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Georges-Arthur Goldschmidt (Traducteur)
EAN : 9782070371921
128 pages
Éditeur : Gallimard (13/06/1980)
3.46/5   140 notes
Résumé :
« Sans raison », sous le coup d'une illumination qu'elle n'expliquera pas, la femme de ce récit demande à son mari de s'en aller, de la laisser seule avec son fils de huit ans. La voici, désormais, « libre », bien que le mot, trop grand, trop précis, ne soit pas prononcé, ni pensé peut-être. Avec la simplicité déroutante que nous lui connaissons, Peter Handke impose puissamment à l'enchaînement des faits et gestes insignifiants de la vie quotidienne une dimension un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,46

sur 140 notes

Sachenka
  17 avril 2018
La femme gauchère est ma première incursion dans l'univers de Peter Handke. Je l'écris d'emblée, ce n'est rien qui m'a enthousiasmé. Heureusement que le roman est court, très court. Mais je ne me laisserai pas abattre si facilement, surtout que son auteur n'est l'homme que d'un seul roman.
Quand son mari revient d'un voyage d'affaires, Marianne lui annonce qu'elle le quitte. Un coup de tête ? Une crise existentielle ? Quoique, qand on est épouse et mère depuis trop longtemps, je peux comprendre. Ceci dit, elle recherche quoi au juste : le bonheur, la liberté ? Difficile à dire. La vie seule avec leur fils Stéphane ne l'effraie pas, elle reprend son métier de traductrice, elle rencontre des gens, etc. Mais ça ne semble mener nulle part parce que, à la fin, elle n'est pas plus avancée. Ça aura servi à quoi ?
Et le lecteur risque de se poser la même question. J'ai trouvé La femme gauchère plus que dépouillé, très aride. La façon de Handke de se référer à ses personnages à la troisième personne, par exemple «la femme» pour dire Marianne, je veux bien croire que c'était volontaire mais ça a créé une distance. J'ai trouvé très difficile de m'intéresser à elle, encore plus à m'y identifier. Pareillement pour les autres personnages. du coup, leurs tourments intérieurs déjà peu explicités, je m'en balançais encore plus.
Si je n'ai pas accroché, ça n'enlève rien aux qualités du roman, que je peux entrevoir. Toutes les subtilités, l'analyse psychologique des personnages, même la référence tirée de Goethe à la fin, qui peut apporter un éclairage nouveau à cette histoire (je n'ose écrire intrigue). Pour moi, trop peu trop tard.
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zabeth55
  13 novembre 2019
Un livre court et étrange.
L'ambiance y est particulière.
Lente, pesante et légère à la fois.
Une femme (ainsi nommée tout au long du roman)
Son mari Bruno
Un enfant (ainsi nommé aussi)
Un éditeur et son chauffeur
Une institutrice amie de la femme
Il ne se passe pas grand-chose.
La femme renvoie son mari.
Elle commence des traductions.
Non, vraiment, il ne se passe pas grand-chose.
Tout est dans cette ambiance, détachée, ralentie, ouatée.
J'ai pensé à l'ambiance et à la femme de « Moderato cantabile »
C'est tout à fait le genre de livre qu'on aime ou qu'on déteste.
Quant à moi, j'ai beaucoup aimé.
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Philippe67
  29 octobre 2012
Comme toujours une très belle écriture et descriptions taillées au couteau, courtes, percutantes et justes.
Est ce que la liberté implique la solitude? Ne sommes nous pas tous assez seuls sans aller chercher plus d'isolement pour nous sentir "libres".
Qu'est ce que le bonheur? Certains disent le chercher mais sovons nous au moins ce qu'il représente.
Peter Handke ne pose pas de question il ne prononce même jamais le mot liberté dans ce court roman, mais c'est à nous lecteurs de nous poser les questions et aussi d'y trouver nos réponses parsque si vous attendez après Handke pour donner une réponse.... de toutes façons il n'a même pas posé de question, donc...
Plus je lis cet auteur et plus j'aime ses écrits et il m'en reste beaucoup encore à découvrir.
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Baldrico
  01 août 2020
Ce court récit incarne bien le style énigmatique de Peter Handke. le comportement des personnages est étrange, leurs motivations obscures, même si elles se dévoilent quelque peu. Une certaine poésie se dégage pourtant de ce flou.
Pourtant le cadre n'est pas très enchanteur: un lotissement de banlieue dans les années 1970. La modernité technologique et commerciale a encore quelque chose de neuf et de rudimentaire: grands magasins, photomatons.
Au centre de la narration, la décision de la femme (Marianne) de demander à son compagnon de partir, une décision de vivre seule, qui suscite les réactions stéréotypées de son entourage, à l'exception du jeune fils, Stéphane.
C'est un texte sur la difficulté de vivre en conformité avec soi-même, d'affronter la solitude, peut-être sur l'impossibilité de vivre vraiment avec les autres. Ces autres ne sont pas souvent, ou pas du tout, appelés par leur nom, leur identité est surtout fonctionnelle.
On prend un certain plaisir à cette lecture, mais je n'ai pas retrouvé le charme de la Nuit morave. La saison hivernale et les années 70 y sont pour quelque chose sans doute.
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pleasantf
  18 juillet 2015
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre et pourtant une fois la lecture achevée, j’ai trouvé ce récit plein de subtilité. Certes il n’y a pas vraiment d’intrigue et l’histoire de la femme gauchère se résume finalement à peu de choses : lorsque son mari revient d’un long voyage d’affaires, sa femme Marianne lui annonce qu’elle souhaite vivre seule avec son fils. Elle apprend à vivre seule et reprend son activité de traductrice. Elle change la disposition des meubles dans son appartement, voit régulièrement son amie Franziska , reçoit la visite de son éditeur et un jour celle de son père , garde contact avec son ancien mari avec qui les relations sont soit tendues, soit cordiales. Elle rencontre un acteur qui tombe amoureux d’elle. Le livre se termine sur une citation des Affinités électives de Goethe et cette dernière phrase : ‘tout semble suivre son cours habituel comme dans des cas extrêmes où tout est remis en jeu : on continue à vivre encore comme si de rien n’était’.
A l’image de cette citation de Goethe venant donner un éclairage final au récit, des évènements ou des dialogues un peu plus profonds affleurent ici et là à la surface de ce cours d’eau que constitue le déroulement assez insignifiant de la vie de Marianne.
L’écriture de Handke délaisse l’analyse psychologique et le dévoilement d’un sens. Les sentiments s’expriment peu, malgré la tension née d’une situation de crise qu’est la séparation. Ils émergent en de rares occasions, denses. Les raisons qui poussent Marianne à se séparer de son mari ne sont pas explicitées clairement. Au détour d’une phrase, la pensée de Marianne livre un indice : elle se dit qu’elle ne connaîtra plus d’humiliations. Seul l’acteur qu’elle rencontre par hasard dit d’elle qu’elle est libre.
Le passage où apparaît le père est assez mystérieux. Il apparaît presque comme un bouffon venu perturber le quotidien. Il est écrivain. C’est peut-être un double de Handke et symbolise peut-être la liberté.
Handke se concentre sur une description des situations, des gestes et on a l’impression qu’il écrit comme s’il décrivait une image photographique.
Le récit s’achève sur un final qui n’en est pas un. Comme si Handke avait ôté la clôture d’un espace clos et ouvert son récit sur une quelque chose de nouveau et d’inexploré. Le récit est tiraillé entre deux faces d’une même pièce : du côté sombre, la fin d’un cycle et la solitude ; du côté lumineux, le désir de recommencer quelque chose de nouveau. La scène finale rassemble de manière quasi impromptue la plupart des personnages du livre : Marianne, son mari, l’acteur, l’éditeur et son chauffeur, une vendeuse de vêtements, l’amie Franziska. Ils se retrouvent chez Marianne et ils boivent, ils dansent. Cette scène gentiment dionysiaque montre une disponibilité généreuse à l’Autre et une issue possible à la solitude.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   13 avril 2018
L'enfant avait terminé et lut à haute voix ce qu'il avait écrit : «Comment je me figure une vie plus belle - J'aimerais qu'il ne fasse ni chaud ni froid. Il faut qu'il souffle toujours un vent tiède, parfois il y a une tempête contre laquelle il faut s'accroupir. Les autos ont disparu. Les maisons seraient rouges. Les buissons seraient de l'or. On saurait déjà tout et on n'aurait plus besoin de rien apprendre. On habiterait sur des îles. Dans les rues les voitures restent ouvertes et on peut s'y mettre quand on est fatigué. Mais on n'est plus fatigué du tout. Les voitures n'appartiennent à personne. Le soir on reste debout. On s'endort là où on est. Il ne pleut jamais. De tous les amis on en a quatre de chaque et les gens qu'on ne connaît pas disparaissent. Tout ce qu'on ne connaît pas disparaît.»
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genougenou   30 juillet 2018
Pensez ce que vous voudrez. Plus vous croirez pouvoir parler de moi, plus je serai libre à votre égard. Parfois, il me semble que ce qu'on apprend de neuf sur les gens n'a déjà plus de valeur. À l'avenir, si quelqu'un m'explique comment je suis - et fût - ce pour me flatter ou me rendre plus forte , je n'admettrai plus une telle insolence.
(p. 33)
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genougenou   01 août 2018
Je suis si seul que le soir avant de m'endormir, je ne trouve personne à qui penser, simplement parce que de toute la journée, je n'ai été en compagnie de personne. Et comment écrire, si on n'a personne à qui réfléchir ?
(p. 80)
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zazimuthzazimuth   09 janvier 2011
“Le père: “Ce que vous avez à dire vous gêne toujours. C’est pourquoi ça devient vraiment gênant.”
L’homme rit et détourna encore le regard.
Le père: “Vous êtes aussi lâche que cela en privé?”
L’homme rit et détourna les yeux puis ramena très vite son regard.
Le père: “Votre tort, je crois, est de toujours garder un peu de vous pour vous-même. Pour un acteur, vous n’êtes pas assez culotté. Vous voulez être un type comme dans ces films américains et pourtant vous ne vous mettez jamais en jeu. C’est pourquoi vous ne faites que poser.”
L’homme regarda la femme mais elle n’intervint pas.
Le père: “A mon avis vous devriez un jour apprendre à courir vraiment, à crier vraiment, à ouvrir la bouche toute grande. J’ai observé que même quand vous bâillez, vous n’osez pas ouvrir la bouche toute grande. (p85)
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NuageuseNuageuse   26 avril 2021
Chez elle la femme se tint devant le miroir et se regarda longtemps dans les yeux ; non pour se regarder, mais comme si cela était une possibilité de réfléchir en paix sur soi-même. Elle commença à parler à haute voix : « Pensez ce que vous voudrez. Plus vous croirez pouvoir parler de moi, plus je serai libre à votre égard. Parfois, il me semble que ce qu'on apprend de neuf sur les gens n'a déjà plus de valeur. A l'avenir, si quelqu'un m'explique comment je suis – et fût-ce pour me flatter ou me rendre plus forte –, je n'admettrai plus une telle insolence. » Elle étendit le bras, un trou se découvrit dans le pull-over sous une aisselle ; elle y glissa un doigt.
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Videos de Peter Handke (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Découvrez l'entretien de Peter Handke, prix Nobel de littérature 2019, consacré au volume Quarto, "Les Cabanes du narrateur. Oeuvres choisies".
Depuis cinquante ans, Peter Handke bâtit une « oeuvre influente qui explore les périphéries et la spécificité de l'expérience humaine ». Embrassant toutes les formes de la littérature, elle présente comme constante une fidélité à ce qu'il est, c'est-à-dire un homme de lettres, un promeneur dont la création ne peut prendre forme que grâce à la distance propice, paradoxalement, à une plongée dans l'intériorité des personnages, à la description imagée et vivante de la nature, à l'attention au quotidien. Pierre angulaire du patrimoine littéraire d'Europe centrale, servie par un style tranchant et unique, cette écriture se définit par le besoin de raconter — faux départs, difficiles retours, voyages, etc. — la recherche d'une propre histoire, de la propre biographie de l'auteur qui se fond dans ses livres : « Longtemps, la littérature a été pour moi le moyen, si ce n'est d'y voir clair en moi, d'y voir tout de même plus clair. Elle m'a aidé à reconnaître que j'étais là, que j'étais au monde. » Cette édition Quarto propose au lecteur de suivre le cheminement de l'écrivain à travers un choix qui comprend des récits qui l'ont porté sur le devant de la scène littéraire dans les années 1970-1980 comme d'autres textes, plus contemporains, imprégnés des paysages d'Île-de-France, et reflets de son écriture aujourd'hui. Et, le temps d'une lecture, de trouver refuge dans l'une de ses cabanes.
En savoir plus sur l'ouvrage : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Les-Cabanes-du-narrateur
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