthète endimanché un jour de neige et verglas. Vous voyez le genre de loustique ?... Vous croyez qu'Orlygur va finir par lui sauter dessus ? Pourtant, s'ils se fréquentent, c'est Júlía prendra les devants. Mais sera humiliée. Pourtant, un revirement de situation, et Júlía, cette gamine, quitte le domicile familial pour emménager avec cet homme de dix ans son aîné dont elle finit par tomber enceinte. Elle, la fille aux rangers, la dure à cuire qui refuse d'avorter contre l'avis de tous, celle qui se gave de "mauvaise littérature" pour se venger de ce mec, se prend un upercut le jour où elle reçoit l'appel d'une certaine Ragneidur. Celle-ci lui explique qu'elle est enceinte d'Orlygur. "Putain de bordel de merde (...) espèce de salope !" Orlygur ne dément pas la chose, n'étant pas l'homme d'une seule femme. Revirement de situation de nouveau. Ragnheiður et Julia se rencontrent, se plaisent et vont faire face à la situation, emménagent ensemble. Vous pensez qu'elles ont viré lesbiennes ? Non, non !

Un couple de femmes qui n'en est pas un pour élever deux mioches : Edda et Einar. Un petite famille non conventionnelle. Edda est toujours le nez dans les livres alors qu'Einar peine à déchiffrer le moindre écrit. Une petite famille non conventionnelle, avec une gamine qui souffre d'hyperlexie et l'autre de dyslexie ! Edda peine à communiquer avec autrui. Les seuls personnes qu'elles fréquentent sont les êtres de papier qu'elle rencontre dans les livres. Jusqu'au jour où, l'adolescence passant par là, elle décide de devenir une autre. Les réseaux sociaux sont une aubaine. Elle parvient à drainer des milliers de followers à sa suite, une star du web qui ouvre largement la porte sur sa vie privée pour maintenir sa notoriété, gagner du fric. Un vrai boulot à temps plein... Hop, son mariage avec Ragnar est largement diffusé sur Internet. Pourtant, un jour, plus d'Edda ! Elle disparaît, plantant là son mari et leur nouveau né, ses folowers plein d'inquiétude. Dépression post-parthum dirons certains. Est-ce bien le cas ?

Sigríður Hagalin Björnsdóttir amène à réfléchir à notre rapport à l'écrit, de l'Antiquité à nos jours. Elle fait porter à son héroïne disparue un prénom qui aussi une oeuvre majeure de la littérature islandaise médiévale , l'Edda de Snorri. "Edda" a plusieurs significations plus ou moins mystérieuses ("livre d'Oddi", thèse généralement rejetée, mais aussi "arrière-grand mère", entres autres, en passant par "aieule de tout savoir sacré" selon Régis Boyer - voir Wikipedia) . On dit souvent que "nous assistons actuellement à l'agonie du livre (...). La lecture est en recul que ça nous plaise ou non. Nous sommes témoins de la plus importante révolution intellectuelle depuis l'invention de l'imprimerie qui a permis aux gens du commun il y a presque six siècles d'accéder à l'écrit." L'autrice remonte la source jusqu'aux Sumériens, première civilisation à avoir inventé l'écriture et Socrate qui considérait que l'écrit au détriment de l'oralité était fait pour asservir le peuple. Cependant, ne prenez pas peur : ce roman n'est pas un livre indigeste de philo ! Sigridur Hagalin Bjornsdottir amène à réfléchir à notre rapport à l'écrit, de l'Antiquité à nos jours. Elle fait porter à son héroïne disparue un prénom qui aussi une oeuvre majeure de la littérature islandaise médiévale , l'Edda de Snorri. "Edda" a plusieurs significations plus ou moins mystérieuses ("livre d'Oddi", thèse généralement rejetée, mais aussi "arrière-grand mère", entres autres, en passant par "aieule de tout savoir sacré" selon Régis Boyer - voir Wikipedia) . On dit souvent que "nous assistons actuellement à l'agonie du livre (...). La lecture est en recul que ça nous plaise ou non. Nous sommes témoins de la plus importante révolution intellectuelle depuis l'invention de l'imprimerie qui a permis aux gens du commun il y a presque six siècles d'accéder à l'écrit." L'autrice remonte la source jusqu'aux Sumériens, première civilisation à avoir inventé l'écriture et Socrate qui considérait que l'écrit au détriment de l'oralité était fait pour asservir le peuple. Cependant, ne prenez pas peur : ce roman n'est pas un livre indigeste de philo !

Sigríður Hagalin Bjornsdottir offre un roman distrayant, avec une bonne part de thriller : nous suivons Einar à la recherche de sa soeur Edda, qui emmènera à New York, à la rencontre d'un mystérieux professeur. Einar se souvient, nostalgique, de sa soeur lui contant des histoires, lui qui n'arrivait pas à lire. A son tour, il lui racontera, sur un enregistrement, le secret dont il doit soulager son coeur.

Même si l'auteure destructure l'écheveau temporel de son récit en mille brins de laine, le lecteur finit par renouer les liens qui les unit les uns aux autres.



J'ai beaucoup aimé ce roman polymorphe qu'il est vain de vouloir classer dans un genre littéraire bien défini. J'ai aimé le jeu des doubles inversés qui émaillent le roman, l'esprit de sororité qui fait la place belle aux femmes. En revanche, je n'ai pas trop su quoi faire avec Orlygur, le personnage masculin à l'origine de l'histoire et des drames. Paradoxalement. Un petit coup de griffe aux réseaux sociaux et aux "stars" nées d'un nombre de like, ce trompe-l'oeil et cet asservissement des temps modernes.

Un roman singulier où l'on ne s'ennuie pas. Une de mes lectures marquantes de l'année.


Lien : http://milleetunelecturesdem..
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VincentGloeckler
  11 novembre 2020
Sous une couverture d'une sobre beauté, mais dont l'illustration, peut-être un peu trop naïve, pourrait annoncer de la littérature pour adolescent, avec un titre évidemment accrocheur pour qui aime lire et s'intéresse aux énigmes, La Lectrice disparue se présente comme un texte au croisement de plusieurs genres – conte, roman d'initiation, récit de science-fiction, enquête policière ? On hésite souvent et c'est tant mieux ! - et ouvert à de multiples interprétations, un roman plein d' « étrange étrangeté » et qui, en particulier, interroge avec beaucoup d'habileté l'artifice de notre rapport au monde, modifié par nos capacités de lecture et d'écriture. Edda et Einar sont, respectivement, la fille de Julia et le fils de Ragnheidur, deux jeunes femmes qui se sont retrouvées enceintes à la même époque d'un seul et même homme, et qui, surmontant leur jalousie réciproque, ont décidé de vivre ensemble à Reykjavik, partageant l'éducation des deux enfants. Un jour, Edda, devenue mère à son tour, disparait, abandonnant son mari et son bébé à peine né, sans autre explication… Einar est envoyé par sa mère Julia à sa recherche. Il découvre bientôt qu'elle s'est envolée pour New York, ville qu'il rejoint à son tour pour poursuivre son enquête. Se rappelant que sa soeur, après avoir été dans l'enfance une dévoreuse impénitente de livres, prise par cette passion qui l'isolait des autres et lui conférait une attitude proche de l'autisme, est devenue, après un traumatisme sexuel, une adolescente et une blogueuse extravertie, très différente de son personnage d'enfance et n'ouvrant plus jamais un livre, guidé aussi par le mystérieux nom de Phèdre, laissé par elle comme un indice, il découvrira dans l'impressionnante bibliothèque de la ville le début d'une piste susceptible de le mener vers Einar, une piste qui, par le détour d'une lecture d'un dialogue de Platon et l'analyse scientifique de l'évolution du cerveau humain après la découverte et le développement de l'écriture et de la lecture, l'amènera, comme le lecteur, à se demander si ces deux pratiques ne nous ont pas éloignés, pour notre malheur, de la Nature, d'une présence plus harmonieuse au monde. C'est là le coeur du livre, quand on passe de « la lectrice disparue » à… « la disparition de la lecture », ouvrant un questionnement, en écho brûlant à notre actualité, sur ce que pourrait être une humanité ayant résolument décidé de se passer d'écrire et de lire. Mais au-delà de cette dimension anthropologique, au-delà du romanesque de l'aventure, ce qui fait le charme de ce texte, c'est aussi l'alternance des points de vue, les récits du passé que font chacune des deux mères, Julia la combattante et Ragnheidur l'handicapée, réduite par un accident cérébral à vivre paralysée et muette, mais toujours d'esprit très alerte, la quête d'autonomie, aussi, du frère et de la soeur, découvrant pourtant à quel point leurs destins sont intrinsèquement liés. Avec la force d'une infinie poésie, une ensorcelante musique des mots pour évoquer justement le bienfait parfois de leur absence, comme dans ce passage final : … « nous murmurions des choses sur ce monde sans paroles où jamais ne résonnaient ni histoires ni poèmes, où jamais n'affleuraient ni lettre ni signe, où les mots n'étaient pas encore nés / petite soeur, disions-nous, et nos mains se touchaient, petit frère / c'est ainsi que nous faisions pour nous endormir ». Après les merveilleux romans d'Audur Ava Olafsdottir, Sigridur Hagalin Björnsdottir est bien une nouvelle voix forte de la littérature islandaise, à écouter d'urgence !
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cathulu
  22 novembre 2020
Cette lectrice disparue, c'est Edda, dévoreuse de livres, mais aussi empêtrée dans tout ce qu'elle lit et ne parvient pas à oublier. Edda , qui peinant à établir des relations avec les autres, est soudain devenue une influence mettant en scène sa vie sur les réseaux sociaux avant que de s'enfuir aux États-Unis, plantant là son mari et son fils nouveau-né.
Son frère, Einar est plus habitué à pister le gibier qu'à rechercher des humains, mais il se lance à la poursuite de sa soeur, ce qui n'est pas une mince affaire pour ce dyslexique dont la soeur palliait souvent les difficultés avec l'écrit.
Un père, deux mères, deux enfants ayant chacun un rapport à la lecture très différent, tel est le schéma de ce roman à la croisée de plusieurs genres: roman familial, roman d'anticipation (qui semble juste très très proche), fable et  roman policier avec cette lectrice disparue qui donne son titre au roman.
Titre français qui résonne d'un double sens , mais cela on ne le comprendra qu'à la fin du récit, récit qui se déroule en partie  dans un pays , l'Islande ,où le livre est roi.
Ce roman est donc  aussi une réflexion sur la lecture et l'écriture et son autrice n'hésite pas comme dans L'île à susciter le malaise, confrontant ses personnages, et ses lecteur par la même occasion,à des situations extrêmement dérangeantes.
Il n'en reste pas moins que le style, la composition , les personnages et les thèmes choisis font de ce roman une lecture forte et addictive.
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Tancrede50
  26 novembre 2020

J'ai commandé ce livre par hasard, parce que je ne connaissais pas cette auteure islandaise. J'en ai entamé la lecture sans en attendre grand chose, et j'ai reçu un grand coup dans l'estomac. Attention chef d'oeuvre!
La lectrice disparue est un roman riche, facile à lire, à la fois thriller, drame psychologique et essai sur l'écriture. Il analyse avec finesse et délicatesse, les relations au sein d'une famille recomposée, Julia et Ragnheidur, Edda et Einar leurs enfants majeurs, nés du même père. La psychologie des protagonistes y est particulièrement bien décrite.

Edda vient d'accoucher et soudain elle disparait, abandonnant son bébé. On apprend qu'elle a pris l'avion pour New York. Son demi frère, Einar part à sa recherche. Mais est-elle toujours vivante? Pourquoi est-elle partie à New York? Comment pourra-t-il la retrouver au milieu des 25 millions d'habitants de la grosse pomme? Alors commence un étrange jeu de piste dirigé par Edda à l'intention de son demi frère. On y découvre aussi bien Inanna - déesse sumérienne - que le Phèdre de Platon. Pourquoi ce jeu de piste autour du thème de l'écriture?

Peut être parce que l'écrit et la lecture sont au coeur des relations entre Edda et Einar. Einar est dyslexique. Jeune il a eu beaucoup de mal à apprendre à lire. Edda l'a aidé. Edda, elle, est hyperlexique, à la limite de l'autisme. Ce qui peut être un avantage - facilité de lecture et de mémorisation - peut devenir rapidement un handicap avec une difficulté d'intégration dans la vie sociale. Est ce qu'Edda en a eu assez de ce handicap? Mais que peut-elle faire? Au passage, j'ai découvert ce qu'était l'hyperlexie.

Finalement ce qui m'a le plus intéressé dans ce roman passionnant de bout en bout, c'est la réflexion sur l'impact de l'écrit dans une civilisation. Les Gaulois n'ont laissé quasiment aucun écrit. A l'opposé, les Sumériens, quatre millénaire avant les Gaulois, ont inventé la première langue écrite au monde. Mais l'écrit n'a pas toujours été une bonne chose pour les hommes, et il commence en ce moment à s'effacer au profit de la parole (enceinte connectée) ou du pictogramme (emoji). La thèse soutenue par l'un des personnages de ce roman est que l'écrit disparaitra totalement dans un demi siècle et que ce sera un bienfait, nous rendant plus près des autres et de la nature. Pourquoi pas? En tout cas c'est un thème que je n'avais encore jamais rencontré. Un thriller qui fait réfléchir. Retenez le nom de l'auteure: Sigridur Hagalin Björnsdottir.
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critiques presse (1)
Liberation   23 novembre 2020
La Lectrice disparue est un beau roman, singulier, polymorphe, inquiétant, et parfois cru et drôle.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   05 novembre 2020
Platon a écrit des dialogues centrés sur les thèmes de l’amour et de la rhétorique entre un certain Phèdre et Socrate. Ce texte, dont le titre islandais serait Fædros , n’a jamais été traduit dans notre langue, Einar en lit difficilement quelques lignes sur un site en anglais, mais ne tarde pas à renoncer, il y est avant tout question de relations sexuelles avec des éphèbes. Il n’a jamais vraiment compris l’intérêt ni le but de la philosophie. L’autre personnage prénommé Phèdre se trouve dans un roman intitulé Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes . Dans ce livre-là, il est philosophe, il enseigne à l’université, il perd la raison et sa personnalité se transforme complètement après un traitement par électrochocs. Einar appelle Júlía. Elle a le Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes dans sa bibliothèque. C’est ta mère qui m’avait offert ce livre pour Noël, peu après notre rencontre, dit-elle. À l’époque, ce roman était redevenu à la mode, je l’ai lu après avoir accouché d’Edda. Tu crois qu’elle l’a lu, elle aussi ? Je suppose. Elle lisait tout. À une époque, elle dévorait tous les ouvrages de philosophie qui lui tombaient sous la main. Le Monde de Sophie , Kafka et même Ayn Rand. À ton avis, pourquoi a-t-elle choisi ce nom, Phèdre ? Aucune idée, répond Júlía. Le Traité du zen est l’histoire d’un homme atteint de maladie mentale, et qui essaie de reconstruire sa vie, si je me souviens bien. Il y a longtemps que je l’ai lu. Je ne vois pas en quoi ça pourrait m’aider, dit Einar. Tu devrais lire le livre. Tu y trouveras peut-être des indices. Je suis dyslexique, tu as oublié ? Tu préfères que je retrouve Edda cette année, n’est-ce pas ? Júlía soupire et lui passe Ragnheiður pour qu’il puisse lui souhaiter bonne nuit. Il entend le souffle de sa mère et perçoit sa bienveillance muette à l’autre bout de la ligne. Il est en train de se tourner dans son lit, peinant à trouver le sommeil, quand le téléphone sonne à nouveau sur sa table de chevet. Ça n’a peut-être aucune importance, annonce Júlía, mais je suis descendue au sous-sol pour parcourir tous les vieux bouquins d’Edda. J’y ai trouvé le Phèdre de Platon, elle a mis un marque-page au chapitre où Socrate remet en cause la valeur de l’écrit. De quoi tu parles ? Du vieil ouvrage de philosophie écrit par Platon, répond-elle, agacée. Socrate ne savait pas lire. Il vivait à l’époque où les Grecs ont cessé de croire à la transmission orale et se sont mis à écrire. Il était opposé à cette pratique, il pensait que la culture sombrerait si les gens se mettaient à lire et à écrire, il craignait que l’être humain ne perde sa mémoire et la clarté de sa pensée.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   16 avril 2021
- Imagine qu'il n'y a plus aucun bruit et que ton esprit n'abrite aucun mot.
- Imagine un lieu et une époque où il n'existe aucun mot pour définir quoi que ce soit, où les choses sont là sans que tu aies besoin de les nommer. Avant que nous ayons appris à parler, pendant que nous gazouillions comme des oiseaux, avant que les mots régissent le monde.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   16 avril 2021
Les fous rires, voilà ce qui me manque le plus. Ces moments où je recrachais mon café en postillonnant sur la table de la cuisine, en pleurant de rire et me frappant les cuisses.
Non, je dois aujourd'hui me contenter de plaisir plus discrets, l'odeur de la cannelle dans le riz au lait et aux raisins secs, la douceur d'un rayon de soleil au pied d'un mur, bien à l'abri du vent du nord, radio Reykjavik, écoutons maintenant l'orchestre de chambre de Berlin qui interprète le requiem de Gabriel Fauré, il m'arrive cependant encore de pleurer quand j'entends de la belle musique.
Heureux les simples d'esprit, car le royaume des cieux leur appartient.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   16 avril 2021
Pourtant, ce code là est tellement limité, son apprentissage est difficile et peu de gens parviennent à le maîtriser parfaitement, il élève des barrières entre les individus, exclut ceux dont le cerveau est plus adapté à d'autres opérations que celles de la lecture, il limite notre vie intellectuelle ainsi que nos possibilités de grandir et de mûrir. L'histoire de l'Humanité aurait été tout à fait différente, et peut-être beaucoup plus heureuse, sans l'écrit. L'être humain aurait continué à vivre en harmonie avec son environnement, sans histoire, sans passé ni futur.
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mylenamylena   22 décembre 2020
L'écrit semble tellement innocent, tellement évident, constitué qu'il est de simples traits et courbes représentant des sons qui s'assemblent pour former des mots, des textes, des berceuses et des oeuvres littéraires. C'est un outil absolument génial et très pratique. Mais ce n'est pas si simple.
Car vois-tu, cet outil ne se résume pas à un code. Il est doté du pouvoir pour ainsi dire magique de transformer notre pensée, notre comportement et jusqu'au monde lui-même. C'est l'outil le plus puissant dont l'être humain se soit doté après avoir dompté le feu.
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Vidéo de Sigridur Hagalin Björnsdottir
Interview de Sigríður Hagalín Björnsdóttir aux Imaginales 2019 par Estelle Hamelin pour Actusf.
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