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Critiques sur L'envol du héron (23)
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sandrine57
  02 septembre 2013
Grund, un petit village d'Allemagne, au bord du Rhin. C'est là qu'a grandi Ellen, entre parties de pêches et baignades dans le lac, avec son ami Andreas. L‘été où elle décroche son diplôme de somnologue, le duo d'inséparables compte un nouveau membre : le charismatique Lutz, en vacances chez son père. Il séduit Ellen mais quand elle se retrouve enceinte, il disparaît purement et simplement. Ellen part en Irlande où elle rencontre un musicien qui servira de père à sa petite Orla. Mais après 17 ans de vie commune, Ellen revient à Grund avec sa fille. Elle y retrouve sa mère Heidrun,dans le coma après une rupture d'anévrisme, et son père Joachim dont elle rejoint la chorale avec Orla. Chantent aussi Andreas qui ne prononce plus un mot depuis des années, Marthe, une femme grise et discrète qui tient le journal de la chorale et Benno, un étudiant en histoire, son éphémère patient à l'école du sommeil avec qui elle entame une liaison.


Alternant les points de vue d'Ellen victime d'une insomnie et de Marthe qui cherche un coupable à la disparition de son fils, L'envol du héron est un roman élégant qui touche divers sujets comme le sommeil, la disparition mais aussi les relations mère-fille. Très présente, la nature des bords de Rhin y apporte une touche poétique et nous fait croiser la route des araignées, des grenouilles-taureaux et surtout des hérons, messagers de la mort. Katharina HAGENA maîtrise l'art des romans d'atmosphère dans lesquels il semble ne rien se passer mais où le drame, latent, semble presque inévitable. Un roman tout en finesse, érudit et subtil, qui confirme le talent de son auteure pour décrire les sentiments et les secrets enfouis, les êtres peu enclins à se dévoiler, les tourments de l'âme humaine. Magnifique, tout simplement.
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zabeth55
  22 août 2013
Qui est ce « il ? Qui est ce « je » ?
Et cet Andreas, ce Joachim, et tous ces autres noms qui surgissent, qui sont-ils ?
Le début est assez confus. Outre l'omniprésence du sommeil, ou plutôt du manque de sommeil, et l'apparition régulière d'araignées, de crapauds taureaux, de hérons, on peine à s'y retrouver dans l'installation de l'histoire. D'autant que les lieux changent aussi. Il est vrai que petit à petit, les choses s'expliquent, et arrivé à la page 100, on commence à cerner la vie d'Ellen (oui, ça y est, j'ai enfin compris comment elle s'appelle).
Le style est plutôt plaisant, mais ne nécessitait pas toutes ces complications de mise en scène.
Alors maintenant, où cela nous mène-t-il ? Je vais continuer pour le savoir.

Et voilà ce que j'en ai compris.
Lors d'une nuit d'insomnie, Ellen laisse aller le fil de ses pensées et retrace les évènements importants de sa vie. Ses amours, ses parents, sa fille… Tout cela d'une manière déstructurée, comme peut l'être une nuit sans sommeil.
L'ambiance de sa nuit blanche, de sa vie, nous arrive par petites touches, par questions que se pose le lecteur.
C'est assez particulier, assez déroutant mais assez envoutant en même temps.
Cette fascination pour les oiseaux, pour les araignées, pour les crapauds taureaux revient régulièrement, comme un refrain.
L'intérêt est soutenu par le mystère de la disparition d'un des personnages, ce qui agrémente l'intrigue.
D'une manière générale, le style est plaisant mais sans plus.
Au final, un livre très agréable mais dont je ne saurais pas dire si je l'ai vraiment aimé ou non.
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Ikebukuro
  27 août 2013
Un très beau livre, plein de mélancolie qui aborde des thèmes forts comme le deuil, la disparition, l'abandon, sans être larmoyant pour autant. C'est un livre qui vous berce et vous touche sans que vous vous en rendiez compte, il vous prend dans son filet et ne vous lâche plus. Je le dis sans flatterie car ça n'est pas forcément le genre de livre vers lequel j'irai de prime abord. On suit tout au long des pages, différents personnages qui se retrouvent à un tournant de leur vie, Ellen et sa fille adolescente, Marthe la mère inconsolable de la disparition de son fils, Andreas, le taciturne qui ne dit plus un mot depuis des lustres. Tous sont liés et leurs vies se sont entremêlées à un moment donné sans qu'ils en soient réellement conscients. Ce passé commun les hante mais chacun l'affronte à sa façon. Un manque de communication, un non-dit, voire des certitudes influeront tour à tour le destin des uns et des autres. Ellen, abandonnée enceinte, a fui sa ville natale pour l'Irlande, espérant refaire sa vie et oublier cet abandon. Marthe se désespère de revoir son fils, disparu du jour au lendemain sans laisser d'adresse, Andréas, l'ami d'enfance d'Ellen n'a jamais accepté sa fuite pour une autre vie. Tous ont été abandonnés et tous cherchent des réponses…

Du mystère, de la profondeur dans les thèmes et la psychologie des personnages, tout est réuni pour séduire le lecteur. Je me suis attachée à Ellen, au départ moyennement sympathique, presque agaçante mais qui devient émouvante au fur et à mesure de la lecture et qui a fini par me toucher à travers ses doutes et ses failles. C'est une femme de son époque qui mène sa barque, assume son rôle d'amante et de mère, tour à tour perdue ou séductrice mais malgré tout elle est fragile et perdue, vivant dans l'espoir du retour improbable du père de sa fille. J'ai beaucoup aimé l'évolution de son personnage et la façon dont l'auteur l'a dessinée. Elle prend de l'ampleur au fur et à mesure que l'on avance dans l'histoire pour devenir le pivot central du récit.

J'ai particulièrement apprécié l'écriture de l'auteur, c'est fluide et plein de poésie, très agréable à lire, j'ai trouvé la langue très mélodieuse, le rythme est lent et doux, il vous berce au fil des mots et des phrases sans être ennuyeux une seule seconde. J'ai totalement adhéré au style et à l'histoire. L'intrigue se dessine petit à petit jusqu'au dénouement final, en petites touches qui se dévoilent au fil des pages. Malgré peut-être quelques longueurs, j'ai pris beaucoup de plaisir à ma lecture, ce fût une jolie découverte.
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traversay
  22 septembre 2013
Honnêtement, le début de L'envol du héron laisse un sentiment proche de celui qui doit étreindre un albatros échoué sur le quai d'une gare : désorientation totale. La voix principale est celle d'une femme qui a connu plusieurs amours dans différents lieux et qui, une nuit d'insomnie, raconte toutes ses vies, des bords du Rhin à l'Irlande, pour aboutir à Hambourg. Dans une chronologie fortement chahutée. Parallèlement, un journal intime, celui d'une mère dont le fils a disparu, semble recouper quelques éléments du premier récit. Une confusion que Katharina Hagena entretient une bonne partie du livre avant que la lumière apparaisse peu à peu. S'il y a de nombreux thèmes qui surgissent, l'un d'entre eux s'impose : celui du sommeil. de par la profession de la narratrice mais pas seulement. Cette somnologue dort mal, elle ne sait pas que quelqu'un veille sur ses agissements et sa propre mère est plongée dans un grand sommeil. Il faudrait citer aussi d'autres personnages qui ont tous leur importance dans ce roman qui s'offre souvent des digressions renforçant l'impression de touffeur. de tristesse aussi car l'atmosphère est plutôt sombre dans L'envol du héron. C'est typiquement le genre de livre dont la construction savante peut laisser sur le quai ou au contraire fasciner par son ambiance à la fois douce et toxique.
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Caliban
  25 janvier 2017
J'aime bien lire les critiques des petits (et petites) camarades avant d'aiguiser ma plume et cette fois ne fera pas exception à la règle.
Je reprendrai donc les premiers mots de la critique de claraetlesmots (22 août 2013,comme le temps passe ...ainsi que le disait Robert l'affreux):
"Après avoir lu les deux premières pages, j'ai su que j'allais aimer ce roman" mais je les reprends pour les inverser,hélas :" Après avoir lu les deux première pages, j'ai su que je n'allais pas aimer ce roman" et, hélas, c'est bien ce qui s'est produit et je dis hélas car j'avais beaucoup apprécié le précédent Hagena,"Le goût de pépins de pomme" . Cette fois ,"cette alchimie étrange à définir, cette osmose" ne s'est pas produite . D'abord, comme le remarque très justement zabeth 55 (22août 2013,je suis très en retard sur le peloton de tête ):" le début est assez confus ...et arrivé à la page 100 on commence à aimer la vie d'Ellen (oui,ça y est, j'ai enfin compris comment elle s'appelle").L'ennui c'est que moi,à ce stade, j'avais déja commencé à décrocher, j'ai picoré de ci de là ensuite mais pour finir, je n'ai justement pas fini , j'ai laissé tomber pour une raison très simple : Ca ne m'interessait pas .
Bête,banal et bien dommage, n'est-ce pas ?
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ManouB
  05 avril 2016
Ellen vit à Hambourg avec Orla, sa fille âgée de 17 ans. Elle est somnologue (=spécialiste du sommeil) mais depuis peu elle aussi ne dort pas. Combien de temps va-t-elle pouvoir tenir ?
Ce jour-là, il lui a semblé voir Andréas, son ami d'enfance. C'est suffisant pour que la nuit venue, au lieu de dormir, elle se rappelle son enfance à Grund, petite bourgade près de Karlruhe, sur les bords du Rhin où elle a passé toute son enfance, entre promenades dans les bois, parties de pêche et baignades dans le lac.
Ellen se rappelle les premières années de solitude qu'elle a passé là, avec sa fille Orla après avoir quitté son compagnon et l'Irlande.
Pendant sa nuit d'insomnie elle se souvient aussi de la lente agonie de sa mère... Elle se rappelle les jours heureux, les petits travers de ses parents, le manque de dialogue avec sa mère, les secrets qu'elles pressentaient enfant...et qui n'ont jamais été dévoilés.
Le lecteur découvre tous ses souvenirs, petit à petit, par petites touches...

À Grund, pour s'occuper, son père avait organisé une chorale. C'est là qu'Ellen a fait la connaissance de Benno...et de Marthe. Andreas aussi venait à la chorale ainsi qu'Orla pour faire plaisir à son grand-père. A cette époque cela faisait longtemps qu'Andreas pourtant avait cessé de parler. Il collectionnait les lettres et les bouts de papier, connaissait tout (ou presque) de la vie des gens mais ne leur parlait pas et, le lecteur comprend qu'il veillait sur la vie d'Ellen et d'Orla.

Benno était son patient à l'école du sommeil qu'elle avait créée : il était somnambule. Il a été surpris de la voir là, à la chorale, et puis plus tard, il est devenu son amant. Pourtant ils n'ont jamais passé une nuit ensemble dans un lit. Il faisait des recherches historiques pour sa thèse, sur la mystérieuse disparition d'un soldat allemand dans la forêt et s'est éloigné de plus en plus d'Ellen et de la vie réelle.

Elle vient de le quitter et Marthe a disparu. Ellen a l'habitude des disparitions subites, déjà, il y a 17 ans, Lutz, son amoureux, a disparu alors qu'elle était enceinte d'Orla : c'est pour ça qu'elle a tout quitté pour l'Irlande. Elle ne s'est jamais vraiment remise de son départ inexpliqué. Certes, il n'était pas content qu'elle soit enceinte mais quand même...

Peu à peu le lecteur entre dans l'histoire des trois principaux personnages : Ellen, la narratrice, Andréas, son ami d'enfance, et Marthe. Tous trois sont liés, sans le savoir, par un tragique secret.

Dans ce roman original par sa construction, les disparitions mystérieuses, les souvenirs heureux s'emmêlent comme les fils d'une toile araignée, comme les pensées quand on ne dort pas et les souvenirs qui remontent à la surface et dont on ne peut maîtriser l'ordre d'arrivée...

Le récit d'Ellen alterne avec les pages d'un journal intime, celui de Marthe qui écrit le journal de la chorale. Ce journal va devenir peu à peu le sien.
Le lecteur va apprendre le secret que cache cette étrange vieille femme au coeur brisé par la mystérieuse disparition de son fils et qui n'a jamais renoncé à le chercher...
Ce fils, c'est Lutz, le père d'Orla...

Tous les personnages ont donc du mal à faire leur deuil d'un être cher disparu...Ils vivent avec la peur d'être à nouveau abandonnés ce qui donne un ton très sombre au roman.

C'est un très beau roman merveilleusement bien écrit, mais si triste et si peu optimiste qu'il reste difficile à lire. Il aborde, il est vrai, des thèmes difficiles comme l'abandon (dans le sommeil aussi il faut s'abandonner), le deuil, la disparition, les relations mère-fille.

D'autre part la présence constante de la nature, de l'eau du lac ou du fleuve, de la forêt et des animaux, donne une ambiance douce et poétique et apporte une certaine quiétude à l'ensemble. Les hérons gris (symboles de résurrection et de bonnes nouvelles pour les Égyptiens) sont présentés ici comme des oiseaux messagers de mort.
L'atmosphère n'est donc pas oppressante.

À la fin le lecteur, prit dans une toile d'araignée et bercé par la poésie des mots, réussit à aller jusqu'au bout de la nuit d'insomnie d'Ellen et apprend, enfin, la vérité...

Lien : http://bulledemanou.over-blo..
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claraetlesmots
  22 août 2013
Après avoir lu les deux premières pages j'ai su que j'allais aimer ce roman ! Il s'est produit tout de suite cette alchimie étrange à définir, cette osmose où l'écriture, l'ambiance vont être synonymes de plaisir de lire (sourire aux lèvres, déconnectée du monde, reliée seulement à l'histoire).

Ellen est somnologue, le sommeil l'a quittée et durant une nuit, elle rejoint le monde des insomniaques. Tandis que l'obscurité étend ses bras sur Hambourg, elle guette le retour d'Orla sa fille adolescente et revient sur son parcours. Il y a trois ans elle a quitté l'Irlande et Declan qui s'était toujours comporté comme un père envers Orla pour revenir à Grund près du vieux Rhin en Allemagne. Là où elle a grandi et là où s'était retrouvée seule à vingt ans quand son amant avait disparu après avoir appris sa grossesse. Sa mère Heidrun atteinte d'Alzheimer a sombré dans le sommeil artificiel du coma et son père Joachim a monté une chorale. Chanter pour faire revenir son épouse à la vie, pour la sortir des limbes. Andreas y participe, son ami d'enfance qui depuis s'est enfermé dans un mutisme et ne communique que par écrit. Il y aussi Marthe une veuve arrivée à Grund il y a quelques années et un ancien patient d'Ellen Benno qui effectue une thèse d'histoire.

Depuis la disparition de son fils Lutz il y a dix-sept ans, Marthe est une femme brisée qui n'accepte pas qu'après sa liaison de jeunesse avec Lutz, Ellen soit de retour heureuse. Inconnue pour tous car elle a repris son nom de jeune fille. A la chorale, Joachim lui a demandé de tenir le cahier des répétitions. Mais en plus de ces brefs rapports, elle ajoute ses pensées. Cette ancienne professeure aimant la sémantique laisse cours à réflexions imprégnés par la mythologie et l'observation des oiseaux. Au récit d'Ellen s'ajoute les écrits de Marthe. Ellen et Orla sont liées à Marthe sans le savoir. Andréas traque, ramasse tous les papiers où sont jetés, griffonnés des mots. Son silence est survenu après de le départ d'Ellen et rien ne semble l'en éloigner.

Katharina Hagena déroule un canevas brodé de poésie autour d'Ellen, Andréas et Marthe. L'écriture est splendide, somptueuse, et il faut souligner l'excellent travail de traduction (quand on lit les notes de Marthe, on comprend pourquoi j'insiste sur ce point).
L'histoire s'articule autour de la mort, de la vie, de la disparition, de l'oubli avec de nombreuses références culturelles sur le sommeil. L'intrigue de dessine au fil des pages tandis que la psychologie des personnalités est creusée.
D'Ellen symbole de la jeune femme indépendante en quête de stabilité amoureuse à Andréas qui se tait pour garder un secret à Benno obnubilé par ses recherches, j'ai tout aimé dans ce livre !
La mélancolie douce qui s'en dégage, le rythme mélodieux, la nature personnage à part entière, les questionnements sur la mort qui dans ce roman revêt l'habit d'une étape dans la vie…
Suspendue au fil de l'histoire et émerveillée, j'ai souri grâce aux traits d'humour !
Un coup de coeur entier et vibrant pour une lecture extatique !

Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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veroherion
  05 janvier 2015
Des secrets, de l'insomnie, du silence et des hérons...
Une femme, une jeune fille, une vieille femme, des hommes et une chorale...
Une disparition, une femme dans le coma et un homme qui se tait, tout le temps, avec tout le monde. Surtout avec Ellen.
Maintenant, hier et avant-hier, on tourne les pages de l'histoire dans tous les sens.
Des petites araignées qui tissent leur toile partout au point de changer le paysage et des hérons qui s'envolent, annonciateurs de mort ou de ce que l'on veut bien y mettre comme sens.
Une histoire magnifiquement construite, des personnages captivants, une campagne magnifique.
Une petite tragédie du passé et ses répercussions vibrantes sur le présent...
Amis de la musique et d'autres arts, du rêve et d'un peu de folie amoureuse, ce livre est pour vous !
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DOMS
  12 octobre 2014
C'est un livre très bien écrit, mais un peu lent...
On sent qu'il y a une relation ambigue et étrange entre certains peronnages, mais l'intrigue met longtemps à se révéler....
deux vies en paralléle et qui s'observent, celle de Ellen et de sa fille, et celle de Marthe et de son fils disparu.
C'est finalement plutôt bien, enfin, c'est très lent quand même !
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LN
  25 octobre 2013

Ellen veille. Souffrant d'insomnies récurrentes, elle qui est pourtant une médecin spécialiste du sommeil, elle veille, laisse ses pensées l'envahir, les souvenirs émerger, l'immerger. Ellen nous raconte. Sa fille, ses amants, son passé, Andréas, l'ami d'enfance, Lutz, le séducteur de l'adolescence, disparu mystérieusement, et les autres, ceux contre qui elle a cherché réconfort, amour et paix. Elle nous confie également les arcanes de son mal rongeur :

« le sommeil est un antidote. Les patients n'ont aucune idée de tous les ravages et les loupés qui se produisent dans le corps pendant la journée : hormones, métabolisme, coeur. le sommeil en guérit la plupart au cours de la nuit. Ce même cortisol qui, chaque nuit, m'éveille entre trois et quatre heures du matin et me contraint à me souvenir fait que mes souvenirs s'effacent et que je peux me rendormir. C'est aussi contradictoire que merveilleux et , lorsque j'y réfléchis, il me faut presque me dissoudre pour pouvoir complètement l'appréhender. » (p. 262)

Parallèlement, Marthe confie ses pensées et ses rancoeurs dans un journal intime, guettant dans l'ombre Ellen et sa fille...

L'atmosphère de ce roman, entre rêve et réalité, sommeil et veille est hypnotique. Elle rive le lecteur au pages et le tient éveillé, captivé, sommé de connaître le fin mot de cette histoire nostalgique. le charme agit...

Ce que j'ai moins aimé :

Je m'interroge sur le manque d'originalité dans cette histoire (souvenirs, secrets enfuis dans l'enfance...) je ne pense pas qu'il m'en restera grand chose dans quelques mois... Je pense que cela est dû aussi à un aspect brouillon, déjà ressenti dans le Goût des pépins de pomme, l'impression que l'auteure ne sait pas bien où elle va, qu'elle avance dans un brouillard nébuleux opaque.

Bref un roman qui est certes agréable à lire, mais qui manque substanciellement de corps, d'intensité, trop flou encore pour retenir et l'attention, et la mémoire...
Lien : http://www.lecturissime.com/..
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