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ISBN : 2072728797
Éditeur : Gallimard (16/08/2018)

Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Alors qu'elle lit dans la chaleur d'un parc new-yorkais, Alice est abordée par un homme qui pourrait être son grand-père. Il s'agit d'Ezra Blazer, un écrivain célèbre et respecté, que la jeune femme, qui travaille dans le milieu de l'édition, reconnaît aussitôt. C'est le début d'une relation charnelle et intellectuelle, rafraîchissante pour lui, déterminante pour elle. La suite du roman, sans lien apparent avec cette liaison inattendue, se déroule du côté de Londres... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Cigale17
  23 août 2018
Pourquoi écrit-on ? Peut-on se fier à sa mémoire ? Comment écrire sur ce que l'on n'a pas vécu ? Comment se glisser dans la peau d'un personnage ? Si on s'interroge sur la création en général et sur l'écriture de fiction en particulier, on ne peut qu'aimer ce roman !
Dans la première partie d'Asymétrie, « Folie », qui se déroule aux États-Unis au début des années 2000, on nous raconte l'aventure amoureuse, sexuelle et intellectuelle entre une jeune femme de 25 ans travaillant dans une maison d'édition, Alice, et un écrivain célébrissime dans la soixantaine, rattrapé par les défaillances du corps : Ezra Blazer. le narrateur ne nous donne habituellement pas accès aux sentiments des personnages, et c'est au lecteur de deviner pourquoi Alice pleure, par exemple, et pourquoi Ezra, après une relation de plusieurs années, continue de l'appeler avec un numéro masqué. On décode rapidement la clé à laquelle la quatrième de couverture fait allusion : Philip Roth se cache derrière Ezra Blazer. Les allusions au prix Nobel espéré et jamais reçu mettent sur la voie : il est question des lauréats Coetzee (2003) et Jelinek (2004), et on sait que le nom de Roth était toujours cité comme récipiendaire probable ces années-là. Ce clin-d'oeil est relayé par les histoires juives que raconte volontiers l'écrivain Ezra Blaze et par sa passion du base-ball, divers éléments présents dans la plupart des livres de Roth (La Tache, entre autres).
La deuxième partie, « Furie », se passe entièrement au contrôle des passeports à l'aéroport d'Heathrow en 2008. Amar Ala Jaafari, un binational irakien-américain, tente de débarquer à Londres pour passer le week-end avec un ami. Il se rendra ensuite à İstanbul d'où il partira en voiture afin de rejoindre l'Irak pour rechercher son frère, Sami, qui a disparu. La famille est séparée : disons pour simplifier qu'Amar et ses parents vivent aux États-Unis, et que Sami, sa femme et les grands-parents vivent en Irak. Les deux pays sont encore en pleine guerre ; les voyages, voire les simples contacts sont particulièrement compliqués. Les chapitres alternent d'abord régulièrement : un interrogatoire par un employé du contrôle des passeports, puis les souvenirs qu'Amal raconte à la première personne, en livrant ses sentiments profonds et en réfléchissant sur la vie – la sienne et celle des autres – la mémoire, la création, la littérature, la musique, etc. le rythme change au fil des interminables attentes imposées à Amal, et les chapitres « souvenirs » prennent le pas sur les « interrogatoires », emmenant le lecteur sur les traces d'Amal et de sa famille pris dans une guerre injuste, épouvantablement meurtrière et interminable…
On ne comprend pas tout de suite les rapports de cette partie avec la précédente… On est bien sûr frappé par les différences, qui explicitent le titre du roman ; les asymétries abondent au sein de chaque histoire et entre les deux première parties : une jeune femme, un homme déjà âgé ; une débutante, un auteur confirmé ; l'Occident, le Moyen-Orient ; la paix, la guerre ; Amal l'Américain et Sami son frère irakien etc. le premier narrateur regarde vivre ses personnages ; le deuxième, partie prenante, raconte en utilisant le « je ». Ces déséquilibres construisent le livre !
La cohérence n'apparaît qu'au fil de la lecture : on trouve dans l'histoire d'Amal comme des échos de celle d'Alice et d'Ezra. Amal a lu plusieurs des livres qu'Ezra conseille à Alice ou qu'il lui offre : il les cite ou se les remémore. Amal, Alice et Ezra écoutent les mêmes chanteurs, les mêmes compositeurs. Les allusions à Lewis Carrorl renvoient au prénom de la jeune femme, mais permettent aussi de mettre en valeur la multiplicité du monde. Ainsi, quand Amal croise son reflet dans un miroir : « Comme tous les miroirs, il échouait à rendre compte des mondes à l'intérieur d'autres mondes que renferme une seule conscience, car l'apparence humaine est une chose trop statique, trop terne pour révéler le mouvement incessant du kaléidoscope qu'il recèle.» Et c'est bien de cela dont il est question : rendre compte des mondes.
On le comprend dans la troisième partie intitulée « Ezra Blazer dans Desert Island Discs ». On sait qu'Amal écoute souvent cette émission de la BBC : la présentatrice y interroge une personnalité pour savoir quels disques cette dernière emporterait sur une île déserte. Dans la transcription de l'interview d'Ezra, pleine d'humour, comme d'ailleurs le reste du livre, on trouvera les clés nécessaires pour faire les liens entre les différentes parties du roman. Il n'est bien sûr pas question d'en dire plus ici.
Les débuts dans la vie professionnelle de Lisa Halliday ressemblent beaucoup à celle d'Alice, et ses liens avec Philip Roth sont de notoriété publique. Asymétrie est son premier roman. J'espère qu'elle en écrira beaucoup d'autres !
Critique rédigée pour le Grand Prix des lectrices de Elle
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silencieuse1
  18 septembre 2018
Roman en trois parties, aucun lien (à priori) entre les trois sinon l'ombre de Philip Roth qui plane sur l'ensemble, notamment en début de roman. L'idée d'un déséquilibre dans les rapports humains guide le lecteur vers un réel questionnement : la notion de partage serait-elle le moyen de remettre tout cela d'aplomb ? C'est bien écrit mais cela ne mérite pas les belles critiques lues à droite et à gauche. Malgré l'humour et de jolis dialogues, j'ai été un peu décontenancée et mon intérêt s'est doucement effiloché au fil des pages.
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critiques presse (6)
Telerama   14 septembre 2018
De sa liaison avec l’écrivain Philip Roth, la romancière américaine Lisa Halliday a tiré une œuvre très originale, “Asymétrie”, scindée, comme elle le fut elle-même, entre cet amour et le vacarme du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   07 septembre 2018
Un des plaisirs du roman de Lisa Halliday, dans lequel elle met en scène de façon à peine cryptée sa liaison avec Philip Roth, est de retrouver la voix et l'humour du grand écrivain disparu en mai 2018.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   03 septembre 2018
Pour son premier roman, « Asymétrie », l’écrivaine américaine s’est inspirée de son aventure avec Philip Roth, il y a près de vingt ans. En hommage à celui qui a encouragé sa vocation littéraire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   31 août 2018
Deux récits se croisent à la fin de ce roman qui a beaucoup fait jaser à sa sortie en anglais. Il faut dire que son aspect autobiographique a emballé le milieu littéraire. Mais ce serait diminuer le roman que de le résumer seulement à cela. L'histoire parallèle d'un Irakien intercepté à l'aéroport de Londres apporte une autre dimension au texte dont on dit beaucoup de bien.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Liberation   27 août 2018
Quel bel hommage rend ici Lisa Halliday à l’homme avec lequel elle eut une aventure au même âge qu’Alice.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   24 août 2018
Les amours d'une jeune romancière et d'un écrivain américain, légendaire et vieillissant. Le livre, aussi impudique que spirituel, a fait sensation aux Etats-Unis, quand les critiques ont découvert que l'histoire avait été inspirée par la liaison qu'a eue Lisa Halliday avec Philip Roth, de cinquante ans son aîné.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   24 août 2018
Il avait oublié le dîner, ou il avait changé d’avis. A sa place, il la fit asseoir sur le bord de son lit et lui offrit deux grands sacs Barnes & Noble remplis de livres jusqu’aux poignées. Huckleberry Finn. Tendre est la nuit. Voyage au bout de la nuit. Journal du voleur. Ceux de July. Tropique du Cancer. Le château d’Axel. Le jardin d’Eden. La plaisanterie. L’Amant. Mort à Venise et autres nouvelles. Premier amour et autres nouvelles. Ennemies, une histoire d’amour… Alice en choisit un dont elle avait reconnu le nom de l’auteur pour l’avoir déjà lu quelque part. «Oh, Camus ! » dit-elle, en le faisant rimer avec « Seamus ».
L’écrivain garda le silence et Alice lut la quatrième de couverture du Premier Homme. Quand elle leva les yeux, il avait une mine légèrement désarçonnée.
« C’est Ca-MOU, chérie. Il est français. Ca-MOU.»
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Cigale17Cigale17   23 août 2018
Comme tous les miroirs, il échouait à rendre compte des mondes à l’intérieur d’autres mondes que renferme une seule conscience, car l’apparence humaine est une chose trop statique, trop terne pour révéler le mouvement incessant du kaléidoscope qu’il recèle.
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