AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Georges-Arthur Goldschmidt (Traducteur)
ISBN : 2070371921
Éditeur : Gallimard (13/06/1980)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 88 notes)
Résumé :
« Sans raison », sous le coup d'une illumination qu'elle n'expliquera pas, la femme de ce récit demande à son mari de s'en aller, de la laisser seule avec son fils de huit ans. La voici, désormais, « libre », bien que le mot, trop grand, trop précis, ne soit pas prononcé, ni pensé peut-être. Avec la simplicité déroutante que nous lui connaissons, Peter Handke impose puissamment à l'enchaînement des faits et gestes insignifiants de la vie quotidienne une dimension un... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  17 avril 2018
La femme gauchère est ma première incursion dans l'univers de Peter Handke. Je l'écris d'emblée, ce n'est rien qui m'a enthousiasmé. Heureusement que le roman est court, très court. Mais je ne me laisserai pas abattre si facilement, surtout que son auteur n'est l'homme que d'un seul roman.
Quand son mari revient d'un voyage d'affaires, Marianne lui annonce qu'elle le quitte. Un coup de tête ? Une crise existentielle ? Quoique, qand on est épouse et mère depuis trop longtemps, je peux comprendre. Ceci dit, elle recherche quoi au juste : le bonheur, la liberté ? Difficile à dire. La vie seule avec leur fils Stéphane ne l'effraie pas, elle reprend son métier de traductrice, elle rencontre des gens, etc. Mais ça ne semble mener nulle part parce que, à la fin, elle n'est pas plus avancée. Ça aura servi à quoi ?
Et le lecteur risque de se poser la même question. J'ai trouvé La femme gauchère plus que dépouillé, très aride. La façon de Handke de se référer à ses personnages à la troisième personne, par exemple «la femme» pour dire Marianne, je veux bien croire que c'était volontaire mais ça a créé une distance. J'ai trouvé très difficile de m'intéresser à elle, encore plus à m'y identifier. Pareillement pour les autres personnages. du coup, leurs tourments intérieurs déjà peu explicités, je m'en balançais encore plus.
Si je n'ai pas accroché, ça n'enlève rien aux qualités du roman, que je peux entrevoir. Toutes les subtilités, l'analyse psychologique des personnages, même la référence tirée de Goethe à la fin, qui peut apporter un éclairage nouveau à cette histoire (je n'ose écrire intrigue). Pour moi, trop peu trop tard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Philippe67
  29 octobre 2012
Comme toujours une très belle écriture et descriptions taillées au couteau, courtes, percutantes et justes.
Est ce que la liberté implique la solitude? Ne sommes nous pas tous assez seuls sans aller chercher plus d'isolement pour nous sentir "libres".
Qu'est ce que le bonheur? Certains disent le chercher mais sovons nous au moins ce qu'il représente.
Peter Handke ne pose pas de question il ne prononce même jamais le mot liberté dans ce court roman, mais c'est à nous lecteurs de nous poser les questions et aussi d'y trouver nos réponses parsque si vous attendez après Handke pour donner une réponse.... de toutes façons il n'a même pas posé de question, donc...
Plus je lis cet auteur et plus j'aime ses écrits et il m'en reste beaucoup encore à découvrir.
Commenter  J’apprécie          261
pleasantf
  18 juillet 2015
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre et pourtant une fois la lecture achevée, j’ai trouvé ce récit plein de subtilité. Certes il n’y a pas vraiment d’intrigue et l’histoire de la femme gauchère se résume finalement à peu de choses : lorsque son mari revient d’un long voyage d’affaires, sa femme Marianne lui annonce qu’elle souhaite vivre seule avec son fils. Elle apprend à vivre seule et reprend son activité de traductrice. Elle change la disposition des meubles dans son appartement, voit régulièrement son amie Franziska , reçoit la visite de son éditeur et un jour celle de son père , garde contact avec son ancien mari avec qui les relations sont soit tendues, soit cordiales. Elle rencontre un acteur qui tombe amoureux d’elle. Le livre se termine sur une citation des Affinités électives de Goethe et cette dernière phrase : ‘tout semble suivre son cours habituel comme dans des cas extrêmes où tout est remis en jeu : on continue à vivre encore comme si de rien n’était’.
A l’image de cette citation de Goethe venant donner un éclairage final au récit, des évènements ou des dialogues un peu plus profonds affleurent ici et là à la surface de ce cours d’eau que constitue le déroulement assez insignifiant de la vie de Marianne.
L’écriture de Handke délaisse l’analyse psychologique et le dévoilement d’un sens. Les sentiments s’expriment peu, malgré la tension née d’une situation de crise qu’est la séparation. Ils émergent en de rares occasions, denses. Les raisons qui poussent Marianne à se séparer de son mari ne sont pas explicitées clairement. Au détour d’une phrase, la pensée de Marianne livre un indice : elle se dit qu’elle ne connaîtra plus d’humiliations. Seul l’acteur qu’elle rencontre par hasard dit d’elle qu’elle est libre.
Le passage où apparaît le père est assez mystérieux. Il apparaît presque comme un bouffon venu perturber le quotidien. Il est écrivain. C’est peut-être un double de Handke et symbolise peut-être la liberté.
Handke se concentre sur une description des situations, des gestes et on a l’impression qu’il écrit comme s’il décrivait une image photographique.
Le récit s’achève sur un final qui n’en est pas un. Comme si Handke avait ôté la clôture d’un espace clos et ouvert son récit sur une quelque chose de nouveau et d’inexploré. Le récit est tiraillé entre deux faces d’une même pièce : du côté sombre, la fin d’un cycle et la solitude ; du côté lumineux, le désir de recommencer quelque chose de nouveau. La scène finale rassemble de manière quasi impromptue la plupart des personnages du livre : Marianne, son mari, l’acteur, l’éditeur et son chauffeur, une vendeuse de vêtements, l’amie Franziska. Ils se retrouvent chez Marianne et ils boivent, ils dansent. Cette scène gentiment dionysiaque montre une disponibilité généreuse à l’Autre et une issue possible à la solitude.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
pleasantf
  18 juillet 2015
J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre et pourtant une fois la lecture achevée, j’ai trouvé ce récit plein de subtilité. Certes il n’y a pas vraiment d’intrigue et l’histoire de la femme gauchère se résume finalement à peu de choses : lorsque son mari revient d’un long voyage d’affaires, sa femme Marianne lui annonce qu’elle souhaite vivre seule avec son fils. Elle apprend à vivre seule et reprend son activité de traductrice. Elle change la disposition des meubles dans son appartement, voit régulièrement son amie Franziska , reçoit la visite de son éditeur et un jour celle de son père , garde contact avec son ancien mari avec qui les relations sont soit tendues, soit cordiales. Elle rencontre un acteur qui tombe amoureux d’elle. Le livre se termine sur une citation des Affinités électives de Goethe et cette dernière phrase : ‘tout semble suivre son cours habituel comme dans des cas extrêmes où tout est remis en jeu : on continue à vivre encore comme si de rien n’était’.
A l’image de cette citation de Goethe venant donner un éclairage final au récit, des évènements ou des dialogues un peu plus profonds affleurent ici et là à la surface de ce cours d’eau que constitue le déroulement assez insignifiant de la vie de Marianne.
L’écriture de Handke délaisse l’analyse psychologique et le dévoilement d’un sens. Les sentiments s’expriment peu, malgré la tension née d’une situation de crise qu’est la séparation. Ils émergent en de rares occasions, denses. Les raisons qui poussent Marianne à se séparer de son mari ne sont pas explicitées clairement. Au détour d’une phrase, la pensée de Marianne livre un indice : elle se dit qu’elle ne connaîtra plus d’humiliations. Seul l’acteur qu’elle rencontre par hasard dit d’elle qu’elle est libre.
Le passage où apparaît le père est assez mystérieux. Il apparaît presque comme un bouffon venu perturber le quotidien. Il est écrivain. C’est peut-être un double de Handke et symbolise peut-être la liberté.
Handke se concentre sur une description des situations, des gestes et on a l’impression qu’il écrit comme s’il décrivait une image photographique.
Le récit s’achève sur un final qui n’en est pas un. Comme si Handke avait ôté la clôture d’un espace clos et ouvert son récit sur une quelque chose de nouveau et d’inexploré. Le récit est tiraillé entre deux faces d’une même pièce : du côté sombre, la fin d’un cycle et la solitude ; du côté lumineux, le désir de recommencer quelque chose de nouveau. La scène finale rassemble de manière quasi impromptue la plupart des personnages du livre : Marianne, son mari, l’acteur, l’éditeur et son chauffeur, une vendeuse de vêtement, l’amie Franziska. Ils se retrouvent chez Marianne et ils boivent, ils dansent. Cette scène gentiment dionysiaque montre une disponibilité généreuse à l’Autre et une issue possible à la solitude.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
MarianneDesroziers
  04 septembre 2011
Dans un univers bourgeois, au milieu des années 70, une femme demande tout à coup, a priori sans raison, à son mari de la laisser elle et leur fils. Cette rupture bouleverse son quotidien, ses relations aux autres et le regard qu'elle porte sur elle-même. Autrefois traductrice, elle reprend alors contact avec l'éditeur pour qui elle travaillait dix ans plus tôt et une idylle semble pouvoir se nouer entre eux… mais finalement non.
Voilà pour l'intrigue - très mince - du livre mais l'essentiel du roman est ailleurs : dans tous ces petits rien, ces scènes du quotidien d'une femme seule qui cherche à savoir qui elle est, qui elle veut devenir et qui accepte le prix élevé que lui coûte sa liberté.
La suite sur le blog :
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
Commenter  J’apprécie          171
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   13 avril 2018
L'enfant avait terminé et lut à haute voix ce qu'il avait écrit : «Comment je me figure une vie plus belle - J'aimerais qu'il ne fasse ni chaud ni froid. Il faut qu'il souffle toujours un vent tiède, parfois il y a une tempête contre laquelle il faut s'accroupir. Les autos ont disparu. Les maisons seraient rouges. Les buissons seraient de l'or. On saurait déjà tout et on n'aurait plus besoin de rien apprendre. On habiterait sur des îles. Dans les rues les voitures restent ouvertes et on peut s'y mettre quand on est fatigué. Mais on n'est plus fatigué du tout. Les voitures n'appartiennent à personne. Le soir on reste debout. On s'endort là où on est. Il ne pleut jamais. De tous les amis on en a quatre de chaque et les gens qu'on ne connaît pas disparaissent. Tout ce qu'on ne connaît pas disparaît.»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
genougenou   30 juillet 2018
Pensez ce que vous voudrez. Plus vous croirez pouvoir parler de moi, plus je serai libre à votre égard. Parfois, il me semble que ce qu'on apprend de neuf sur les gens n'a déjà plus de valeur. À l'avenir, si quelqu'un m'explique comment je suis - et fût - ce pour me flatter ou me rendre plus forte , je n'admettrai plus une telle insolence.
(p. 33)
Commenter  J’apprécie          370
genougenou   01 août 2018
Je suis si seul que le soir avant de m'endormir, je ne trouve personne à qui penser, simplement parce que de toute la journée, je n'ai été en compagnie de personne. Et comment écrire, si on n'a personne à qui réfléchir ?
(p. 80)
Commenter  J’apprécie          440
zazimuthzazimuth   09 janvier 2011
“Le père: “Ce que vous avez à dire vous gêne toujours. C’est pourquoi ça devient vraiment gênant.”
L’homme rit et détourna encore le regard.
Le père: “Vous êtes aussi lâche que cela en privé?”
L’homme rit et détourna les yeux puis ramena très vite son regard.
Le père: “Votre tort, je crois, est de toujours garder un peu de vous pour vous-même. Pour un acteur, vous n’êtes pas assez culotté. Vous voulez être un type comme dans ces films américains et pourtant vous ne vous mettez jamais en jeu. C’est pourquoi vous ne faites que poser.”
L’homme regarda la femme mais elle n’intervint pas.
Le père: “A mon avis vous devriez un jour apprendre à courir vraiment, à crier vraiment, à ouvrir la bouche toute grande. J’ai observé que même quand vous bâillez, vous n’osez pas ouvrir la bouche toute grande. (p85)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
SachenkaSachenka   15 avril 2018
Franziska : "[...] Tu n'éprouves donc jamais le besoin du bonheur avec d'autres?"
La femme : "Non, je j'aimerais pas être heureuse, tout au plus apaisée. J'ai peur du bonheur. Je crois que je n'y tiendrais pas, là dans ma tête. Je deviendrais folle pour toujours ou je mourrais. Ou je tuerais quelqu'un."
Commenter  J’apprécie          122
Videos de Peter Handke (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Peter Handke
Wim Wenders : "Les cinéastes sont des gentils gangsters" .Les dernières réalisations de Wim Wenders nous ont, dans l?ensemble, déçus. Raison de plus pour se replonger dans la première période du cinéaste allemand - sa meilleure ? grâce la reprise en salles de six films impeccablement restaurés: L?angoisse du gardien de but au moment du pénalty (1971, d?après le roman de Peter Handke), Faux mouvement (1974, une adaptation contemporaine de Goethe), les superbes road-movies Alice dans les villes (1973) et Au fil du temps (1975), le polar L?ami américain (1976, où tous les personnages de gangsters sont interprétés par des cinéastes !) et L?Etat des choses (Lion d?or à Venise en 1981, que le réalisateur présentait comme « l?ultime série B »). On y retrouve sa cinéphilie partageuse (avec de multiples hommages à John Ford et Fritz Lang), sa fascination pour l?Amérique, son goût du voyage et sa passion pour le rock. Wim Wenders était cette année le parrain de Toute la mémoire du monde, le festival international du film restauré organisé à la Cinémathèque française du 7 au 11 mars 2018. C?est là que qu?il s?est livré, avec beaucoup d?humour et d?émotion, à notre ludique interview sur papiers colorés. Entretien Samuel Douhaire Réalisation Pierrick Allain Télérama.fr - Mars 2018
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature autrichienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quiz: l'Allemagne et la Littérature

Les deux frères Jacob et Whilhelm sont les auteurs de contes célèbres, quel est leur nom ?

Hoffmann
Gordon
Grimm
Marx

10 questions
244 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature allemande , guerre mondiale , allemagneCréer un quiz sur ce livre
.. ..