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ISBN : 2205074849
Éditeur : Dargaud (29/09/2017)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Londres, fin 1943. Les comédiens David Niven et Peter Ustinov – alors militaires – participent à l'opération de diversion Copperhead, destinée à tromper les services du contre-espionnage allemand. Il s'agit, selon une idée de Winston Churchill, de recruter et de former un sosie (Meyrick Edward Clifton James) pour jouer le rôle du maréchal Montgomery – le général des forces alliées, alors surveillé par les nazis – et ainsi induire en erreur l'ennemi quant au lieu rée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Erik35
  24 novembre 2017
KEEP CALM AND CARRY ON *
David Niven et Peter Ustinov... Voilà une tête d'affiche digne des plus grandes comédies britanniques des années 60-70 ! D'ailleurs, c'est sur le tournage du célèbre "Mort sur le Nil" de John Guillermin, d'après l'oeuvre d'Agatha Christie, que les deux compères se retrouvent après bien des années, au cours d'un rapide prologue plantant d'entrée de jeu les relations pleines de tendresse et d'humour décapant qui lient les deux acteurs... Et cela remonte à une mystérieuse "Opération Copperhead", datant des années de guerre, à la fin de l'année 1943 pour être exact...
À cette époque, David Niven avait interrompu une carrière en plein boum pour s'engager dans les commandos afin de soutenir l'effort de guerre de son pays, devenant ainsi le lieutenant-colonel Niven... Quant à Peter Ustinov, de onze années son cadet, il était devenu simple soldat, lui aussi chez les commandos, après un début de carrière théâtrale tant sur les planches qu'à l'écriture très prometteuse. L'un comme l'autre se retrouveront dans les services cinématographique de l'armée, où ils se rencontreront pour vivre cette étonnante, déroutante, fantastique, "so nonsense" aventure militaire de contre-espionnage parfaitement avérée, rocambolesque presque autant qu'oubliée.
Tandis qu'ils tournaient un film de propagande, The Way Ahead, destiné à renforcer le moral des troupes et à faire la promotion de l'armée de terre - moins populaire que la marine chez nos voisins britanniques -, le Colonel Dudley Clarke, chef de la désinformation, un type ayant «une vingtaine d'idées par jour, dont deux bonnes, mais personne ne savait lesquelles» parvint à convaincre rien moins que Winston Churchill à trouver, engager puis former un sosie pour "jouer", en vrai, le rôle du grand et très populaire général anglais Bernard Law Montgomery plus couramment surnommé "Monty" ; de lâcher ce faux Field-Marshall dans la nature, l'envoyer vers l'Afrique du Nord via Gibraltar, où il devra disséminer quelques fausses informations afin de donner le change aux allemands et leur faire croire en la possibilité d'un débarquement dans le sud de la France... Nous ne sommes qu'à sept semaines du véritable débarquement en Normandie !
S'ensuit une aventure extravagante entremêlant amour - David Niven rencontrant une artiste en vue mais à la solde des nazis -, humour - pour l'occasion, Jean Harambat dégomme à tout va et, pour ceux qui auront encore en mémoire la voix et l'humour si cinglant et pince sans rire de Peter Ustinov, il faut bien admettre que les traits d'esprits que le dessinateur-scénariste lui attribuent font mouche à tous coups ! -, patriotisme - bien mesuré - historicité avérée mais très libre d'adaptation ainsi qu'un très bel hommage à ces artistes du cinéma et du théâtre de l'après-guerre (et même un peu avant pour David Niven). On ne pourra s'empêcher de reconnaître aussi, en ce duo aussi improbable que désopilant, un autre témoignage d'estime porté à un grand de la Bande-Dessinée franco-belge, Edgar P. Jacobs, le plus "british" des créateurs belges et son fameux Blake et Mortimer. Inutile de préciser qui de nos deux compères acteurs se retrouve à faire le Capitaine Francis Blake, qui le Professeur Philip Mortimer : leurs physiques, leurs attitudes si antagonistes et suggestifs ne laissent place à aucun doute.
L'histoire dépasse la fiction, affirme-t-on. On peut constater comme l'adage est exact à mieux envisager ce personnage d'autant plus improbable qu'il a réellement existé, répondant au nom de Clifton James, sujet de Sa Gracieuse Majesté originaire de Perth en Australie, et sosie presque parfait de Monty, n'était son terrible penchant pour la bouteille - Monty est strictement abstème -, son rythme de pompier de la cigarette - Monty ne fume rien - et a perdu un majeur dans la précédente guerre mondiale... Pour ne rien gâcher, Jean Harambat le rend terriblement traqueur, particulièrement peu sûr de lui d'une manière plus générale, et assez mauvais acteur pour le reste. La tâche sera donc ardue à nos deux compères pour faire de cet homme-là l'un des généraux en chef les plus brillants de la Seconde Guerre Mondiale, ne serait-ce que pour un tour de piste !
Tenant bien plus de l'exercice de style humoristique que de la bande dessinée historique (même si l'essentiel y est strictement véridique), cette Opération Copperhead atteint assurément les buts que son auteur s'était fixés : faire rire tout en délivrant une petite page d'histoire, embarquer son lecteur dans un récit hommage à deux grands du cinéma, à une époque, une nation qui sut tenir tête à l'horreur (incidemment l'on comprend aussi ce que dut être la vie de ces londoniens constamment sous la menace des bombes) et à quelques uns de ses grands hommes sous le prétexte ténu mais exact et bien ficelé du récit d'espionnage.
L'ensemble est servit par un dessin très dynamique, adaptation moderne d'une ligne claire légèrement anguleuse et relâchée, l'ensemble donnant à contempler une version décomplexée et tendrement goguenarde de l'Histoire. L'ensemble est agrémenté d'extraits des autobiographies de David Niven, de Peter Ustinov et du sosie Clifton James qui viennent rompre, ici et là, le rythme trépident d'une narration pourtant très bien maîtrisée, ce que l'on peut parfois regretter, mais ajoutant toutefois sens et profondeur à l'ensemble. Un album des plus plaisants que les amateurs de cinéma de ces années-là ne pourront qu'apprécier, de même que les férus d'histoire ne se prenant pas trop au sérieux ainsi que, plus généralement, tout lecteur appréciant une bonne tranche de rire ! Idéal pour dérider la dinde à Noël !!!

* «Restez calme et continuez» était une affiche produite par le gouvernement britannique en 1939 au début de la Seconde Guerre mondiale, destinée à relever le moral de l'opinion publique britannique en cas d'invasion. [source : Wikipedia]
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fannyvincent
  24 avril 2018
Un roman graphique évoquant une opération de manipulation montée par les britanniques durant la seconde guerre mondiale, faisant intervenir des vedettes telles David Niven et Peter Ustinov, dans lequel on croise d'autres personnalités majeures de ce conflit comme Churchill ? le pitch semble excellent... et la réussite est incontestable !
Voici un album évoquant avec fantaisie et un humour so british cette page assez méconnue de l'Histoire. Sincèrement, je n'avais jamais entendu parler de cette opération Copperhead, et l'on est parfois un peu dérouté à la lecture, n'arrivant pas à démêler le vrai du faux, la réalité de la fiction. Mais tout semble pourtant authentique !
Le récit de cette tentative de mystification des allemands autour de la personne de Montgomery est original et enlevé. L'ambiance générale, délicieusement rétro, est formidable, en dépit du contexte tragique. La couverture, telle l'affiche d'un vieux film, est splendide. Il y a de l'aventure, de l'espionnage, de l'amour. C'est assez jubilatoire. Un vrai régal !
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Lagagne
  25 mai 2019
J'ai eu un peu de mal à m'accrocher à cette histoire au départ. Mais une fois entrée correctement dedans, j'ai trouvé cela vraiment intéressant de découvrir cet épisode de la seconde guerre mondiale.
Mêler des extraits de textes écrits par les acteurs réels historiques est pertinent et s'intègre parfaitement au scénario. J'ai dû m'habituer aux traits anguleux au début, mais finalement je m'y suis faite et cela sert plutôt bien cette histoire de faux-semblant.
Contente d'en savoir un peu plus sur un passage de notre histoire, même si ce n'est pas le plus marquant.
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MonsieurHyacinthe
  27 juillet 2018
Le moins que l'on puisse dire, au vu des citations nombreuses et cocasses, c'est que l'affaire est fichtrement bien écrite ! Voici un auteur auquel j'ai envie de me frotter davantage, en tout bien tout honneur. Jean Harambat s'amuse et nous entraîne avec lui sans peiner. Quel sens du mot, du recul et de l'humour anglais ! Cet angle d'attaque permet une variété irrésistible dans l'humour. J'en raffole. Les dialogues sont d'une belle vivacité et d'un esprit fol. Presque trop. On se sent sans répartie à côté de cette clique. On ne perçoit jamais de redite, de facilités, de recette resservie. En revanche, une telle redondance dans l'effet qui claque, la phrase qui fait mouche, est remarquable, et relance - si besoin est - la lecture toutes les deux pages. le personnage de Peter Ustinov est particulièrement gratifié de bons mots et pensées fertiles, c'est un régal de le retrouver tout au long des 170 pages. Je découvre ici Jean Harambat, et j'en redemande déjà.
Côté dessin, le monsieur a sa patte. Ce n'est pas ce vers quoi je me serais penché initialement, mais j'ai vite été conquis. Les lieux sont bien identifiables, on croit au monde décrit, on s'en imprègne facilement, on s'y veut, on s'y croît. le trait sert l'histoire, et même si, certes, cela manque de mouvement dans les gestuelles, cela ne dessert jamais l'action. Par quel tour de passe-passe, je n'ai pas encore trouvé la clef, mais j'ai eu le sentiment de me trouver face à un dessin figé qui bouge fort bien.
Quant au scénario, entre fiction et réalité, documentaire romancé, un parfait dosage qui permet de vivifier l'histoire tout en apprenant. Un sacré bouquin qui va même plus loin que la BD en se faisant passeur d'art, riche de citations et références culturelles (poésie, littérature, cinéma), qui nous laisse tout loisir pour se pencher sur d'autres oeuvres et artistes, autant pour se documenter que se divertir. A titre d'exemple, je n'avais jamais eu vent de Cummings pour ma part, je compte bien me pencher sur ce poète anarchiste dès demain, autour de "Tulipes et cheminées" cité si souvent dans ces pages.
Bref. Je recommande chaudement l'Opération Copperhead !
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beklf
  20 février 2019
La BD précédente de Jean Harambat intitulée "Ulysse, les chants du retour" m'avait tellement plu que je me suis lancé plein de confiance dans la lecture de celle-ci. L'histoire de cette opération Copperhead, avec David Niven comme "chef d'opération", a tout pour séduire. On perçoit très bien tout le travail de Jean Harambat à la fois au niveau documentaire pour être au près des faits, mais aussi sur le personnage de Niven et les autres protagonistes pour réussir à restituer les caractères et l'ambiance de l'époque. le ton est humoristique à la la limite du non-sens britannique parfois, donnant une impression d'histoire pas sérieuse et de scénario de film. Et pourtant tout est vrai (ou presque). le dessin sert bien l'ambiance et colle au côté "british" (mention spéciale pour le Churchill roublard). Malgré tout cela, j'ai eu du mal à accrocher, la faute à une histoire manquant un peu de rythme à mon goût et au dessin qui, malgré ses qualités, m'a paru trop rigide. Charmant mais pas inoubliable.
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critiques presse (7)
Bedeo   05 janvier 2018
Opération Copperhead est assurément l’une des grandes bandes dessinées de 2017.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Culturebox   14 décembre 2017
Construite à partir de faits réels, cette histoire est un pur bonheur de rebondissements et de drôlerie qui évoque les films de Lubitsch.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   06 novembre 2017
Avec un beau sens du rythme et du comique, Jean Harambat met en cases et en traits une incroyable manœuvre de diversion montée par David Niven et Peter Ustinov pendant la Seconde Guerre mondiale.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BoDoi   03 novembre 2017
Pas vraiment un récit d’espionnage mais plutôt une pièce de théâtre mâtinée d’humour british, Opération Copperhead intéresse finalement moins par son histoire (un acteur de seconde zone va-t-il être capable de jouer le rôle de sa vie?) que par l’exercice de style réussi.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario   26 octobre 2017
Une histoire incroyable basée sur des faits réels reconstituée par un Jean Harambat en très grande forme. On s’instruit et on se divertit, que demander de plus !
Lire la critique sur le site : Sceneario
BDZoom   10 octobre 2017
Réalité ou fiction ? Certainement un peu des deux mon général, ce qui donne une comédie enjouée, à l’humour somme toute très british !
Lire la critique sur le site : BDZoom
LeMonde   11 août 2017
Opération Copperhead relate la mise en œuvre du subterfuge imaginé par l’Intelligence Service en s’appuyant sur des dialogues pince-sans-rire et un traitement graphique rappelant Blake & Mortimer.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   24 novembre 2017
Technicienne - Madame Bette Davis exige qu'on licencie ses maquilleurs.
D. Niven - Ah ?
P. Ustinov - Envoyons-lui plutôt des décorateurs !
Tous - Ha! Ha!
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Erik35Erik35   24 novembre 2017
Ustinov - Je ne crois pas être un soldat très sérieux, mais j'ai beaucoup de compassion pour ceux qui le sont...

Niven - Il parait que vous aviez demandé à servir dans les tanks...

U - Je voulais partir à la guerre assis !

N - HA HA !
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   29 septembre 2017
- Le kaki vous embarrasse, n'est-ce pas ?
- J'aime l'armée, Sir, sauf dans les domaines suivants : la discipline, l'uniforme, la hiérarchie... et la violence n'est pas mon fort, Lieutenant-Colonel !
- Votre largeur d'esprit frise le mauvais esprit, camarade... (p. 20)
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   29 septembre 2017
- Ce que j'aime pas chez vous les Anglais, c'est que vous parlez comme des tantes !
- Ce que je n'aime pas chez vous les Américains, c'est ce que vous avez fait de la langue anglaise ! (p. 69)
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fannyvincentfannyvincent   21 avril 2018
Ah ah ! Le plus grand bonheur que puisse éprouver un acteur consiste à mater un public hostile !
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Videos de Jean Harambat (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Harambat
Troisième journée de Festival à Angoulême avec deux rencontres jeunesse : Achdé pour Lucky Luke et Mayana Itoïz pour le Loup en slip, deux expositions au Musée de la Bande Dessinée : Jean Harambat (Prix René Goscinny 2017), Futuropolis (avec Florence Cestac)... et lors de la remise de prix, la standing ovation pour Pierre Christin, prix René Goscinny 2018.
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