AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2710375613
Éditeur : Quai Voltaire (12/03/2015)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Un enfant est fasciné par les cinq chiffres tatoués à l'encre verte que son grand-père, né à Lódz, en Pologne, porte sur son avant-bras gauche. Le veillard explique qu'il s'agit de son numéro de téléphone... reproduit là pour ne pas l'oublier. Le mystère, jamais abordé en famille, reste entier jusqu'à un après-midi pluvieux, quand le grand-père raconte à son petit-fils comment il a survécu dans le camp d'Auschwitz. Maus faut-il croire à ce récit ? Est-il unique ? Et... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Under_the_Moon
  20 février 2017
Le boxeur polonais est un recueil de deux nouvelles : le boxeur polonais et Allocation de Povoa.
Plus que des nouvelles, ce sont presque des chroniques.
La première raconte les souvenirs qu'a l'auteur de son grand-père polonais, déporté pendant la Seconde Guerre mondiale. Et surtout, le motif entêtant de cette nouvelle (comme dans Monastère) , c'est le tatouage. Tatouage qu'il a longtemps prétendu être son numéro de téléphone.
Quant à la seconde nouvelle/chronique, Eduardo Halfon parle d'une conférence qu'il a dû préparer sur un thème qui l'a complètement désemparé : le lien entre la littérature et le réel. Tout un programme...
Après la lecture de Monastère qui m'avait fortement intriguée, j'étais très pressée de lire le boxeur polonais, livre que l'auteur qualifie lui-même de "clé" dans son oeuvre qui permet de comprendre ses autres récits.
Sans être déçue, j'avoue que je m'attendais à autre chose. La première nouvelle n'est qu'un exemple du fait que la vie au camp d'Auschwitz tenait à bien peu de choses. Pas une nouveauté en soi. La pudeur et l'effroi du grand-père concernant cette période de sa vie ne sont pas percées à jour.
La seconde nouvelle complète, d'une certaine manière, la première avec un constat plus "scientifique" que la littérature ne peut être en aucun cas le reflet du réel, car elle ne peut refléter que la subjectivité (ou la "réalité" perçue) de son auteur. Mais finalement est-ce le but recherché ? Non. La littérature est un témoin qui nous permet de nous souvenir (et ce constat vaut pour l'auteur comme pour le lecteur) , et c'est déjà bien.
Un recueil ni passionnant ni vraiment indispensable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
nath45
  17 juillet 2015
La nouvelle « le boxeur polonais » c'est une partie de l'histoire de la vie du grand-père d'Eduardo.
Eduardo se souvient des cinq chiffres 69752 tatoué sur l'avant-bras de son grand-père celui-ci prétend que c'est son numéro de téléphone, facile de « tromper « un enfant mais à l'âge adulte son grand-père finit par lui raconter la vraie histoire, l'origine de son tatouage.
S'ensuit la seconde nouvelle « l'allocution de Povoa » l'auteur doit faire une allocution lors d'une conférence sur le thème la Littérature écorche la réalité, cela lui permet de revenir sur l'histoire de son grand-père et de faire une pirouette sur le thème de la conférence, que je ne dévoilerais pas.
Dans une écriture simple, concrète, il manie bien l'art de la litote, un très beau texte, la découverte pour moi d'un auteur.
Commenter  J’apprécie          150
Herve-Lionel
  21 octobre 2015
N°974– Octobre 2015
LE BOXEUR POLONAIS – Eduardo Halfon- Quai Voltaire.
Ce sont deux nouvelles assez courtes qui composent ce recueil. De l'aveu même de l'auteur, c'est un genre littéraire dans lequel il s'exprime le mieux. Il me paraît important de commencer par la seconde au terme de laquelle cet écrivain guatémaltèque , juif polonais d’origine, ayant faut ses études aux États-Unis est invité à un colloque qui a pour thème « La littérature écorche la réalité ». C'est une formule assez sibylline qui, au milieu des insomnies qu'elle lui procure, lui fait penser à un film de Bergman. Il en vient à s'interroger sur l'interdépendance de la réalité et la littérature et conclue que cette dernière est, à ses yeux, synonyme de destruction puisque l'écrivain, même s'il souhaite en rendre compte avec précision, l'oublie. Cela l'amène à se remémorer une histoire que son grand-père lui racontait alors qu'il était petit. Le vieil homme lui révéla que le numéro tatoué sur son avant-bras était en réalité son numéro de téléphone qu'il ne parvenait pas à se rappeler. Plus tard, alors que son petit-fils a grandi et qu'il l'interviewe, le vieil homme lui parle du camps d’Auschwitz où il devait être exécuté. La veille, le hasard lui fait rencontrer un boxeur polonais qui, pendant toute la nuit, lui indique ce qu'il doit dire et ne pas dire aux Allemands qui le lendemain seront chargés de le juger et qui décideront de sa vie ou de sa mort. Le fait est qu'il a effectivement la vie sauve grâce à ses conseils. L'auteur décide donc, quelques années après, de raconter cette histoire qui fait l'objet de la première des deux nouvelles de ce recueil et qui apparemment lui convient parfaitement. Ce faisant, la littérature lui a donc permis de rendre compte de la réalité et non pas de l'écorcher.
Le hasard, toujours lui, fait que, longtemps après, l'auteur lit, publiée dans un journal guatémaltèque, l'interview de ce même grand-père sur sa détention et sa survie dans les camps de la mort. Le vieil homme révèle qu'il la doit simplement à ses talents de menuisier, les SS privilégiant effectivement les artisans qui leur rendaient des services et qu'ainsi ils sauvaient provisoirement de l'extermination. Il n'est donc plus question de ce proverbial boxeur polonais qui, tel Shéhérazade, a passé sa nuit à lui prodiguer des conseils. Dès lors, il a, en quelque sorte, la réponse à son questionnement sur la réalité et la littérature. Pourquoi son grand-père a-t-il déguisé la vérité derrière une histoire inventée ? L'auteur en conclue que la littérature est « comme le tour d'un prestidigitateur ou d’un sorcier, qui donne corps à la réalité et fait croire qu'il n'y en a qu'une. A moins que la littérature ne nécessite de détruire une réalité pour en construire une autre  » Il y ajoute même une réflexion personnelle prétextant que la littérature devrait effectivement rendre compte de la réalité, que cela est à la portée de l'auteur mais qu'il est, peut-être malgré lui, sujet à l'oubli.
Derrière l'histoire relatée dans ces deux nouvelles, le thème de réflexion me paraît pertinent. Je note que, certes l'auteur, a rendu compte d'un souvenir personnel de son grand-père, mais que ce dernier l'a délibérément déguisé, peut-être parce qu'il ne voulait pas évoquer la triste réalité et qu'il préférait la travestir ainsi. D'ailleurs la supercherie de son numéro de téléphone procède de cette même démarche et rares sont les déportés qui ont accepté d'emblée de parler de leur détention dans les camps. On se souvient de la démarche de Jorge Semprun dans « L'écriture ou la vie ». C'est là un oubli volontaire et, quand un auteur choisit de relater ses souvenirs, et au cas particulier ceux de sa famille ce qui est, comme souvent un thème récurrent chez un écrivain, il fait effectivement un tri parmi eux. C'est un parti-pris parfaitement respectable qui ne fait que mettre en lumière sa liberté de création. L'oublie-t-il volontairement pour autant ? Ce n'est pas sûr et il se réserve peut-être le droit d'y revenir plus tard, lors de la rédaction d'une autre œuvre. La mémoire qu'un créateur veut faire revivre avec des mots subit effectivement une forme de choix inconscient du à sa sensibilité ou à sa volonté de prouver quelque chose, étant entendu que c'est lui qui a la main unique du scribe. D'autre part nous savons tous que l'écriture est le domaine de la création et que la fiction vise justement à créer quelque chose qui n'existe pas, pourquoi pas sur les cendres d'autre chose, comme une sorte de phénix .
Je n'ai abordé l’œuvre d'Eduardo Halfon que très récemment (La Feuille Volante n°966 pour Signor Hoffman). J'en ai goûté le style et l'ambiance un peu particulière, à la fois nostalgique et lente qui sourd de ses textes autant que l’invitation à la réflexion sur le rôle de la littérature.
Hervé GAUTIER – Octobre 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
pleasantf
  05 novembre 2016
Ce tout petit livre est constitué de deux nouvelles qui sont en réalité les deux versants d'un même massif. J'ai trouvé que cette construction en deux parties était très ingénieuse. Halfon traite d'une problématique tout à fait contemporaine et omniprésente dans la littérature d'aujourd'hui : le rapport de celle-ci à la réalité.
Dans la première partie, il relate l'entretien mené avec son grand-père rescapé des camps de concentration nazis. le grand-père a un matricule tatoué sur son bras mais n'a jamais raconté à sa famille ce que c'était. Il a inventé une explication et son petit-fils a en inventé d'autres. Finalement, le grand-père révèle la vérité pendant l'entretien et raconte son séjour à Auschwitz et comment le pouvoir des mots transmis par un boxeur polonais (noter l'alliance incongrue et symbolique entre une profession mutique si l'en est et le pouvoir quasi magique du langage) lui a permis de survivre.
Dans la seconde partie, Halfon raconte qu'il a été amené à préparer une allocution sur la littérature et la réalité. C'est le point de départ d'une réflexion sur le sujet au cours de laquelle il revient sur le récit précédent en le commentant très brièvement et en le complétant par un commentaire tiré d'un film de Bergman. Il est préférable de ne pas tout dévoiler ici.
Ce tout petit livre, astucieux et original, est une heureuse découverte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Jaklek
  01 novembre 2015
Le propos de l'auteur consiste à nous faire prendre conscience qu'on peut faire dire tout ce qu'on veut à la littérature.Il construit en tout cas son propos à partir des chiffres qui sont inscrits sur l'avant bras de son grand-père, lesquels- dit le grand-père- sont d'abord son numéro de téléphone(!), puis un numéro tatoué par un boxeur polonais auquel il doit la vie sauve, celui-ci lui ayant donné les bonnes réponses à fournir aux SS chargés de procéder à son exécution. Tout ceci est écrit sur un ton semi-badin, au lecteur d'y accorder le crédit qu'il veut bien. C'est un tout petit ouvrage mais c'est une réussite !!
Commenter  J’apprécie          50

critiques presse (1)
Liberation   09 juin 2015
Toutes ces histoires ont un ton très particulier où cohabitent sensibilité et détachement, attention et désengagement.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Under_the_MoonUnder_the_Moon   20 février 2017
Certains pleuraient et d'autres récitaient le kaddish.
[...]
Qu'est-ce que tu veux faire d'autre quand tu sais que le lendemain on va te fusiller, hein ? Rien. Ou tu te mets à pleurer ou tu te mets à réciter le kaddish.


(dans "Le boxeur polonais")
Commenter  J’apprécie          120
Herve-LionelHerve-Lionel   21 octobre 2015
La littérature n'est qu'un bon tour, comme le tour d'un prestidigitateur ou d'un sorcier, qui donne corps à la réalité. A moins que la littérature ne nécessite de détruire une réalité pour en construite une autre, chose que, de façon très intuitive mon grand-père avait comprise, de se détruire pour se reconstruire à partir de ses propres décombres.
Commenter  J’apprécie          40
JaklekJaklek   01 novembre 2015
La littérature n'est qu'un bon tour, comme le tour d'un prestidigitateur ou d'un sorcier, qui donne corps à la réalité, et fait croire qu'il n'y en a qu'une.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Eduardo Halfon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Halfon
Eduardo Halfon - "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" .Eduardo Halfon vous présente son ouvrage "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" parus aux éditions Quai Voltaire. Retrouvez les livres : http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-boxeur-polonais-9782710375616.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-signor-hoffman-9782710376163.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-pirouette-9782710369745.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-monastere-9782710370833.html Notes de Musique : "Dream Culture" par Kevin MacLeod (http://incompetech.com) https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature guatémaltèqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
261 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre