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ISBN : 2075080585
Éditeur : Gallimard Jeunesse (24/01/2019)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Dans l'Angleterre du XVIIe siècle, l'esprit des morts se réfugie parfois dans le corps des vivants. La jeune Makepeace est envahie par l'un de ces fantômes, et s'aperçoit que la colère qu'il transporte avec lui lui permet d'affronter la famille de son père.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
DreamBookeuse
  07 avril 2019
Makepeace et sa mère vivent dans le village reculé de Poplar en pleine Angleterre du XVIIe siècle. Tous les soirs, les voix reviennent la hanter et elle hurle dans la nuit noire. Lasse de tous ses cris et bien décidée à apprendre à sa fille à se défendre contre ses démons, sa mère l'enferme dans un caveau pour qu'elle « se taille un bâton pointu ». Commence alors pour Makepeace un combat inévitable et effroyable contre toutes les âmes perdues qu'elle croisera sur son chemin. Lorsque sa mère meurt, elle est envoyée vers sa famille paternelle, les Fellmote, une famille dont Margaret a toujours souhaité la tenir éloignée. Parce qu'entre les quatre murs de Grizehayes se cachent des ombres bien plus terribles encore…
Mon avis
La Voix des Ombres est un roman qui prend son temps, un roman lent, comme hanté, qui nous entraîne doucement vers son apothéose et que l'on ne peut s'empêcher de lire, soir après soir, comme si on ouvrait un peu plus la boîte de Pandore, le coeur rivé au destin de Makepeace. On suit avec délice ses aventures dans ce monde au bord du gouffre entre les protestants et les catholiques, le Parlement et le Roi d'Angleterre, Charles Ier, ce tournant que prend la vie de tous les anglais au cours du XVIIe siècle. C'est une période qui est peu décrite en Histoire, encore moins utilisée comme décor dans les romans. Sans nous donner l'impression de dépeindre une fresque historique, Frances Hardinge nous place judicieusement dans un pan historique dont on a finalement peu de connaissances en tant que lecteurs et qui reste donc propice à l'imagination. L'ombre de la guerre s'ajoutent aux ténèbres de Makepeace et forment un ensemble parfaitement coordonné l'une n'évoluant pas sans les autres et vice et versa. Ce parallèle, entre l'Histoire et l'adolescence de notre jeune héroïne est maîtrisé et on a autant plaisir à comprendre ce qui se passe autour d'elle qu'à l'intérieur.
Dans ce monde sur le point de tomber en ruines évolue la jeune Makepeace. Cette héroïne n'est pas sans faille, terriblement indépendante et naïve, solitaire, elle préfère ne pas se mêler aux autres de peur d'être trahie de la pire des manières. D'une certaine façon pourtant, elle reste presque trop « parfaite », avec un caractère tellement humain, bon, avec tout sa candeur malgré les épreuves, qu'elle m'a souvent fait l'effet d'un ange traversant les ténèbres. C'est un personnage très ambivalent, étrange, que j'ai beaucoup aimé suivre. Habitée par des fantômes, certains qu'elle a choisi, d'autres non, elle reste toujours égale à elle-même mais elle évolue aussi, à leur contact, au fil de leurs conversations, s'imprégnant d'eux tout comme eux s'imprègnent d'elle. Arrivée dans un manoir qu'elle connaît à peine, avec une bête furieuse à l'intérieur de la tête qui grogne, gémit et griffe, Makepeace se rend utile par tous les moyens. Jusqu'à ce qu'elle comprenne, qu'elle arrive à deviner entre les lignes ce qui se déroule sous ses yeux. Avec l'aide de James, un demi-frère orgueilleux mais attachant, un peu bête aussi, elle tente par tous les moyens de s'échapper de Grizehayes. Mais la famille Fellmote semble avoir plus d'un tour dans son sac, notamment grâce à la charte qui la relie au Roi et il est bien difficile de leur échapper.
On croise au fil de notre lecture une foule de personnages, des bons, des gentils, des égoïstes, des fous, des opportunistes. On y voit un Ours de cirque, un chien tournebroche, des molosses, une Lady sombre et orageuse, les fantômes d'un autre temps, des âmes perdues, un médecin, des soldats, des espions, une ribambelle de destins qui s'entremêlent à celui de Makepeace et James, dans leur fuite, dans leur vie, dans leur poursuite ou dans leur salut.
Ce roman je l'ai lu de bout en bout. J'ai adoré son personnage, son décor, cette guerre personnelle et historique, les combats qu'elle mène aussi contre le passé, les ancêtres, pour se défaire de ses fantômes. Frances Hardinge traite d'une manière tout à fait originale les questions de fantômes et de possession et arrive à nous emmener dans un monde étrange, sombre et dérangeant sans que cela ne soit jamais trop. Au delà des fantômes, l'autrice traite avec brio le passage de l'enfance à l'âge adulte dans une allégorie glaçante mais aussi pleine de tendresse.
En résumé
La Voix des Ombres est un roman que j'ai adoré. A la fois glaçant et enchanteur, tendre et solitaire, froid et sensible, il nous entraîne avec brio dans le sillage de Makepeace dans une Angleterre ravagée par la guerre. Avec un rythme lent, l'écriture de Frances Hardinge s'insinue en nous et nous hante la rendant à la fois fantôme…et conteuse.
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Aloysius3993
  22 février 2019
Ce roman est un voyage dans les marais humides de l'Angleterre où la brise se confond avec les tribulations des fantômes ! J'ai été transportée par ce roman ! L'action se passe au XVII ème siècle au coeur de la lutte qui oppose catholiques et protestants. Au début le mystère est latent mais le récit nous emmène rapidement dans une intrigue riche, imprégnée d'Histoire et de spectres ! J'ai trouvé vraiment bien travaillé le roman dans le sens où le contexte historique n'est pas uniquement un décor. L'action en dépend même s'il ne prend pas toute la place dans la narration. Ce roman jeunesse aborde des thèmes propres à l'époque comme celui des sorcières et sorciers, la place de la science … et toutes les croyances qui les entourent. Un roman fantastique certes, mais qui a un goût de naturel, sans excès ou fioritures.
Je finirai par une citation d'un spectre du roman sur sa condition de fantôme qui m'a beaucoup plu car ayant trait au monde des livres : « C'est un coup pour ma vanité, d'envisager ainsi que je ne sois qu'un amas de pensées, de sentiments et de souvenirs, auquel l'esprit d'un autre a insufflé la vie. Mais après tout, il en est de même pour un livre »
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NeoAlex
  14 février 2019
La voix des ombres raconte l'histoire de Makepeace, une jeune fille qui a le pouvoir (la malédiction ?) de voir les fantômes. Je n'en dirais pas plus pour vous laissez découvrir ce récit qui vaut la peine d'être lu.
La voix des ombres est un livre enchanteur dont l'histoire ce déroule dans l'Angleterre du XVIIème siècle. le contexte historique sert de toile de fond, même si le roman n'a pas de grande prétention pédagogique à ce sujet (effectivement, le surnaturel change beaucoup la donne).
Les personnages sont pour la plupart bien trouvés et bien campés. On prend plaisir à les voir interagir et évoluer.
Le récit en lui-même est riche en péripéties et je n'avais encore jamais lu de livre abordant ainsi le thème des fantômes.
En conclusion, c'était une très bonne lecture qui se démarque pas mal, par son thème et par sa forme, des autres lectures jeunesses que j'ai pu faire. Je la recommande donc.
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IdeesALire
  12 février 2019
La seule raison qui m'a poussée à acheter ce roman, je ne vais pas te mentir, c'est la couverture. Je n'avais aucune idée du contenu du roman ni même de quel genre il s'agissait, mais difficile de résister à un bouquin aussi joli… et grosse surprise : La voix des ombres n'est pas qu'une jolie couverture, c'est aussi un récit absolument génial.

Mais de quoi ça parle ? On se retrouve propulsés pendant la période des chasses aux sorcières, accompagnés de Makepeace, une héroïne au don très particulier : celui d'héberger des fantômes dans son propre corps. Si le pitch et la première partie du roman restent assez flous sur le fil rouge du récit, impossible de décrocher une fois dedans. On suit Makepeace qui se retrouve bringuebalée de gauche à droite dans la famille de son père (qu'elle n'a pas connu), et on découvre en même temps qu'elle son don spécial mais pas trop, puisqu'elle n'est pas la seule à le posséder. Il faut savoir que le rythme général est assez lent, mais c'est nécessaire pour nous permettre de bien situer l'intrigue et d'intégrer les nombreuses informations délivrées sur le monde qui entoure notre héroïne, et heureusement ces passages sont entrecoupés d'action, révélations et autres petites trahisons qu'on ne voit pas venir. La narration est hyper entraînante et aide beaucoup à s'imprégner de l'atmosphère très particulière du roman, et même si je ne savais pas dans quoi je m'aventurais, je ne m'attendais pas à une histoire aussi violente et sombre par moments.

Makepeace est un personnage que j'ai adoré découvrir. On mûrit avec elle et l'auteure est parvenue à créer un personnage original et attachant tout en lui donnant des faiblesses et des défauts, qui ne la rendent que plus humaine. Les relations avec les fantômes qu'elle héberge m'ont pas mal intriguée et j'ai été ravie de la façon dont l'auteure les traite : certains deviennent de véritables amis, d'autres seront toujours des girouettes professionnelles mais chacun apporte quelque chose de pertinent à l'histoire et ils ont tous un but, personne n'est laissé de côté.

C'était mon premier roman de l'auteure mais sûrement pas le dernier, l'écriture d'Hardinge est superbe et j'espère qu'elle ne sera jamais à court d'idées vu la qualité de ce roman. Elle arrive à créer un univers riche, que ce soit en personnages ou en événements, le tout avec une atmosphère sombre qui donne un ton particulier à l'ensemble du récit.

Bref, j'ai adoré.
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ReveursEtMangeursDePapier
  05 février 2019

Quand la possession est une sombre histoire de famille...

Makepeace et sa mère ont toujours vécu à Poplar, une petite ville puritaine près de Londres. Mais l'enfant ne s'y est jamais sentie chez elle, ni en sécurité. Ses nuits sont tourmentées par des fantômes qui tentent de s'installer en elle. C'est un peu rudement que sa mère lui a appris à se défendre, à résister. A sa mort, tout se complique pour de bon et Makepeace est envoyée à Grizehayes, chez les Fellmotte, sa famille qu'elle n'a jamais connue...

Nous faisons la rencontre de la jeune Makepeace, que nous suivons sur plusieurs années. Parce que c'est le don dont elle a hérité, les fantômes font malheureusement partie de sa vie et ils rythment son parcours. On la voit grandir et même si on la sent comme pris au piège tout au long du roman, elle continue de se battre pour sa liberté. On assiste à son combat intérieur, à sa longue bataille contre sa destinée mais surtout contre sa propre famille, l'une des plus puissantes d'Angleterre au XVIIème siècle.

Aucun personnage ne m'a inspiré confiance dans ce récit et je dois dire que cela m'a laissée une impression étrange. Que ce soit à cause du cadre religieux ou du contexte familial, Makepeace est bien seule. La plupart des personnages sont rudes et froids avec elle et j'ai eu beaucoup de peine pour cette jeune héroïne attachante. Ce manque de chaleur ne m'a pas quitté de toute la lecture, même lorsqu'il y avait les fantômes ou James dans les parages.

Makepeace se montre incroyablement forte quand bien même elle est prête à se briser et j'ai aimé ce courage, sa persévérance. Malgré tout ce qu'il se passe en elle, (littéralement), elle puise sa force là où on ne l'attend absolument pas.

Le récit se construit sur fond de guerre civile anglaise et l'aspect historique prend de plus en plus de place au fil de la lecture. C'est quelque chose auquel je ne m'attendais pas et que j'ai apprécié découvrir. Cependant, avec le recul, j'aurais bien aimé avoir plus de références historiques pour mieux l'appréhender parce que ce n'est pas une période que je maitrîse bien. La partie fantastique me parle davantage mais elle n'était pas toujours au coeur du récit. Mon attention est donc quelque fois retombée pendant la lecture.

Verdict : Cela a été une lecture bien étrange mais pas moins plaisante. Même si j'aurais aimé approfondir plusieurs points, j'ai aimé l'ambiance mystérieuse et le cadre historique de ce roman fantastique. Il nous laisse avec la drôle d'impression d'avoir laisser entrer quelque chose... dans notre tête. Brrrr!

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critiques presse (1)
Elbakin.net   05 mars 2019
Une nouvelle fois, Hardinge fait mouche en premier lieu grâce à ses personnages, ici avec une héroïne en lutte contre les carcans de son temps et au cœur d’une vraie évolution personnelle [...] Frances Hardinge fait en tout cas preuve d’une grande justesse dans la peinture de ses sentiments [...] Pas de quoi toutefois faire la fine bouche en refermant ce livre affichant tout de même 500 pages, car au moment de conclure, Hardinge est parvenue depuis longtemps à nous captiver.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SioSio   17 avril 2019
L'espace d'un instant, le visage de Lord Fellmotte fut parcouru d'émotions fugitives, comme des flammes dont la lumière se reflète sur un vieux mur de pierre. La surprise, la colère, l'indignation se succédèrent. Il y avait aussi du chagrin, mais sans rien de commun avec la douleur d'un homme vivant. C'était le chagrin d'une falaise restée debout après un glissement de terrain.
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phenixidalfphenixidalf   25 mars 2019
Tout avait changé, et rien n'avait changé.
Pourtant, à mesure que les jours devenaient plus lumineux, on commençait à murmurer qu'un vrai changement s'annonçait. Le printemps n'arrivait pas seul à Grizehayes. La guerre l'accompagnait.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   07 avril 2019
— Les lions d’encre rugissent, déclara sa mère.
Londres était inondé de pamphlets rageurs, de sermons imprimés, de prophéties et de dénonciations, en faveur tantôt du roi, tantôt du Parlement. Sa mère les appelait en plaisantant « les lions d’encre ». Ils rugissent mais n’ont pas de griffes, affirmait-elle. Depuis deux jours, ces rugissements silencieux n’avaient cessé de grandir […] A présent, les rumeurs enflaient de façon menaçante, le pâle soleil semblait vaciller dans le ciel et tout le monde attendait que quelque chose se passe. A la moindre détonation, au moindre cri, les gens levaient aussitôt la tête avec l’air de demander : « C’est commencé ? » Personne ne savait vraiment ce que c’était, mais c’était imminent.
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ReveursEtMangeursDePapierReveursEtMangeursDePapier   05 février 2019
Les morts sont comme des gens qui se noient. Ils se débattent dans l’obscurité en essayant d’agripper tout ce qu’ils peuvent. Même s’ils n’en ont pas l’intention, ils te font du mal si tu n’y prends garde...
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DreamBookeuseDreamBookeuse   07 avril 2019
Des choses importantes vous ont échappé, à force de ne pas faire attention aux gens. Et maintenant, c’est trop tard pour vous tous. Cette guerre n’est pas comme les autres que vous avez livrées. Vos ruses et vos siècles ne vous aideront pas, cette fois. Ce qui arrive est sans précédent. C’est la fin du monde, Lady April.
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