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EAN : 9782070384587
304 pages
Éditeur : Gallimard (21/02/1992)
4.18/5   97 notes
Résumé :
Un livre de combat. Une intervention politique. Sur le front de la lutte des femmes et sur la question de l'avortement. Gisèle Halimi est écrivain en même temps qu'avocat : le livre s'ouvre sur une brève auto-biographie et débouche sur la Cause des Femmes.

Voici les faits, les chiffres, les textes. Les documents fondamentaux et leur commentaire critique. Des témoignages bouleversants et le rappel de quelques « affaires » récentes. Bobigny et Grenoble ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Diomedeine
  06 avril 2019
Encore mineure, Marie-Claire, vous vous faites violer par votre ex petit copain. Vous décidez d'avorter. Votre ex petit copain vous dénonce à la police. C'est vous qui devez rendre des comptes devant la justice.
Vous êtes une toute jeune fille en Tunisie, Gisèle, brillante à l'école, mais votre père ne s'intéresse qu'aux résultats scolaires de vos frères. Une fille, ça ne compte pas. Et bien vous devenez avocate.
Pendant la guerre d'Algérie, vous défendez de très jeunes combattants qui risquent la peine de mort. Voilà que vous tombez enceinte sans l'avoir voulu et que vous enragez de voir vos forces vous quitter au moment où vous devez mobiliser toute votre énergie pour plaider.
Mais pourquoi personne n'en parle, de ce fardeau de la grossesse non désirée, vous dites vous ! Une femme ne peut donc pas conduire sa vie ?
Marie-Claire a besoin d'un avocat, pas cher. Gisèle pose ses conditions : que Marie-Claire accepte que Gisèle fasse éclater le scandale de sa situation. "Mais non, moi je ne veux surtout pas me mettre en pleine lumière - c'est déjà suffisamment la honte sur moi ; je veux juste ne pas finir en prison" (en substance). "Alors tant pis, cherchez un(e) autre avocat(e)". "Bon, alors d'accord".
Des dizaines de milliers de femmes manifestent, viennent vous soutenir à vos procès - car, il y a plusieurs personnes en cause. En effet, fille de famille très modeste, vous ne pouviez pas réunir l'argent pour partir en Angleterre sans que personne ne le sache ; et puis vous étiez mineure ; il a fallu le dire à maman sans le sou qui s'est trouvé obligée d'aller voir la faiseuse d'ange sympa, qui prend pas cher pour organiser "ça". Il y a donc plusieurs procès
Mais aussi, des mobilisations, des témoignages : une pétition dite des "300 salopes" - 300 femmes célèbres qui disent "moi aussi, je me suis fait avorter" ; des médecins catholiques pratiquant : "je suis contre l'avortement mais j'ai dû me résoudre à procéder à des avortements", etc.
Marie Claire : relaxée, oui, mais pas sa mère.
Manif.
Sa mère relaxée, oui, mais pas la faiseuse d'ange.
Manif.
La faiseuse d'ange : relaxée.
Ah bon, vous les juges, on vous a convaincus qu'aucune n'est coupable ? Qu'avorter n'est pas un crime ? Et bien nous voulons à présent que ce soit un droit pour toutes les femme !
Et c'est reparti : manifestations, pétitions.
Ça y est c'est un droit.
C'est un droit ? Mais seules les femmes qui ont de l'argent pourront se le payer, comme avant, comme lorsqu'elles allaient se faire avorter en Angleterre... Non, non, pas question : l'avortement doit être remboursé par la sécurité sociale !
Et c'est reparti : manifestations, pétition.
Et c'est ainsi que l'avortement est devenu un droit pour toutes, remboursé par la sécurité sociale.
Après le droit au divorce, encore un énooorme pas franchi vers l'égalité des droits hommes-femmes. Il a été précédé de très peu du droit à la contraceptlon.
Lisez "la perle et la coquille" de Nadia Hashimi pour voir à quelle condition d'esclave domestique et sexuelle peut encore être réduite une femme au 21e siècle.
L'absence de droit, c'est le lot d'une écrasante majorité (je ne crois pas exagérer) de femmes sur la planète.
Voilà en tous les cas dans "La cause des femmes" toute l'histoire du procès de Bobigny, comme on a appelé le procès de Marie-Claire défendue par Gisèle Halimi, et racontée par Gisèle Halimi dans ce livre.
On ne peut le quitter - on le lit d'une traite.
Et Simone Veil dans tout cela ? Je ne me souviens même pas si l'auteure en parle... Simone Veil a tout simplement mené, là où elle était, à l'Assemblée, sa part d'un combat, mené dans la rue, les arrière salles, les foyers domestiques, par des dizaines (des centaines ?) de milliers de femmes dans cet après 1968. Autrement dit, sans lui enlever son mérite, elle était portée par une très large mobilisation qui comprenait des hommes aussi d'ailleurs.
D'ailleurs je ne me souviens plus si La cause de femmes fait bien toute leurs places aux mobilisations - si le livre ne tire pas la couverture au seul procès...
Frais lecteurs, rafraichissez moi la mémoire, svp.
En tous les cas, non, tout ça n'est pas "grâce" à une avocate ou grâce à une ministre. Comme tout droit, il n'a le pouvoir de changer la société que lorsqu'il a été arraché par en bas, par de larges mobilisations. Car dans ces conditions, une fois gagné, il sera défendu bec et ongle de toute part à la fois.
Même si cette limite existe, dans ce livre, consistant à réduire le combat des femmes à un combat juridique, "La cause des femmes" est un récit véridique passionnant et entousiasmant.
Je vous raconte tout cela : je l'ai lu il y a 15 ans. C'est dire qu'il m'a marquée.
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ELopez7228
  20 juillet 2021
Comme beaucoup, j'ai découvert Gisèle Halimi, sa vie-son oeuvre, à l'annonce de sa mort. Peut-être que vous, vous la connaissiez déjà ?
Je découvre avec fascination cette femme, franco-tunisienne, contemporaine de Simone de Beauvoir, qui s'est élevée contre le patriarcat et pour l'avortement. Elle a fondé le mouvement "choisir" qui a défendu l'accès à l'avortement et a défendu les accusées du très médiatisé "procès de Bobigny".
Elle raconte sa démarche et sa lutte par le biais de chapitres thématiques "sa jeunesse / le procès de Bobigny / La loi de 1920 / Choisir..." etc
Ce livre a cela de terrifiant que les arguments des "anti" sont toujours les mêmes, encore aujourd'hui. La lutte qu'a menée Maître Halimi n'a pas vieilli.
Quelques citations choisies :
"Que l'on ne prétende surtout pas que les droits de l'homme et du citoyen englobent, dans leur généralité, les deux sexes. L'histoire a déjà - dans le refus à la femme de droits politiques - souligné clairement le contraire. On sait d'autre part combien l'abstraction que l'on voudrait universaliste (en disant Homme, on dit hommes ET femmes) est calquée sur un modèle qui, en définitive, est culturellement masculin, et non pas neutre. Dénégation, car affirmer l'universalisme des droits c'est nier l'existence de discriminations sexuelles. C'est dire que loi et pratique coïncident pour la pus parfaite égalité entre les sexes. En cela, l'universalisme des droits n'engendre qu'une universalité trompeuse. L'humanisme, qui a phagocyté la femme sous le prétexte de la fondre dans l'individu -masculin- constitue le piège le plus redoutable de nos démocraties modernes."
--> Citation d'actualité quand à sa mort, le président a déclaré "Gisèle Halimi était une féministe humaniste"... Juste NON.
"La mixité, c'est pour les mouvements politiques traditionnels. Les femmes, en militant dans leur
mouvement de femmes, pourront alors et en même temps, formées "à l'intérieur" s'intégrer à d'autres formations mixtes. Mais l'élaboration de la théorie féministe moderne, comme le choix de ses luttes, cela ne peut revenir qu'aux femmes."
--> Citation d'actualité quand au débat sur la non-mixité de certaines associations.
Seulement trois étoiles parce que j'ai l'impression qu'il s'agit d'une succession de pamphlets, pas vraiment d'un ouvrage pensé dans son ensemble (contrairement au "Deuxième sexe" de Simone de Beauvoir), avec certains passages un peu longs. Je suis quand même reconnaissante d'avoir découvert par moi-même, à travers ses mots, cette grande oratrice et féministe.
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imensky
  25 juin 2020
Gisèle Halimi m'a fait rendre compte que le monde est un monde d'hommes, et que la femme de par sa condition de femme est dans un combat continu pour s'approprier son corps, son esprit, son droit à l'espace public etc...
Le livre éclaire mais aussi inquiète, car les mêmes combats sont à l'ordre du jour, encore ponctués par des mouvements plus ou moins spontanés #metoo en l'occurrence.
Je suis fière que la Tunisie, mon pays natal, ait pu donner des femmes comme Gisèle Halimi pour toutes les Marie-Claire et toutes les femmes qui se battent quotidiennement, dans le silence
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Rrrrraphael
  11 novembre 2012
Ramener la cause des femmes à la seule question de l'avortement est une gageure. le titre est donc déjà fort mal choisi ou bien dénote une portée très restreinte de la réflexion de Gisèle Halimi sur ce qu'est la cause et la condition de femme.
Autre limite de cet ouvrage, au lieu d'inclure la question de l'enfant, de la contraception, de l'avortement, dans une réflexion sociale transgenre, Gisèle Halimi y enfermait la femme. On se demande donc si le souci n'était pas juste de dépénaliser l'avortement, sans chercher à trouver une alternative ou d'éviter les drames de l'avortement, mais juste de le dépénaliser.
Passons aussi sur les premiers chapitres qui tendent à faire passer pour universels alors que d'origines religieuses, des comportements discriminants à l'encontre des femmes (cf. l'épisode des règles).
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Cath8787
  16 septembre 2020
Une grande dame vient de s'éteindre. Gisèle Halimi était une figure prégnante du féminisme. Née 1927 en Tunisie, elle a grandi à la Goulette. Très vite, elle se révolte contre la situation des filles, moins considérées que les garçons. Ses études de droit et de lettres à Paris lui permettent d'entrer au Barreau de Tunis en 1949, date à laquelle elle épouse Paul Halimi, dont elle prend le nom. Par ses attitudes, elle défend des causes alors jugées difficiles. En 1972, elle passe à la télévision dans le cadre du procès de Bobigny pour faire relaxer une jeune fille de seize ans qui a avorté après un viol. A nouveau, elle retrouve la une des actualités en 1978 en représentant deux touristes belges violées lors de vacances passées en France. En 1980, sa plaidoirie annonce la reconnaissance du viol comme crime. Proche de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir, elle contribue a fonder le mouvement pour la dépénalisation de l'avortement. L'occasion de ressortir ce livre du placard. respect madame Halimi !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
DerfuchsDerfuchs   03 novembre 2020
En hommage à Gisèle Halimi : fin de sa plaidoirie au procès de Bobigny, la cause des femmes.

"J’en ai terminé et je pris le tribunal d’excuser la longueur de mes explications. Je vous dirai seulement encore deux mots : a-t-on encore, aujourd’hui, le droit, en France, dans un pays que l’on dit "civilisé", de condamner des femmes pour avoir disposé d’elles-mêmes ou pour avoir aidé l’une d’entre elles à disposer d’elle-même ? Ce jugement, Messieurs, vous le savez – je ne fuis pas la difficulté, et c’est pour cela que je parle de courage – ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s’en préoccupera. Nous vous le disons, il faut le prononcer, parce que nous, les femmes, nous, la moitié de l’humanité, nous sommes mises en marche.
Je crois que nous n’accepterons plus que se perpétue cette oppression.

Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence."
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DianeRocchDianeRocch   11 novembre 2020
Il est un langage que tiennent les hommes que les femmes ne devraient jamais laisser passer. Les mots ne sont pas innocents. Ils traduisent exactement une idéologie, une mentalité, un état d'esprit. Laisser passer un mot c'est le tolérer. Et de la tolérance à la complicité, il n'y a qu'un pas.
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DianeRocchDianeRocch   11 novembre 2020
Le féminisme permet une conquête des femmes sur elles-mêmes, sur l'incertitude initiale de leur propre identité. Enfermée dans son rôle féminin, la femme ne mesure pas à quel point son oppresseur est lui-même prisonnier de son rôle viril. En se libérant, elle aide à la libération de l'homme. En participant à égalité à l'Histoire, elle la fait autre. Éradication du rapport de domination d'un sexe par l'autre. Déplacement réciproque des rôles.
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alyfdcssalyfdcss   21 août 2021
Messieurs, regardez-vous et regardez-nous... Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes pour parler de quoi ? De leur utérus, de leurs maternités, de leurs avortements, de leur exigence d’être physiquement libres... Est-ce que l’injustice ne commence pas là ?
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ELopez7228ELopez7228   20 juillet 2021
"Que l'on ne prétende surtout pas que les droits de l'homme et du citoyen englobent, dans leur généralité, les deux sexes. L'histoire a déjà - dans le refus à la femme de droits politiques - souligné clairement le contraire. On sait d'autre part combien l'abstraction que l'on voudrait universaliste (en disant Homme, on dit hommes ET femmes) est calquée sur un modèle qui, en définitive, est culturellement masculin, et non pas neutre. Dénégation, car affirmer l'universalisme des droits c'est nier l'existence de discriminations sexuelles. C'est dire que loi et pratique coïncident pour la pus parfaite égalité entre les sexes. En cela, l'universalisme des droits n'engendre qu'une universalité trompeuse. L'humanisme, qui a phagocyté la femme sous le prétexte de la fondre dans l'individu -masculin- constitue le piège le plus redoutable de nos démocraties modernes."
--> Citation d'actualité quand à sa mort, le président a déclaré "Gisèle Halimi était une féministe humaniste"... Juste NON.
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Vidéo de Gisèle Halimi
#GisèleHalimi #droit #CulturePrime
"La défense c'était, en tout cas pour moi, une manière de changer le monde !" Avocate engagée pour les droits humains, Gisèle Halimi s'est battue pour la légalisation de l'avortement, la reconnaissance des actes de torture pendant la guerre d'Algérie, l'abolition de la peine de mort et la criminalisation du viol.
Grande Traversée : Gisèle Halimi https://www.franceculture.fr/emissions/gisele-halimi-grandes-traversees
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