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John Haines (Autre)
EAN : 9782351787670
256 pages
Éditeur : Gallmeister (01/10/2020)
3.78/5   25 notes
Résumé :
Pendant vingt-cinq ans, John Haines a vécu dans une cabane isolée au cœur des étendues vierges de l’Alaska, menant une existence rude et solitaire de pionnier moderne. Couper du bois, tracer une piste, piéger une marte, dépecer un élan, faire ses réserves de saumon : une vie simple, aventureuse et libre, au rythme d’une nature sauvage envoûtante. Avec sérénité, il transforme son expérience intime en un récit initiatique et intemporel, où le moindre événement trouve ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  20 février 2021
Entre ses vingt-trois ans en 1947 et le moment où il écrit ce livre en 1989, l'auteur a passé en tout vingt-cinq années dans la cabane qu'il s'est construit dans le Grand Nord, en Alaska, à l'écart du monde. Il raconte son existence en ces lieux de solitude souvent glacée, au contact d'une nature aux mille beautés et dangers : un mode de vie libre, mais rude et aventureux, en quasi autarcie, à trapper, pêcher et subsister comme l'ont fait avant lui des générations de pionniers.

C'est avec une simplicité franche et authentique que l'homme se décrit dans cet environnement qu'il a choisi, loin de l'agitation du monde, en communion avec une nature dont il tire l'essentiel de sa subsistance, au rythme de tâches éprouvantes et physiques. le danger n'est jamais loin et un travail incessant s'avère le prix de ce mode de vie libre et indépendant. Mais c'est une paix de l'esprit et un sentiment de plénitude, la certitude d'une harmonie avec un univers inchangé depuis des millénaires, qui transparaissent au fil des pages, emplies d'actions quotidiennes calmement accomplies, de joies simples, de la pure sensation de vivre. Ici, pas d'états d'âme ni de révélations intimes. Mais la satisfaction d'un bon feu et de l'estomac plein, l'observation et l'adaptation au milieu, le respect de la faune et d'un cadre dont dépend la survie. Une fugace impression de mélancolie traverse le récit de part en part, alors que l'auteur semble prendre conscience du chemin parcouru – il a soixante-cinq ans -, et partage à demi-mot sa sensation d'être une sorte de « dernier des Mohicans », accroché à une nature désormais quasi vidée de sa vie animale.

Bien sûr, la nature déborde de ces pages, puisqu'elle emplit et soumet toute l'existence du narrateur. le dépaysement qui nous est offert se teinte d'aventure au fur et à mesure que le lecteur marche dans les pas de John Haines et de ses chiens, pose et relève avec lui pièges et collets, aménage des cabanes-refuges qui lui permettront d'élargir sans trop de risques son périmètre d'exploration, protège ses réserves pour l'hiver des loups et des ours, guette l'avancée du gel puis la débâcle de la rivière… Nombreuses sont les anecdotes qu'il distille avec le talent consommé d'un conteur, nous tenant suspendus à ses mots comme si nous l'écoutions au coin d'un feu, à la veillée, lorsque le vent froid siffle au dehors…

Dépaysant et authentique, ce récit sans artifice est passionnant de bout en bout. Il nous fait entrevoir un mode de vie aux antipodes du nôtre, sans aucun doute en voie de disparition, et qui ne peut que nous interroger sur ce que nous avons gagné et perdu à l'âge du confort moderne et virtuel.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Jerenight
  27 décembre 2020
Quel bonheur de s'évader en Alaska en compagnie de John Haines, bien installé, au chaud dans mon canapé, en ce dimanche grisâtre de fin d'année.
L'écriture est soignée, alternant entre poésie et descriptions précises de l'environnement
On y suit l'évolution au quotidien de l'auteur suite à son installation dans le grand Nord, par des hivers à -40° Celsius.
Loins de mes préoccupations de citadin, ici ce sont les instincts primaires qui dictent le déroulement des journées : piéger du gibier pour se nourrir, abbattre un arbre pour se chauffer, construire une cabane pour avoir un toit au dessus de la tête avant la venue de la nuit (et des loups..).
La faune et la flore sont évidemment omniprésentes et les êtres humains quantité négligeable (plus proche voisin à plusieurs kilomètres, vive la tranquillité !).
Les questionnements du narrateur en tant qu'apprenti trappeur en appellent à notre réflexion. Par exemple : la mise à mort d'un innocent animal - d'autant plus lorsque elle est réalisée dans notre seul et unique intérêt - ne peut-être effectuée sans en éprouver le moindre sentiment, mais est indispensable pour pouvoir se nourrir, survivre et tirer quelques pièces de la vente de sa précieuse fourrure.
Le récit est agrémenté de notes d'humour, avec notamment les nombreuses et invraisemblables anecdotes partagées par les vieux ours solitaires de ces montagnes, au coin du feu, autour d'une bouteille de whisky, durant les longues soirées d'hiver.
En résumé, ce fut un plaisir de découvrir l'Alaska, de parcourir ses chemins, de contempler ses paysages et de côtoyer ses créatures durant ces quelques saisons couchées sur le papier par monsieur Haines.
Un livre qui comblera les attentes de tous les amoureux de nature writting.
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Cassiopee42
  13 février 2021
John Haines est né en 1924 (décédé en 2011). Après des études d'art et de peinture, à vingt-trois ans, il achète une propriété en Alaska. Pendant vingt-cinq ans, à partir de 1947, il passera beaucoup de temps là-bas, parfois avec une femme (mais c'est rare) le plus souvent seul en compagnie de chiens, en rencontrant épisodiquement quelques voisins. Ce recueil, publié à l'origine en 1989 est le récit de ce qu'il a vécu pendant cette période.
Peintre, poète et écrivain, John Haines utilise tous ses talents pour ces « mémoires ». Il fait battre le coeur profond de la terre, il explique comment en vivant à son rythme, en respectant ce qu'elle est, on peut ressentir une profonde harmonie. Ode à la nature, ce livre se savoure, se mérite. On écoute la neige crisser sous les pas, on entend les feuilles bruisser au printemps, on observe l'écureuil volant, le ciel étoilé. On avance calmement, en profitant du moment présent. On pourrait croire que rien ne se passe mais si, lentement, aussi sûrement que le jour revient après la nuit, les hommes vivent et apprennent les uns des autres. Et l'auteur nous conte ses expériences. Il a appris à chasser, à vivre de peu, à apprécier chaque chose à sa juste valeur. Il défriche, il bâtit. Parfois il repart. « Pendant un temps, je retournai au monde des villes et des citadins, des livres et des écoles : une autre partie de la forêt, qui possédait aussi ses pièges et ses leurres. »
Haines parle de ceux qui sont passés, de certains qui ont disparu, d'autres qui ont partagé une pratique avec lui, une discussion ou un silence. Il y a des histoires dans son histoire. Des liens se nouent, se créent mais sans obligation. Ce n'est pas linéaire mais peu importe, on le suit et on découvre à ses côtés. Son écriture (merci à Camille Fort pour la traduction) a un souffle épique. On sent un homme empli de sérénité, heureux de ce qu'il vit, corps et esprit en harmonie. Un sage qui ne fait pas la leçon, qui n'en rajoute pas, le ton reste juste, vrai. Il vit des choses simples qui paraissent extraordinaires, parce que, sans doute, on a tendance à oublier que la vie palpite partout, quand on est « mangé » par notre quotidien et que son texte nous le rappelle de bien belle manière.
Dans sa quasi solitude, John Haines se sent merveilleusement bien. « Je suis ici et nulle part ailleurs. » Il a choisi de vivre cette vie, de cette façon là et ses amis lui semblent loin, très loin. Il ne ressent pas de manque parce qu'il est en paix, avec lui-même et avec ce qui l'entoure.
J'ai eu un coup de coeur pour cet opus. J'ai aimé les descriptions qui se construisaient sous mes yeux comme si elles étaient créées à coups de pinceaux, je me suis délectée des phrases, des mots, qui se sont glissés sous mes yeux comme un poème, un chant d'amour pour la nature, j'ai apprécié le rythme, le tempo qu'offrent les chapitres. L'essence de la vie est magnifiée par le phrasé de cet écrivain. "Pour qui vit dans la neige et l'observe jour après jour, elle se lit à livre ouvert. Les pages se tournent au souffle du vent. le même texte s'écrit là depuis des milliers d'années..."
La couverture superbe, les illustrations magnifiques, épurées mais très expressives que l'on trouve ça et là, complètent à merveille cette lecture hors du temps. Elle fait du bien et distille de la quiétude.

Lien : https://wcassiopee.blogspot...
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Loubhi
  01 mars 2021
Depuis Jack London, je n'avais rien lu d'aussi dépaysant, reposant et de factuel. de l'écrit, de la poésie, un sens inné de la description comme du rendu de cette virginité des décors, des saisons, des modes de vies animales et autant de dessins illustrant chaque chapitre.
Retour sur une vie de plus de 25 ans exclusivement vers les espaces de l'Alaska et une vie de trappeur, chasseur, pêcheur et d'explorateur en 18 chapitres aussi inspirés, pratiques que poétiques ; celle de l'auteur John Haines. Ce recueil est le garant des derniers espaces sauvages et encore relativement préservés entre 1947 et les prémices de 1960, relatés par un homme d'abord apprenti dans la vie, la survie, l'exploration et l'exploitation de cette terre sauvage avant de se révéler un véritable expert. Un aventurier tout d'abord, un homme à la recherche des grands espaces où la nature prévaut sur l'être humain et ses dérivés, ces différents chapitres sont autant de témoignages du narrateur, d'hommes libres, rudes et solitaires sachant juste se souvenir que la nature les tolère et reste la maîtresse de leurs destins heureux ou malheureux.Le texte, la vivacité,la qualité narrative et descriptive de John Haines sont autant de garanties pour le lecteur d'être embarqué dans ce voyage à la fois en mouvement et immobile. le rêveur que je suis s'est retrouvé souvent perdu avec bonheur dans les images d'une faune, d'une flore exceptionnelle...en arrêt avec un sentiment que le temps s'est suspendu et les paysages comme les saisons se déroulaient devant moi. A la majesté de ses paysages, lacs, pistes, cabanes ou tentes se sont immiscés martres, élans, lynx, ours, castor, poisson d'argent, chauves-souris, chiens de traineau...dans la plus totale harmonie ou crudité, lorsque le narrateur comme ses frères chercheurs, trappeurs sont obligés de chasser, capturer et parfois de mourir....Rares sont les auteurs pouvant rendre aussi parfaitement les lacs et cours d'eau se figer, les états de la nature (nue ou exubérante, silencieuse ou bruyante) , les saisons se succéder avec ses propres spécificités avec l'hiver bien sûr, (probablement l'épreuve la plus forte pour les humains qui ont choisi d'y évoluer), les couleurs du printemps, de l'automne et du trop court été exploser.
Et que dire des portraits de nombre des personnages réels que John Haines va rencontrer.... fastueux, truculents, simples ou épurés.Il faut prendre le temps de lire, relire ces 240 pages, savoir s'arrêter sur certains passages et ne pas ambitionner de le lire d'une traite....
Lien : http://passiondelecteur.over..
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Bislys
  06 avril 2021
Grosse grosse déception pour ce livre qui s'avère n'être qu'une longue suite des différentes techniques pour bien piéger, tuer, dépecer un animal. Martre, renard, castor... tout y passe. Mieux vaut ne pas être un animal quand on croise le chemin de John Haines, car les probabilités d'en sortir vivant sont très faibles. le titre et le résumé nous vendent un récit contemplatif alors qu'on en est très loin. D'étoiles il n'en est question que pendant un paragraphe, la neige est bien présente mais juste pour dire qu'elle gèle (on notera cependant le magnifique chapitre sur la fonte de la glace au printemps, comme quoi quand on veut...) et le feu il n'en est pas question plus que ça. J'ai donc l'impression de m'être un peu fait avoir sur ce récit. Vraiment dommage car les passages où l'auteur n'utilise pas sa carabine sont beaux et bien écrits.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   20 février 2021
Eteignez toutes les lumières d’une ville, et voyez combien la vie se hâte de retourner aux ombres, à quelle vitesse la crainte ancestrale nous revient des arbres sans lumière et des porches silencieux, tandis que la nuit s’emplit une fois de plus de mufles et de chuchotements, d’ailes râpeuses et de corps pesants qui se heurtent.
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CannetilleCannetille   20 février 2021
Il n’y avait pas moyen de les suivre du regard dans cette lumière vacillante. A peine en avais-je isolé une sur le fond du ciel qu’elle virevoltait pour aller s’enfoncer dans l’obscurité touffue du bois. Les chauve-souris suivaient une trajectoire spasmodique étrange qui rappelait le vol des papillons, mais en plus rapide et vigoureux. C’était comme si l’atmosphère tranquille et vespérale où elles évoluaient cédait soudain à un coup de vent brusque qui se serait emparé d’elles pour les rejeter sur le côté. Comme si elles étaient soudain arrêtées dans leur vol par une ficelle invisible qui les arrachait d’une secousse à leur parcours.
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Wendat69Wendat69   18 octobre 2020
J'appris à lire une piste animale, l'empreinte laissée sur la neige par la patte, l'aile ou la queue. D'une certaine façon, étrange et intuitive, c'était comme si je m'initiais à une langue étrangère où le moindre détail, le moindre accent avait une signification particulière. Cette langue m'amenait pas à pas dans un monde que j'avais, me semble-t-il, connu naguère avant de l'oublier -un monde rempli d'ombres, hanté par les visions encore à moitié présentes du passé. J'y trouvais mes marques, plus ou moins certain -même si j'étais seul, loin de tout ce qui avait entouré mon enfance- que j'étais là où je devais être, à faire ce que je devais faire.
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Wendat69Wendat69   22 octobre 2020
Qui sont ceux qui viennent dans cette blancheur, ce lieu distant et glacé, en quête de ce qu'ils ne peuvent nommer? Non pas l'or, sans doute, mais une fortune spirituelle, une fraîcheur qui leur est déniée là d'où ils viennent. Le Nord brille de tous ses éclats, la terre s'obscurcit de nouveau, et la lueur fugitive de la lanterne éclaire les ombres.
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Wendat69Wendat69   23 octobre 2020
Au loin, sur l'autre rive de la Tanana, à un mille ou plus au sud, une meute de loups chantait. Je dis bien "chantait et non "hurlait", car c'était bien ce que cela évoquait. Nous distinguions trois,quatre voix peut-être, un peu tremblantes, qui s'élevaient de concert, modulées l'une sur l'autre avant de s'interrompre en un chœur désordonné. Leurs voix retombaient en échos lointains sur la rivière glacée avant de reprendre. Un vent léger, incertain, soufflait de ce côté et le chant s'élevait ou retombait selon que l'air le portait vers nous ou l'entraînait plus loin au sud. C'était comme s'il avait traversé un milliers d'années de glace et de neige tassée par le vent. C'était comme s'il voyageait à la façon des étoiles, éteintes depuis longtemps quand leur lueur nous parvient.
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