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Jean-François Merle (Traducteur)
EAN : 9782264027559
144 pages
Éditeur : 10-18 (08/06/2000)
3.63/5   67 notes
Résumé :
Bobby a trente et un ans, mais il a gardé la naïveté et les réactions d'un petit garçon. Sa mère est morte. Fuyant la cruauté de son beau-père « le Gros », il se retrouve seul sur les routes. Il y rencontrera M. Summers, un vieil homme solitaire, meurtrier impuni, dont l'étrange métier est d'enterrer « tous les petits animaux »...
À eux deux ils formeront la plus inattendue des paires, capable du meilleur comme du pire.


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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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visages
  14 octobre 2019
C'est tout bêtement la couverture naïve de ce livre qui m'a attirée car je n'en connaissais ni l'auteur ni le titre. Il y a, en effet de la candeur dans cet écrit, à travers le personnage de Bobby "j'ai trente et un an. Je n'ai jamais été un garçon, du moins pas comme les autres garçons, et je ne suis pas un homme comme les autres hommes. Je suis moi, c'est tout." En fuite pour échapper à un beau père rejetant et violent ,il rencontre Summers, viel homme retranché du monde qui consacre sa vie à offrir une sépulture décente à tous les petits animaux victimes des humains. La relation de ces deux êtres ,leur façon d'interpréter le monde m'a tout d'abord fait penser à un conte écologique puis une fable sur la tolérance. Quand W.Hamilton offre un virage inattendu à son roman qui oblige à déplacer notre curseur dans le jugement de ce qui est ou fait violence dans notre société. En conclusion une jolie découverte.
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ingridfasquelle
  21 août 2013
Trente et un ans. C'est un peu vieux pour un enfant. Pourtant, c'est bien ainsi qu'apparaît Bobby, le héros du bref, saisissant et unique roman de Walker Hamilton. Paru en 1968, il aura fallu attendre les années 2000 pour que les lecteurs français puissent découvrir ce récit d'initiation aux allures de fable écologique.
En huit chapitres d'une intensité rare et précieuse, le lecteur suit la cavale de Bobby, simple d'esprit depuis enfant une voiture l'a renversé.
"La plupart des garçons vont à l'école, ils la quittent et se mettent à travailler. Moi, je ne suis jamais allé à l'école et je n'ai jamais travaillé, rien de tout ça. Mais je ne suis pas vraiment un garçon, j'ai trente et un ans. Je n'ai jamais été un garçon, du moins pas comme les autres garçons, et je ne suis pas un homme comme les autres hommes. Je suis moi, c'est tout."
A trente et un ans, orphelin de père et de mère, il vit sous la coupe d'un beau-père tyrannique, un homme rougeaud et cruel, pour qui il n'est qu'un "débile" et dont la seule préoccupation est de s'approprier l'affaire familiale. Maintenu sous camisole chimique, maltraité, humilié, Bobby trouve le courage de s'enfuir loin de celui qu'il surnomme le "Gros". Sur la route, il rencontre alors un vieil homme tout aussi marginal que lui, Mr Summers, dont l'unique occupation est d'enterrer "tous les petits animaux" écrasés sur le bas-côté des routes. Ne sachant où aller, Bobby décide de le suivre et d'apprendre son "boulot". Naît alors de cet étrange binôme une amitié touchante. Les deux parias vivent au jour le jour, dans la nature, le plus loin possible des hommes et du reste de l'humanité.
Très vite, Bobby s'épanouit. Lui, l'idiot, le simple d'esprit trouve du plaisir à sa nouvelle condition, à assister le vieil homme dans sa tâche singulière de justicier des petits animaux. Mr Summers le sensibilise au monde qui l'entoure. Il lui apprend à nommer les plantes, les oiseaux et les rongeurs, à observer la nature et à porter de l'attention et du respect pour ce que l'Homme néglige ou supprime sans scrupule, d'un revers de la main ou d'un coup d'accélérateur.
" Les hommes savent enterrer leurs semblables, mon garçon, répliqua-t-il, mais il fait aider les animaux. Pas seulement les lapins et les rats, mais tous les petits animaux, mon garçon.
Il soupira.
- On les tue, et moi je les enterre. J'enterre les rats et les souris, les oiseaux et les hérissons, les grenouilles, même les escargots."
C'est une sorte d'apologie des phénomènes les plus humbles et les plus discrets de l'existence que Walker Hamilton offre au lecteur et dans sa fugue pour échapper au "Gros" qui, à lui seul, incarne toute la vulgarité, la cruauté et la réalité douloureuse du monde dans lequel nous vivons, Bobby ne pouvait pas mieux tomber que sur cet étrange philosophe, défenseur acharné des plus petites formes de vie. Petit à petit, il oublie la menace du "Gros" qui pourtant n'est pas bien loin...
Il y a dans l'écriture de Walker Hamilton un mélange de candeur et d'innocence des plus attendrissants. Bien sûr, la personnalité singulière de Bobby y est pour beaucoup, mais même lorsqu'il s'agit de dépeindre la cruauté, la violence et la rudesse du monde dans lequel nous vivons, l'écriture juvénile de l'auteur reste tout à fait réjouissante ! J'ai vraiment été touchée par la poésie, la simplicité et la compassion qui se dégagent de ce roman !
Un beau récit, tendre et naïf qui évoque avec mélancolie tout un monde que l'on oublie souvent de considérer.
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Shan_Ze
  03 septembre 2015
Bobby Platt a 31ans mais l'esprit du petit garçon. En fuyant le Gros, il rencontre Monsieur Summers, un homme étrange qui enterre tous les petits animaux. Une forte amitié naît très vite entre les deux personnes et ensemble, ils vont faire ce curieux petit boulot qui leur tienne tant à coeur. Mais il y a des passés qu'il leur faut affronter…
J'ai apprécié l'histoire racontée par Bobby, on voit les choses d'une façon simple et tout à fait différente. On apprend aussi comment l'homme peut être cruel.
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Marpesse
  05 mars 2016
Le récit commence ainsi : Bobby a été pris en autostop par un camionneur. Il lui montre un lapin sur le bord de la route mais ne s'attend pas à ce que le conducteur, par plaisir, décide de dévier pour écraser l'animal. Bobby est horrifié... Mais le camion fait une embardée : le chauffeur a perdu le contrôle. Ils sont éjectés tous deux du véhicule : le camionneur agonise, le lapin est mort. Alors surgit un petit homme étrange dont on ne voit pas bien le regard : est-ce une créature fabuleuse? Il ne se soucie pas des gargouillements de souffrance de l'homme, mais s'occupe du lapin. Etonné, Bobby lui demande ce qui se passe...
Le ton est donné, et j'adore dès les premières lignes! M. Summers arpente les routes, la nature pour enterrer les petits animaux dont personne ne s'inquiète. Il déteste les voitures qui donnent la mort aux oiseaux et aux bêtes sans jamais se soucier de leur cadavre. Bobby veut se joindre à lui! le jeune garçon a... trente-et un ans. On comprend très vite que c'est un simple d'esprit qui a fugué de la maison. Il hait le Gros, son beau-père...
M. Summers va donc lui apprendre son métier : il enterrera les animaux avec lui.
Ce livre, que j'ai découvert par hasard, est un hymne aux animaux, aux êtres vivants. L'homme écrase, tue. Il chasse les papillons pour son plaisir ; il empoisonne les souris. M. Summers a décidé de protéger la vie, ou tout au moins, quand il ne peut pas faire autrement, de donner une sépulture à ces êtres que l'espèce humaine néglige et assassine en se croyant supérieure. Quelle sensibilité entre ces pages! Qu'il est rare de lire cela dans la littérature. Et rien n'est mièvre! C'est une fable dans un monde moderne. L'atmosphère est particulière : on se croirait dans un conte, au fond des bois, à cheval entre la réalité et l'imaginaire. Ce roman n'est pas assez connu! Il faut le lire, le faire étudier. Dommage que Walker Hamilton soit mort à 35 ans et n'ait pu écrire qu'un seul roman car si tous les autres avaient été empreints de ce sentiment de respect envers l'animal, on se serait régalé. Tous les petits animaux a été publié en 1968 en Angleterre (son auteur est écossais).
Le roman a été adapté au théâtre et au cinéma (source Wikipedia):
1998 : All the little animals, adaptation du roman au cinéma par Jeremy Thomas, avec John Hurt et Christian Bale.
2007 : adaptation, mise en scène et scénographie Didier Saint-Maxent. Compagnie La Fabrique du vent. Avec Didier Cousin et Denis Cacheux. Assistante à la mise en scène : Bérengère Leprêtre. Costumes : Émilie Dufossé. Lumière et régie générale : Olivier Floury. Technique et régie : Association Préludes. Photos : Anne Jeannin.
Lien : http://edencash.forumactif.o..
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carnet-de-voyage
  17 novembre 2018
"La véritable indépendance consiste à dépendre de qui on veut. "
Cette citation de Frédéric Dard, m'est revenu à l'esprit quand j'ai relus mes notes manuscrites concernant ce petit bijou, oublié au fin fond de ma bibliothèque...
Comme quoi, changer de bibliothèque a du bon, parfois....
On redécouvre des trésors enfouis...
Lu il y a quelques années de ça, "Tous les petits animaux" s'est rappelé à ma mémoire, et l'émotion toujours vivante...
Bobby, 31 ans, mais ayant son âme d'enfant, fuit un père brutal et prend la poudre d'escampette en suivant les grands rubans de bitume que sont les routes..
Il veut être indépendant, bien que son état d'esprit ne lui permet pas de revendiquer cette liberté de façon précise et consciente...
Mais Bobby, est conscient que tous ces petits cadavres d'animaux écrasés sur le bord de la route, n'est pas digne du genre humain, si tel ce dernier existe...
Il fait connaissance avec l'étrange et non moins sympathique Monsieur Summers, dont le seul but sur terre, semble d'enterrer ces petits animaux... Tous les petits animaux..
Quelque soit le prix à payer....
Bobby ignore à ce moment-là qu'il n'est qu' un petit lapin, terrorisé et ébloui, par la leur des phares du semi-remorque fonçant sur lui...ne se rendant pas compte de ce qui se passe sous ses yeux aveuglés.
Quelques secondes suspendues autour du néant.
Un livre très court, comme une gifle...
Comme une caresse ...
Un bisou d'adieu...
Une larme sur une joue..
Un silence étouffé.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   14 mars 2020
Et puis il y avait le jardin. Il y avait cet immense jardin. La femme dépensait une bonne partie de son argent pour lui. On y trouvait un bassin pour les poissons, une volière, une serre, on y trouvait des pelouses, et même un palmier. Elle a mis l'homme au travail dans ce jardin, même si elle savait qu'il en avait horreur. Il haïssait les jardins ! Cet homme aimait ce qui était sauvage, et elle l'a obligé à arracher les herbes et à les remplacer par des plantes insipides achetées dans les magasins. Ce jardin était devenu un endroit empoisonné. La femme achetait des choses et le forçait à les répandre et les vaporiser, c'étaient des saletés qui tuaient. Elle l'obligeait à passer son temps à tuer. Elle a fait en sorte qu'il tue les souris et les papillons, les escargots et les chenilles, elle lui a fait prendre la vie de petits insectes délicats. Tu vois, cette femme pensait qu'un jardin devait être un endroit aussi propre et aussi bien rangé qu'une chambre dans une maison.
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mesrivesmesrives   26 mars 2015
La plupart des garçons vont à l’école, ils la quittent et se mettent à travailler. Moi, je ne suis jamais allé à l’école et je n’ai jamais travaillé, rien de tout ça. Mais je ne suis pas vraiment un garçon, j’ai trente et un ans. Je n’ai jamais été un garçon, du moins pas comme les autres garçons, et je ne suis pas un homme comme les autres hommes. Je suis moi, c’est tout.
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CarosandCarosand   14 mars 2020
De temps en temps des voitures ralentissaient et les gens me regardaient d'une étrange façon, et certains parmi eux me faisaient des signes, mais je savais pas ce qu'ils signifiaient. L'une d'elles s'est même arrêtée sur le bas-côté et un monsieur m'a demandé si je me sentais bien. Je lui ai répondu que oui, merci, et il m'a redemandé vous êtes sûr ? et j'ai dit que oui, merci, je suis sûr, et il a repris sa route.
Je crois qu'il trouvait ça rigolo que je marche tout seul le long de la route quand tout le monde utilisait des voitures ou des camions, mais je ne voyais pas ce qu'il y avait de si drôle à ça, quelqu'un qui marche le long d'une route en pleine campagne, elles sont là pour ça, les routes. Je veux dire par là que les gens les empruntaient bien avant que les voitures ou les camions existent, n'est-ce pas ?
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brigetounbrigetoun   08 décembre 2009
Maintenant je vais bien. Je vis en solitaire dans la cabane, et je fais le boulot. Au début, j'étais triste quand je passais à côté des bambous et à l'endroit où M. Summers était enterré, mais, petit à petit, j'ai commencé à percevoir les bambous comme s'ils étaient eux-mêmes M. Summers, et quand je les entendais siffler dans le vent, j'étais heureux de sentir M. Summers si proche.
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brigetounbrigetoun   08 décembre 2009
- Les hommes savent enterrer leurs semblables, mon garçon, répliqua-t-il, mais il fait aider les animaux. Pas seulement les lapins et les rats, mais tous les petits animaux, mon garçon.
Il soupira.
- On les tue, et moi je les enterre. J'enterre les rats et les souris, les oiseaux et les hérissons, les grenouilles, même les escargots.
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