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ISBN : 2809811253
Éditeur : L'Archipel (08/05/2013)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Vingt ans de la vie d’une femme

Gabrielle et François Saint-Jean se connaissent à peine lorsqu’ils se marient sur le bateau qui les ramène à Saigon. Le père de François vient d’avoir un infarctus et le jeune sous-officier de marine a dû abandonner sa carrière pour reprendre les rênes de la plantation familiale.
Grisée par l’exotisme, Gabrielle l’a suivi. Mais en 1910, son rêve agonise. Désespérant d’être mère, elle décide de sortir son couple ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
KATE92
  19 juin 2013
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Masse critique Mai 2013
Merci à BABELIO et aux Editions l'Archipel
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La plume de l'auteur est agréable et les petits détails distillés permettent de se « plonger » plus facilement dans l'histoire.
Saga familiale se déroulant sur 20 ans, à SAIGON, très instructive sur les us et coutumes des coolies et leurs « maîtres » sur les plantations d'alors.
On découvre en Gabrielle, une femme forte et capable de s'investir dans « sa » plantation mais également d'éprouver de l'empathie pour « ses » ouvriers agricoles malgré une « vie conjugale » guère épanouissante auprès de son époux, François, qui lui ne fait montre de ses sentiments mais essaye d'être efficace dans le nouvel emploi qui a lui été imposé par la santé précaire de son père.
On suit ce couple et ses proches parents dans les dédales d'une vie de planteurs en ce début du XXe mais aussi ses joies, ses secrets.
En lisant la dernière page, je me dis qu'une suite à cet ouvrage serait la bienvenue.
Belle découverte.
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lagirl8
  06 juillet 2013
Nous suivons tout au long de ces vingt années que relate ce livre la vie d'une famille française installée en Cochinchine et plus particulièrement la vie de Gabrielle et François. Au début de l'histoire, en 1910, nos deux protagonistes sont mariés depuis environ deux ans et habitent à Saïgon chez les parents de François. La jeune Gabrielle désespère de devenir un jour mère et afin de tromper son ennui, elle persuade son mari de racheter la plantation de Rougeterre de leur ami Max. le récit débute véritablement à ce moment là et nous suivrons donc pendant vingt ans la vie de ce couple de planteurs ainsi que de leurs proches.
Nous découvrons donc une Gabrielle qui essaie tant bien que mal de faire tourner sa plantation d'hévéa pendant que son mari François est occupé sur son autre plantation, une plantation de bananes cette fois-ci. Ils forment un couple assez peu attachant et assez ennuyeux pour nous lecteurs. Ils forment un couple solide mais l'on sent que Gabrielle a bien du mal à s'épanouir dans sa vie de femme mariée. François n'est pas un être très passionné et ne réagit pas souvent comme le souhaiterai sa femme. On se demande tout au long du livre comment ce couple si passif arrive à tenir le coup malgré les épreuves, les tentations.
Gabrielle est bien le rare personnage à avoir trouvé grâce à mes yeux. Elle est volontaire, combative et pleine de compassion pour les coolies. Elle se prend d'affection pour le jeune Chuong qu'elle considère presque comme son fils et qu'elle va sortir de sa simple condition d'esclave. Malgré tout cela Gabrielle manque un peu de relief et c'est le cas pour la quasi totalité des personnages.
Aucun des personnages n'arrive à retenir l'attention et n'arrive à susciter de réelle sympathie. Que ce soit la soeur de François mal mariée et mère indigne ou encore le cousin de François un peu trop empressé auprès d'une femme qu'il ne peut avoir, il nous importe peu de savoir ce qu'il va advenir des personnages. En bref les personnages manquent cruellement d'empathie et l'auteur n'a pas à mon goût assez développé le caractère de ses personnages.
À bien des égards je trouve que ce livre s'apparente plus à un récit qu'à un roman à proprement parler. L'ensemble manque parfois de cohésion et l'on saute un peu du coq à l'âne entre chaque partie. On a parfois du mal à s'y retrouver et de savoir quel personnage parle et à quel endroit on se situe.
Vous remarquerez donc que mon avis sur ce livre n'est pas très élogieux. Je reconnais par contre que ce livre est plutôt bien écrit et le vocabulaire utilisé est assez recherché (parfois trop il est vrai!).
Pour résumer je dirais donc que ce livre est plutôt bien écrit mais il manque de ce souffle romanesque qui nous emporte dans des contrées lointaines et nous fait rêver. L'émotion manque cruellement et cela est fort dommage.
Lien : http://autantenemportelalect..
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Saratagada
  20 juin 2013
Gabrielle, jeune femme sans attache, n'hésite pas lorsque l'officier de marine François lui demande de l'épouser, et ce, malgré la rareté des moments qu'ils ont passés ensemble. Elle n'hésite pas non plus, lorsque les parents de François, planteurs de bananes en Cochinchine, demandent à leur fils et sa jeune épouse de venir leur prêter main forte... pour le meilleur, et pour le pire.
Ce roman aux allures d'épopée coloniale dépeint vingt ans de la vie de la famille Saint-Jean. L'auteure nous transporte avec précision au coeur de l'exotisme de l'Indochine ; malgré tout ce que soulève la période coloniale dans notre histoire nationale, Valérie Hanotel a su adopter une narration au ton juste. Les personnages, aux tempéraments marqués, parfois caricaturaux, dévoilent au long du roman des côtés plus développés qu'au premier abord.
Cependant, on n'atteint pas l'intensité que peuvent revêtir des histoires de la même trame, en Asie ou en Afrique. de plus, le titre et la quatrième de couverture induisent légèrement en erreur le lecteur sur le contenu du livre. le thème des colonies recèle souvent des histoires compliquées, qui se déroulent sur une longue période, et on s'attend à une force que l'on ne retrouve pas. Les rapports qu'entretiennent les personnages entre eux manquent peut-être d'un peu de profondeur, ce qui empêche le lecteur d'adhérer pleinement au livre. Les Coeurs Impuissants reste un roman divertissant et dépaysant, même s'il ne rivalise pas avec les classiques du genre.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
KATE92KATE92   09 juin 2013
Son coolie-pousse l’attendait déjà, aussi volubile
que s’il ne l’avait vue depuis des semaines. Thân avait
le même âge que François, mesurait vingt centimètres
de moins, dix de plus de circonférence, ressemblait à
un Chinois et courait pieds nus. C’était l’homme le
plus jovial qu’elle ait jamais rencontré. Pourtant il ne
possédait rien au monde, à part une femme esclave de
sa couture et quatre rejetons décevants.
— À l’hôpital, lui dit-elle.
— Ba dam malade ? s’inquiéta-t-il.
— Non : « madame »… Je cherche du travail,
reprit-elle plus bas.
Il eut l’air de trouver cela très drôle et démarra, un
large sourire aux lèvres. Depuis douze ans qu’il véhiculait des Blanches, il savait bien qu’elles étaient
toutes paresseuses.
— Monmari pas riche ?
— Non, Thân, mon mari n’est pas riche.
15La révélation le fit rire de plus belle. Avec une
maison comme la sienne, une femme comme la
sienne, un cheval comme le sien, Cap’taine François
ne pouvait être que très riche. Gabrielle se rendit
compte de l’impossibilité de lui faire comprendre leur
situation et prétendit partager son hilarité. Ils plongè-
rent dans l’incroyable méli-mélo de la rue Pellerin où
l’on risquait à tout instant de verser et de se faire
écraser. Saigon, construite quelques décennies auparavant par des amiraux-gouverneurs, était coincée
entre une rivière, à l’est, deux arroyos au nord et au
sud et la sinistre plaine des tombeaux, à l’ouest, que
l’on traversait en une heure, avant l’introduction du
tramway, pour atteindre la ville chinoise de Cholon.
Il y avait aussi un champ de course où galopaient des
chevaux à peine plus grands que des poneys. L’activité de la capitale de Cochinchine, au sud de l’Indochine, était donc concentrée sur un carré de terre
élégamment quadrillé d’avenues ombragées, mais
bourdonnant, vibrionnant, fatigant. Le contraste avec
le calme de l’hôpital Grall n’en fut que plus agréable.
Elle longea la véranda déserte du bâtiment Eiffel, puis
s’installa sur un banc, face au bureau du docteur
Adran. Une brise légère dispersait l’odeur rassurante
de désinfectant et de linge propre. Elle apercevait des
lits de fer occupés à travers les portes pare-soleil, mais
aucun son n’en parvenait. Le médecin la reçut avec un
grand retard et une gerbe d’excuses. Il se flattait d’être
encore bel homme, exerçant son charme sur de jeunes
patientes qui ne voyaient qu’une tête de vieux chien et
des manières d’un autre siècle.
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KATE92KATE92   09 juin 2013
Chuong lui offrit une minuscule banane verte à
moitié pelée. Elle la dégusta avec des mimiques de
singe qui le firent se tordre de rire. Il y eut ensuite les
deux tartines au beurre ranci dont il avait déjà goûté
la confiture. Elle en prit une pour lui faire plaisir et lui
laissa l’autre. Lorsqu’elle eut fini, elle s’essuya les
mains sur la serviette humide qu’il lui tendait.
— Allons monter ! quémanda-t-il.
— Pas maintenant, Chuong. J’ai un rendez-vous.
— La bête ! insista-t-il en exhibant une boîte de
cachous percée de trous.
Elle fit semblant d’avoir peur et il rempocha son
trésor, torse bombé, très satisfait de son petit effet.
Chaque matin, ils rendaient visite à la tante Maude
qui le gavait de friandises et lui confiait de menues
tâches afin de le soustraire aux ordres criaillants de ses
parents. Chuong ne manquait jamais de ravitailler en
insectes le margouillat supposé être son Époux réincarné. « Un lézard, qu’est-ce qui a pu lui donner cette
idée ? », s’était étonnée Gabrielle lorsque François
l’avait prévenue de la particularité de sa tante. La
14réponse de son mari l’avait fait rougir jusqu’à la
racine des cheveux.
— Je vais chez le docteur, expliqua-t-elle.
— Ba dam encore bo bo ?
— Non, plus bobo.
L’enfant la scruta, désorienté, puis son visage
s’éclaira.
— Chuong porter panier.
— Plus tard, soupira-t-elle.
C’était la formule capable de le faire patienter des
journées entières. Il alla s’asseoir sur la dernière
marche de l’escalier et elle s’enfuit de la maison avec
l’impression d’avoir commis une mauvaise action.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
KATE92KATE92   09 juin 2013
Gabrielle Saint-Jean descendait souliers à la main
dans l’espoir d’échapper à la vigilance de Chuong,
mais le petit garçon l’attendait déjà au pied de l’escalier, les yeux brillants d’impatience.
— Bonjour monsieur Chuong, dit-elle pour le
faire rire.
— Bonjour Ba dam, hoqueta-t-il, ravi. Ba dam
veut thé ? Chuong tout préparé.
— « Madame veut-elle du thé ? », corrigea-t-elle.
« J’ai tout préparé. » Répète.
Il prit son air de chenapan et s’enfuit vers la salle à
manger. Elle fut bien obligée de traverser le salon disparate pour le rejoindre dans l’antre du buffet
Henri II. On avait laissé sa place mise afin de souligner son absence au petit déjeuner. Son thé au jasmin
refroidissait sous une soucoupe retournée. Elle s’assit
et regarda Chuong découvrir le breuvage insipide
avec un sérieux de maître de cérémonie. Elle mourait
d’envie de l’embrasser, mais cela ne se faisait pas chez
les Annamites. Il fallait respirer le visage des petits,
bouche entrouverte, comme si l’on s’apprêtait à les
dévorer. Chuong avait un minuscule menton volontaire, un teint d’abricot pâle et des baguettes d’ébène
13qui seraient bientôt ramassées en chignon. S’il n’était
pas grand pour ses dix ans, son intelligence était celle
d’un enfant plus âgé. Elle avait suggéré qu’on l’envoie
à l’école et entendait encore le gloussement inepte de
sa belle-mère, tandis que son beau-père se retranchait
derrière son journal.
— Ne bouleversons pas l’ordre des choses, avait
conseillé François.
— Tu n’es pas sérieux ! s’était-elle exclamée, horrifiée par l’apathie coloniale de son mari.
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