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ISBN : 2889275752
Éditeur : Editions Zoé (23/08/2018)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Dans La Musique engloutie, Christian Haller explore un pan mythique de son histoire familiale, l'enfance de sa mère dans le Bucarest florissant des années 1910-1920, brutalement arrêtée par l'exil politique des années 1930. Pour soulager sa mère vieillissante, prisonnière des souvenirs de son enfance, Haller décide de partir pour Bucarest, où il rencontre un passé plus récent, celui de l'ère Ceaucescu, à travers deux personnages qui l'ont vécue de façon contrastée, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Annette55
  19 avril 2019
L'auteur réinvestit le passé , restitue comme un émissaire spirituel et un messager nostalgique l'histoire complexe de sa famille, en remontant plusieurs générations.
Passant de l'Allemagne à l'Autriche puis la Roumanie ( où il arrive en 1912) son grand- père dirigeait une usine de métiers à tisser en 1917, assurant à sa famille un statut social élevé, La Roumanie entra en guerre en 1916,——L'Histoire pèsera très lourd sur le destin de cette famille ——
A partir de 1926, les juifs deviendront indésirables . Ils émigreront en Suisse ...
La mère du narrateur Ruth, arrivée à Bucarest à l'âge de trois ans ne se remettra jamais de cet exil .
Elle passera sa vie à rêver..
L'enfance du narrateur est bercée par l'évocation d'un pays prospère , la Roumanie des années 20 où la vie était agréable.
Ruth dont l'auteur voudrait qu'elle retrouve quelques bribes de mémoire a transmis à son fils une « Mémoire » dont il porte l'empreinte .
Il bâtit le récit de l'enfance de sa mère qui vit dans ses souvenirs « , son vieux cerveau ébréché »
Las! Elle le confond avec son frère et a oublié l'existence de son mari.
Il décide de se rendre à Bucarest avec quelques adresses et de très anciennes photos,.
Il est confronté à un passé plus récent , l'ère maudite Ceaucescu qu'il décrypte à travers la vision d'un ami qui a connu la prison, la torture et l'asile psychiatrique ....N'en disons pas plus ...
La période Ceaucescu a profondément modifié la ville .
C'est un livre au regard tourné vers le passé où le lecteur change d'époque au détour des paragraphes.
La lecture est touffue , détaillée, la nostalgie d'un monde disparu , un fourmillement d'étoffes oubliées, d'odeurs de café turc, de cigarettes orientales , préparations de plats typiques, de pâtisseries disparues , de biscuits secs et de thé rougeâtre fort sucré , de tissus aux motifs visuels forts , d'objets d'autrefois, de calèches et de chevaux ...de manteaux en laine, de mitaines,
de cartes postales d'un autre temps ...de halls de réception élégants sous la lumière de lustres allumés en plein jour , le long de colonnes en marbre ornées de miroir , de tables occupées par des excellences rajustant leur monocle ....du temps du grand- père, qui s'asseyait avec sa fille Ruth dans le salon vert ....
«La musique engloutie » —-—— un titre bien choisi ————disparue : cette évocation précise et détaillée du passé, ——convoquant la mémoire —— l'arrière grand - père du narrateur était parti en traîneau à travers la Russie....
On voyage beaucoup lors du déroulement mythique de cette histoire familiale.. à travers l'élégance d'une société disparue, la cruauté des grands bouleversements qui ont secoué l'Europe du XX° siècle, la petite histoire dans la Grande Histoire ....
«  Des allusions, des bribes.
Sorin Manea ne me disait jamais exactement ce qu'il lui était arrivé , et là, dans le parc Cismigiu, parmi les gens qui circulaient tranquillement dans les allées, s'asseyaient sur les bancs, s'arrêtaient indécis à un croisement , je pris conscience qu'on ne saura jamais combien ce siècle a produits d'individus qui n'ont pas de mots pour parler de ce qu'ils ont vécu .
Qui portent en eux une part muette, inexprimée, que seuls peuvent révéler leurs yeux fiévreux, cernés de noir, et une voix pesante au timbre sourd, comme Sorin Manea. »
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Aifelle
  11 mars 2019
Dans ce roman, l'auteur explore un pan de l'histoire familiale en s'appuyant sur les récits de sa mère, Ruth, qui perd progressivement la mémoire. L'enfance du narrateur a été bercée par l'évocation d'un pays prospère, la Roumanie des années 20, où la vie était douce, agréable et animée.
Le père de Ruth était parti là-bas refaire une fortune, perdue par son propre père. Il dirige une usine textile, fréquente la meilleure société de Bucarest, assurant à sa famille un statut social digne du passé. Ils devront quitter ce paradis en 1926, les Juifs étant devenus indésirables dans le pays. Ruth ne se remettra jamais de cet exil et passera sa vie à rêver sur ce temps mythique.
Le narrateur remonte sur plusieurs générations, passant de l'Allemagne à l'Autriche, puis la Roumanie, la Suisse. L'histoire avec un grand H va peser lourd sur la destinée de la famille. L'auteur voudrait aider sa mère à retrouver des bribes de mémoire, mais c'est de plus en plus difficile, elle le confond maintenant avec son frère et a oublié l'existence de son mari décédé.
Voulant se confronter aux souvenirs ressassés par Ruth, l'auteur va se décider à faire un voyage à Bucarest, avec le peu d'éléments qu'il a, quelques vieilles photos, une adresse. Elle-même n'a jamais voulu y retourner. Là, il se heurte aux dégâts de l'ère Ceausescu qui ont profondément modifié la ville. Il contacte un ami rencontré dans sa vie professionnelle, un homme qui a connu la prison et l'internement psychiatrique.
C'est un roman qui demande de l'attention, on change d'époque et de personne à l'intérieur d'un paragraphe, ce n'est pas toujours facile à suivre, mais il s'en dégage des impressions prenantes, nostalgiques d'un monde disparu, parsemé de détails, café turc et cigarettes orientales, préparation de plats typiques, les tissus, les odeurs, les bruits, que Ruth n'a cessé de regretter.
A travers le voyage de l'auteur, on mesure les bouleversements profonds de cette partie de l'Europe et on peine à à imaginer ce qu'elle était à l'époque de l'enfance de Ruth.
C'est le premier volume d'une trilogie dont la suite n'est pas traduite.
Une lecture dense, touffue, détaillée, au titre bien choisi.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Annette55Annette55   18 avril 2019
« Ce 21 janvier 1941, ——-Les synagogues furent incendiées ——- les hommes forcés d’assister à l’humiliation de leurs épouses et de leurs filles, avant d’être eux - mêmes liquidés de façon tellement atroce que leurs femmes n’avaient d’autre issue que de sombrer dans la folie . »
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AifelleAifelle   11 mars 2019
Des allusions, des bribes. Sorin Manea ne me dirait jamais exactement ce qui lui était arrivé, et là, dans le parc Cismigiu, parmi les gens qui circulaient tranquillement dans les allées, s'asseyaient sur les bancs, s'arrêtaient indécis à un croisement, je pris conscience qu'on ne saura jamais combien ce siècle a produit d'individus qui n'ont pas de mots pour parler de ce qu'ils ont vécu. Qui portent en eux une part muette, inexprimée, que seuls peuvent révéler leurs yeux fiévreux, cernés de noir, et une voix pesante au timbre sourd, comme Sorin Manea.
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