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EAN : 9782081382350
347 pages
Flammarion (04/11/2015)
3.94/5   43 notes
Résumé :
Voici un des romans les plus faussement rassurants que Thomas Hardy ait jamais écrit. Il s'agit bien de l'amour fou entre deux personnages faits pour s'entendre : la belle Lady Viviette qui vit seule, un très jeune astronome, Swithin, plein de talent.

Mais s'il .y a des unions écrites dans les étoiles, celle-ci est contrecarrée par les déterminismes humains dont Hardy s'est toujours montré le sarcastique et l'ardent détracteur : les inégalités social... >Voir plus
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Une fois de plus, un très beau roman de l'écrivain anglais Thomas Hardy, et assez différent de ceux précédemment lus. Tel le balancier d'une horloge aux rouages bien huilés, le récit oscille sans cesse entre l'espoir et le désespoir, et si le romantisme de l'auteur caractérise ici encore une belle histoire d'amour, le drame n'est jamais loin, laissant le lecteur dans une délicieuse expectative jusqu'au dénouement.

"A la lumière des étoiles" ("Two in a tower") est une belle romance où la passion amoureuse dispute deux cœurs à la passion scientifique. Roman d’initiation pour Swithin, la tête d'affiche masculine, et roman de "maturation" pour Viviette, la jolie héroïne. Comme très souvent avec Hardy, on perçoit parfaitement le souffle shakespearien qui anime récit et personnages. Le hasard se mêle à propos ou à contre-courant des destinées humaines, mêlant et démêlant à l'envi les intrigues du roman.

Dans l'oeuvre de Thomas Hardy, on retrouve bien des inspirations issues de sa propre vie et de ses expériences. Astronome amateur, Hardy a acquis une connaissance suffisante de ce domaine scientifique pour se risquer à en faire le théâtre d'une passion hors du commun (pour l'époque) entre un jeune homme et une femme mariée et de dix ans son aînée. Autre sujet que l'auteur maîtrise : la femme. Cet écrivain fut en effet - et dès son plus jeune âge - séduit et séducteur à bien des reprises et il a acquis précocement un "sens de la femme" que je n'avais alors trouvé que chez Zola - autre auteur naturaliste qu'il admirait et auquel il sera d'ailleurs souvent comparé outre-Manche. Etant moi-même une femme, et connaissant quelque peu le contexte social de la fin du XIXème siècle, je m'émerveille une fois de plus de la subtilité appliquée par Hardy à son analyse de la femme, de son sentiment amoureux et de la conscience de sa destinée. Très critique vis-à-vis des convenances et des codes sociaux, il s'évertue alors à faire de ses héroïnes les victimes d'une société peu tendre avec le sexe dit "faible", plaçant chacune au centre d'une véritable toile d'araignée, engluée dans ses aspirations, chahutée dans ses sentiments, terrifiée par sa réputation, angoissée par les multiples jugements des familiers ou des inconnus, et cependant assez déterminée à faire preuve d'audace jusqu'à fouler aux pieds la bienséance.

J'ai passé un très bon moment en la compagnie de Swithin et de Viviette, même si j'aurais souvent voulu leur dicter d'autres choix que les leurs. Côté rythme, la narration est un poil en-dessous de l'impétueux "Loin de la foule déchaînée" si cher à mon cœur mais je ne me suis pas ennuyée pour autant en cours de découverte.


Challenge 19ème siècle 2015
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Un thème tout à fait original avec l'observation des étoiles ou des planètes pour la passion que nous présente le personnage principal Swithin.
Qui l'eût cru que Mr Hardy nous emmènerait dans l'espace avec une histoire d'amour à la clé... Mais bien évidemment pas un roman à l'eau de rose, notre héroïne étant plus agée que son amoureux, cela a posé bien des problèmes de conventions sociales à l'époque.
Nous avons donc eu droit à une idylle romantique bien au delà des habitudes car vécue en secret et en supplément de la passion pour les astres de notre jeune homme. Viviette, était en attente du retour de son mari, parti en Afrique et dont personne n'avait de nouvelles, mise à part le fait qu'on le croyait mort... Que d'embarras et de contrainte de vivre librement quand on n'a pas possibilité d'agir à sa guise.
Bref, Hardy nous réserve de bons moments avec nos deux tourtereaux, des manigances de mariages arrangés où chacun essaye d'y trouver son intérêt principal. Quand il s'agit d'argent que ne ferait-on pas pour obtenir gain de cause?
La fin est remarquable et Hardy nous étonne grandement car ce n'est pas toujours cette fin qu'on espère, enfin, du moins pour ma part... Mais j'admire toujours autant cet auteur.
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Encore et toujours l'amour malheureux. Pourtant, j'ai trouvé ce roman moins sombre que Les forestiers et le Maire de Casterbridge. Peut-être est-ce dû à la lumière des étoiles dans lequel baigne ce roman.
Dans un petit village, lady Viviette agée d'une trentaine d'années, vit retirée dans son château. Son mari est parti en Afrique chasser.
Dans le même village, une petite maison abrite une grand-mère et son petit-fils de vingt ans Swinthin. Ce jeune homme est né d'une mésalliance entre un universitaire et une villageoise. Il n'appartient à aucun des deux mondes.
Cela ne le chagrine pourtant pas car ses yeux et son esprit sont au-delà de ces considérations mesquines. Il existe sur les terres du château, une tour d'observation qu'il s'est appropriée. Il passe le plus clair de son temps l'oeil collé au télescope. Il aimerait devenir un astronome réputé malgré l'obscurité de sa condition actuelle. C'est là que la châtelaine le rencontre. Elle s'intéresse à ses travaux. Et bien sûr d'autres liens se nouent entre eux.
Mais tant d'obstacles sont entre eux : l'époux qui n'a plus donné signe de vie depuis longtemps, la différence de condition, la différence d'âge.
Comment triompher de tout cela ?
A cela s'ajoute encore le frère de Viviette, qui revient de l'étranger et pense plus à ses intérêts qu'à ceux de sa soeur, ainsi qu'un vieil homme misogyne qui lègue une rente à vie à Swithin à condition qu'il ne se marie pas avant 25 ans. Cet argent lui permettrait de réaliser ses ambitions.
Certains ressorts peuvent paraître forcés mais la vie est souvent plus étrange que cela. Je vous laisse lire ce très bon roman, pour savoir si l'amour surpassera tout.

Challenge XIXème siècle
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Découverte de cet écrivain ( honte à moi car après quelques recherches ,j'ai lu qu'il était très connu et reconnu en Angleterre et aussi en France,appartenant aussi au courant littéraire : le naturalisme ,dont le précurseur est Émile Zola si je ne me trompe pas)et que dire : Gros coup de coeur!!
Viviette se languit, se fane dans son triste château, les journées sont longues ,trop longues ,son mari un homme brutal ,est parti chasser le lion en Afrique ,et depuis ,elle est sans nouvelles. Un jour ,elle décide de visiter la tour appartenant à son domaine ,devant laquelle elle passe chaque matin lors de sa promenade.La porte n'est pas verrouillée et en haut ,elle fait la connaissance d'un jeune homme :Swithin. Il s'est approprié la tour vouant une véritable passion à l'astronomie, il a tout aménagé en haut de la tour ses journées et ses nuits le voient l'oeil rivé au télescope.
Viviette ,pour qui les journées sont d'une tristesse infinie va se pencher sur ses travaux et va l'aider comme mécène ,trop contente de sortir de cette léthargie qui l'enveloppe.
Et ,non pas de" fil en aiguille", mais d'yeux rivés au télescope ,des liens autres qu'une simple amitié vont se tisser. Mais avant de pouvoir se rejoindre ils vont devoir affronter bon nombre de difficultés :
-leur différence d'âge ( Viviette a 10 ans de plus que Swithin. Elle a 29 ans)
--Viviette n'est pas encore veuve ,elle le deviendra plus tard.
- La mort d' un oncle éloigné de Swithin ,qui lui accorde une rente mensuelle à une seule condition (car il a eu vent de l'idyle de son neveu avec Viviette) qu'il attende ses 25 ans avant de l'épouser et qu'il consacre cette rente mensuelle à voyager et à faire des recherches afin de devenir célèbre dans le domaine de l'astronomie.
--Et puis le frère de Viviette en proie à des problèmes financiers ,aimerait bien voir sa soeur mariée à plus vieux et surtout plus riche qu'elle .car le mari défunt ne leur a légué que des dettes!! Bref ,tout concourt à les éloigner l'un de l'autre et c'est ce qu'ils vont faire surtout sur l'ordre de Viviette qui finalement se rend compte de leur situation décriée dans le village,elle est prête à attendre Swithin 5ans.
D'autres éléments vont s'ajouter à l'histoire avec une chute totalement imprevible mais je ne vous dévoile pas la suite.....
J'ai beaucoup aimé le style ,l'ambiance l'atmosphère qui se dégagent de ce roman.
Il faut aussi replacer ce roman dans son époque: l'époque victorienne(1832--1901) qui influencera l'appréhension de l'histoire.
La science est en marche dans beaucoup de domaines et affiche de nombreux progrès : Darwin( de l'origine des espèces)
--littérature,théâtre : Sir Arthyur Conan Doyle
Charles Dickens
Oscar Wild ,etc ....
C'est là rencontre de deux mondes qui vont s'opposer: la modernité face à l'archaïsme.
Un nouveau mouvement littéraire va naître : le naturalisme et T.Hardy se fond parfaitement dans cette époque.
C'est un monde de contrastes et au travers ce roman ,on voit ces contrastes : dans les lieux,dans les personnages dans leurs rapports( la beauté des étoiles face à la vie très étriquée de Viviette).
Deux destins si dissemblables qui seront perpétuellement en lutte.
Roman assez pessimiste ,noir mais sublimé par les descriptions de la voie lactėe, il y aurait tellement à écrire sur cette oeuvre!
Vous l'aurez compris : Å mettre dans mes coups de coeur au même titre que : Ernst Wiechert. ⭐⭐⭐⭐⭐

A prėsent ,je ne vois vraiment pas avec quoi enchaîner ?si vous aviez des suggestions, je prends! Merci. 🙂
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Lady Viviette Constantine vit depuis des années seule, sans nouvelles de son époux parti en Afrique. Sa rencontre avec le jeune Swithin St Cleeve, jeune astronome prometteur, la tire du quotidien morne dans lequel elle végétait. « Swithin s'était dressé comme un médiateur plein de séduction entre elle et le désespoir. » (p. 62) Hélas, outre la différence d'âge, c'est la différence de e qui les sépare le plus. Tout s'oppose à leur amour : le testament féroce d'un vieil oncle, les conventions sociales, les incertitudes quant à la situation maritale de Viviette, des scrupules paralysants ou encore un frère décidé à arbitrer le bonheur de sa soeur. « Elle se résolut à avoir une conduite digne à partir de ce moment. Elle exercerait un patronage bienveillant sur Swithin sans avoir jamais le plaisir de sa compagnie. » (p. 88)

Comme souvent chez Thomas Hardy, les amours sont empêchées, voire tout à fait impossibles, et les destins sont contraires aux désirs. « Vos yeux désormais seront mes étoiles. »(p. 107) Sous la danse éternelle des astres millénaires, les vies humaines passent comme un soupir. Je retrouve toujours avec plaisir les écrits de Thomas Hardy : il ne prend pas plaisir à malmener ses personnages, mais le/la lecteur·ice ressent profondément tous les tourments qu'il imagine pour les pauvres êtres dont il peuple ses romans, inéluctablement pris dans la médiocrité des sentiments.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Jamais plus beau matin d'octobre ne resplendit sur les bocages de Welland. La mort annuelle du feuillage s'avançait à grands pas. Les arbres du parc prenaient les teintes multiples qui marquent les nuances subtiles du déclin des feuilles.
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Le matin de la Confirmation était venu.C'était la mi-mai; le temps n'était peut-être pas aussi splendide que le tenaient pour certain les joyeux poètes d'il y a trois cents ans mais c'était un mois de mai tolérable, fort bon teint,et que le villageois moyen aurait fort bien accepté au lieu d'autres mois parfois plus beaux,mais généralement plus maussades.
Parmi les arbustes et les fleurs qui composaient l'extérieur des jardins de Welland le lilas,le cytise ,la rose de Gueldre, suspendaient leurs couleurs respectives de jaune et de blanc ,tandis qu'à l'intérieur ,protégés par cette ceinture des coups de vent ,s'élevaient la colombine ,le pied d'alouette la pivoine et le sceau de Salomon.
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- Mais si, par ailleurs, vous êtes agitée et inquiète au sujet de l'avenir, étudiez l'astronomie. Vos ennuis en seront étonnamment diminués, votre étude les réduira d'une façon singulière en réduisant l'importance de tout.
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"Quand aux astres dont l'éclat rend dérisoire nos pauvres lumières terrestres, leur pureté sans cesse captée au telescope par Swithin devrait tisser, pour les amants, une contrée magique où l'illusion pourrait enfin se confondre avec le réel puisque leur lumineux ailleurs se confond pour une fois avec le but même de la vie.
Mais il n'en est rien.(...), le temps guête.Le ver est dans le fruit.

C'est pour oublier combien l'amour ne dure qu'un instant que Hardy a choisi comme décor pour les deux amants la pérennité des espaces célestes, et pour éviter à son héros l'expérience du deuil qu'A la lumière des étoiles masque, sous une idylle, le meurtre d'une femme."
Diane de Margerie (Introduction)
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- [...] Nous croyons d'habitude que nous aurons de la chance, même lorsque tous les gens, placés dans la même situation, n'en ont pas eu.
- Bien sûr, ou l'on mourrait tous de désespoir.
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