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EAN : 9782709636681
500 pages
J.-C. Lattès (30/05/2012)
3.69/5   183 notes
Résumé :
Henry Skrimshander est une véritable star du baseball : dans l’équipe du Westish College, petite université du Wisconsin, il conclut tous ses matches par un sans-faute. Jusqu’au jour où il rate un lancer facile. Son destin, ainsi que la vie de quatre personnes, prennent alors un tournant décisif.
Déstabilisé, Henry remet en cause la brillante carrière à laquelle il est promis. Guert Affenlight, le président de l’université, tombe contre toute attente éperdum... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
3,69

sur 183 notes
C'est lors d'un match de la ligue amateur, au fin fond du Dakota du Sud, que Mike Schwartz, capitaine de l'équipe de base-ball de Westish, repère un gringalet qui manie la batte comme personne. Il sait immédiatement qu'il est en présence d'un joueur d'exception, un ''arrêt-court'' capable peut-être de sauver son équipe du désastre. C'est ainsi qu'Henry Skrimshander intègre Westish, une université modeste mais chic du Wisconsin et devient, à force d'entraînements intensifs sous la poigne de fer de Schwartzy, la star de l'équipe, le joueur invaincu au lancer, le seul susceptible de battre le record de matchs sans fautes du grand Aparicio Rodriguez, celui-là même qui a écrit ''L'art du jeu'', son livre de chevet. Remobilisés autour de leur champion, les joueurs de Westish se sentent pousser des ailes jusqu'au jour où Skrim rate un lancer...Sa balle dévie et vient percuter frontalement Owen Dunne, son compagnon de chambre. Et c'est le début pour tous d'une remise en question. Skrim perd confiance, Owen est hospitalisé. Guert Affenlight, le très respecté président de l'université, reste au chevet d'un Owen blessé mais toujours aussi attirant, se mettant même en retard pour accueillir sa fille Pella qui rentre au bercail après une escapade de quatre années avec un architecte plus âgé qu'elle. Owen se rétablit, Guert s'attache, Pella se cherche, Schwarty cache ses failles et Henry tombe au fond du trou de la dépression, des doutes, de la peur. Et pendant ce temps-là, le base-ball continue à cristalliser les projets, les rêves, les souffrances, les ambitions, la gloire et la défaite...

Un vrai, bon, grand, roman américain comme on les aime ! Dans la veine de John Irving mais avec sa personnalité propre. Un roman de campus où l'on suit une petite communauté réunie autour d'un sport, le base-ball, symbole de l'Amérique par excellence. Et si ce sport reste hermétique avec ses règles compliquées, il fait vibrer les foules de l'autre côté de l'Atlantique. Grâce à Chad Harbach, on ne comprendra pas mieux ce qu'est un home run, une balle roulante ou filante, un point concédé et autres subtilités, mais on pourra saisir les enjeux d'une équipe qui se soude autour d'un joueur, les espoirs que porte le leader, pour lui-même, pour l'équipe et pour l'université. La course vers la gloire, la ligue nationale, les gros contrats et les gros chèques qui vont avec est semée d'embûches. Harbach nous plonge au coeur des faiblesses humaines cachées derrière les muscles des athlètes. de la peur de gagner, la perte de confiance à l'impossibilité de jouer, des blessures physiques aux médicaments qui masquent les défaillances, le base-ball est un sport exigeant qui malmène ses joueurs. Mais au-delà du sport, c'est tout simplement la vie que décrit Harbach, l'amitié, la gratitude, mais aussi la fidélité et la trahison, la soif de réussir, l'ambition, et le naufrage si l'on défaille. Autour de Schwartz et Skrim, le meneur et son poulain, gravitent le charismatique Owen, ''homosexuel et mulâtre'', Pella qui essaie de trouver sa voie, loin d'un mari qui l'étouffait, près d'un père qui cherche désespérément à recréer un lien, tout en se rapprochant d'Owen, après une longue vie d'hétérosexuel séduisant et collectionneur de conquêtes féminines. Guert découvre l'amour dans les bras d'un étudiant, de quoi cogiter, de quoi commettre des erreurs...
Un roman dans lequel on se plonge dès les premières pages. On vit avec ces personnages chahutés par le sort, on rit, on pleure avec eux, on frémit au bord du terrain de base-ball, bref, on devient un étudiant de l'université de Westish, Wisconsin, Etats-Unis. Un régal !
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Un naufrage…
Parler de subtilité à propos du livre m'évoque celle d'un paquebot de la compagnie Costa.
L'île du Giglio reste à aborder, on y produit un excellent vin blanc, peut-être une langouste…

Je n'ai vraiment pas envie, quoi.

John Irving ? Ne nous fâchons pas, s'il te plait. le marronnier des comparaisons stupides a enseveli la presse et les quatrièmes de couverture depuis de nombreux automnes maintenant; de ses bogues ne ressortent que de rares fragments de sincérité non-tarifée.
Il n'y a aucune magie ni surprise dans ce long feuilleton télévisé.

On s'ennuie…. qu'on en ait ou pas quelque chose à faire du baseball, du sport en général.
Idéal pour la pratique sportive de la lecture en diagonal. Progrès visible dès la page 200.

Partez plutôt, à pied ou en transport, autre part.

Léger ? J'essaye de l'être, tant ce qu'il sous-entend « moralement » m'appuie sur les épaules, m'éloigne de mes semblables. Une déprime toute relativiste.

Et je repars avec un marron dans la gueule quand j'ose la comparaison des extrêmes avec « L'infinie comédie » de DFW, bien que le tennis me soit presqu'autant étranger.

Il a peut-être mis 10 ans car il ne savait pas bien quoi faire de ses caractères… l'attachement peut-être…

Ça y est, je transpire.
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John Irving ! Sors de ce corps !!

Oui, il y a du John Irving dans Ie premier roman de Chad Harbach, qui se déroule sur un modeste campus américain et fonde son intrique sur le sport universitaire. Ici le base-ball remplace la lutte, mais peu importe, car le sport, quel qu'il soit, sert de révélateur à la nature humaine.

Peu importe, aussi, de connaître les règles du base-ball pour ressentir la tension des matchs et se laisser captiver par le destin des personnages. Savoir qu'il faut être adroit avec une balle, une batte et un gant, et qu'il faut courir de temps en temps, m'a amplement suffi. Bref, ça valait le coup de faire confiance à la chronique d'Olivia de Lamberterie et au prix des lecteurs 2013 du Livre de Poche.

"L'Art du jeu" est le titre d'un ouvrage du joueur Aparicio Rodriguez sur le base-ball. C'est aussi la bible du jeune Henry Skrimshander, lanceur prodige repéré par Mike Schwartz, le capitaine de l'équipe de Westish College, dans le Wisconsin. Sous la houlette de Mike, Henry va réussir à entrer à Westish et à devenir une célébrité du base-ball, courtisée par les meilleurs clubs professionnels, avant qu'un mauvais lancer ne vienne enrayer la machine...

D'ailleurs, autour d'Henry, chacun se remet en question. Mike s'angoisse sur son avenir professionnel. Guert Affenlight, le président de l'université, est en pleine confusion des sentiments. de même que sa fille Pella, qui vient de quitter brusquement son mari pour rejoindre le toit paternel.
De tous les habitants du campus, c'est le brillant Owen Dunne, le « compagnon de chambre mulâtre et homo » d'Henry, qui est le plus épanoui. Tout simplement parce qu'il assume sa différence, la voyant comme une chance et non comme un obstacle. Or c'est aussi lui qui catalyse, sans le vouloir, les joies et les déboires de tout ce petit monde qui ne cherche finalement qu'une chose : trouver sa vraie place dans l'existence et lui donner du sens.

La métaphore sportive et le microcosme du campus fournissent ainsi à Chad Harbach un formidable terrain d'expérience pour étudier les aspirations et les sentiments de ses semblables. La narration est vivante, souvent drôle, et graveleuse quand il faut, comme dans un bon Irving. Et à part le personnage de Pella qui m'a agacée avec ses caprices de petite fille (oui, j'ai trouvé Pella tarte...), l'ensemble se laisse lire très agréablement et contient plus de profondeur qu'il n'y paraît.
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Quand Henry Skrimshander, jeune lycéen aux talents prometteurs pour le base-ball croise la route de Mike Swartz, étudiant au Westish College dans le Wisconsin, il est loin d'imaginer les années qu'il s'apprête à vivre. Résolu à rejoindre son père à l'usine faute de mieux, Mike lui ouvre une autre voie, celle du base-ball et d'une certaine forme de liberté. Sur ce campus américain, Mike, personnage ambivalent, joue les mentors et prend sous son aile le jeune homme. Henry découvre la vie universitaire et se nourrit de ses rencontres. Son colocataire, Owen Dunne, joueur de base-ball comme lui et intello extraverti lui servira de modèle. La ravissante Pella, la fille du directeur, en pleine crise existentielle de retour chez son père ainsi que Guert Affenlight, le directeur lui-même, charismatique sexagénaire dans l'impasse, lui ouvriront d'autres portes. Comme cinq personnages en quête d'eux-mêmes, ils partagent leurs doutes et leurs désirs au fil des ans .

Pas la peine de s'y connaître en baseball pour apprécier ce roman de facture très classique au premier abord mais dont on succombe vite au charme ! Chad Harbach sait raconter une histoire passionnante, croquer des personnages complexes et attachants, ménager son suspense et créer des situations inédites. On se surprend à encourager l'équipe de base-ball tout en lisant et à avoir envie de secouer ou d'épauler les personnages dans leurs moments de doute. Tour à tour, attendrissant, grave et cocasse, L'art du jeu est un roman d'apprentissage bien rythmé et très agréable à lire.
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Encore un nouvel auteur américain à découvrir.
Personnellement, je n'y connaissais rien au base-ball et je dois bien avouer qu'après lecture, je ne comprends franchement pas plus les règles ! Malgré cette lacune, j'ai été tout bonnement passionnée par la tension ressentie pendant les matchs.
C'est par l'intermédiaire de ce sport omniprésent que l'on suit la destinée des 5 personnages principaux (dont un beau portrait de femme).
Mike, génie du gant, voit se dessiner un avenir doré jusqu'au jour où il blesse son meilleur ami... comment alors gérer la pression et retrouver cette sérénité qui faisait que l'on se sentait infaillible quand on prend brutalement conscience que l'on ne l'est pas...
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critiques presse (6)
Lexpress
05 juillet 2013
Sorte de parabole où l'on comprend que le base-ball, en Amérique, n'est pas un sport comme un autre. Mais une véritable religion, une épreuve quasi existentielle où il ne suffit pas d'avoir des muscles d'acier pour triompher...
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos
20 juillet 2012
L'auteur nous sert un livre vibrant, subtil, prenant, qui file à la vitesse d'une balle lancée par l'un des « Harponneurs » de Westish, l'équipe d'une petite université (imaginaire) posée dans le Wisconsin au bord du lac Michigan et sur laquelle plane l'ombre d'Herman Melville.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation
02 juillet 2012
Pas besoin de jouer de la batte ou même de comprendre les règles subtiles d’un sport immensément cérébral - contrairement à ce que l’amateur non avisé pourrait penser - pour se plonger à corps perdu dans l’Art du jeu.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama
27 juin 2012
Trépidant, survolté, ce premier roman tremble pourtant en sourdine. Plus que ses effets de manche, c'est sa fragilité cachée qui en fait le prix.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint
15 juin 2012
L'art du jeu est une fiction nostalgique ancrée dans la tradition américaine, un beau roman métaphorique qui démontre que le sport comme la littérature ont toujours le pouvoir de "révéler quelque chose d'authentique et d'essentiel sur la condition humaine".
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress
01 juin 2012
Cet Art du jeu reste un bon roman, une parabole où le base-ball sert de métaphore à notre condition.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
— Va comprendre, Skrim. (Schwartz secoua sa grosse tête de dépit.) Être un homme, avant, c'était simple. Maintenant, on doit tous ressembler au capitaine Abercrombie. Des abdos plaquettes de chocolat, et trois pour cent de graisse corporelle. Quelle misère ! Moi, je suis de la vieille école. (Il tapota son ventre massif.) L'époque où avoir un dos poilu, ça signifiait quelque chose.
— Être tout seul ? railla Starblind.
— La chaleur. La survie. Un atout dans l'évolution. À l'époque, la femme et les enfants de l'homme pouvaient se réfugier dans ses poils pour passer l'hiver. Les nymphes en faisaient des tresses et chantaient leur magnificence. La colère divine se déchainait contre les tribus imberbes. Mais tout ça, on l'a oublié.
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C'était là, aux yeux de Schwartz, le paradoxe inhérent au baseball, au football ou à tout autre sport. On aimait ça parce qu'on le considérait comme un art, une activité futile en apparence, pratiquée par des gens ayant des aptitudes spéciales, qui, mine de rien, en évitant soigneusement de disserter sur la profondeur de l'être, parvenait néanmoins à révéler quelque chose d'authentique et d'essentiel sur la condition humaine. Être humain, fondamentalement, c'était être en vie, avoir accès à la beauté, être parfois capable de la créer, mais devoir un jour mourir et en être terrifié.
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Pourquoi fallait-il que la jeunesse soit ainsi vénérée ? Et le vieux, toujours, celui en demande ? Depuis l'adolescence, Pella avait dû trop souvent endosser ce rôle de jeune personne, celle à qui on s'attache, celle qu'on chérit. C'était là toute la bêtise de l'espérance humaine, à vouloir aimer ce qui est en devenir. C'était vraiment absurde. Que s'imaginaient les aînés ? Que croyaient-ils que les jeunes pousses allaient produire, sinon des vieux, eux aussi ? C'était une loi universelle, mais les vieux espéraient encore.
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Les vestiaires se trouvaient toujours au sous-sol, comme des bunkers ou des abris antiatomiques. C'était là une nécessité moins structurelle que symbolique. Les vestiaires nous protégeaient quand on était le plus vulnérable : juste avant le match et juste après (et pour le football, à la mi-temps). Avant d'aller sur le terrain, on enlevait son uniforme civil pour enfiler celui avec lequel on allait affronter l'adversaire. Et pendant la métamorphose, on était entièrement nu. À la fin de la joute, on ne pouvait emporter les émotions de la partie à l'extérieur — c'était direction l'asile sinon ! —, alors, on allait sous terre les expulser. On pouvait crier, casser des choses, cogner son casier de joie ou de colère, prendre son coéquipier dans ses bras, ou lui hurler dessus, ou lui envoyer son poing dans la figure au besoin. Quoi qu'il se passe, le vestiaire était un sanctuaire.
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Après chaque balle relancée, il reprenait sa posture fébrile, mains ouvertes, le bout de ses doigts gantés effleurant la terre brûlée. Tantôt il cueillait de sa main nue une roulante trop molle et la lançait à la première base dans le même élan, tantôt il bondissait pour arrêter une flèche avec son gant. La sueur ruisselait sur ses joues tandis qu'il fendait l'air lourd et moite. Même à pleine vitesse, son visage restait impassible, un masque de marbre, comme celui d'un pianiste virtuose accomplissant des gammes. Il ne devait pas peser plus de soixante kilos. Quelles étaient les pensées de ce gosse — si tant est qu'il en eût — derrière ce visage de cire sans expression ? Schwartz se souvint d'une citation du professeur Eglantine, en classe poésie : « Là où il n'y a rien, il y a Dieu. »
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Videos de Chad Harbach (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chad Harbach
Qui succèdera à Hernán Díaz pour Au loin (Delcourt, 2018), Virginia Reeves pour Un travail comme un autre (Stock, 2016), Nickolas Butler pour Retour à Little Wing (Autrement, 2014) et Chad Harbach pour L'Art du jeu (JC Lattès, 2012) ?
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