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Critique de Pois0n


Pois0n
  05 septembre 2020
Imaginez une seconde ce que ça donnerait si Mister Bean partait à la chasse au trésor, en conservant le côté absurde de l'original, mais sans que ce soit drôle. … Eh bien voilà, vous avez désormais une idée assez précise de « Mésaventures à Honolulu ».

Il faut quand même reconnaître à Jack Handey un certain talent pour passer avec une telle fluidité d'une situation absurde à une autre : à chaque chapitre sa « mésaventure », sachant que la plupart d'entre eux ne dépassent pas les deux pages. le tout forme un ensemble cohérent (le comble, n'est-il pas !) qui ne vole certes vraiment pas haut, mais « se tient ». de ce côté-là, on peut comparer ce livre à « Alice au pays des merveilles », embarquant le lecteur dans les péripéties les plus improbables sans qu'il ne s'étonne jamais de rien.

Ça, c'était pour ce qu'il y a de positif.

Faire rire est un art et, au vu à la fois du curriculum de l'auteur, et de la préface enthousiaste rédigée par le traducteur nous présentant le truc comme un petit joyau du « nonsense », il y avait de quoi avoir confiance. Sauf qu'en fait... c'est pas drôle. Non seulement on ne rit pas, mais on ne sourit pas non plus, sauf peut-être aux quelques « pensées profondes » disséminées dans le livre et qui ont fait le succès de son auteur. Il aurait probablement mieux fait de s'y tenir, car c'est indubitablement ce qu'il réussit le mieux.

« Les panneaux indicateurs fonctionneraient mieux si l'on imprimait le mot : « crétin » dessus. Par exemple, au lieu de STOP, le panneau dirait : STOP, CRÉTIN. »

En l'état, à l'exception du chapitre concerné, il ne faut pas chercher l'humour dans le ton du récit mais dans les situations. Tout repose donc sur le personnage principal, qui se fait appeler Slurp Fausse Route (ne cherchez pas... ne cherchez RIEN dans ce bouquin, c'est précisément le but) et surtout sa stupidité incroyable. Au lieu de n'avoir aucun sens (ce qui est, tout de même, le propre du nonsense), ses péripéties sont donc au mieux rocambolesques, au pire bien méritées. C'est le personnage et lui seul qui créé l'absurde, lui donnant un côté artificiel. Et en plus, Slurp Fausse Route n'est pas juste bête, il est aussi détestable. du genre à passer les trois quarts de l'histoire à harceler le seul personnage féminin du livre, mépriser son « meilleur ami » et à peu près tout le monde avec.

Paradoxalement, le même récit, avec les mêmes péripéties foireuses, mais présenté d'un point de vue externe pourrait peut-être se révéler marrant et, pourquoi pas, donner un film sympa. Mais tel quel, le voyage littéraire, aussi mouvementé soit-il, se révèle d'un ennui abyssal et teinté d'un côté « bête et méchant » purement gratuit, où Honolulu et ses habitants en prennent plein la poire pour pas un rond. Encore heureux que l'auteur s'en excuse en fin d'ouvrage.
En parlant d'Honolulu et d'Hawaii, l'histoire aurait pu se dérouler absolument n'importe où, dans le premier coin de jungle anonyme venu, sans que ça ne change rien à l'histoire. Ça serait peut-être même mieux passé, en fait, si le tout avait baigné du début à la fin dans une atmosphère intégralement fictive.

Vous l'aurez compris, la vraie mésaventure dans cette histoire, ça aura surtout été... la lecture.
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