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EAN : 9782710370833
160 pages
La Table ronde (06/02/2014)
3.21/5   36 notes
Résumé :
Épuisé par quinze heures de vol, en manque de sommeil et de nicotine, Eduardo attend ses bagages aux côtés de son frère, à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv. Les deux hommes sont venus du Guatemala assister au mariage de leur soeur cadette avec un Juif orthodoxe originaire de Brooklyn, et la perspective ne les réjouit ni l'un ni l'autre. Car si certains se rendent en Israël pour se rapprocher de la Terre promise, Eduardo n'a fait le voyage que par devoir familial. ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Eduardo et son frère arrivent à Tel Aviv pour assister au mariage de leur soeur avec un orthodoxe. Cette confrontation de deux mondes et deux visions si loin de lui et les retrouvailles avec un ancien flirt rencontré quelques années plus tôt vont bouleversé le narrateur/auteur dans sa perception de lui-même et de son histoire familiale. A partir de cet instant, l'auteur se souvient. L'histoire de ce voyage devient alors une errance spirituelle et existentialiste pour le narrateur, un constat un peu amer de son expérience de ce qu'est l'humanité.

Le mariage de la soeur passe donc très vite à la trappe, et c'est bien dommage car ce point aurait pu être développé - pour avoir LA cinquième étoile - mais malgré ça.... Pour un roman que j'ai trouvé par hasard, cette lecture a été une sacrée surprise, un choc même.

C'est un roman qui m'a émue par sa simplicité, mais pas seulement, en réalité ce que j'ai éprouvé est difficilement descriptible. On sent que l'auteur a mis son coeur au bout de sa plume pour écrire cette histoire.

Certes, on ne peut pas dire que ce soit un chef d'oeuvre d'écriture, mais qu'importe. Ce roman s'apparente plutôt à un instant volé, comme une conversation avec un inconnu à l'aéroport avec qui on discute entre deux avions.

Les thèmes qui sont abordés, bien qu'ils soient assez marqués culturellement restent tout de même universels , car l'auteur parvient à nous toucher au plus profond avec ses réflexions sur le fait de trouver sa place avec ou malgré son héritage familial. Grâce à ses anecdotes de voyages en Pologne, en Israël ou au Guatemala, il parvient à toucher du doigt ce qui peut rapprocher et éloigner les individus.

Une très belle découverte et j'ai vraiment hâte de découvrir d'autres livres d'Eduardo Halfon tant je me suis sentie proche de cette histoire.

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Frustrant

J'ai lu Eduardo Halfon pour la première fois en février avec son roman Canción que j'avais découvert à l'occasion d'une opération Masse Critique. J'avais beaucoup aimé le style de l'auteur guatémaltèque même si j'avais eu plus de réserves sur le fond. Quoi qu'il en soit je voulais retenter l'expérience avec cet écrivain sur un autre de ses livres et j'en suis venu à Monastère.

Le décor est planté dès les premières lignes : Eduardo Halfon arrive en trainant les pieds à l'aéroport de Tel Aviv pour assister au mariage de sa soeur promise à un juif américain ultra-orthodoxe. On croit partir à la découverte du milieu intriguant des haredims mais le narrateur s'en échappera bien vite avec la complicité d'une ancienne amie, la spontanée et sensuelle Tamara, qui le détourne de ses obligations familiales pour un court périple vers la Mer Morte. On pourrait se croire, cette fois, fixé mais le narrateur s'échappe encore et au travers de ses souvenirs nous revenons au Guatemala et assistons à l'agonie de son grand-père, ancien rescapé d'Auschwitz, puis à un voyage au coeur du pays natal de ce dernier, la Pologne. On tourne les pages au gré des souvenirs et anecdotes de l'auteur, toujours en quête de son identité, espérant que certains des points évoqués dans le roman seront creusés... Et bien non, c'est déjà la fin !

J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur qui a décidément une plume remarquable ainsi que l'autodérision mordante dont il fait preuve à son propre égard. Ces deux points rendent la lecture fort agréable et Halfon mélange habilement des scènes assez drôles avec d'autres plus touchantes. Oui mais... d'une part, je suis resté assez plutôt indifférent à la quête d'identité de l'auteur (d'autres y seront sans doute plus sensibles, c'est en tous cas l'enjeu qui semble relier tous ses livres), d'autre part et c'est pour moi le principal défaut du livre, Eduardo Halfon aborde une foule de thèmes intéressants qui mettent en haleine le lecteur mais s'esquive à chaque fois. Ce faisant, j'ai l'impression que l'on ne fait qu'effleurer beaucoup de sujets sans jamais s'attarder et creuser l'un d'entre eux.

Je ressors de cette lecture avec un sentiment de déception, le livre m'a fait penser à ces restaurants qui vous servent des mets délicieux mais qui ne vous rassasient pas pour autant. Je reste sur ma faim.

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L'auteur, Eduardo Halfon, est né au Guatemala et a passé sa jeunesse aux Etats-Unis.

« Monastère » est un beau roman court et prenant , très autobiographique.

Le héros arrive à Tel-Aviv en compagnie de son frère.

Ils vont assister au mariage de leur soeur avec un jeune Juif hassidique de Brooklyn.

Ce sera l'occasion pour Eduardo de retrouver une jeune femme, Tamara, qu'il avait rencontrée au Guatemala.

Avec elle il va faire une excursion sur les bords de la Mer Morte.

Ce sera pour lui un parcours qui lui permettra de se questionner sur ses origines juives et lui permettra d'affronter les « fantômes » de son histoire familiale.

Un beau livre très sensible, j'ai regretté quelques longueurs mais c'est un livre à relire, qui demande de s'imprégner de l'atmosphère particulière.

A lire et à relire…

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Peut-on naître juif et ne pas être juif ?

Ce court roman à la première personne fouille les ressorts de l'identité juive. Edouardo est né de parents juifs au Guatemala et visite Israel où il est confronté à l'extrémisme mais aussi à l'angoisse. Si sa vie au Guatemala a quelque peu effacé pratiques et références juives, en Israel tout est là pour lui rappeler d'où il vient.

Il a pourtant déjà exploré le passé familial en Pologne et tenté de comprendre les siens mais il semble être entré dans une sorte de neutralité critique.

Un court roman certes mais qui lance de multiples questionnements sur ce que nous sommes ou sur ce que d'autres veulent que nous demeurions.

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Roman trop court ! On a envie d'en avoir plus. Eduardo arrive, en compagnie de son frère, en Israël pour le mariage de sa soeur avec un juif orthodoxe de Brooklyn. A l'aéroport, il reconnait une hôtesse de l'air, Tamara, une Israélienne rencontrée dans un bar au Guatemala. Il promet de se revoir. En attendant le jour du mariage, il erre dans Jérusalem sous une chaleur étouffante. Il ne sent pas bien, il ne comprend pas toujours les réactions de ces juifs. Il ne sent pas juif. C'est la religion de ses grands-parents. C'est son héritage. Il se sent mal à l'aise ici. Il ne comprend pas sa soeur qui fréquente ces religieux ultras. Puis il revoit finalement Tamara qui l'emmène en escapade au bord de la Mer Morte. Alors il parle...Il parle de ses grands-parents, survivants de la 2° guerre mondiale. de son grand-père polonais qui a connu les camps de concentrations, de ceux qui ont sauvé leur peau en mentant sur leurs origines...

C'est un roman intéressant mais on reste un peu sur sa fin. J'aurai aimé un peu plus de développement sur l'histoire de ces personnages. Edouardo nous livre sa pensée, son ressenti sur ses origines juives. C'est un bon roman. Merci à Babelio de me l'avoir fait découvrir dans le cadre de l'opération Masse critique.

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critiques presse (1)
Actualitte
06 mars 2014
Eduardo Halfon est un jeune écrivain guatémaltèque dans le vent. En 2014, il revient avec Monastère, récit d'un voyage en Israël que l'on imagine volontiers autobiographique. Les ingrédients qui faisaient le charme de son précédent roman sont toujours là : une vraie maîtrise du romanesque, un petit côté brillant, une alternance entre profondeur et légèreté.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation

J'ai marché encore. Déambulé dans des rues étroites et poussiéreuses, de grandes avenues marchandes, côtoyant des vendeurs de figues et de dattes, des vendeurs de shawarma, des vendeurs de fallafels, longeant trop de boutiques avec des cochonneries pour trop de touristes. Au bout d'un moment je suis arrivé à des escaliers qui descendaient vers une place immense, animée, pleine de gens massés dans un coin. J'ai reconnu le Mur des Lamentations. Le Kotel, en hébreu. J'ai senti un léger vertige et me suis assis sur une marche pour observer d'en haut cet essaim qu'était la place.

J'ai allumé une cigarette. Tout en fumant, j'ai essayé de me rappeler l'histoire de ce pan de mur si solennel et si biblique, cet ultime vestige du temple des Juifs, de mes ancêtres. Il ne me revenait que la chanson de The Cure.

En me levant, fredonnant encore le thème de la flûte de Robert Smith, j'ai écrasé ma cigarette sur la marche d'argile, et je suis descendu.

J'ai aussitôt été harcelé par des Juifs orthodoxes vêtus de longs manteaux noirs, de costumes noirs, de chapeaux noirs. Des rabbins peut-être. Ils me saisissaient par le bras en me tirant à eux, ils me proposaient je ne sais quoi en hébreu ou en anglais. L'un après l'autre. Me traquant. Me cernant, comme les vautours de la chanson. Je suis passé à côté d'un type à genou qui demandait la charité. Un autre type semblait crier contre la ville entière, avec fureur et peut-être même des larmes, dans un anglais méthodiste, au fort accent sudiste. Veuve, lui criait-il. Esclave, lui criait-il. Asservie, lui criait-il. Tu gis seule parmi tant de gens, lui criait-il avec encore plus de fureur, mais en me regardant maintenant comme si j'avais été responsable ou coupable de son angoisse, alors j'ai pressé le pas entre rabbins, prédicateurs, touristes et soldats, et suis enfin arrivé au mur. J'ai vu des gens prier à voix haute, d'autres prier en silence, prier en se balançant, prier cachés sous un grand châle blanc (talith en hébreu), prier avec des petits boîtiers noirs sur le front et des lanières noires enroulées sur leur avant-bras (téfilines en hébreu). J'ai vu des gens prendre le mur en photo, des gens l'embrasser, des gens glisser des petits papiers pliés dans les crevasses et les rainures. J'ai vu les touffes d'herbe qui poussaient tout le long du mur : sèches, maigres, fanées. Il m'est venu à l'esprit, en voyant tout cela, que jamais le nom du mur n'avait été plus approprié.

Je me suis approché. J'ai tendu la main discrètement, prudemment, comme si je faisais une chose interdite, et je l'ai touché. Je voulais sentir quelque chose, peu importe quoi, un truc. Je n'ai senti que de la pierre.

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Et ainsi va la vie, n'est-ce pas ? ai-je dit à Tamara, qui me regardait d'un œil sévère, presque triste. Chacun décide du moyen de sauver sa peau, lui ai-je dit. Peu importe que ce soit une doctrine fondamentaliste, une série de fables et d'allégories, un livre de règles, de normes et d'interdictions, un déguisement de bûcheron polonais, de soldat allemand, de fillette catholique ou de Juif orthodoxe, ou un mensonge lâche et rêvé dans un avions. Chacun choisit ce qui a le plus de sens, ce qui fait le moins mal. Tamara me regardait plus triste que jamais. Même si tout ça, ce ne sont que des mensonges, lui ai-je dit. Et que chacun croit à son mensonge, lui ai-je dit. Chacun se raccroche à ce qui l'arrange, lui ai-je dit. Chacun endosse le rôle du déguisement qui lui sied le mieux, lui ai-je dit. Mais ça ne sert à rien. En fin de compte, personne n'en sort indemne.

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J'ai baissé la vitre de la Citroën et, jetant mon mégot dehors, j'ai songé que les pirouettes des gens étaient toujours incompréhensibles. Puis de façon étrange, je me suis dit que je ne devais pas oublier cette scène, que je devais m'efforcer de me rappeler la scène de la fillette marchant sur sa tête sur un trottoir de Jérusalem, les jambes à l'air à Jérusalem, les jambes en l'air au milieu d'une foule d'israéliens ; que je devais chercher le détail le plus beau et en faire une photo mentale, une photo d'aveugle ; et qu'un jour je comprendrais pourquoi. J'ai fermé les yeux, comme imitant le vieux photographe, comme si cela suffisait, comme si mes paupières étaient l'obturateur et que je n'avais qu'à les cligner pour que l'image se fixe.

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ça m'a traversé l'esprit, en voyant mon frère dressé devant tous les bâtiments gris du Kiryat Mattersdorf, que ce discours sur le judaïsme que l'on porte dans le sang, que ce discours sur le judaïsme non comme religion mais comme génétique, avait des relents hitlériens.

Il y a des pensées qui sautent, sombres et visqueuses, comme des grenouilles.

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Ma sœur, si jeune et si belle, ne portait plus que des tuniques amples et longues, d'un seul tenant, qui ne laissaient rien voir de ses épaules, de son cou ou de ses bras, encore moins de ses jambes. Comme si elle avait été prisonnière d'un uniforme. Comme si on pouvait mettre la tentation à l'abri sous une robe ample et une perruque.

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Vidéo de Eduardo Halfon
Eduardo Halfon - "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" .Eduardo Halfon vous présente son ouvrage "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" parus aux éditions Quai Voltaire. Retrouvez les livres : http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-boxeur-polonais-9782710375616.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-signor-hoffman-9782710376163.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-pirouette-9782710369745.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-monastere-9782710370833.html Notes de Musique : "Dream Culture" par Kevin MacLeod (http://incompetech.com) https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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