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ISBN : 2843376920
Éditeur : Anne Carrière (22/08/2013)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Trois personnages sont liés sans le savoir par un secret tragique. Marthe recherche son fils mystérieusement disparu depuis des années. Ellen ne parvient pas à se remettre de la fuite de son amant qui l'a laissée enceinte. Andreas, l'ami d'enfance d'Ellen, hante les rues du bourgs de Grund sans prononcer la moindre parole...
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  02 septembre 2013
Grund, un petit village d'Allemagne, au bord du Rhin. C'est là qu'a grandi Ellen, entre parties de pêches et baignades dans le lac, avec son ami Andreas. L‘été où elle décroche son diplôme de somnologue, le duo d'inséparables compte un nouveau membre : le charismatique Lutz, en vacances chez son père. Il séduit Ellen mais quand elle se retrouve enceinte, il disparaît purement et simplement. Ellen part en Irlande où elle rencontre un musicien qui servira de père à sa petite Orla. Mais après 17 ans de vie commune, Ellen revient à Grund avec sa fille. Elle y retrouve sa mère Heidrun,dans le coma après une rupture d'anévrisme, et son père Joachim dont elle rejoint la chorale avec Orla. Chantent aussi Andreas qui ne prononce plus un mot depuis des années, Marthe, une femme grise et discrète qui tient le journal de la chorale et Benno, un étudiant en histoire, son éphémère patient à l'école du sommeil avec qui elle entame une liaison.

Alternant les points de vue d'Ellen victime d'une insomnie et de Marthe qui cherche un coupable à la disparition de son fils, L'envol du héron est un roman élégant qui touche divers sujets comme le sommeil, la disparition mais aussi les relations mère-fille. Très présente, la nature des bords de Rhin y apporte une touche poétique et nous fait croiser la route des araignées, des grenouilles-taureaux et surtout des hérons, messagers de la mort. Katharina HAGENA maîtrise l'art des romans d'atmosphère dans lesquels il semble ne rien se passer mais où le drame, latent, semble presque inévitable. Un roman tout en finesse, érudit et subtil, qui confirme le talent de son auteure pour décrire les sentiments et les secrets enfouis, les êtres peu enclins à se dévoiler, les tourments de l'âme humaine. Magnifique, tout simplement.
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Ikebukuro
  27 août 2013
Un très beau livre, plein de mélancolie qui aborde des thèmes forts comme le deuil, la disparition, l'abandon, sans être larmoyant pour autant. C'est un livre qui vous berce et vous touche sans que vous vous en rendiez compte, il vous prend dans son filet et ne vous lâche plus. Je le dis sans flatterie car ça n'est pas forcément le genre de livre vers lequel j'irai de prime abord. On suit tout au long des pages, différents personnages qui se retrouvent à un tournant de leur vie, Ellen et sa fille adolescente, Marthe la mère inconsolable de la disparition de son fils, Andreas, le taciturne qui ne dit plus un mot depuis des lustres. Tous sont liés et leurs vies se sont entremêlées à un moment donné sans qu'ils en soient réellement conscients. Ce passé commun les hante mais chacun l'affronte à sa façon. Un manque de communication, un non-dit, voire des certitudes influeront tour à tour le destin des uns et des autres. Ellen, abandonnée enceinte, a fui sa ville natale pour l'Irlande, espérant refaire sa vie et oublier cet abandon. Marthe se désespère de revoir son fils, disparu du jour au lendemain sans laisser d'adresse, Andréas, l'ami d'enfance d'Ellen n'a jamais accepté sa fuite pour une autre vie. Tous ont été abandonnés et tous cherchent des réponses…
Du mystère, de la profondeur dans les thèmes et la psychologie des personnages, tout est réuni pour séduire le lecteur. Je me suis attachée à Ellen, au départ moyennement sympathique, presque agaçante mais qui devient émouvante au fur et à mesure de la lecture et qui a fini par me toucher à travers ses doutes et ses failles. C'est une femme de son époque qui mène sa barque, assume son rôle d'amante et de mère, tour à tour perdue ou séductrice mais malgré tout elle est fragile et perdue, vivant dans l'espoir du retour improbable du père de sa fille. J'ai beaucoup aimé l'évolution de son personnage et la façon dont l'auteur l'a dessinée. Elle prend de l'ampleur au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire pour devenir le pivot central du récit.
J'ai particulièrement apprécié l'écriture de l'auteur, c'est fluide et plein de poésie, très agréable à lire, j'ai trouvé la langue très mélodieuse, le rythme est lent et doux, il vous berce au fil des mots et des phrases sans être ennuyeux une seule seconde. J'ai totalement adhéré au style et à l'histoire. L'intrigue se dessine petit à petit jusqu'au dénouement final, en petites touches qui se dévoilent au fil des pages. Malgré peut-être quelques longueurs, j'ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture, ce fût une jolie découverte.
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zabeth55
  22 août 2013
Qui est ce « il ? Qui est ce « je » ?
Et cet Andreas, ce Joachim, et tous ces autres noms qui surgissent, qui sont-ils ?
Le début est assez confus. Outre l'omniprésence du sommeil, ou plutôt du manque de sommeil, et l'apparition régulière d'araignées, de crapauds taureaux, de hérons, on peine à s'y retrouver dans l'installation de l'histoire. D'autant que les lieux changent aussi. Il est vrai que petit à petit, les choses s'expliquent, et arrivé à la page 100, on commence à cerner la vie d'Ellen (oui, ça y est, j'ai enfin compris comment elle s'appelle).
Le style est plutôt plaisant, mais ne nécessitait pas toutes ces complications de mise en scène.
Alors maintenant, où cela nous mène-t-il ? Je vais continuer pour le savoir.
Et voilà ce que j'en ai compris.
Lors d'une nuit d'insomnie, Ellen laisse aller le fil de ses pensées et retrace les évènements importants de sa vie. Ses amours, ses parents, sa fille… Tout cela d'une manière déstructurée, comme peut l'être une nuit sans sommeil.
L'ambiance de sa nuit blanche, de sa vie, nous arrive par petites touches, par questions que se pose le lecteur.
C'est assez particulier, assez déroutant mais assez envoutant en même temps.
Cette fascination pour les oiseaux, pour les araignées, pour les crapauds taureaux revient régulièrement, comme un refrain.
L'intérêt est soutenu par le mystère de la disparition d'un des personnages, ce qui agrémente l'intrigue.
D'une manière générale, le style est plaisant mais sans plus.
Au final, un livre très agréable mais dont je ne saurais pas dire si je l'ai vraiment aimé ou non.
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traversay
  22 septembre 2013
Honnêtement, le début de L'envol du héron laisse un sentiment proche de celui qui doit étreindre un albatros échoué sur le quai d'une gare : désorientation totale. La voix principale est celle d'une femme qui a connu plusieurs amours dans différents lieux et qui, une nuit d'insomnie, raconte toutes ses vies, des bords du Rhin à l'Irlande, pour aboutir à Hambourg. Dans une chronologie fortement chahutée. Parallèlement, un journal intime, celui d'une mère dont le fils a disparu, semble recouper quelques éléments du premier récit. Une confusion que Katharina Hagena entretient une bonne partie du livre avant que la lumière apparaisse peu à peu. S'il y a de nombreux thèmes qui surgissent, l'un d'entre eux s'impose : celui du sommeil. de par la profession de la narratrice mais pas seulement. Cette somnologue dort mal, elle ne sait pas que quelqu'un veille sur ses agissements et sa propre mère est plongée dans un grand sommeil. Il faudrait citer aussi d'autres personnages qui ont tous leur importance dans ce roman qui s'offre souvent des digressions renforçant l'impression de touffeur. de tristesse aussi car l'atmosphère est plutôt sombre dans L'envol du héron. C'est typiquement le genre de livre dont la construction savante peut laisser sur le quai ou au contraire fasciner par son ambiance à la fois douce et toxique.
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ManouB
  05 avril 2016
Ellen vit à Hambourg avec Orla, sa fille âgée de 17 ans. Elle est somnologue (=spécialiste du sommeil) mais depuis peu elle aussi ne dort pas. Combien de temps va-t-elle pouvoir tenir ?
Ce jour-là, il lui a semblé voir Andréas, son ami d'enfance. C'est suffisant pour que la nuit venue, au lieu de dormir, elle se rappelle son enfance à Grund, petite bourgade près de Karlruhe, sur les bords du Rhin où elle a passé toute son enfance, entre promenades dans les bois, parties de pêche et baignades dans le lac.
Ellen se rappelle les premières années de solitude qu'elle a passé là, avec sa fille Orla après avoir quitté son compagnon et l'Irlande.
Pendant sa nuit d'insomnie elle se souvient aussi de la lente agonie de sa mère... Elle se rappelle les jours heureux, les petits travers de ses parents, le manque de dialogue avec sa mère, les secrets qu'elles pressentaient enfant...et qui n'ont jamais été dévoilés.
Le lecteur découvre tous ses souvenirs, petit à petit, par petites touches...

À Grund, pour s'occuper, son père avait organisé une chorale. C'est là qu'Ellen a fait la connaissance de Benno...et de Marthe. Andreas aussi venait à la chorale ainsi qu'Orla pour faire plaisir à son grand-père. A cette époque cela faisait longtemps qu'Andreas pourtant avait cessé de parler. Il collectionnait les lettres et les bouts de papier, connaissait tout (ou presque) de la vie des gens mais ne leur parlait pas et, le lecteur comprend qu'il veillait sur la vie d'Ellen et d'Orla.

Benno était son patient à l'école du sommeil qu'elle avait créée : il était somnambule. Il a été surpris de la voir là, à la chorale, et puis plus tard, il est devenu son amant. Pourtant ils n'ont jamais passé une nuit ensemble dans un lit. Il faisait des recherches historiques pour sa thèse, sur la mystérieuse disparition d'un soldat allemand dans la forêt et s'est éloigné de plus en plus d'Ellen et de la vie réelle.
Elle vient de le quitter et Marthe a disparu. Ellen a l'habitude des disparitions subites, déjà, il y a 17 ans, Lutz, son amoureux, a disparu alors qu'elle était enceinte d'Orla : c'est pour ça qu'elle a tout quitté pour l'Irlande. Elle ne s'est jamais vraiment remise de son départ inexpliqué. Certes, il n'était pas content qu'elle soit enceinte mais quand même...

Peu à peu le lecteur entre dans l'histoire des trois principaux personnages : Ellen, la narratrice, Andréas, son ami d'enfance, et Marthe. Tous trois sont liés, sans le savoir, par un tragique secret.

Dans ce roman original par sa construction, les disparitions mystérieuses, les souvenirs heureux s'emmêlent comme les fils d'une toile araignée, comme les pensées quand on ne dort pas et les souvenirs qui remontent à la surface et dont on ne peut maîtriser l'ordre d'arrivée...

Le récit d'Ellen alterne avec les pages d'un journal intime, celui de Marthe qui écrit le journal de la chorale. Ce journal va devenir peu à peu le sien.
Le lecteur va apprendre le secret que cache cette étrange vieille femme au coeur brisé par la mystérieuse disparition de son fils et qui n'a jamais renoncé à le chercher...
Ce fils, c'est Lutz, le père d'Orla...

Tous les personnages ont donc du mal à faire leur deuil d'un être cher disparu...Ils vivent avec la peur d'être à nouveau abandonnés ce qui donne un ton très sombre au roman.

C'est un très beau roman merveilleusement bien écrit, mais si triste et si peu optimiste qu'il reste difficile à lire. Il aborde, il est vrai, des thèmes difficiles comme l'abandon (dans le sommeil aussi il faut s'abandonner), le deuil, la disparition, les relations mère-fille.

D'autre part la présence constante de la nature, de l'eau du lac ou du fleuve, de la forêt et des animaux, donne une ambiance douce et poétique et apporte une certaine quiétude à l'ensemble. Les hérons gris (symboles de résurrection et de bonnes nouvelles pour les Égyptiens) sont présentés ici comme des oiseaux messagers de mort.
L'atmosphère n'est donc pas oppressante.

À la fin le lecteur, prit dans une toile d'araignée et bercé par la poésie des mots, réussit à aller jusqu'au bout de la nuit d'insomnie d'Ellen et apprend, enfin, la vérité...

Lien : http://bulledemanou.over-blo..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   27 octobre 2014
Quand nous arrivâmes sur une portion de chemin où la forêt était plus épaisse, nous sentîmes aussitôt la fraîcheur ; l'automne attendait déjà à l'ombre des arbres, aspirant la chaleur de l'air et faisant provisions de forces. Le lac avait une autre odeur que le fleuve, une odeur de poussière mouillée. On voyait plus d'algues sur les pierres qui se trouvaient au bord du Rhin, peut-être était-ce pour cela que le fleuve sentait davantage le moisi. Après la baignade, notre peau, une fois sèche, portait l'odeur du lac et on avait l'impression que de minuscules particules de poussière s'étaient déposées dans les pores, les sillons du bout des doigts et autour de tous les poils, même les plus fins et les plus transparents.
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art-bsurdeart-bsurde   07 octobre 2014
Le vent est toujours là dans cette ville. Il souffle sans interruption. En été, il est frais, fouille le feuillage des arbres et fait pivoter la face claire des feuilles vers le haut. C'est dans le train de banlieue que l'on prend conscience de la chaleur. J'aime qu'à Hambourg, même les vielles dames comme il faut ouvrent les abattants des fenêtres dans les transports en commun et s'assoient dans le courant d'air avec leur chapeau. S'il arrive qu'il n'y ait pas de vent, les gens d'ici disent qu'il fait « lourd » et ils ont des problèmes circulatoires. Ils dorment mal, trop, trop peu, réclament des somnifères ou des antidépresseurs.
En hiver, le vent est cinglant et vous enfonce ses longues dents fines dans la peau. Il s'insinue dans les manches, les jambes de pantalon et les trous des lacets de chaussures.
En automne et au printemps, c'est la tempête. La pluie arrive de côté et des parapluies noirs brisés dépassent des poubelles. On dirait qu'une troupe de corbeaux géants est tombée raide morte du ciel et que des passants s'en sont débarrassés à la hâte.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   22 août 2013
Fatigue et somnolence sont les deux extrémités extérieures du seuil dans la demeure de la nuit. De ce seuil d'airain où la nuit et sa fille, le jour, se rencontrent. L'une entre dans la maison au moment même où l'autre la quitte. Aucune des deux femmes ne passe plus de temps avec l'autre qu'il n'en faut pour ces deux saluts quotidiens sur le seuil, mais elles habitent ensemble.
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jolimoisdemaijolimoisdemai   30 septembre 2014
Cette ville n'est que salle d'attente. Elle semble faite pour les insomniaques, partout on piétine, dans les gares, devant le tunnel de l'Elbe, devant les toilettes publiques pour dames, aux arrêts de bus, dans les aéroports. Nous pataugeons jusqu'aux genoux dans le temps que nous avons tué.
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AifelleAifelle   10 septembre 2013
"Je suis toujours assise au bord de mon lit. Des rames souterraines traversent mon corps de frissons depuis la plante de mes pieds jusqu'à la racine de mes sourcils. Dehors, le nombre d'oiseaux qui se sont réveillés s'est accru. Je ne dormirai plus. Je ne suis plus fatiguée, je suis épuisée. Epuisé, c'est bien plus que fatigué. Où ai-je lu cela ? Dans ma tête bruissent des bribes de mon ouvrage sur le sommeil, telles des voix d'oiseaux chanteurs qui s'éveillent. Dans l'épuisement, n'y a-t-il pas aussi la possibilité de puiser, non dans la plénitude, mais dans un vide ? Peut-être l'insomnie est-elle l'état qui convient à l'homme ?".
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Vidéo de Katharina Hagena
Sur l'air de la Tartine de beurre de Mozart. Le bruit de la lumière, de Katharina Hagena (Editions Anne Carrière) - traduction Corinna Gepner
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