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EAN : 9782710376163
184 pages
Éditeur : Quai Voltaire (12/03/2015)
3.88/5   4 notes
Résumé :
Un écrivain se rend en Italie, invité à évoquer la mémoire de son grand-père, rescapé d'Auschwitz. On le retrouve en route pour une plage de sable noir du Pacifique, puis sur le sable blanc de l'Atlantique ou encore sur le haut plateau guatémaltèque, au cœur d'une plantation de caféiers qui a survécu à l'exploitation capitaliste et à la violence de son pays : dans l'équilibre naturel retrouvé, les oiseaux sont revenus.

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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
d1404micado
  17 juin 2020
L'ouvrage porte le titre de la première nouvelle : Hoffman est un écrivain invité pour intervenir dans le cadre de la semaine de manifestation pour la journée de la mémoire de l'holocauste « célébrée » tous les 27 janvier en Italie.
La conférence a lieu à l'intérieur de ce que le narrateur croit être un ancien camp de concentration. Mais, comme toujours, la réalité est tout autre : bien plus complexe et incertaine.
Dans Bambou c'est une atmosphère étouffante : une paillote dans le port d'Iztapa, les bords de l'océan pacifique. L'aridité et la pauvreté guatémaltèque.
Une plantation de caféiers, la frontière du Belize, l'histoire de son grand-père, rescapé de l'Holocauste, qui a ensuite immigré aux Etats-Unis : ce recueil de nouvelles rassemble des évocations de voyages, de misères mais aussi de possibilités de rédemption et de survie.
C'est dans un style très resserré, intime dans l'humain, que l'auteur nous fait ressentir ses doutes et ses angoisses face au monde.
Un très beau livre. A lire et à relire.
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Herve-Lionel
  04 octobre 2015

N°966– Octobre 2015
Signor HoffmanEduardo Halfon – Quai Voltaire.
Traduit de l'espagnol (Guatemala) par Albert Bensoussan.
Composer un recueil de nouvelles est un exercice difficile. Ici, l'auteur, Edurdo Halfon, un jeune juif d'origine polonaise mais de nationalité guatémaltèque, ce dont peu douter son interlocuteur à cause de son teint trop pâle et son espagnol pas assez tropical, se met lui-même en scène, donnant à l'ensemble du recueil écrit à la première personne une forte coloration autobiographique. Il est invité en Italie pour la reconstitution d'un camp de concentration fasciste en Calabre dans lequel des juifs avaient été internés à partir de 1940. Il doit intervenir dans le cadre de la mémoire de l'Holocauste et c'est pour lui l'occasion d'évoquer son précédent livre et son grand-père, survivant d'Auschwitz. le hasard de l'actualité fait que son patronyme est, à cette occasion, germanisé pour devenir « Hoffman » parce qu'un acteur connu portant ce nom vient justement de mourir. Pour un jeune juif, entendre son nom qui n'a rien d'allemand, dans le contexte d'évocation de l'Holocauste, c'est plutôt traumatisant même si, par la suite, il a l'intuition que tel était bien son patronyme original. [« Signor Hoffman »]. Ainsi, tout au long de ce recueil, ces deux déclinaisons du même nom se répondent.
Il y a, dans ces nouvelles, une dimension de luttes sociales victorieuses [« Les oiseaux sont revenus »]. Un village nommé La Libertad a dû triompher des conflits armés meurtriers, des malversations, des escrocs, de la crise du café pour conserver la coopérative qu'avaient créer les petits planteurs de café pour lutter contre les multinationales. Dans « Sable blanc, pierre noire », l'auteur est coincé à la frontière du Belize, à la fois par des tracasseries du bureau de l'immigration que par une panne de batterie. C'est étonnant parce qu'il décrit un récit où il ne se passe pratiquement rien, où le temps passe vite malgré l'inaction mais où on ne s'ennuie pas. La vision fugace d'une main étrangère portant une bague où est sertie une pierre noire lui rappelle un autre bijou sans grande valeur mais qui avait appartenu à un grand-père. Cette brève image évoque cet homme qui a survécu aux camps nazis, ceux de sa famille qui y ont péri et tous ceux, inconnus, qui en ont été victime. Par une sorte de fiction, il en vient même à penser que cette bague est celle de son grand-père. C'est que, dans chacune de ses nouvelles, l'auteur donne une dimension autobiographique qui dépasse la simple mise en scène de sa personne. Chacune des nouvelles a donc cette dimension de la mémoire.
Il y a, chez lui, une idée particulière du voyage, unique et sans fin, sans doute une illustration du mythe du juif errant [« J'ai hésité à lui dire que tous les voyages n'étaient en réalité qu'un seul voyage, avec de multiples arrêts et escales. Qu'un voyage, quel qu'il fût, n'était linéaire, ni circulaire, ni ne finissait jamais. Que les voyages n'avaient pas de sens. Mais je me suis abstenu »]. J'y ai vu aussi une sorte d'intranquillité d'un jeune homme qui, perdu dans Harlem ou dans l'ancien ghetto de Łődź, à la recherche improbable des traces de sa famille, trouve un réconfort fugace dans la fumée bleue d'une cigarette. Il rencontre toujours, par une sorte de miracle, quelqu'un pour le guider, mais dans le texte qui résulte de ses nombreuses pérégrinations, il flotte une ambiance bizarre, pas vraiment apaisée et pas vraiment rassurante, une sorte de crainte de quelque chose, de l'oubli peut-être … mais en sourdine [« Survivre au dimanche »]. Il y aussi, presque en permanence, le rappel de la mémoire, celle d'un être mort, peut-être pour redire que nous en sommes ici que de passage, simples usufruitiers de notre propre existence, l'histoire des Juifs étant particulièrement imprégnée de ce caractère transitoire.
Le discours est narratif, linéaire et quand il décrit une scène, même anodine, il le fait avec force détails qui peuvent paraître inutiles, comme s'il décomposait un geste simple, pour le plaisir. J'y ai vu une ambiance quelque peu particulière, une musique un peu lente, nostalgique et pas seulement quand il évoque sa famille. Il y a même un zeste d'humour [« Oh ghetto mon amour »], à la fois subtil presque en filigrane dans ces lignes.
Hervé GAUTIER – Octobre 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Bill
  09 mai 2021
JE ne pensais pas découvrir n ouvrage d'un auteur guatémaltèque sur les rayonnages de ma médiathèque, et ce fut une belle surprise de me plonger dans ce recueil de nouvelles d'Eduardo Halfon.
La première, qui donne son titre à l'ouvrage, raconte le séjour italien d'un auteur guatémaltèque, dont le grand-père survivant d'Auschwitz, a choisi l'exil au Guatemala après un séjour à New York. Signor Hoffmann, est accueilli dans la reconstitution d'un lieu de mémoire, au fin fond de la Calabre, un camp de concentration italien. Accablé par la fatigue du voyage et la chaleur, l'invité y fait un malaise. Il finira la soirée à boire des gins au bar du village en compagnie de sa traductrice presque aussi paumée que lui ... 
Une autre raconte la reprise en main d'une plantation de café par des paysans guatémaltèques après avoir été spoliés des profits de leurs récoltes par des traders new-yorkais puis un entrepreneur italien du café haut de gamme. Plongée dans la misère d'un village, où une famille prend peu à peu le pouvoir économique forte de son fils martyr.
Dans un style concis, des phrases resserrées et attachées à l'essentiel, l'auteur décrit en peu de mots, des ambiances, des paysages, de manière très évocatrice.
Un auteur que je découvre et dont je vais essayer de dénicher d'autres ouvrages   
Lien : http://les-lectures-de-bill-..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   03 octobre 2015
Le jeune officier s'appliquait à lire chaque page de mon passeport comme s'il s'agissait d'un magazine people ou d'un roman de gare. Il le soulevait. Le regardait à contre-jour. Grattait les feuilles avec l'ongle de son index. J'ai vu le moment où il allait corner une page, pour plus facilement reprendre la lecture par la suite.
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Herve-LionelHerve-Lionel   03 octobre 2015
- Votre profession senor?
- Ingénieur, ai-je menti, fidèle à la version que je donne toujours quand je remplis un formulaire immigration. Il est beaucoup lus conseillé et sage, quelle que soit la frontière, d'être ingénieur qu’écrivain.
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Herve-LionelHerve-Lionel   04 octobre 2015
L'important , pour quelqu'un comme Mme Maroszek, n'était pas où l'on écrivait son histoire, mais qu'on l'écrive. Qu'on la raconte. Qu'on témoigne. Qu'on mette en mots notre vie entière.
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Herve-LionelHerve-Lionel   03 octobre 2015
Et c'est qu'il n'y a rien de tel senor Halfon, que de donner la vie. Non seulement à des caféiers et à des arbres, mais à la montagne elle-même.
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Herve-LionelHerve-Lionel   03 octobre 2015
J'ai hésité à lui dire que tous les voyages n'étaient en réalité qu'un seul voyage, avec de multiples arrêts et escales. Qu'un voyage, quel qu'il fût, n'était linéaire, ni circulaire, ni ne finissait jamais. Que les voyages n'avaient pas de sens. Mais je me suis abstenu.
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Videos de Eduardo Halfon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eduardo Halfon
Eduardo Halfon - "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" .Eduardo Halfon vous présente son ouvrage "Signor Hoffman" et "Le boxeur polonais" parus aux éditions Quai Voltaire. Retrouvez les livres : http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-boxeur-polonais-9782710375616.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-signor-hoffman-9782710376163.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-pirouette-9782710369745.html http://www.mollat.com/livres/halfon-eduardo-monastere-9782710370833.html Notes de Musique : "Dream Culture" par Kevin MacLeod (http://incompetech.com) https://www.facebook.com/Librairie.mollat/ https://twitter.com/LibrairieMollat http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/ https://vimeo.com/mollat https://instagram.com/librairie_mollat/ https://www.pinterest.com/librairiemollat/ http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ https://soundcloud.com/librairie-mollat http://blogs.mollat.com/
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