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ISBN : 2070142477
Éditeur : Gallimard (03/04/2014)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 14 notes)
Résumé :
«Il est temps de mettre les choses au clair : les lieux tranquilles, tels et tels, ne m’ont pas seulement servi de refuge, d’asile, de cachette, de protection, de retrait, de solitude. Certes ils étaient aussi cela, dès le début. Mais ils étaient, dès le début aussi, quelque chose de fondamentalement différent ; davantage ; bien davantage. Et c’est avant tout ce fondamentalement différent, ce bien davantage qui m’ont poussé à tenter ici, les mettant par écrit, d’y a... >Voir plus
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   02 août 2014
Ce n’est que ce matin-là, quand je pénétrai dans les toilettes du temple de Nara, que je me sentis chez moi au Japon ; que j’arrivai vraiment sur l’île ; que le pays, tout entier, m’accueillit. Tanizaki, dans son éloge des toilettes du temple japonais, insiste sur les murs de bois aux fines veinures et, surtout, sur leur porte coulissante, dont le treillage de bois, tendu de papier clair et perméable à l’air, ne laisse filtrer du dehors qu’un reflet amorti : je mentirais, si je disais que j’ai maintenant sous les yeux tous ces détails. Je sais seulement qu’il y régnait ce demi-jour qu’évoque Tanizaki et que c’est lui qui, sur-le-champ, m’enveloppant de la plus délicate et de la plus matérielle des façons, m’accueillit, me rendit par ses sortilèges, après toutes les semaines d’errance, à l’existence, à la vie, au séjour ici-bas.
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nadejdanadejda   02 août 2014
L’air était presque chaud, un temps encore, après tout c’était l’été. Sauf que les nuits d’été, en ce temps-là du moins, ne tardaient généralement pas à fraîchir ; une nuit parfaitement tiède : dans ma mémoire, une grande rareté, quelque chose de tout à fait exceptionnel — alors pour rien au monde on ne serait rentré chez soi, on préférait rester assis dehors, ensemble, oui, avec les autres, en silence, même les quelques paroles échangées ici et les bruits de la nature là-bas se confondant au silence, et même si aucun parfum de chèvrefeuille ne s’exhalait dans ces nuits-là, rien que le vent léger de la nuit, celui-ci était aussi précieux que le chèvrefeuille des États-du-Sud-et-du-Mississippi dans les livres de William Faulkner.
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nadejdanadejda   02 août 2014
Et pourquoi faut-il que je repense maintenant à cette anecdote villageoise que m’avait racontée ma mère, à cet enfant qui apportait au curé du village un plein panier de belles poires luisantes en lui faisant observer : « Monsieur le curé, mes parents vous font l’hommage de ces poires qui ont poussé dans l’arbre de la cabane des chiottes ! » ?
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hupomnematahupomnemata   21 avril 2014
Il était plus singulier encore que, sans même qu'on en eût le projet ou seulement l'intention, on pût créer de soi-même les lieux tranquilles, au cas par cas, au milieu d'un tumulte (justement dans le tumulte), au milieu de ce babil qui pouvait se révéler incomparablement plus mortifère encore. Il suffisait, pour que s'érige l'un de ces lieux protecteurs, qu'on lise, pendant tel et tel cours magistral, les textes, grands et moins grands, de la littérature, oui, de la littérature. Il arrivait du reste que cela se produisît non pas par la lecture, mais par la pure réminiscence de celle-ci, même au restaurant universitaire, qui, surpeuplé jusqu'aux heures du soir, était souvent le seul séjour qui me fût accessible.
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hupomnematahupomnemata   21 avril 2014
Je me trouvais voici quelques semaines à Casacais, au Portugal, au bord de l'Océan, assis sur le banc d'un parc, au bord d'un chemin qui conduisait au toilettes publiques, pour les besoins de mon étude, si l'on veut, mais surtout pour m'imprégner du lieu et de ses environs. Peu à peu, et ma contemplation n'y était sans doute pas étrangère, les quelques passants qui allaient et venaient formèrent un cortège, l'une de ces processions comme je n'en avais plus vu depuis longtemps dans les rues et ailleurs, et qui m'avaient douloureusement manqué. Car j'ai besoin, moi, en tant que tel et tel, ou tel que je suis simplement, de ce cortège, de cette procession d'êtres humains, et si maintenant, écrivant ces mots, il me vient à l'esprit qu'il n'y a qu'à l'église, peut-être, que j'ai vu un cortège comparable, quand le peuple des fidèles, pendant la sainte messe, va communier, recevoir le corps du Seigneur, et revient, chacun sur son banc ou je ne sais où, n'y voyez pas un blasphème.
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Videos de Peter Handke (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Wim Wenders : "Les cinéastes sont des gentils gangsters" .Les dernières réalisations de Wim Wenders nous ont, dans l?ensemble, déçus. Raison de plus pour se replonger dans la première période du cinéaste allemand - sa meilleure ? grâce la reprise en salles de six films impeccablement restaurés: L?angoisse du gardien de but au moment du pénalty (1971, d?après le roman de Peter Handke), Faux mouvement (1974, une adaptation contemporaine de Goethe), les superbes road-movies Alice dans les villes (1973) et Au fil du temps (1975), le polar L?ami américain (1976, où tous les personnages de gangsters sont interprétés par des cinéastes !) et L?Etat des choses (Lion d?or à Venise en 1981, que le réalisateur présentait comme « l?ultime série B »). On y retrouve sa cinéphilie partageuse (avec de multiples hommages à John Ford et Fritz Lang), sa fascination pour l?Amérique, son goût du voyage et sa passion pour le rock. Wim Wenders était cette année le parrain de Toute la mémoire du monde, le festival international du film restauré organisé à la Cinémathèque française du 7 au 11 mars 2018. C?est là que qu?il s?est livré, avec beaucoup d?humour et d?émotion, à notre ludique interview sur papiers colorés. Entretien Samuel Douhaire Réalisation Pierrick Allain Télérama.fr - Mars 2018
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