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ISBN : 2264059567
Éditeur : 10-18 (04/04/2013)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 122 notes)
Résumé :
Aussi hallucinant que glaçant, le témoignage unique d'un homme né il y a 30 ans dans l'horreur d'un camp de travail nord-coréen, et qui, au prix d'un courage et d'un instinct de survie inouïs, parviendra à s'enfuir.
La première fois qu'il a vu Shin, Blaine Harden a été frappé par son regard hanté, fuyant, et par son corps couvert de cicatrices. Et Shin a raconté son histoire.
Celle d'une union arrangée entre deux détenus ; un petit garço... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  21 mai 2015
Il faut bien avouer que les livres concernant la Corée du Nord ne sont pas légion (et pour cause...). On sait très bien qu'il est difficile d'avoir quelque chose de fiable puisque rien ou presque ne filtre de ce pays fermé. Aussi, lorsque j'ai pris connaissance de ce livre, je me suis dit que cela serait une bonne façon, toute proportion gardée, de savoir un peu ce qu'il se passe dans ces goulags. Si je mets quand même un bémol, c'est parce qu'un témoignage n'est pas non plus une preuve absolue, quelque chose de fiable à 100%, soit parce que la mémoire peut faire défaut, soit parce que la personne peut mentir délibérément. On en a déjà eu l'expérience. Quoi qu'il en soit, cela permet quand même d'apprendre des choses.
Le journaliste Blaine Harden a été touché par l'histoire de Shin Dong-hyuk, rescapé du camp 14... ou 18 (on y reviendra). Shin est un enfant né à l'intérieur du camp. Il explique que certains prisonniers reçoivent comme récompense le fait de pouvoir se mettre en couple et avoir des relations pendant cinq jours consécutifs après le "mariage". Ils peuvent se voir, par la suite, de temps en temps. Sans le précieux sésame, toute relation est interdite. Inutile de préciser qu'il n'y a pas d'amour dans ces couples factices, arrangés comme il convient par les gardiens. Les enfants nés de ces couples sont considérés comme impurs et traités comme tels. Shin a donc vécu en considérant ses parents comme des étrangers, des parias qui lui volaient sa nourriture. Ceci peut nous choquer mais il ne faut pas perdre de vue que les sentiments n'ont pas leur place. Les prisonniers sont conditionnés. Leur esprit est martelé par des messages de propagande et par l'encouragement à la délation. Aussi, Shin n'hésitera pas une seule seconde à dénoncer le projet de fuite de sa génitrice et de son frère. Cela lui vaudra de multiples tortures, tant physiques que psychologiques, et engendrera la mort - punition suprême - des deux "rebelles". Pour autant, le remords ne s'insère pas chez Shin qui, d'ailleurs, ne comprend pas vraiment ce qu'il lui arrive puisqu'il n'a fait que suivre "les règles". Effrayant, n'est-ce pas ? Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres...
Je le disais au début, un témoignage reste un témoignage, avec ses qualités et ses défauts. Et celui-ci a déjà montré ses limites. En effet, des polémiques ont eu lieu car il s'avère que certaines choses sont inexactes selon l'aveu récent du rescapé lui-même. Les dates, les lieux ne sont pas forcément réels. Ainsi, Shin n'aurait pas vécu dans le camp 14 (il y serait né cependant), réputé pour être le pire, mais dans le 18, aux conditions un peu moins difficiles. Il n'aurait pas vécu dans un dortoir de garçons mais avec son père. Il n'aurait pas été torturé à 13 ans mais à 20... Pour autant, cela change-t-il vraiment quelque chose ? Certes, on pourra alors se demander si toute l'histoire racontée n'est pas sortie de l'imagination de l'auteur mais il y a quand même des choses qui ne trompent pas : les médecins ont déclaré que toutes les cicatrices, blessures et traumatismes sur son corps étaient bien dus aux tortures subies. de plus, la Corée du Nord a confirmé la mort de la mère et du frère (mais pour assassinat et non pour projet de fuite... Qui croire ?) Les spécialistes disent que lorsqu'on a vécu de telles horreurs, la mémoire est morcelée. Shin, lui, dit avoir menti pour ne pas avoir à revivre ces moments douloureux mais aussi par honte. Cependant, l'on sait que la Corée du Nord a tenté de le faire taire. Il serait donc fort possible qu'il soit revenu sur ses aveux sous la pression. Au final, s'il est bien libre physiquement, on peut noter qu'il est toujours tiraillé psychologiquement.
Quoi qu'il en soit, ce livre reste intéressant pour se faire une petite idée de ce qu'il se passe au-delà de ces murs.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Nastie92
  21 février 2013
Que la Corée du Nord soit sous un régime de dictature et l'un des pays les plus fermés au monde, nous le savons tous plus ou moins.
Mais la lecture de ce livre est édifiante, et ce qu'on y apprend dépasse l'entendement.
Blaine Harden nous livre l'histoire de Shin, rescapé miraculeux d'un camp. Ce témoignage a d'autant plus de force que tout y est vrai : des spécialistes de la Corée du Nord, d'anciens gardes de camps, d'anciens prisonniers ont authentifié tout ce qui est écrit.
Le récit de la « vie » dans le camp me hante encore : la barbarie la plus complète et la déshumanisation la plus totale fondent le quotidien.
Shin, né dans le camp, n'a rien connu d'autre, ne sait pas, n'imagine même pas qu'un autre monde, qu'une autre vie puissent exister.
Ce qui explique ses difficultés à s'adapter à sa nouvelle vie d'homme libre. Shin ne connaît pas l'amour, l'empathie, la confiance : pour survivre dans le camp, il fallait ne penser qu'à soi, n'éprouver aucun sentiment, dénoncer ses codétenus et se méfier de tout et de tous. Comment retrouver une psychologie « normale » après plus de vingt ans d'un tel conditionnement ?
Et là, j'ai trouvé que la dernière partie du livre (l'arrivée puis la vie de Shin aux États-Unis), bien que dépourvue de toutes les horreurs de la première était presque plus dure : on peut penser que Shin ne se remettra jamais de ce qu'il a subi, et qu'il ne pourra jamais avoir une vraie vie d'homme libre.
Pire : sera-t-il un jour véritablement un Homme ?
Tout le long du livre l'auteur étaye le récit d'explications et la lecture est passionnante, bien que difficile, voire insupportable par moments.
Une lecture indispensable pour prendre conscience de ce qui se passe, de nos jours encore, en Corée du Nord.
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Ayano
  30 juin 2013
C'est avec une cause qui me tient très à coeur que je vous présente ce livre aujourd'hui. Ayant toujours été très préoccupée par la lutte des droits de l'homme dans le monde c'est avec de la peur, du dégoût mais aussi une certaine admiration que j'ai lu, et ce de manière très attentive, ce témoignage des plus rares.
Il faut savoir que peu de gens à ce jour connaissent l'état dans lequel se trouve actuellement, et ce depuis des décennies, la Corée du Nord. Il est vrai que la fermeture du pays face au monde limite énormément les informations que nous pouvons recueillir, cependant nous avons plusieurs témoignages de nord-coréens qui se sont enfuient de leur pays mais rares sont les témoignages de rescapés de camps. Nous ne possédons aucunes images, hormis les apparitions officielles de Kim Jong Eun, et précédemment Kim Jong Il, pourtant qu'en est-il des camps de travail, de la famille, du cannibalisme, de la corruption ... dont nous connaissons leur existence ?!
Le livre se compose de 3 parties. Dans la première Shin, par le biais du journaliste Blaine Harden, nous raconte les conditions de vie dans le camp 14, un camp qui y enferme les prisonniers politique et qui est connu pour être le plus dur du pays. Forcé de chercher dans les excréments des grains de maïs pour se nourrir, de manger des rats (et encore, manger un rat est considéré comme étant un luxe dans le camp), de porter des uniformes changés que tous les 6 mois, de dormir à même le sol, de ne pouvoir se laver (certains profitaient d'être en atelier à l'extérieur près du Taedong (fleuve) pour le faire)...On nous raconte la violence des gardes « le plus souvent, pourtant, selon An, les détenus sont frappés, parfois à mort, simplement parce que les gardes s'ennuient, ou qu'ils sont de mauvaise humeur. » (p 63), des punitions infligées aux prisonniers, de la torture qu'ils leurs font subir lors d'interrogatoire. Là-bas la confiance entre prisonniers n'existe pas, on s'observe, on rapporte les actions de chacun, on vole. A vrai dire les gardes aussi sont sommés par leurs supérieurs, on leurs ordonne « de ne jamais sourire et de considérer les détenus comme des chiens et des porcs. » (p62) et même si on maudit les gardes et les enseignants on se dit qu'eux aussi sont des victimes du régime de Kim Il Sung, chacun essaie de survivre à sa manière, en mangeant des rats en tant que prisonniers, en tuant les fugitifs en tant que gardes. Qui est bon, qui est mauvais, on ne sait plus trop mais ça reste avec un profond dégoût que l'on continu de lire toute l'atrocité qui pourri le pays.
La 2ème partie commence avec l'élaboration de la fuite car si Shin, étant né dans le camp, n'avait jusqu'ici jamais rêvé de découvrir l'extérieur, il commence lorsqu'un prisonnier dénommé Park est placé sous ses ordres. Park a l'air d'être un homme haut placé, il connaît la vie à l'extérieur, il sait qui sont Kim Il Sung et Kim Jong Il, ce qu'est un téléphone, ce qu'est une télévision, il connaît la géographie du monde mais il connaît surtout la bonne nourriture dont Shin ne cesse de vouloir goûter. Celui-ci le dit d'ailleurs très bien dans ses multiples interviews, s'il s'est enfuit c'était uniquement pour la nourriture. On suit alors sa fuite jusqu'en Chine et sans le vouloir particulièrement, on pleure. On reste ébahis devant toute la force de Shin car il n'y a pas autant d'hommes possédant une énergie de vivre aussi profonde que la sienne.
La 3ème partie quant à elle raconte sa prise en charge en Corée du Sud, le système utilisé pour aider les transfuges à s'adapter à une vie qui leur est inconnu, aux interviews que Shin commence à donner, à sa vie entre la Corée du Sud et les États-Unis mais surtout son envie de devenir militant des droits de l'Homme et de se battre pour aider son pays et les millions de personnes qui y sont enfermées, violentées et lessivées par un régime totalitaire.
On ne peut qu'être admiratif du parcours de Shin, on a le coeur serré du début jusqu'à la fin du livre. On voit toute la difficulté de réadaptation, certains et beaucoup même ne s'habitueront jamais à leur liberté, car comment être libre après avoir vécu une vie préfabriquée où l'on travaille dur du soir au matin pour laver les erreurs de sa famille ? On se demande si un jour il comprendra pleinement ce que signifie "amour" ; "bonheur" ; "empathie", s'il arrivera à vivre une vie normale, du moins une vie qui se rapproche le plus possible de la vie telle que nous la connaissons nous, citoyens d'une démocratie. Ce livre fut un réel déclic pour moi, un déclic si fort que j'envisage sincèrement moi aussi de participer à la lutte pour les droits de l'Homme. Comme je l'ai dis au début, jusqu'ici je m'y intéressais de près mais en lisant ce livre je me suis vraiment rendu compte que je me contentais de vivre ma vie sans m'investir nulle part et je me dis que si j'ai lus ce livre ce n'est pas pour l'oublier après, ce n'est pas juste pour me dire qu'en effet les droits de l'Homme sont loin de s'appliquer partout. Si Shin a accepté de témoigner, s'il a accepté que ce livre soit publié c'est pour en plus de s'aider lui, mobiliser le monde, face aux droits de l'Homme en Corée du Nord comme partout ailleurs. Quelque part j'aimerais sincèrement le remercier, de m'avoir donné, à moi et sûrement à d'autres, l'envie de me battre pour quelque chose.
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zorazur
  28 avril 2012
Ce témoignage hallucinant nous mène aux confins d'une entreprise de déhumanisation.
Shin est né dans le camp 14. Un camp pour prisonniers politiques auquel ses parents ont été condamnés pour expier les mauvaises intentions de leurs proches.
Autorisés à se marier dans le camp, c'est-à-dire à passer ensemble 5 nuits par an, ils ont réussi à avoir deux fils. Deux esclaves. Dans le contexte du camp 14, être père ou mère n'a pas de signification. Shin ne sait pas ce que veut dire l'amour d'un père ou d'une mère, ce qu'est une famille, ce qu'est l'amour tout court. Il ne peut ressentir d'émotions. Il ne connait ni relation amicale ni relation amoureuse. Au camp 14 on dresse les prisonniers les uns contre les autres, la délation est érigée en mode de survie, la violence et la brutalité sont les seuls rapports humains. Shin ignore la solidarité, la compassion, l'altruisme.
L'hostilité du décor et du climat et la malnutrition aident au maintien de la terreur. Pour ne pas mourir de faim, Shin réussit parfois à attraper un rat qu'il fait cuire - ou pas.
On est en Corée du Nord, début des années 2000.
Shin est né dans le camp. Il ne sait pas ou à peine qu'il existe un monde extérieur. Il sait tout juste lire et compter. La notion même de connaissance, de savoir, lui est étrangère. Il ne soupçonne pas l'existence du moindre des objets qui font notre quotidien. Un oreiller. Un grille-pain. Un manteau. Un autocuiseur. Une carte de crédit. Un téléphone. Un train. Un ordinateur. Une savonnette.
Et le plus hallucinant de tout est que les prisonniers vivent dans l'ignorance de leur propre pays et du culte du Grand Leader.
Un jour, un prisonnier révèle à Shin qu'il existe un monde extérieur, un pays qui s'appelle la Chine, un autre qui s'appelle la Corée du Sud.
En 2005, Shin s'évade. Il a 23 ans et n'a jamais connu que le camp 14. Il ne sait pas où il est, ni dans quelle direction aller. Il n'a jamais vu une carte. Et pourtant il réussit au terme d'un périple incroyable et porté par une chance inouïe, à parvenir en Chine.
Puis toujours avec la même chance incroyable, ce sera la Corée du Sud. Puis les Etats-Unis. Commence une très lente, très progressive, incroyablement difficile, entreprise d'adaptation à notre mode de vie. Celui que nous considérons comme normal, en tous cas plus normal que la vie au camp 14.
Mais comment vivre, après avoir connu le camp 14, après n'avoir jamais rien connu d'autre que le camp ? Comment apprendre à parler, à pleurer ? Et comment Shin peut-il faire partager ce qu'il a vécu, trouver les mots, susciter l'intérêt ?
Shin est le seul prisonnier né dans un camp nord-coréen à avoir réussi une évasion. Alors la dernière question est elle-ci : combien de temps encore ce régime tiendra-t-il ?

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EmyB
  16 juillet 2013
Un récit poignant qui vous glace le sang. Il y-a quelques années, lors de recherches sur les camps d'extermination , je suis tombée par hasard sur l'entretien d'un journaliste qui parlait de l'existence de camps de la mort en Corée du Nord. Jamais auparavant, on m'avait parlé d'un cas pareil. Légende urbaine, fantasmes parce-que ce pays est fermé sur lui-même depuis six décennies? A d'autres:
Ce que j'ai lu dans Rescapé du camp 14 dépasse l'entendement. Je me suis demandée à plusieurs reprises si je ne lisais pas un roman d'horreur même l'imagination à mon sens ne pouvait faire pire.

Les mots sont justes. Ce qui m'a frappé, c'est qu'en Corée du Nord, pour s'en sortir le moins mal possible: la suspicion, la délation sont récompensées. C'est la bonne conduite du père de Shin qui lui a permis de choisir et d'épouser sa mère. Épouse bien-sûr sélectionnée par l'armée. Mêmes les relations sexuelles sont dictés par des droits de visites.
Une société complétement déshumanisée. "Les fils paieront les pêchers de leurs pères." Voilà ce qui explique que Shin n'a jamais rien connu d'autres que l'enfer du camp 14. Il est né là et serait mort là, si son courage, sa chance aussi ne lui avait permis de s'enfuir, après de nombreuses tortures. Il a dénoncé sa mère et son frère qui prévoyait de s'enfuir, torturé dans les geôles d'une prison. La faim qui est présente tous les jours, le sommeil qui n'est jamais récupérateur et surtout la peur. La peur de la dénonciation.
Ce qui m'a touché le plus, c'est qu'en temps qu'occidentale bien née qui peut se permettre de se révolter contre une dictature derrière son écran, elle ne risque rien; je me suis demandée comment pouvait-on dénoncer sa propre mère?

Shin n'a jamais connu l'amour ni même la privation puisque on ne lui a jamais rien donné. Pour lui c'était sa réalité. C'est seulement aujourd'hui en partageant des moments avec ses ami(e)s, qu'il s'intègre à la culture occidentale, qu'il pense comprendre ce que représente une mère. Lorsqu'il a dénoncé sa mère, elle ne représentait rien d'autre qu'un ennemie qui pouvait lui nuire.
A l'heure actuelle, un peuple est massacré, voué à la famine.
Je me répète mais ce récit est bouleversant. Je pense sincèrement qu'il devrait être étudier et porter à connaissance du plus grand nombre. La Corée du Nord est un état de non droit.
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critiques presse (3)
NonFiction   28 novembre 2012
Tout le récit de Shin Dong-hyuk est instructif car il dépeint l'économie en voie de sous-développement rapide autant que les pratiques du Bowibu.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress   16 mai 2012
A l'histoire inouïe de Shin, qui se lit comme un roman d'aventure où le rêve se mêlerait au cauchemar, Harden ajoute de nombreuses précisions sur la Corée du Nord et son épouvantable régime.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   26 avril 2012
Ce récit est étayé par des témoignages d'anciens gardes, enrichi d'enquêtes que Blaine Harden, qui a recueilli le témoignage de Shin et écrit le livre, a menées sur la Corée du Nord dont la population ne survit que grâce à l'aide alimentaire des États-Unis et de la Corée du Sud.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   21 mai 2015
Quand la mère de Shin réalise son quota de travail du jour, elle peut rapporter à manger chez elle pour le dîner et pour le lendemain. À quatre heures du matin, elle prépare le petit déjeuner et le déjeuner pour son fils et elle. Les repas sont tous identiques : bouillie de maïs, chou au vinaigre et soupe de chou. Shin devra se contenter de ce même menu presque chaque jour pendant vingt-trois ans, sauf quand on le privera de nourriture pour le punir.
À l'époque où il est trop jeune pour aller à l'école, sa mère le laisse souvent seul à la maison, le matin, et rentre des champs à midi pour déjeuner. Shin, rongé par la faim en permanence, dévore sa portion de la mi-journée dès le départ de sa mère au travail.
Il mange aussi le repas de sa mère.
À son retour, ne trouvant rien pour se nourrir, elle se met en colère au point de frapper son fils à coups de houe, de pelle, de tout ce qui lui tombe sous la main. Il se retrouve le nez en sang et le crâne couvert de bosses. Il arrive que ces corrections soient d'une violence comparable à celles qu'il subira de ses gardes quand il sera plus grand.
Shin continue pourtant à prendre à sa mère autant de nourriture qu'il le peut, aussi souvent qu'il le peut. Il n'a pas conscience qu'elle aura faim s'il mange son repas. Des années plus tard - elle déjà morte et lui vivant aux États-Unis -, il me dira qu'il aimait sa mère, mais il s'agira d'une construction rétrospective, après avoir appris que les enfants civilisés doivent aimer leur mère. À l'époque du camp, dépendant d'elle pour tous ses repas, lui volant de la nourriture, subissant ses coups, il la considère comme une rivale dans sa lutte pour survivre.
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SpilettSpilett   28 octobre 2014
Les dix lois du Camp 14.

1. Ne tentez pas de vous évader.
2. Le rassemblement de plus de deux prisonniers est interdits.
3. Ne volez pas.
4. Il faut obéir inconditionnellement aux gardes.
5.Toute personne qui voit un fugitif ou une personne suspecte doit la dénoncer au plus vite.
6. Les prisonniers doivent se surveiller les uns les autres et dénoncer immédiatement tout comportement suspect.
7.Les prisonniers doivent faire davantage que réaliser le travail qui leur est assigné chaque jour.
8. Hors du lieu de travail, il ne doit pas y avoir d'échanges entre les sexes pour des raisons personnelles.
9. Les prisonniers doivent se repentir sincèrement de leurs erreurs.
10. Les prisonniers qui violent les lois et le règlement du camp seront abattus sur-le-champ.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   04 mars 2017
[...] ils symbolisent les antipodes où se situent les privilèges et les privations en Corée du Nord, une société officiellement sans classes sociales mais où, en fait, le sang et la naissance déterminent tout.
Kim Jong Eun est né prince communiste, élève derrière les murs du palais. Il a fait ses études en Suisse sous un faux nom avant de regagner sa patrie pour suivre les cours d'une université d'élite portant le nom de son grand-père. En 2010, il a été promu général quatre étoiles de l'Armée du peuple nord-coréen, malgré son manque total d'expérience militaire de terrain. pour lui, tout est possible en Corée du Nord. [...]
Shin, né esclave, élevé derrière une clôture, n'a appris à l'école qu'à lire et à compter. Comme son sang est perverti par les crimes présumés des frères de son père, aucune loi ne le protège. Pour lui, rien n'est possible. La carrière que l’État lui a prescrite ne lui propose que des travaux forcés et une mort prématurée, causée par la maladie et la faim chroniques - le tout sans mise en accusation, sans procès, sans appel envisageable, et dans le plus grand secret.
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zorazurzorazur   29 avril 2012
Je ne savais rien de l'empathie ou de la tristesse. On nous formait dès la naissance à ne pas être capables d'éprouver des émotions humaines normales. Maintenant que je suis sorti, j'apprends ce que sont les émotions. J'ai pu pleurer. Je sens que je deviens humain.
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Nastie92Nastie92   13 février 2013
En cours, on n'a pas le droit de poser de questions. Elles mettent les enseignants en colère et déclenchent des bastonnades. Les maîtres parlent, les élèves écoutent. À force d'entendre répéter les mêmes choses, Shin apprend l’alphabet, les bases de la grammaire et la prononciation de mots dont il ne connaît pas la signification. Ses maîtres lui font craindre, à un niveau instinctif, de tenter d'obtenir des informations.
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Rescapé du Camp 14 - la vie dans le Camp 14
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