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EAN : 9782253259640
480 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (27/03/2019)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 63 notes)
Résumé :
L'amour peut-il grandir là où la haine a été semée ?
Jaffa, Palestine, 1948. Salim attend impatiemment le jour de ses huit ans. Enfin, il va pouvoir accompagner son père pour la cueillette des oranges, symbole du passage à l'âge adulte. Mais il n'aura jamais cette joie : la guerre israélo-arabe débute et sa famille est obligée de fuir en laissant derrière elle la maison et les orangers.
Sunderland, Angleterre, 1959. Judit, douze ans, doit préparer sa b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
TRIEB
  20 septembre 2018
La Maison aux orangers met en scène deux destins :celui de Salim Al-Ishmaeli , impatient d'aller accompagner son père à la cueillette des oranges dans sa propriété de Jaffa .Nous sommes en 1948 , à la veille de la guerre israélo-arabe qui se conclura par le partage de la Palestine , et la fuite de la majorité de très nombreux habitants arabes palestiniens .Le second personnage est Judith , jeune juive lycéenne vivant dans le nord de l'Angleterre, élevée par ses parents dans le maintien d'une identité juive par l'enseignement religieux, la préparation de sa Bar-mitsvah, équivalent judaïque de la communion solennelle . Qu'ont en commun ces deux individus si lointains, tant géographiquement que culturellement ? C'est le talent et l'habileté de Claire Hajaj, l'auteure de ce premier roman, de le dévoiler au lecteur.
Salim a baigné, dans les jours précédant l'éclatement du conflit, dans un décor marqué par sa famille, sa fratrie, son père, à l'influence si pesante : « Salim était sûr de lui. Il avait peu d'affection pour son père, ou pour Abou Mazen, ou pour tous ces hommes imposants qui venaient chez lui. Mai son monde s'était construit autour de l'odeur de leurs cigarettes et du bruissement feutré de leur conversation .Comment imaginer que l'assurance tranquille avec laquelle ils régnaient sur le monde puisse disparaître ? »
Il y a, bien sûr, la maison aux orangers, source de rêves pour Salim, génératrice de souvenirs et d'une nostalgie intense : « Au cours de l'été, elles prendraient l'aspect de petits citrons avant de se transformer en fruits mordorés (…) L'air s'emplissait d'une douceur altérée. »
Pour Judith , les buts sont plus immédiats dans l'Angleterre des années cinquante, où l'on peut pratiquer la natation, sport dans lequel Judith excelle mais qu'elle abandonne , suite à ses échanges avec Peggy , une amie de son club de sport ;Celle-ci lui fait comprendre que les préjugés sont vivaces, et qu'une Juive, même intégrée ou assimilée , ne peut postuler à l'entrée dans des grands clubs , ou encore pénétrer l'Establishment britannique.
Ces deux parcours se croisent en Angleterre , toujours, mais dans celle des années soixante, du swinging London , de la Pop Music triomphante , de l'éclosion de la permissivité dans une fraction de la jeunesse .L'auteur Claire Hajaj ne décrit alors pas un conflit transposé entre ces deux personnes , qui se rencontrent, tombent amoureux, sont en proie à maintes interrogations, à l'hostilité de certains membres de leurs familles ,à l'incrédulité de leurs proches .Pourtant, ils maintiennent le dialogue, n'évitent pas les conflits , la séparation .Ce qui est admirable dans leurs conduites décrites dans ce roman, c'est cette aptitude à se souvenir de ce qu'ils sont , l'un un fils de propriétaires terriens palestiniens expulsés par la Nakba, l'autre une Juive incertaine sur les moyens de sauvegarder son identité après la Shoah, dans le nouveau cadre de l'après-guerre .La clé du roman figure peut-être dans les dernières lignes, lorsque Salim et Judith se retrouvent : « J'ai raté tant de choses parce que je regardais toujours derrière moi. Je l'ai perdue parce que je n'ai pas pu trouver mon propre chemin. »
Ce roman fait la place aux interrogations des personnages, à leurs scrupules, à leurs doutes .C'est en cela qu'il est exemplaire, surtout concernant le sujet traité .A qui appartient la Palestine, terre de conflits multi décennaux ? A Salim et à Judith, sans aucun doute…
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ConstanceFarrugia
  28 juin 2018
Avec La maison aux orangers, nous plongeons alors dans le bain ensoleillé et parfumé de la ville de Jaffa, en 1948. On y découvre le personnage central de ce roman, Salim. Un enfant têtu et fier qui ne rêve que de reconnaissance paternelle et attend impatiemment de participer à la cueillette des oranges cultivées sur le domaine familial. Entre un frère ainé qui le rudoie et un frère cadet auquel toute l'attention maternelle est dévolue, Salim peine à trouver sa place. A travers le regard naïf de ce petit garçon, nous voyons se dessiner les injustices de notre propre enfance et adoptons à son égard une attitude bienveillante. le drame commence lorsque la guerre israélo-palestinienne éclate et dessine deux camps, irrémédiablement ennemis. Montaigu et Capulet ont déterré la hache et laissent le petit Salim perplexe : comment ne peut-il plus être ami avec le gentil Elia ? Pourquoi doit-il lui préférer Mazen, avec lequel il partage le même camp sur le papier mais pas sur leur terrain de jeu ?
A des milliers de kilomètres de là, en Angleterre, Judith porte sur ses épaules frêles le poids d'une histoire et de l'Histoire. Issue d'une famille juive qui a fui la Russie des Pogrom avant d'échapper à la Shoah, Judith se sent prisonnière d'une identité qui ne lui ressemble pas. le récit décrit les premières brimades, les exclusions, les mises à l'écart. On y voit une petite fille déchirée entre les attentes de sa famille et son envie d'émancipation. le club de piscine et la négociation pour esquiver le cours d'hébreux. le désir d'appartenir au cercle très fermé mené par l' « incroyable » « Maragaret Smailes alias Peggy S, le surnom qu'elle s'était choisi d'après la chanson de Buddy Holly ». A chacun ses enfantillages. Sauf que pour Salim et Judith, les chamailleries de cours de récréation prennent toujours un tour plus grave et plus radical. Enfermés dans leur identité, ils ne peuvent s'en affranchir pour réaliser leurs rêves et l'histoire de Salim et Judith se mêle à la grande Histoire.
1967, Londres. Salim a quitté Jaffa. La maison aux orangers a été vendue à l'état israélien grâce à l'entremise du père de Mazen. Trahi, exilé à Nazareth, Salim choisit de rejoindre son frère ainé en Angleterre pour y poursuivre ses études. C'est alors qu'il fait la rencontre de Judith. Et Roméo de tomber amoureux de sa Juliette… Dès lors, le roman bascule. Les amoureux mènent un nouveau combat. Ils veulent être le signe que l'Amour peut tout, qu'il endure tout et qu'il répare tout. Cependant, en dépit de leurs efforts, les tourtereaux sont aux prises avec eux-mêmes, avec leur culture respective.
Le récit, dans son rythme, se brise. La narration, comme les personnages, peine à avancer. Salim, tour à tour, orageux et doux donne le sentiment d'un bambin geignard qui veut toujours être au centre de l'attention. Son interprétation de son évolution de carrière, de ses choix de vie est toujours rapportée à son identité d'arabe, ce qui, de son point de vue, l'exempte de toute responsabilité à l'égard de ses actes. Personnage aussi attachant qu'exaspérant pour moi, qui ne supporte pas que l'on s'affranchisse de ses obligations. Au fur et à mesure du roman, l'injustice initiale, l'abandon de la maison et de l'enfance prend toute la place et enferme Salim au pays universel des regrets.
Pour ma part, j'ai apprécié la première partie du récit. J'y ai appris beaucoup de choses sur le conflit israélo-palestinien et sur les causes de sa naissance. On ressort de cette première partie assez sonné et remis en question dans toutes ses convictions, tant l'auteure arrive à décrire les arguments des deux familles sans jamais prendre directement partie pour l'une d'entre elles. En revanche, la deuxième partie du roman peine pour moi à s'arracher d'une complainte quasi-perpétuelle du personnage principal. Il n'apprend jamais de ses erreurs et celui pour lequel on avait bienveillance et sympathie tend à nous agacer et nous énerver. Une lecture en demi-teinte pour moi mais une jolie escale littéraire tout de même.
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Tempsdelecture
  01 novembre 2019
Il est question d'une histoire d'amour certes mais l'intérêt et le charme de ce livre vont bien au-delà de ce simple élément narratif, qui, après tout, ne me semble être qu'un simple prétexte à une transposition du conflit qui déchire le moyen-orient sur deux personnes lambda, amoureuses. Cette narration prend un tour beaucoup plus personnel puisque deux enfants, qui ont comme culture à la fois les cultures palestinienne et anglaise et comme religion l'islam et le judaïsme, sont issus de cette relation. Ces enfants, qui plus encore que l'union de Salim et Judit, supportent bien malgré eux les conséquences de l'union de leur parents, les stigmates d'un antagonisme croissant.
Point intéressant à évoquer, l'auteure alterne les points de vue, sans absolument aucun parti pris pour une culture ou l'autre, l'un sur la vie de Selim, l'autre sur la vie de Judit, jusqu'à leur rencontre, afin que le lecteur s'imprègne de la même façon de l'état d'esprit de chacun, celui du jeune Selim, désemparé parte la perte de la maison aux orangers, située à Jaffa, partie sud de l'actuelle Tel-Aviv, pétri par la rancoeur, la honte et l'incompréhension, et celui de Judit, déconcertée par un sentiment religieux qui n'est pas forcément le sien, accablée par l'histoire de son peuple, sans doute, trop lourde à porter et anéantie par l'antisémitisme ambiant, dont la fin de la guerre n'est pas parvenu à venir à bout. le fait, justement, de juxtaposer ces deux points de vue enlève tout manichéisme formel au récit en mettant à jour la multiplicité des facettes de cette réalité complexe, de ces deux pays embourbés dans une relation que de lointaines instances mondiales ont cru bon de faire ingérence, et qui est devenue, par voie de conséquence, totalement ingérable.
C‘est une écriture sensible, qui explore avec justesse les parcours et les psychologies de ces adultes que sont devenus ces enfants, sans jamais porter le moindre jugement, laissant au lecteur la possibilité de comprendre par lui-même les enjeux personnels, qui au-delà d'être simplement politiques, touchent à ce que les hommes ont de plus intime, leur identité, façonnée, entre autre, par les lieux où ils ont grandi, l'histoire dans laquelle s'inscrit la mémoire familiale.
C‘est donc un couple, mixte, qui va devoir trouver sa propre voix/voie, sa vérité, charges dont les enfants, fils et fille, d'une juive et d'un musulman, se verront incomber au même titre que les parents. Chacun aura à coeur de définir son identité, outre ce poids de ces deux héritages d'amour, de haine, de rancoeur et de rancune, plutôt lourds à assumer et à porter. D'ailleurs la lettre liminaire du roman ou Marc s'adresse à Sophie, démontre de cette difficulté existentielle qu'ils doivent surmonter. Tiennent-ils plus du Menschen juif ou du Fellah arabe?
Au-delà de leur religion et de leur culture, clairement Judit et Salim possèdent deux personnalités qui leur permettent de surmonter les obstacles qui pourrait freiner d'autres plus faibles qu'eux, Judit, est une jeune fille plutôt moderne et indépendante qui a du mal à comprendre les traditions dont ses parents se réclament. Mais ce sont avant tout deux adultes déracinés, ballottés entre Palestine, Angleterre. En mettant au coeur de son sujet deux familles particulières, les Gold et les Al-Ishmaeli, l'auteure a tout de même réussit à prendre de la hauteur pour montrer que tous ces drames qui fondent l'opposition de ces deux peuples, les juifs, les arabes, tous ces sentiments bouillonnants et extrêmes dans lesquels ils sont englués, se rencontrent finalement chez les uns et comme chez les autres, que la perte des terres des uns en Palestine fait écho aux pillages des propriétés des autres en Russie. Ils n'ont certainement pas vécus les mêmes traumatismes, mais ont l'un comme l'autre l'expérience de l'incompréhension, du rejet, de l'animosité inexplicable, du fiel, de la malveillance et de l'hostilité, parfois du fanatisme, de ceux qui profitent de leur position de supériorité, toute honte bue, pour davantage les humilier et les asservir. C'est toute la difficulté de cette union qui réussit à se construire sur les cendres des couples de leur propre famille qui les ont précédés, un véritable lien affectif, et une volonté de s'accommoder à la différence de l'autre, celui qui ne rentre pas forcément dans les cadres des repères familiaux et culturels. Car ces différences n'affectent pas seulement les relations conjugales, mais également les relations familiales, où chacun manque de se retrouver dans l'autre,
Belle plume, histoire poignante, Claire Hajaj a su déceler de la lumière dans un univers chaotique pris dans un engrenage de violence sans fin, voué à la perte, aux renoncements, aux sacrifices où la paix ne semble être qu'un mirage, un concept fabriqué de toutes pièces pour continuer à vivre et donner un peu d'espoir aux enfants. C'est un roman d'autant plus passionnant et troublant que l'auteure dévoile, dans ses remerciements, que son récit a été inspiré de sa propre histoire. C'est un beau premier roman, et Claire Hajaj, une auteure à suivre.

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EvlyneLeraut
  11 janvier 2019
Ecrit avec brio, ce roman est bouleversant, saisissant, magistral. Ce dernier est une page de notre Histoire dont on ne veut plus les ratures. On aime par-dessus tout ces pays qui ne peuvent s'unir en diapason de fraternité. Ces êtres pris en tenaille dans cette guerre israelo-palestienne. Goûter l'orange en partage et sentir le sucre doux d'une terre promise à tous. On s'attache à Salim, palestinien, à Judit (Jude) déracinée, volontaire et déterminée, sans port d'attache avec une étoile jaune sur le coeur. Que sa beauté est grande !! Que vont –ils devenir ces deux morceaux d'un même vase qui ne peut s'assembler de crainte, d'effroi et de différence ? Ce roman est aussi dense que triste. le lecteur est comme cette fillette qui pense que les enfants de la guerre ne sont pas comme les autres. Il a beau mettre un manteau de paix sur lui, le lecteur tremble de froid dans cette lecture où même le sable n'a pas d'empreintes allouées pour les sages de ce roman qui n'en est pas vraiment un. Tant sa réalité est l'éclair qui foudroie le Bat-Mitsvah de Judit. Salim et Jude vont s'aimer jusqu'à l'épuisement d'une réconciliation universelle impossible. Salim a perdu sa maison aux orangers, cet emblème de paix impossible. Et là le lecteur est bousculé, transis. Il voudrait Jude libre sans souffrances ni désespoir. Un Salim plus tolérant, mais il est perdu, il ne sait plus où se trouve ses racines. Une parabole qui glisse ses ailes de colombe jusqu'à l'invisible des orangers. Cette maison est métaphorique, l'emblème de ce qui ne sera jamais. On ne peut porter un gilet avec une manche entre deux pays, deux religions qui s'affrontent, deux êtres écartelés sur les rives ennemies. Cette histoire si réelle, dramatique est de larmes et de soupirs. Elle pointe du doigt là où ça fait mal, sans prendre partie. le lecteur est sidéré par ces folies. Il pense à Rebecca, la grand-mère de Jude. Il pense à Salim à l'âge de 7 ans, fauché dans l'astre d'un oranger chimérique. Cette histoire est tout sauf un roman. Elle dévore, pose les faits en poupée gigogne qui bascule sous le poids de l'intolérance. C'est un livre témoignage, un livre dont le lecteur voudrait un point final d'amour universel. Un livre qu'on ne quitte jamais des yeux. A lire pour comprendre, retenir, et dire. Mémoriel. En lice pour le Prix des Lecteurs U le Livre de Poche, ce roman est une chance.
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BiblioJoy
  27 novembre 2020
Premier roman de l'auteure, La maison aux orangers est un roman captivant et lumineux, romanesque et émouvant.
Du Moyen-Orient jusqu'en Angleterre, sur plusieurs dizaines d'années, c'est l'histoire d'une famille, de plusieurs personnages, l'un en particulier, à travers deux cultures différentes, et dont le récit alterne avec les deux points de vue.
Palestine. Israël. Juifs et arabes.
Le poids des traditions, la force de l'Histoire avec ses éternels conflits, ses tragédies, ses guerres, et la puissance des émotions, l'héritage familial, religieux, éducatif, les liens du sang et l'intensité de l'amour, imprègnent ce magnifique roman très bien écrit, rempli d'empathie.
"La paix n'a pas de frontières".
"Il n'y a de paix possible qu'après la guerre".
"La tolérance est une vertu qui rend la paix possible".
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critiques presse (1)
Actualitte   29 mars 2018
La maison aux orangers de Claire Hajaj nous fait vivre l'aventure d'une famille extraordinaire dans les confins de l'Histoire et de ses affres les plus douloureux, mais aussi les plus émouvants. Où l'on redécouvre le conflit israélo-palestinien, profondément humain.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Olivia-AOlivia-A   27 juin 2019
- Ah, Salim, tu es plus futé que ça. Ce n'est pas le nombre d'années passées quelque part qui définit ton foyer. Être chez soi, ça se ressent ici, dit-elle en tapant sur la poitrine de son fils. C'est ton coeur qui sait où se trouve ta véritable place, celle qui t'appartient et à qui tu appartiens. Mais je vais te dire un secret, habibi. Il y a des gens qui ne se sentent nulle part chez eux. Quel que soit l'endroit où ils se trouvent, ils sont toujours malheureux. Ils errent d'un lieu à un autre pour essayer de trouver la paix, continua-t-elle d'une voix tremblante. Et, en général, ils finissent par retourner là où ils sont nés. C'est la pire des malédictions.
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StemilouStemilou   29 mars 2018
e ne m’attends pas à ce que tu me pardonnes ni que tu me comprennes. Dès le départ, tu as toujours été la fille bien. La conciliatrice.

Mais tout devient clair, maintenant que je suis ici et que je la vois, que je la vois en vrai, Sophie, après l’avoir imaginée toutes ces années. Elle est exactement comme sur la photo. Blanche. Aussi blanche que la craie. Il y a des arbres derrière le portail et, partout, de la terre dorée.

Je devrais la haïr, n’est-ce pas ? Mais elle est si belle, là toute seule. Et paisible, comme dans un rêve. Comme dans les films familiaux que nous tournions dans le désert, lorsque nous étions enfants. Te souviens-tu ? Des images sans le son. Et nous riions en agitant la main, et lui nous encourageait derrière la caméra. Ce furent les seuls moments où nous ne faisions pas semblant, où nous étions presque une vraie famille.
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oreeoree   14 mars 2019
L'arbre de Salim donnait des fruits depuis un an. Mais son père ne lui en avait pas laissé en cueillir lors de la dernière récolte afin de lui apprendre à obéir. Les cultivateurs d'oranges plantent des arbres à la naissance de leur fils, disaient les fellahins. Les fruits ne deviennent sucrés que lorsque les garçons sont prêts à devenir des hommes.
C'est peut-être pour cela que tu es si petit, pensa tristement Salim en caressant l'écorce. Il n'avait que trois ans de moins que l'oranger d'Hassan, et pourtant il n'atteignait même pas la moitié de sa taille. L'arbre s'inclinait vers l'ouest, en direction de coucher du soleil, ses branches semblables à des mains escaladant le mur pour s'échapper.
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LourseLitLourseLit   09 août 2019
-Je n’ai jamais rencontré d’Arabes, dit-elle. (…) Pour être franche, je pensais que vous deviez nous haïr.

-Qui dit que je dois faire quelque chose ? Tu es une personne. Je suis une personne. Pourquoi devrais-je te haïr avant même de te connaitre ?
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TempsdelectureTempsdelecture   01 novembre 2019
Qu’est-ce qui est juste, dans cette vie? dit-elle à voix basse. Même Dieu est injuste. Il n’y a que les imbéciles pour affirmer le contraire. Mais tu apprendras, Salim. Si un homme veut quelque chose, il doit trouver sa propre voie pour l’obtenir.
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