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EAN : 9782351781838
Gallmeister (02/05/2019)
4.03/5   44 notes
Résumé :
En 2002, une vague de scandales déferle sur l’Église catholique de Boston. Un à un, des prêtres respectés du diocèse sont accusés du pire des crimes, celui d’avoir abusé d’enfants qui leur étaient confiés. Éloignée depuis longtemps de sa famille par trop étouffante, Sheila McGann est restée néanmoins proche de son frère aîné, Art, curé dévoué et populaire d’une grande paroisse de banlieue. Lorsque Art se retrouve soupçonné à son tour de proximité coupable avec un je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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sur 44 notes
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JIEMDE
  08 mai 2019
Après les journalistes du Boston Globe, les médias du monde entier et le film Spotlight, Jennifer Haigh s'empare à son tour des scandales pédophiles des prêtres de la région de Boston, honteusement et longtemps couverts par leur hiérarchie. Elle en fait la toile de fond de le grand silence, traduit par Janique Jouin-de Laurens.
Arthur dit Art, prêtre de la banlieue de Boston, se retrouve accusé d'attouchements sur un jeune garçon, déchu de son sacerdoce et condamné à l'exil dans la même journée. Pour lui, c'est l'incompréhension qui devient cependant très vite, de la résignation. Mais pour son entourage, ses parents, son frère Mike et sa soeur Sheila, c'est le choc.
Sheila qui était la plus proche d'Art et le soutient contre tous, va tenter de comprendre et de remonter le fil de l'histoire, celle de la relation avec Kath et son fils Aidan, mais aussi celle des secrets familiaux longtemps tus. Mike, plongé dans un doute qui lui est insupportable, veut trouver la vérité et enquête à sa façon.
Ça partait bien mais j'ai vite été lassé d'une histoire qui s'étire comme un carême sans fin, dans un faux rythme un peu languissant et surtout dans une approche multigenre – le scandale pédophile, les silences de l'église catholique et son incapacité à se réformer, « l'enquête » du frère et de la soeur, l'étude des fragiles équilibres des écosystèmes familiaux…- qui trop embrasse sans jamais vraiment bien étreindre.
Et puis surtout, il m'aura manqué un brin d'empathie pour tout ou partie de cette galerie de personnages individualistes, menteurs, paumés, bigots ou tout cela ensemble. Cela en fait un livre « clinique », qui décortique un fait divers et son contexte de manière précise et mécanique, mais m'a laissé spectateur de tout ce gâchis. Dommage.
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lemillefeuilles
  15 août 2019
Depuis qu'il est sorti, je regarde cet ouvrage du coin de l'oeil à chaque fois que je passe devant en librairie, attirée par le résumé mais n'osant pas franchir le pas. L'histoire se passe à Boston, en 2002. le grand-frère de Sheila, qui est prêtre, est accusé par une maman d'avoir abusé d'un enfant. Au milieu des autres accusations de l'époque, celle du père Art fait également du bruit.
Grâce à ce roman, l'autrice met le doigt sur quelque chose qui dérange et dont nous parlons peu, en dehors de l'humour noir qui dénonce et des blagues douteuses sur le sujet : la pédophilie de certains prêtres au sein de l'Église catholique. Et pourtant, ce tabou - encore très présent aujourd'hui, selon moi - porte préjudice à de nombreuses victimes.
Seulement, Jennifer Haigh nous amène aussi à nous interroger : un homme accusé est-il forcément coupable ? Bien que je ne suis pas en train de dire que les victimes de viol mentent (les fausses accusations étant rarissimes, je pars du principe qu'il y a une victime), ce livre traite d'une personne proche du prêtre qui ne croit pas au fait qu'il ait commis ce crime.
La thématique est délicate, et je trouve qu'elle a été bien abordée. Nous avons différents points de vue, toujours racontés par Sheila (ce qui n'est pas complètement neutre, de fait). Bien sûr, nous savons ce qu'elle pense : elle est persuadée que son frère est innocent. Quant à leur autre frère, Mike, qui était policier, il est loin d'être persuadé de l'innocence d'Art... Afin de découvrir la vérité, Sheila va plonger dans le passé et dans les secrets de famille.
Ce roman est à la limite de l'essai, tant le style d'écriture de l'autrice me fait penser qu'on nous conte quelque chose qui est réellement arrivé. Et, de fait, cette situation c'est vraisemblablement produite, à quelques détails près. Malgré cet éloignement dû à l'écriture, j'ai été touchée par cette histoire et ces protagonistes.
Pour conclure, cet ouvrage est vraiment formidable et je suis ravie d'avoir pu le découvrir. Ainsi, je remercie la maison d'édition Gallmeister qui me l'a envoyé.
Lien : http://anais-lemillefeuilles..
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Abyssinia
  04 juillet 2019
La foi dans le grand silence, comme une impression que le titre dans sa langue originale répond à sa formule traduite. Dans ce quatrième roman, second publié en France, Jennifer Haigh hisse la religion comme principale tailleuse de failles au sein d'une Amérique du Nord frelatée par l'Église catholique. L'autrice met alors en lumière les contre-jours d'un monde clérical archaïque mais curieusement omnipotent, puissante imposture, et dont elle se sert pour interroger notre rapport étrange à la vérité. Défiance, scepticisme ou abnégation acharnée, Haigh porte un dialogue qui témoigne du clair-obscur symptomatique d'une époque.
Sans nous livrer de solution et de sentence, la langue de Jennifer Haigh discontinue et elliptique dénude sans emphase les sentiments d'angoisses et de culpabilité des membres d'une famille soumise à leur convenance, à la sauvegarde des apparences. « le grand silence » est un roman du doute, de la faute qui n'épargne personne et dont l'univers clérical n'est, au fond, que la colonne vertébrale, un prétexte pavillonnaire pour écrire un carnet familial, des dialogues sur la rédemption et la peur, voire la frustration de ce que l'on aurait pu être ou obtenir. Usurpation existentielle.
Jennifer Haigh restitue à travers une prose sèche un inconscient familial, et sûrement collectif, en se basant sur des faits malheureusement réels tout en échappant à la leçon historique.
Lien : https://lepointcul.wordpress..
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SagnesSy
  02 mai 2019
En France, nous avons découvert Jennifer Haigh en 2017 par son roman le plus récent, « Ce Qui Git Dans Ses Entrailles », un roman époustouflant. C'est toujours avec autant de crainte que de curiosité qu'on ouvre un autre roman quand celui qui nous a invité dans l'univers d'une autrice possédait une telle force. Ce « Grand Silence » est à la hauteur !
Nous y suivons Sheila, la trentaine, tandis qu'elle se débat avec l'actualité brûlante de 2002 : son demi-frère aîné, prêtre catholique, est accusé d'attouchement sexuel sur un enfant. C'est elle qui raconte, a posteriori. Elle prend le temps d'installer l'histoire de sa famille (pas simple), les relations installées entre ses frères, ses parents et elle (compliquées), et dans un premier temps, raconte le plus objectivement possible ce qu'on été les réactions de chacun au moment des faits (viscérales). Elle reconstitue ensuite, comme après une enquête journalistique, ce qui se passait plus profondément. le fait de passer par sa narration, pas neutre malgré ses efforts, donne un réel poids aux interrogations des uns et des autres et le suspens est nourri. C'est une histoire très triste et profondément bouleversante, qui a le mérite de poser de très bonnes questions et qui aborde courageusement un sujet inacceptable.
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belette2911
  27 décembre 2019
Il est rare qu'un roman de la maison d'éditions Gallmeister me déçoive, mais de temps en temps, ça arrive…
C'est toujours un crève-coeur, surtout quand on l'avait fluoré parce que pitch était plus qu'intéressant.
La pédophilie n'est pas un sujet joyeux et là, c'était l'église de Boston qui était éclaboussée par des accusations de pédophilie.
Je ne suis pas ici pour juger les hommes d'Église mais je vous dirai juste que j'évite toujours d'accuser ou de mettre en cause la religion ou Dieu lui-même car il sera impossible de leur envoyer une citation à comparaître…
Non, dans ces affaires horribles, c'est le coupable qu'il faut juger et rien d'autre et ne pas crier haro sur le baudet. Ni clouer au pilori le présumé innocent car des faux témoignages, ça existe et certains ont vu leur vie brisée après cela.
Anybref, dans ce roman qui traite d'un sujet brûlant, nous allions enquêter avec Sheila McGann sur la culpabilité ou non de son frère, Art, prêtre. Directement l'homme a été déchu, quasi viré et pour lui, c'est l'incompréhension totale, le choc brutal. Pour sa famille aussi (mettons-nous à leur place, livré à la vindicte populaire).
Toutes les familles ont leurs secrets et Sheila va en faire la découverte elle aussi.
Le problème de ce roman est dans ses longueurs sans fins, dans les personnages pour lesquels on développe peu d'empathie, qui me semblaient être là sans y être, ou alors, c'était moi qui regardais la pièce sans y être.
C'était mécanique et elle s'est grippée, me faisant perdre le fil et l'intérêt pour l'histoire.
Dommage mais c'est ainsi, certains livres qui auraient dû vous toucher sont écrits d'une telle manière que vous passez loin d'eux.
Il me reste une chose : les accusations, qu'elles soient de pédophilies, d'attouchements, de viols, de harcèlement ne sont jamais à porter à la légère.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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critiques presse (1)
LeMonde   28 mai 2019
Un roman saisissant sur la morale, la culpabilité et la rédemption.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
SabrinaTrubletSabrinaTrublet   23 mai 2019
Le grand silence
Jennifer HAIGH

Cette histoire est celle du père Arthur.
Elle est racontée par sa petite sœur Sheila.
Dans leur entourage il y aussi leur mère, impossible à vivre , dévote et dont Art est le fils préféré.
Il y a Mike leur frère, ancien policier reconverti en agent immobilier. C’est un père de famille aux idées bien arrêtées.
Ted, le père de Mike et Sheila, très diminué par son alcoolisme.
Mais aussi Kath et Aidan Conlon par qui le malheur va arriver.
Parce que l’histoire que nous raconte Sheila est le drame de la pédophile au sein des églises.
Fantasmé ou avéré d’ailleurs.
Art se retrouve accusé, l’église le déplace et accepte même de payer sans chercher à savoir la vérité.
Si Mike refuse de parler à son frère Sheila elle veut comprendre.
Chacun de son côté va mener son enquête pour se faire sa propre idée.
Et les faiblesses de chacun vont alors se mettre à nu.
Au propre comme au figuré.

Ce roman est pour moi celui du doute ( de ses sentiments, de ses engagements, de ses certitudes) mais aussi celui de la fraternité ( je te protège car tu es mon frère autant que je te repousse car tu es de même sang).

J’ai beaucoup aimé ce roman.
Il se lit très bien et la façon dont La narratrice s’adresse à nous me plaît énormément.
C’est une très belle découverte.
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missmolko1missmolko1   02 juin 2019
Dans la cuisine, elle prit son chapelet dans un tiroir et trouva la station à temps. Rater l’accueil de l’archevêque, c’était comme arriver en retard au cinéma ; elle serait incapable d’être dans la bonne disposition d’esprit.
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LalitoteLalitote   17 juillet 2019
C’était la robe que je portais quatre ans plus tôt pour la veillée mortuaire de mamie, si clairement funèbre qu’il semblait logique qu’elle reste pendue dans le placard de mon ancienne chambre à Grantham, afin de pouvoir être portée à la mort du prochain parent. C’est une pensée innommable, ces calculs sinistres de l’espérance de vie auxquels se livrent ceux d’entre nous qui ont des parents vieillissants, qui, un à un, vacillent et s’affaiblissent. Avec un sentiment de culpabilité, nous nous demandons qui sera le prochain.
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AbyssiniaAbyssinia   01 juillet 2019
Ils devraient au moins connaître, trop tard, le fils et le frère qu'ils ont perdus.
(ce que maman savait, et ce qu'elle ne savait pas. La question me hantera le reste de ma vie).
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ReadLookHearReadLookHear   08 juillet 2021
Comme il me semblait vivant, alors, comme il semblait grisé par son premier baptême, son premier mariage, sa première messe de minuit. Mais ce sont de vieux souvenirs. Ces dernières années, il parlait à peine de son travail. Nos conversations autour des nouvelles de la famille, les maux et les maladies de nos parents vieillissants, le mariage de Mike et les naissances de ses trois fils. Art n’a jamais exprimé de regrets, pas explicitement ; mais bien sûr, il en avait. Montrez-moi un homme de cinquante ans qui ne regrette pas les vies qu’il n’a pas vécues.
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